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  • Le full remote désigne un mode de travail 100 % à distance. Le salarié ne se rend jamais dans les locaux de l’entreprise.
  • Sa mise en place doit être formalisée par une charte, un accord collectif ou un avenant au contrat de travail.
  • L’employeur doit fournir le matériel nécessaire au travail à distance. Le versement d’une indemnité pour les frais courants (électricité, internet) n’est pas une obligation légale. Si l’employeur choisit de la verser, l’URSSAF encadre les montants exonérés de cotisations sociales.

Depuis la généralisation forcée du télétravail lors des confinements de 2020, le full remote s’est ancré dans les pratiques de nombreuses entreprises françaises. Pour certains employeurs, le full remote est même devenu un choix stratégique délibéré, tandis que pour d’autres, il s’agit davantage d’une réponse à des demandes de salariés de plus en plus fréquentes. Dans les deux cas, le full remote ne s’improvise pas. Il implique un cadre légal précis, des obligations concrètes et une organisation à repenser.

Qu’est-ce que le full remote ?

Full remote : définition

Le full remote désigne un mode d’organisation dans lequel un salarié travaille à distance à 100 %, sans jamais se rendre dans les locaux de l’entreprise. Il peut exercer son activité depuis son domicile, un espace de coworking ou tout autre lieu de son choix, à condition que les conditions de travail soient réunies.

Il ne faut pas confondre le full remote avec le nomadisme digital ou le statut de freelance. Un salarié en full remote reste lié à son employeur par un contrat de travail classique. Seul son lieu de travail change.

Full remote, télétravail et travail hybride : quelles différences ?

Le terme “télétravail” désigne de manière générale le fait de travailler hors des locaux de l’entreprise. Il recouvre des réalités très différentes selon la fréquence.

Mode d’organisation  Présence au bureau Travail à distance
Présentiel Quotidienne Nulle ou occasionnelle
Travail hybride Quelques jours par semaine 1 à 4 jours par semaine
Full remote Aucune Quotidien
Bon à savoir : Le full remote ne signifie pas que le salarié est indépendant ou nomade. Il reste soumis aux mêmes règles qu’un salarié en présentiel : lien de subordination, horaires de travail, droit aux congés payés et accès à la formation.

Quels sont les avantages et inconvénients du full remote pour l’entreprise ?

Les avantages du full remote

La réduction des coûts immobiliers est souvent la première raison qui pousse les employeurs à franchir le pas. Sans salariés sur place au quotidien, vous pouvez réduire la surface de vos bureaux, voire y renoncer entièrement. Pour une PME basée à Paris, l’économie peut représenter plusieurs milliers d’euros par mois.

Le full remote offre aussi une liberté de recrutement que le travail en présentiel ne permet pas. Vous n’êtes plus limité à une zone géographique et pouvez cibler les profils les mieux adaptés à vos besoins, qu’ils se trouvent à Bordeaux, à Lille ou à Strasbourg. C’est également un argument de poids dans vos offres d’emploi. Face à deux propositions similaires, un candidat choisira souvent celle qui lui offre davantage de flexibilité.

Bon à savoir : Si un salarié souhaite exercer son activité en full remote depuis l’étranger, des règles spécifiques s’appliquent en matière de droit du travail, de couverture sociale et de fiscalité. Ce cas mérite une analyse au cas par cas avant toute décision.

Côté attractivité, le full remote s’est imposé comme un critère de sélection pour de nombreux candidats. Le proposer renforce votre marque employeur et peut réduire votre taux de turnover.

La suppression des trajets quotidiens libère du temps et réduit la fatigue des salariés. Cela se traduit souvent par une meilleure concentration et un engagement plus soutenu, en particulier pour les postes nécessitant un travail approfondi.

Les inconvénients et risques à anticiper

Le full remote présente aussi des défis à gérer activement. L’isolement des salariés est le risque le plus fréquemment cité. Sans interactions quotidiennes, certains collaborateurs peuvent décrocher progressivement, perdre en motivation ou se sentir coupés de la vie de l’entreprise.

La culture d’entreprise se construit plus difficilement à distance. La cohésion d’équipe et les rituels collectifs demandent un effort délibéré pour exister en full remote. L’intégration de nouveaux salariés est un point à soigner. Un onboarding mal préparé à distance peut allonger le temps d’adaptation et fragiliser l’engagement dès les premières semaines.

