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    • L’assurance décennale est obligatoire pour tout professionnel du bâtiment qui travaille directement pour un client, micro-entrepreneurs compris.
    • L’assurance décennale couvre pendant 10 ans, à compter de la réception des travaux, les dommages qui menacent la solidité de l’ouvrage ou le rendent inutilisable.
    • Le sous-traitant n’est pas légalement tenu de s’assurer en décennale, mais il reste responsable pendant 10 ans envers l’entreprise qui l’a fait intervenir.
    • Travailler sans assurance décennale expose à 75 000 € d’amende et 6 mois d’emprisonnement.
    • Le prix d’une assurance décennale varie d’environ 600 € à 5 000 € par an, selon le métier et le chiffre d’affaires.

Une dalle facturée 18 000 € peut coûter 60 000 € de réparations si elle se fissure quelques années plus tard. Sans assurance, c’est l’entreprise qui a réalisé les travaux qui paie. L’assurance décennale bâtiment existe pour ce scénario. Elle garantit au client qu’il sera indemnisé et évite au professionnel de mettre son entreprise en jeu à chaque chantier. Maçons, plombiers, électriciens, couvreurs et micro-entrepreneurs du second œuvre sont concernés au même titre. Les règles de l’assurance décennale changent toutefois selon votre statut, votre métier et votre rôle sur le chantier.

Qu’est-ce que l’assurance décennale dans le bâtiment ?

L’assurance décennale paie les réparations quand un ouvrage que vous avez réalisé présente un défaut grave dans les dix ans qui suivent la fin des travaux (article 1792 du Code civil). Ainsi, tout constructeur est responsable de plein droit des dommages qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à sa destination, c’est-à-dire inutilisable pour l’usage prévu.

En garantie décennale, « de plein droit » signifie que le client n’a pas à prouver une faute du constructeur. Il lui suffit de constater le dommage. Le professionnel ne peut échapper à sa responsabilité qu’en démontrant une cause étrangère, comme une catastrophe naturelle ou l’intervention d’un tiers.

La loi Spinetta a rendu l’assurance décennale obligatoire pour les constructeurs. Côté client, la garantie décennale en assurance construction fonctionne en lien avec l’assurance dommages-ouvrage, que le propriétaire souscrit de son côté.

Responsabilité décennale, garantie décennale et assurance décennale s’emploient souvent l’une pour l’autre. Elles désignent pourtant des choses différentes. La responsabilité décennale désigne la règle posée par la loi, selon laquelle le constructeur répond des dommages graves pendant dix ans. De cette règle découle la garantie décennale, c’est-à-dire l’obligation de réparer chez le client, même sans faute. L’assurance décennale, enfin, correspond au contrat signé avec un assureur pour financer ces réparations. Sans assurance, la garantie reste due, et c’est la trésorerie de l’entreprise qui paie.

Décennale, dommages-ouvrage, biennale, RC Pro : quelles différences ?

Sur un chantier de construction, la garantie décennale coexiste avec quatre autres garanties. Chacune a son rôle, sa durée et son souscripteur.

Garantie Ce qu’elle couvre Durée Qui la prend en charge
Parfait achèvement Tous les défauts signalés à la réception ou dans l’année 1 an après la réception L’entreprise, sans assurance spécifique
Bon fonctionnement (biennale) Équipements dissociables (volets, radiateurs, robinetterie) 2 ans minimum après la réception L’entreprise, souvent via son contrat décennal
Décennale Solidité de l’ouvrage et usage conforme 10 ans après la réception L’entreprise, assurance obligatoire
Dommages-ouvrage Avance des réparations décennales sans attendre de désigner le responsable 10 ans après la réception Le client, assurance obligatoire
RC Pro Dommages causés aux tiers pendant l’activité Durée du contrat L’entreprise, assurance facultative en général

L’assurance dommages-ouvrage est souvent confondue avec l’assurance décennale. C’est le client qui la souscrit, et non l’artisan. Elle lui permet d’être remboursé rapidement. L’assureur dommages-ouvrage se retourne ensuite contre l’assureur décennal du professionnel responsable. Les deux contrats fonctionnent donc en tandem.

La garantie de parfait achèvement impose à l’entreprise de reprendre elle-même les défauts signalés pendant l’année qui suit la réception. La RC Pro couvre ce que la décennale laisse de côté, par exemple un dégât des eaux chez le voisin pendant le chantier. Beaucoup d’assureurs regroupent les deux dans un contrat d’assurance responsabilité civile décennale.

