L’abandon de poste
Dernière mise à jour le 01/04/2026
En cas d’abandon de poste, le salarié peut être considéré comme démissionnaire dans certaines situations. En effet, depuis avril 2023, l’employeur a la possibilité de mettre en œuvre la procédure de démission présumée en cas d’abandon. Cela peut avoir des conséquences sur les droits du salarié. On vous explique.
Qu’est-ce que l’abandon de poste par un salarié ?
L’abandon de poste du salarié est caractérisé en cas d’absence injustifiée et sans autorisation de l’employeur.
En effet, le salarié qui abandonne son poste et qui refuse de reprendre le travail après avoir été mis en demeure de justifier son absence peut être considéré par l’employeur comme démissionnaire (L1237-1-1 du Code du travail).
Cependant, l’absence du salarié de son poste de travail sans autorisation de l’employeur ne constitue pas nécessairement un abandon de poste. C’est le cas notamment des absences pour :
- Raisons médicales ;
- Exercer le droit de retrait ou de grève ;
- Refus du salarié d’exécuter une instruction qui va à l’encontre d’une réglementation ;
- Refus d’une modification du contrat de travail à l’initiative de l’employeur.
Que faire en cas d’abandon de poste ?
L’abandon de poste se distingue de la démission et de la prise d’acte. En cas d’abandon de poste, l’employeur doit suivre une procédure particulière.
Différence entre abandon de poste et démission
La démission est un mode de rupture du contrat de travail à l’initiative de salarié. Dans le cadre de la démission, la volonté du salarié du salarié de rompre son contrat de travail doit être claire et non équivoque.
Différence entre abandon de poste et prise d’acte du salarié
L’abandon de poste se distingue également de la prise d’acte. En effet, on dit qu’il y a prise d’acte, lorsque le salarié saisit le juge afin de demander la rupture du contrat de travail par décision de justice.
Le salarié doit apporter la preuve que l’employeur a commis un manquement grave empêchant la poursuite de la relation de travail. La prise d’acte produit les effets d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse. Dans ce cas, le salarié peut bénéficier d’une indemnité de licenciement.
Cependant, si le juge estime que les faits reprochés à l’employeur ne sont pas justifiés, la prise d’acte vaut démission. Le salarié est donc considéré comme avoir démissionné.
Preuve de l’abandon de poste
Lorsque l’employeur constate l’abandon de poste du salarié, il doit le mettre en demeure de justifier son absence et de reprendre son poste.
La mise en demeure du salarié peut être adressée par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) ou par lettre remise en main propre contre décharge.
Quelle est la procédure de présomption de démission ?
Pour mettre en œuvre de la procédure de présomption de démission, l’employeur doit respecter les étapes suivantes :
- Mettre en demeure le salarié ;
- Fixer le point de départ du délai accordé au salarié ;
- Respecter un délai de préavis ;
- Rompre le contrat de travail.
Mise en demeure du salarié
Lorsque l’employeur constate les absences du salarié, il doit mettre en demeure le salarié de justifier ses absences et de reprendre son poste de travail.
L’employeur doit mettre en demeure le salarié par écrit en lui envoyant une lettre recommandée avec accusé de réception ou en lui remettant la lettre en main propre contre décharge.
Dans la lettre de mise en demeure, l’employeur doit indiquer le délai imparti et les conséquences en cas de refus du salarié de reprendre son poste avant l’expiration du délai.
Détermination du point de départ du délai
L’employeur doit préciser dans la lettre de mise en demeure le délai minimal accordé au salarié avant qu’il ne soit présumé démissionnaire.
En effet, selon l’article R1237-13 du Code du travail, l’employeur doit prévoir un délai minimum de 15 jours.
En principe, ce délai commence à courir à la date de présentation de la lettre de mise en demeure au salarié.
Respect du préavis
Le salarié qui refuse de reprendre son poste malgré la mise en demeure de l’employeur. Comme toute démission, le salarié doit donc respecter un délai de préavis.
Ce délai commence à courir à compter du dernier jour fixé dans la lettre de mise en demeure.
L’employeur peut décider de dispenser le salarié d’exécuter le préavis. Dans ce cas, l’indemnité compensatrice de préavis n’est pas due.
Rupture du contrat de travail
A l’issue du délai de préavis, le contrat de travail du salarié est automatiquement rompu. En cas de dispense, le contrat prend fin automatiquement à l’issue du délai de 15 jours accordé par l’employeur.