Tableau récapitulatif des avantages et des inconvénients du full remote

Avantages du full remote Inconvénients du full remote
Réduction des coûts immobiliers Risque d’isolement des salariés
Recrutement sans contrainte géographique Culture d’entreprise plus difficile à construire
Meilleure attractivité de l’entreprise Onboarding à distance plus complexe
Concentration et engagement favorisés Management à adapter en profondeur
Attention : Le full remote ne convient pas à tous les postes. Certaines fonctions nécessitent une présence physique (accueil, production, logistique) ou des interactions fréquentes difficiles à reproduire à distance. Évaluez la compatibilité poste par poste avant toute généralisation.

Quel cadre légal pour le full remote en France ?

Le full remote est une forme de télétravail au sens du Code du travail. Il est encadré par la loi et par l’accord national interprofessionnel (ANI) du 26 novembre 2020.

Le premier principe à retenir est celui du volontariat mutuel. Le full remote ne peut être imposé ni par le salarié, ni par l’employeur, sauf circonstances exceptionnelles comme lors d’une crise sanitaire. Les deux parties doivent trouver un accord.

Accord collectif ou charte : quelle différence ?

L’employeur dispose de deux outils principaux pour encadrer le full remote. D’une part, l’accord collectif est négocié avec les représentants du personnel (délégués syndicaux ou Comité Social et Économique (CSE)). Il s’impose à tous les salariés concernés et offre un cadre solide, particulièrement adapté aux structures de taille moyenne ou grande. D’autre part, la charte unilatérale est rédigée par l’employeur seul, après consultation du CSE s’il existe. Elle est plus souple à mettre en place et convient davantage aux petites structures.

Attention : Si aucun accord collectif ni charte ne couvre le full remote dans votre entreprise, formalisez toujours l’accord par écrit. En cas de désaccord ultérieur, l’absence de document écrit rend très difficile la preuve des conditions convenues entre les parties.

Faut-il un avenant au contrat de travail ?

Depuis les ordonnances Macron de 2017, un avenant au contrat de travail n’est plus légalement obligatoire pour mettre en place le télétravail, à condition qu’une charte ou un accord collectif le prévoit déjà.
Pour autant, rédiger un avenant reste la démarche la plus courante dans la pratique. Il précise les conditions d’exercice du full remote : lieu de travail, plages horaires de joignabilité, équipements fournis, indemnités et modalités de retour éventuel en présentiel.

Attention : Si aucun accord collectif ni charte ne couvre le full remote dans votre entreprise, formalisez toujours l’accord par écrit. En cas de désaccord ultérieur, l’absence de document écrit rend très difficile la preuve des conditions convenues entre les parties.

Quelles sont les obligations de l’employeur en full remote ?

Matériel et connexion internet

L’employeur est responsable de fournir au salarié les équipements nécessaires à l’exercice de son activité à distance. Cela comprend au minimum un ordinateur fonctionnel et l’accès aux logiciels utilisés par l’entreprise.
Si le salarié utilise son propre matériel, l’employeur doit prendre en charge les coûts liés à son adaptation et à son utilisation professionnelle. Les modalités de remboursement doivent être précisées dans la charte ou l’avenant au contrat.

En cas de panne ou de dysfonctionnement du matériel fourni, l’employeur reste responsable de sa remise en état ou de son remplacement dans un délai raisonnable. Un salarié en full remote ne peut pas être contraint de travailler sur un équipement défaillant sans que cela soit pris en charge.

Prise en charge des frais professionnels

Le full remote génère des frais supplémentaires pour le salarié : électricité, chauffage, connexion internet, usure du matériel. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’employeur n’a aucune obligation légale de les rembourser. Proposer une indemnité reste néanmoins un argument de recrutement et de fidélisation, au même titre qu’un avantage en nature accordé à son initiative.