Qui doit souscrire une assurance décennale bâtiment ?

L’article L241-1 du Code des assurances impose une assurance à toute personne dont la responsabilité décennale peut être engagée. En pratique, cela vise tout professionnel lié au client, appelé maître d’ouvrage, par un contrat de travaux. Sont notamment concernés :

  • Les entreprises de gros œuvre (maçonnerie, charpente, couverture, terrassement) ;
  • Les artisans du second œuvre dont les travaux touchent au bâti ou à ses équipements indissociables (plomberie, électricité, plâtrerie, menuiserie, carrelage, isolation) ;
  • Les architectes, maîtres d’œuvre et bureaux d’études ;
  • Les promoteurs immobiliers ;
  • Les personnes qui vendent un immeuble qu’elles ont fait construire.

Les travaux purement décoratifs, comme une peinture intérieure sans fonction d’étanchéité, relèvent rarement de la garantie décennale. La plupart des peintres s’assurent quand même, car la frontière s’apprécie au cas par cas.

Votre attestation d’assurance décennale doit accompagner chacun de vos devis, et une activité oubliée au contrat reste sans couverture. LegalPlace vous oriente vers une assurance décennale adaptée à votre métier et à votre chiffre d’affaires, pour ouvrir vos chantiers couvert dès le premier jour.

Artisans, entreprises et micro-entrepreneurs

L’obligation d’assurance décennale ne dépend pas de la forme juridique. Un artisan en entreprise individuelle, une SARL de couverture et un micro-entrepreneur plombier y sont soumis de la même façon. Le statut d’auto-entrepreneur dans le bâtiment ne dispense d’aucune assurance obligatoire, même pour un premier chantier de faible montant. La prime d’un micro-entrepreneur est en général plus basse, puisqu’elle se calcule sur un chiffre d’affaires plus modeste. Les tarifs d’assurance décennale pour auto-entrepreneur varient surtout selon le métier exercé.

Assurance décennale : le cas du sous-traitant

Le sous-traitant n’a pas d’obligation légale de souscrire une assurance décennale. Il n’a pas signé de contrat avec le client final, mais avec l’entreprise principale. L’article 1792 du Code civil ne s’applique donc pas à lui directement.

La responsabilité du sous-traitant reste malgré tout engagée. Le Code civil permet à l’entreprise principale d’agir contre lui pendant dix ans à compter de la réception, pour les mêmes dommages. Si un sinistre lié à ses travaux survient, l’assureur de l’entreprise principale indemnise le client, puis se retourne contre le sous-traitant. Sans assurance, le sous-traitant rembourse sur ses propres fonds. La plupart des entreprises principales exigent donc une attestation avant de confier un lot, et le contrat de sous-traitance le prévoit souvent noir sur blanc.

Un sous-traitant devient soumis à l’obligation d’assurance décennale dès qu’il traite directement avec un client. Un plaquiste qui travaille en sous-traitance en semaine et réalise un chantier pour un particulier le week-end doit être assuré pour ce second chantier.

Que couvre la garantie décennale dans le bâtiment ?

La garantie décennale couvre les dommages graves qui apparaissent dans les dix ans suivant la réception des travaux. Deux familles de désordres sont visées. La première regroupe ce qui compromet la solidité de l’ouvrage, comme un affaissement de fondations ou une fissure structurelle. La garantie joue aussi lorsque l’ouvrage devient impropre à sa destination, même sans risque d’effondrement. Une toiture qui laisse passer l’eau dans les chambres en fait partie, tout comme une isolation si défaillante que le logement devient inhabitable en hiver.

Les dommages couverts et ceux qui sont exclus par la garantie décennale

Dommages couverts Dommages exclus
Fissures qui menacent la structure Défauts purement esthétiques
Infiltrations par la toiture ou les murs Usure normale des matériaux
Affaissement d’un plancher ou d’une dalle Défaut d’entretien par le propriétaire
Isolation défaillante rendant le logement inhabitable Panne d’un équipement dissociable (garantie biennale)
Fuite d’une canalisation encastrée Dommages causés aux tiers pendant le chantier (RC Pro)
Mouvements de l’ouvrage dus à un vice du sol Défauts signalés à la réception (parfait achèvement)

Un élément d’équipement est indissociable quand on ne peut pas le retirer sans abîmer l’ouvrage, comme une canalisation noyée dans une chape. Il relève de la garantie décennale. Un radiateur ou un volet roulant démontable relève de la garantie de bon fonctionnement, limitée à deux ans.