Par ailleurs, l’employeur est tenu de transmettre au salarié les documents de fin de contrat :
- Le certificat de travail ;
- L’attestation employeur ;
- Le reçu pour solde de tout compte.
Le licenciement du salarié qui abandonne son poste est-il obligatoire ?
En cas d’abandon de poste du salarié, l’employeur n’a pas l’obligation de licencier le salarié. Il peut toutefois démarrer une procédure disciplinaire si le salarié ne reprend pas son poste ou ne justifie pas son absence.
En effet, les absences prolongées injustifiées du salarié peuvent avoir pour conséquence :
- Une sanction disciplinaire ;
- Un licenciement pour cause réelle et sérieuse ;
- Un licenciement pour faute grave sans indemnité de licenciement.
Cependant, si l’employeur souhaite licencier le salarié, il doit respecter les étapes de la procédure de licenciement :
- Convocation du salarié à un entretien préalable ;
- Déroulement de l’entretien préalable ;
- Notification du licenciement pour abandon de poste ;
- Respect d’un délai de préavis.

Quelles sont les conséquences sur le droit au chômage du salarié ?
Depuis le 19 avril 2023, l’employeur a la possibilité de mettre en œuvre la procédure de démission présumée en d’abandon de poste.
Le salarié qui abandonne son poste et qui est considéré par l’employeur comme démissionnaire ne peut pas bénéficier de l’allocation chômage.
En effet, hors démission légitime, les salariés démissionnaires ne bénéficient pas de l’allocation chômage d’aide au retour à l’emploi (ARE).
FAQ
Le salarié qui abandonne son poste peut-il être condamné à des dommages et intérêts ?
Quels sont les documents qui doivent être remis au salarié en cas de licenciement ?
Le salarié peut-il quitter son poste de travail en cas de situation de danger ?
Dernière mise à jour le 01/04/2026
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Bonjour, actuellement en formation de 11mois je ne compte pas retourner à mon ancien travail je suis avec transition pro et touche mon salaire tous les mois. Si je ne fais pas de démission et fais abandon de poste vu que j’ai 30 ans de carrière et que mon employeur refuse la rupture conventionnel pourrait -je espérer un licenciement avec indemnité ? Merci
Bonjour, Depuis la loi du 21 décembre 2022 et son décret d’application de 2023, la procédure en cas d’abandon de poste a radicalement évolué. Désormais, un salarié qui abandonne son poste et ne reprend pas le travail après une mise en demeure est présumé démissionnaire. Cette présomption de démission prive le salarié du droit aux allocations chômage et, contrairement à un licenciement, ne donne droit à aucune indemnité de rupture. Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat spécialisé, qui saura vous renseigner davantage. En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée. L’équipe… Lire la suite »
Bonjour,
Suite à de nombreuses insultes de ma patronne lors d’un service en salle devant les clients, je suis partie du restaurant en pleurs. Suis je en tort ?
Merci d’avance
Bonjour, L’abandon de poste est l’absence injustifiée du salarié à son poste de travail. Aucun texte ne définit expressément cette notion, mais elle peut être sanctionnée dans le cadre du pouvoir disciplinaire de l’employeur. L’article L1237-1-1 du Code du travail permet désormais à l’employeur de considérer cette absence comme un présumé abandon de poste et de procéder à une mise en demeure. En l’absence de retour du salarié dans un délai de 15 jours, il peut en principe engager une procédure de rupture. Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat en droit du travail afin d’obtenir une analyse… Lire la suite »
Actuellement en poste mais mon responsable a repris toutes mes tâches donc je fais acte de présence. Si je fais un abandon de poste mon employeur peut il se retourner contre moi?
Bonjour,
Depuis le décret n° 2023-275 du 17 avril 2023, l’abandon de poste est présumé constituer une démission (article L1237-1-1 du Code du travail).
L’employeur n’a donc plus besoin d’engager une procédure de licenciement : en l’absence de retour dans le délai fixé après mise en demeure, le contrat est considéré comme rompu à votre initiative, sans indemnité ni droit au chômage, sauf exceptions limitées.
Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat spécialisé, qui saura vous renseigner davantage.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.
Les absences injustifiées dues à des problèmes de voiture sont-elles considérées comme des abandons de poste ? Les absences sont toujours signalées avant le début du travail. Et elles ne dépassent jamais un jour par semaine.