Si l’employeur décide de prendre en charge ces frais, deux options s’offrent à lui. Il peut opter pour le remboursement sur justificatifs couvre les dépenses réelles engagées par le salarié. Il nécessite un suivi administratif plus rigoureux. L’employeur qui souhaite déployer le full remote et participer aux dépenses du salarié peut aussi opter pour l’indemnité forfaitaire qui évite les justificatifs au quotidien. L’URSSAF fixe alors des plafonds au-delà desquels des cotisations sociales s’appliquent. Ces plafonds varient selon qu’un accord collectif existe ou non dans l’entreprise :

Situation de l’entreprise Montant de l’indemnité forfaitaire de télétravail par jour Allocation fixée par mois (selon le nombre de jours télétravaillés par semaine) Plafond mensuel
Sans accord collectif 2,70 € 11 € 59,40 €
Avec accord collectif 3,30 € 13,20 € 72,60 €
Bon à savoir : Verser une indemnité de télétravail n’est pas une obligation légale. C’est une décision propre à l’employeur, qui peut en faire un vrai levier d’attractivité. Si une indemnité est versée, les montants exonérés de cotisations sociales sont strictement encadrés par l’URSSAF. Au-delà des plafonds, des cotisations s’appliquent. Des justificatifs devront être fournis lors d’un contrôle pour maintenir l’exonération.

Quels droits pour les salariés en full remote ?

Égalité de traitement et accès à la formation

Un salarié en full remote bénéficie exactement des mêmes droits que ses collègues présents au bureau. Le passage au travail à distance à 100 % ne modifie pas le socle de son contrat de travail. Salaire, ancienneté, congés payés et protection sociale restent inchangés.

L’employeur ne peut pas réduire la rémunération d’un salarié au motif qu’il travaille depuis chez lui. De même, le salarié doit pouvoir accéder aux mêmes actions de formation professionnelle que le reste de l’équipe, y compris via son Compte Personnel de Formation (CPF).

Droit à la déconnexion et plages horaires

Le salarié en full remote bénéficie du droit à la déconnexion prévu par le Code du travail, comme tout autre membre de votre équipe. La charte ou l’avenant doit mentionner les plages pendant lesquelles il peut être joint.
Ces plages doivent correspondre à des horaires de travail normaux. Un salarié en full remote n’est pas disponible en permanence. Solliciter un salarié de façon répétée en dehors de ses plages de joignabilité peut engager la responsabilité de l’employeur, notamment en cas de contentieux aux prud’hommes.

Accident du travail en full remote : comment ça fonctionne ?

Un accident survenu au domicile du salarié pendant ses heures de travail déclarées est présumé être un accident du travail. La règle est la même qu’en présentiel.
Le salarié doit déclarer l’accident à l’employeur dans les 24 heures. L’employeur dispose ensuite de 48 heures pour le signaler à la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM). Cette présomption peut être renversée si l’employeur ou la CPAM démontre que l’accident n’avait aucun lien avec l’activité professionnelle.

Bon à savoir : Le lieu et l’heure de survenance de l’accident sont déterminants. Un salarié blessé pendant une pause personnelle ou lors d’une activité sans lien avec son travail ne bénéficie pas automatiquement de la présomption d’accident du travail.

Comment mettre en place le full remote dans son entreprise ?

Étape 1 : Identifier les postes compatibles

Avant toute chose, évaluez quels postes peuvent fonctionner en full remote sans perte de qualité ni risque pour votre activité. Les métiers liés à la production, à l’accueil physique ou à la manipulation de matériel sont généralement incompatibles. Les fonctions support, les postes commerciaux à distance et les métiers du numérique s’y prêtent davantage.

Cette analyse peut prendre la forme d’une grille simple. Pour chaque poste, évaluez la fréquence des interactions en présentiel nécessaires, la nature des équipements utilisés et les éventuelles obligations de confidentialité. Ce travail préalable évite les situations où le full remote est accordé puis remis en cause, au détriment de la relation avec le salarié.

Étape 2 : Rédiger la charte ou l’accord

Mettez par écrit les conditions du full remote avant de le déployer. La charte doit couvrir au minimum les points suivants :

  • Les postes et salariés concernés ;
  • Les plages horaires de joignabilité ;
  • Les équipements fournis ou remboursés ;
  • Le montant de l’indemnité forfaitaire, si elle est prévue ;
  • Les conditions et délais d’un éventuel retour en présentiel.

Consultez votre CSE (comité économique et social) s’il existe.