Durée et point de départ de la garantie décennale

La garantie décennale dure exactement dix ans à compter de la réception des travaux. La réception est le moment où le client accepte l’ouvrage, avec ou sans réserves. Elle se formalise par un procès-verbal signé par les deux parties. Sans ce document, la date de départ peut être contestée, ce qui prolonge d’autant l’exposition du professionnel. Faites signer le procès-verbal à chaque fin de chantier et conservez-le au moins dix ans.

Le procès-verbal de réception passe souvent pour une simple formalité de fin de chantier. C’est pourtant lui qui fixe le point de départ de la garantie décennale. Les professionnels qui le font signer systématiquement s’évitent bien des malentendus avec leurs clients, parfois plusieurs années plus tard.

Le montant de garantie d’une assurance décennale dépend de la nature de l’ouvrage. Pour un logement, le contrat couvre le coût des réparations. Pour un bâtiment à usage professionnel, le plafond ne peut pas être inférieur au coût de construction déclaré par le client. Vérifiez ce plafond sur votre attestation avant d’accepter un gros chantier de bureaux ou de commerces.

La franchise de votre assurance décennale reste à votre charge, mais elle n’est jamais opposée au client. L’assureur indemnise la totalité du dommage, puis vous réclame le montant de la franchise.

Combien coûte une assurance décennale dans le BTP ?

Une assurance décennale coûte d’environ 600 € par an pour un électricien à 5 000 € environ pour un couvreur à fort chiffre d’affaires. L’assureur calcule chaque devis sur mesure, à partir du profil de l’entreprise.

Les critères qui font varier la prime de l’assurance décennale

  • Le métier exercé et son niveau de risque, le gros œuvre coûtant plus cher que le second œuvre ;
  • Le chiffre d’affaires annuel, qui sert de base au calcul ;
  • L’ancienneté de l’entreprise et l’expérience du dirigeant, justifiée par des diplômes ou des certificats de travail ;
  • L’historique des sinistres des années précédentes ;
  • Le nombre d’activités déclarées au contrat ;
  • Le montant de la franchise choisie.

Après plusieurs années sans sinistre, de nombreux assureurs accordent une réduction de la prime d’assurance décennale au renouvellement.

Fourchettes de prix d’une assurance décennale par métier

Les montants ci-dessous sont des fourchettes annuelles indicatives d’assurance décennale, constatées en octobre 2026 chez plusieurs assureurs pour une petite entreprise. Seul un devis donne le prix réel.

Métier Niveau de risque Prime annuelle indicative
Électricien Modéré 600 à 1 200 €
Plombier Modéré 700 à 1 500 €
Peintre Faible à modéré 800 à 1 500 €
Maçon Élevé 1 500 à 3 700 €
Charpentier Élevé 1 800 à 4 000 €
Couvreur Élevé 2 000 à 5 000 €

Le marché de l’assurance décennale se resserre en 2026. Plusieurs courtiers font état de hausses de prime de 5 à 15 %, et certains assureurs se retirent du secteur. Comparer plusieurs offres avant chaque renouvellement devient un réflexe utile.

Sofiane exerce deux métiers dans sa micro-entreprise. Il réalise 40 000 € de chiffre d’affaires en plomberie et 10 000 € en carrelage. Son assureur inscrit les deux activités au contrat et calcule la prime au prorata, soit 80 % sur le tarif plomberie et 20 % sur le tarif carrelage. Si Sofiane avait oublié de déclarer le carrelage, un sinistre sur une douche à l’italienne n’aurait pas été couvert. Le prix d’une décennale multi-activités suit donc la répartition réelle du chiffre d’affaires.

Comment souscrire et prouver son assurance décennale ?

Les étapes de souscription d’une assurance décennale

La souscription d’une assurance décennale se prépare en cinq étapes, à boucler avant le premier chantier.