Bonjour, Légalement, des absences répétées, même signalées, peuvent être qualifiées d’absences injustifiées si aucun justificatif valable n’est fourni (certificat médical, attestation de force majeure, etc.). Toutefois, l’abandon de poste suppose une cessation volontaire et prolongée du travail sans justification ni volonté manifeste de reprendre le poste, comme le rappelle la circulaire DGT n°2009/04 du 17 mars 2009. Si les absences sont ponctuelles, préalablement signalées, et dues à un motif réel (comme une panne de voiture), il est peu probable qu’elles soient assimilées à un abandon de poste, sauf en cas de volonté manifeste de fuir ses obligations contractuelles. Nous vous… Lire la suite »
Bonjour ma demande de rupture conventionnel a été refuser j’ai donc fait une demande démission. J’ai un préavis de deux mois, mais j’ai une proposition de travail en interime et une autre en cdd avant ma fin de préavis. Puis je partir avant la fin de mon préavis pour travailler pour un autre employeur sans l’accord de mon employeur actuel donc effectuer un abandon de poste pendant mon préavis pour travailler de suite ailleur ?
Bonjour, Légalement, effectuer un abandon de poste pendant votre préavis pour travailler ailleurs vous expose à une rupture fautive du contrat, sans droit à indemnité ni allocation chômage, et peut entraîner une procédure disciplinaire. Sauf dispense écrite de préavis par l’employeur, le salarié reste tenu d’exécuter celui-ci conformément à l’article L1237-1 du Code du travail. Travailler pour un autre employeur durant cette période, sans autorisation, constitue en outre un manquement à l’obligation de loyauté. Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat spécialisé, qui saura vous renseigner davantage. En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons… Lire la suite »
Bonjour oui très utile en effet merci pour cette confirmation bonne journée à vous également .
Bonjour est t il vrai que si il n y as pas de présomption de démission et que c est un licenciement pour faute grave , les droits aux allocations chômage sont ouverts ?
Bonjour,
En principe, en cas de licenciement pour faute grave, les droits aux allocations chômage sont ouverts, dès lors que la rupture du contrat de travail résulte d’une décision de l’employeur et non d’un départ volontaire du salarié, conformément à l’article L. 5422-1 du Code du travail. L’absence de présomption de démission n’a pas d’incidence dans ce cas.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée. L’équipe LegalPlace.
Bonjour,
J’ai quitté mon poste suite a un désaccord avec mon employeur suite a sa jai reçut une lettre pour me convoqué a un entretien
Je risque quoi un licenciement ? Un avertissement ?
J’ai quitté me poste un vendredi a 14h30 au lieu de 17h puis l’entreprise a fermée 3 semaine et la j’occupe bien mon poste donc cela ne peut être considéré comme un abandon de poste?
Merci a vous de votre retour
Bonjour,
Lorsqu’un salarié quitte son poste avant l’heure prévue, l’employeur peut considérer qu’il s’agit d’un manquement aux obligations contractuelles. La convocation à un entretien préalable sert à entendre les explications du salarié avant toute éventuelle sanction. Selon la gravité retenue par l’employeur, cela peut aller d’un simple avertissement à une sanction disciplinaire plus lourde, voire un licenciement dans certains cas. Le fait d’avoir repris son poste ensuite écarte généralement la qualification d’abandon de poste, mais n’empêche pas l’employeur d’évaluer le manquement initial.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.
Bonjour,
suite à plusieurs entorses d affilees et une opération à la jambe ( benine) je ne serai plus continué à travailler en restauration.
Avec mon employeur, nous avions convenus d une rupture conventionnelle, mais elle a changé d avis. Je ne sais quoi faire, elle veux que je démissionne mais si je le fais je perd mes droits.
Je précise que c est pour ma santé que je veux arrêter et la remettre au mieux avant de reprendre le boulot.
Bonjour, En principe, l’employeur a le droit de refuser la conclusion d’une rupture conventionnelle. En revanche, il ne peut pas vous demander de démissionner. Dans votre situation, si votre état de santé ne vous permet plus de travailler en restauration, vous pouvez demander une visite auprès du médecin du travail. Si ce dernier déclare votre inaptitude à votre poste, votre employeur devra alors engager une procédure de reclassement ou, en cas d’impossibilité, de vous licencier pour inaptitude. Le licenciement pour inaptitude vous permettra de bénéficier des allocations chômage. En cas de problème, nous vous invitons à prendre contact avec un… Lire la suite »