Étape 3 : Équiper et outiller les équipes

Le full remote repose sur des outils fiables et partagés par tous. Parmi les indispensables à prévoir : une solution de visioconférence, un outil de messagerie instantanée, un espace de partage de documents et un logiciel de gestion de projet.

Veillez à ce que ces outils soient adoptés par l’ensemble de l’équipe, y compris les salariés non concernés par le full remote, pour éviter les silos d’information. Il est également utile de rédiger une courte charte d’utilisation des outils numériques pour harmoniser les pratiques et fixer les règles de communication au sein de l’équipe.

Étape 4 : Adapter son management

Le management en full remote repose sur la confiance et l’évaluation par les résultats, davantage que sur la présence physique. Fixez des objectifs clairs, organisez des points réguliers en visioconférence et mettez en place des rituels d’équipe hebdomadaires pour maintenir la cohésion.

La communication doit être plus explicite et plus structurée qu’en présentiel, car les échanges informels disparaissent en grande partie. Pensez aussi à organiser des moments de rencontre physiques ponctuels. Certaines entreprises en full remote planifient un séminaire trimestriel ou annuel pour renforcer le lien entre les équipes. Ces rendez-vous collectifs restent précieux même dans un modèle 100 % à distance.

  • Le full remote désigne un travail 100 % à distance, encadré par le Code du travail et l’ANI du 26 novembre 2020.
  • L’employeur doit formaliser sa mise en place par une charte, un accord collectif ou un avenant, et peut choisir de prendre en charge les frais professionnels générés.
  • Les salariés en full remote conservent les mêmes droits que leurs collègues en présentiel, y compris la présomption d’accident du travail à domicile.
  • Une mise en place réussie passe par quatre étapes : identifier les postes compatibles, rédiger le cadre contractuel, équiper les équipes et adapter le management.

FAQ

Le full remote est-il légal en France ?

Oui, le full remote est légal en France. Il s'inscrit dans le cadre du télétravail tel que défini par le Code du travail. Sa mise en place doit être formalisée par un accord collectif, une charte ou une clause spécifique dans le contrat de travail.

L'employeur peut-il imposer le full remote ?

Non, l'employeur ne peut pas imposer unilatéralement le passage en full remote à un salarié qui n'y a pas consenti. Le télétravail est fondé sur le volontariat. En revanche, le salarié ne peut pas non plus exiger le full remote si l'entreprise ne le propose pas.

Le remboursement des frais de télétravail est-il obligatoire ?

Non. L'employeur n'a aucune obligation légale de rembourser les frais engagés par le salarié dans le cadre du full remote. S'il décide de verser une allocation, il peut bénéficier d'exonérations de charges en respectant les barèmes URSSAF en vigueur (2,70 €/jour sans accord collectif, 3,30 €/jour avec accord collectif en 2026).

Faut-il un avenant au contrat de travail pour passer en full remote ?

Cela dépend de la situation. Si l'accord de télétravail ou la charte de l'entreprise prévoit déjà les modalités du full remote, un simple avenant n'est pas toujours nécessaire. En revanche, si le contrat initial prévoyait un lieu de travail fixe, un avenant est recommandé pour formaliser le changement.

Un accident survenu au domicile du salarié en télétravail est-il un accident du travail ?

Oui, un accident survenu au domicile d'un salarié en full remote pendant ses heures de travail est présumé être un accident du travail. L'employeur doit le déclarer à la CPAM dans les 48 heures, comme pour tout accident en présentiel.

Peut-on passer en full remote depuis un autre pays ?

Techniquement oui, mais cela soulève des questions complexes de droit du travail, de fiscalité et de sécurité sociale. Une analyse juridique préalable est indispensable. Au-delà de quelques jours par an, il est fortement déconseillé d'autoriser cette situation sans conseil spécialisé.

Quelles obligations l'employeur a-t-il en matière de formation pour les salariés en full remote ?

Le salarié en full remote bénéficie des mêmes droits d'accès à la formation que ses collègues en présentiel. L'employeur doit veiller à ne pas le défavoriser dans l'accès aux actions de formation professionnelle, au CPF et aux évolutions de carrière, sous peine d'inégalité de traitement.

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Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L’ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

Dernière mise à jour le 10/04/2026

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