  1. Listez toutes les activités que vous exercez ou comptez exercer, en reprenant les intitulés proposés par l’assureur.
  2. Réunissez les pièces demandées. Il s’agit en général d’un extrait Kbis ou d’un extrait du registre national des entreprises, de vos diplômes ou justificatifs d’expérience et, si vous étiez déjà assuré, d’un relevé de sinistralité (l’historique de vos sinistres).
  3. Demandez plusieurs devis auprès d’un assureur spécialisé dans le BTP, d’un courtier ou d’un comparateur en ligne.
  4. Comparez les garanties autant que le prix, notamment les plafonds, les franchises et la liste exacte des activités couvertes.
  5. Signez le contrat avant l’ouverture de votre premier chantier et récupérez votre attestation.
LegalPlace vous permet de demander en ligne un devis d’assurance décennale adapté à votre métier et à votre chiffre d’affaires. Vous pouvez ainsi le comparer avec l’offre de votre assureur actuel avant de vous engager.

L’attestation d’assurance décennale

L’attestation d’assurance décennale prouve que le professionnel est couvert. Depuis le 1er juillet 2016, elle suit un modèle officiel qui impose des mentions minimales :

  • L’identité et l’adresse de l’assuré ;
  • Le nom de l’assureur et le numéro de contrat ;
  • La période de validité ;
  • Les activités garanties, désignées précisément ;
  • La zone géographique couverte ;
  • Pour les ouvrages hors habitation, le montant de la garantie.

L’attestation d’assurance décennale doit être jointe à chaque devis et à chaque facture remis au client. Sur le devis, joignez l’attestation en cours de validité. Sur la facture, joignez celle qui couvrait la date d’ouverture du chantier. Une activité absente de l’attestation n’est pas couverte, même si elle ressemble à une activité déclarée.

Que faire en cas de refus d’assurance décennale ?

Un jeune artisan sans expérience ou une entreprise qui a connu plusieurs sinistres peut se voir refuser une assurance décennale. Comme cette assurance est obligatoire, un recours existe. L’entreprise peut saisir le Bureau central de tarification (BCT). Cet organisme fixe la prime moyennant laquelle l’assureur de son choix est tenu de la couvrir. La demande se fait par écrit, accompagnée du refus de l’assureur.

Depuis la loi du 26 mai 2026 de simplification de la vie économique, l’assureur qui refuse une assurance décennale doit informer l’entreprise de la possibilité de saisir le BCT et lui expliquer la marche à suivre. Le BCT dispose ensuite de trois mois pour se prononcer.

Quels risques en l’absence d’assurance décennale ?

Travailler sans assurance décennale est un délit. L’article L243-3 du Code des assurances le punit de 75 000 € d’amende et de 6 mois d’emprisonnement au maximum, ou de l’une de ces deux peines seulement.

Pour un professionnel non assuré, le coût le plus lourd vient souvent du sinistre lui-même. L’obligation de réparer reste entière pendant les dix ans qui suivent la réception, et les travaux de reprise sont payés sur la trésorerie de l’entreprise. Selon le statut, les biens personnels du dirigeant peuvent aussi être exposés. Un seul sinistre important suffit parfois à provoquer la fermeture d’une petite structure.

L’absence d’assurance décennale ferme aussi l’accès à de nombreux chantiers. Sans attestation à joindre au devis, la plupart des particuliers, des entreprises générales et des acheteurs publics refusent de signer.

Un contrat d’assurance décennale résilié pour non-paiement, ou une activité mal déclarée, revient à travailler sans assurance pour les chantiers concernés. Vérifiez votre attestation à chaque changement d’activité.

Comment faire jouer l’assurance décennale en cas de sinistre ?

La procédure d’indemnisation en assurance décennale démarre à l’initiative du client, dans les dix ans qui suivent la réception des travaux. L’assureur du professionnel prend ensuite le relais.

  1. Le client constate le dommage et le déclare, soit à son assureur dommages-ouvrage, soit directement au professionnel ou à son assureur.
  2. Le professionnel informe son assureur par écrit dans le délai fixé par le contrat, en joignant la réclamation et le procès-verbal de réception.
  3. L’assureur désigne un expert, qui examine le désordre et vérifie qu’il relève bien de la décennale.
  4. Si la garantie s’applique, l’assureur indemnise le client ou finance les travaux de reprise.
  5. Le professionnel règle la franchise prévue au contrat.

L’assurance décennale est obligatoire pour tout professionnel du bâtiment qui traite directement avec un client, quel que soit son statut. Elle finance pendant dix ans après la réception les réparations des dommages graves qui touchent la solidité ou l’usage de l’ouvrage. Le sous-traitant n’y est pas tenu par la loi, mais il reste responsable envers l’entreprise principale. Le prix dépend surtout du métier et du chiffre d’affaires, d’environ 600 € à 5 000 € par an. L’attestation, jointe à chaque devis et à chaque facture, reste la preuve que les clients attendent.

Assurance : demander mon devis

Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L’ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

Dernière mise à jour le 20/10/2026

FAQ

L'assurance décennale couvre-t-elle les travaux de rénovation ?

L’assurance décennale couvre les travaux de rénovation dès lors qu’ils touchent à la structure, au clos et couvert (toiture, murs, menuiseries extérieures) ou à des équipements indissociables. Une réfection de toiture, un renforcement de plancher ou une installation de chauffage encastrée en relèvent. Un simple rafraîchissement décoratif n’en relève pas en principe. Le contrat précise la nature des travaux couverts.

Que faire si j'exerce plusieurs métiers du bâtiment ?

Un professionnel qui exerce plusieurs métiers du bâtiment doit déclarer chacune de ses activités à son assureur décennal. Un même contrat peut couvrir plusieurs métiers, et la prime est calculée selon la part de chiffre d’affaires de chacun. Une activité non déclarée n’est pas couverte. Cette situation est fréquente pour un auto-entrepreneur multiservice.

Que se passe-t-il si mon activité évolue en cours de contrat ?

Une nouvelle activité doit être déclarée à l’assureur décennal avant le premier chantier concerné. L’assureur l’ajoute au contrat, ajuste la prime et délivre une nouvelle attestation. Une hausse importante du chiffre d’affaires, qui sert de base au calcul, doit aussi lui être signalée.

L'assurance décennale reste-t-elle valable après la cessation d'activité ?

L’assurance décennale reste valable après la cessation d’activité pour les chantiers ouverts pendant que le contrat était en vigueur. Le Code des assurances prévoit que la garantie couvre toute la durée de la responsabilité décennale, même après la résiliation du contrat ou la fermeture de l’entreprise. Conservez vos attestations et vos procès-verbaux de réception pendant au moins dix ans.

Peut-on assurer des chantiers réalisés avant la souscription ?

L’assurance décennale couvre en principe les seuls chantiers ouverts pendant la période de validité du contrat. Certains assureurs proposent une option de « reprise du passé », qui étend la garantie à des chantiers ouverts avant la souscription. Cette option reste facultative. Elle suppose en général de déclarer les chantiers concernés et de n’avoir connaissance d’aucun sinistre. Son prix et ses conditions varient selon l’assureur.

Quel délai pour déclarer un sinistre à son assureur décennal ?

Le délai de déclaration d’un sinistre est fixé par le contrat d’assurance décennale. Le Code des assurances interdit toutefois de prévoir moins de cinq jours ouvrés à compter du moment où l’assuré a connaissance du sinistre. Une déclaration tardive peut entraîner une perte de garantie si le contrat le prévoit et si le retard a causé un préjudice à l’assureur.

Le client peut-il agir après dix ans ?

L’action en garantie décennale se prescrit par dix ans à compter de la réception des travaux, selon le Code civil. Un dommage apparu après ce délai n’est plus couvert. Une action engagée avant la fin des dix ans se poursuit en revanche, même si la procédure dure plus longtemps.

Quelle est la différence entre assurance décennale et RC Pro ?

L’assurance décennale couvre les dommages graves subis par l’ouvrage après sa réception. La RC Pro couvre les dommages causés aux tiers pendant l’activité, comme un passant blessé ou un dégât chez un voisin. La décennale est obligatoire pour les constructeurs. La RC Pro n’est pas obligatoire dans la plupart des métiers du bâtiment, mais les clients la demandent souvent.

Un particulier qui fait ses propres travaux doit-il s'assurer en décennale ?

Un particulier n’a pas à s’assurer en décennale lorsqu’il construit un logement pour l’occuper lui-même ou y loger sa famille. Le Code des assurances prévoit cette exception. S’il revend le bien dans les dix ans, il est en revanche considéré comme constructeur envers l’acheteur, et sa responsabilité décennale peut être engagée.

Comment vérifier l'assurance décennale d'un artisan ?

Pour vérifier l’assurance décennale d’un artisan, demandez son attestation avant de signer le devis. Vérifiez que la période de validité couvre la date de début des travaux. L’activité prévue doit aussi figurer dans la liste des activités garanties, et la zone géographique doit inclure le chantier. En cas de doute, contactez l’assureur indiqué sur l’attestation pour confirmer que le contrat est actif.

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Rédigé par

Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L'ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

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