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  • L’élection du CSE devient obligatoire dès que l’entreprise compte au moins 11 salariés pendant 12 mois consécutifs.
  • L’employeur lance le processus et fixe le premier tour des élections au plus tard 90 jours après avoir informé le personnel.
  • Le vote de l’élection du CSE se déroule en deux tours, et le second tour n’a lieu que si moins de la moitié des inscrits a voté au premier.
  • Les élus du CSE ont un mandat de 4 ans, renouvelable sans limite depuis octobre 2025.

Dès que votre effectif atteint 11 salariés pendant un an, l’élection CSE devient une obligation légale, et le moindre retard vous expose au délit d’entrave, l’infraction qui sanctionne l’employeur faisant obstacle à la représentation du personnel. Le calendrier, les règles de vote et les formalités obéissent à des délais stricts, et une seule erreur peut suffire à faire annuler l’élection du CSE de votre entreprise.

Qu’est-ce que l’élection du CSE et qui est concerné ?

L’élection du CSE, que l’on appelle aussi élections professionnelles, permet aux salariés de désigner les membres de la délégation du personnel au comité social et économique. Les élus du CSE représentent ensuite les salariés auprès de l’employeur. Concrètement, ils présentent les réclamations individuelles et collectives, veillent à l’application du droit du travail et, dans les entreprises d’au moins 50 salariés, sont consultés sur la marche générale de l’entreprise.

Le CSE a remplacé en 2018 les délégués du personnel, le comité d’entreprise et le CHSCT. Il réunit ainsi en une seule instance des missions autrefois dispersées. En pratique, le scrutin suit des règles proches de celles d’une élection politique, avec une liste électorale, des bulletins, un isoloir, un dépouillement public et un procès-verbal.

L’élection du CSE doit être lancée même si aucun salarié ne semble intéressé. Le procès-verbal de carence, qui constate l’absence de candidats, n’est valable qu’à l’issue d’un processus électoral régulièrement engagé, et l’employeur le transmet à l’inspection du travail dans les 15 jours.

À partir de combien de salariés l’élection du CSE est-elle obligatoire ?

L’article L2311-2 du Code du travail impose la mise en place d’un CSE dans les entreprises d’au moins 11 salariés, à condition que ce seuil soit atteint pendant 12 mois consécutifs. Un pic d’activité ponctuel ne suffit donc pas à déclencher l’obligation.

Le calcul de l’effectif pour le CSE obéit à des règles précises. Sont notamment pris en compte :

  • Les salariés en CDI à temps plein, qui comptent chacun pour une unité ;
  • Les salariés à temps partiel, au prorata de leur temps de travail ;
  • Les salariés en CDD et les intérimaires, au prorata de leur temps de présence sur les 12 derniers mois, sauf s’ils remplacent un salarié absent ;
  • Les salariés mis à disposition par une entreprise extérieure et présents dans les locaux depuis au moins un an.

Le calcul de l’effectif du CSE exclut, à l’inverse, certains contrats. C’est le cas des apprentis, des titulaires d’un contrat de professionnalisation ou d’un contrat aidé, ainsi que des stagiaires.

Le cas des entreprises de 11 à 20 salariés

Les entreprises de 11 à 20 salariés bénéficient d’une procédure allégée pour l’élection du CSE. L’employeur informe le personnel comme dans toute entreprise. En revanche, il n’invite les syndicats à négocier le protocole préélectoral que si au moins un salarié se porte candidat dans les 30 jours suivant cette information. Par ailleurs, le salarié qui annonce sa candidature est protégé contre le licenciement dès que l’employeur a connaissance de l’imminence de cette candidature.

L’absence de candidat dans le délai de 30 jours ne met pas fin à la procédure électorale pour autant. Depuis 2023, l’administration considère que l’employeur doit tout de même organiser le premier et le second tour. L’employeur n’établit le procès-verbal de carence qu’à l’issue de ces deux tours, puis le transmet à l’inspection du travail dans les 15 jours.

Qui doit organiser l’élection du CSE ?

L’organisation de l’élection du CSE relève de l’employeur. C’est à lui de prendre l’initiative, sans attendre qu’un salarié le lui demande, et de supporter les frais matériels du scrutin.

Un salarié ou un syndicat peut néanmoins demander l’organisation des élections lorsque l’employeur reste inactif. L’employeur doit alors engager la procédure dans le mois qui suit la réception de cette demande. De plus, le salarié qui formule la demande est protégé contre le licenciement pendant 6 mois, à condition qu’un syndicat soutienne sa démarche. L’ensemble des obligations de l’employeur face au CSE va toutefois bien au-delà de l’organisation du scrutin.

Combien de membres faut-il élire lors de l’élection du CSE ?

Le nombre d’élus au CSE dépend directement de l’effectif de l’entreprise. Sauf accord plus favorable, il est fixé par un barème légal qui détermine aussi le crédit d’heures de délégation dont dispose chaque titulaire :

Effectif de l’entreprise Nombre de titulaires Heures de délégation par mois et par titulaire
11 à 24 salariés 1 10 h
25 à 49 salariés 2 10 h
50 à 74 salariés 4 18 h
75 à 99 salariés 5 19 h
100 à 124 salariés 6 21 h
125 à 149 salariés 7 21 h
150 à 174 salariés 8 21 h
175 à 199 salariés 9 21 h
200 à 249 salariés 10 22 h
250 à 299 salariés 11 22 h
10 000 salariés et plus 35 34 h

Chaque titulaire du CSE est accompagné d’un suppléant, qui le remplace en cas d’absence. Les salariés élisent donc autant de suppléants que de titulaires. Le protocole d’accord préélectoral peut, en outre, augmenter le nombre de sièges ou le volume d’heures. Le barème complet du nombre d’élus au CSE couvre toutes les tranches d’effectif, jusqu’aux plus grandes entreprises.

Quelles sont les étapes de l’élection du CSE ?

L’élection du CSE suit une procédure en 5 étapes, de l’information du personnel jusqu’au jour du vote. Chacune répond à des formalités précises, et une erreur à l’une d’elles peut entraîner l’annulation du scrutin.

Les 5 étapes de l'élection du CSE, de l'information du personnel à l'organisation du vote des salariés.

Étape 1 : informer le personnel de l’élection du CSE

L’élection du CSE commence par l’information des salariés. L’article L2314-4 du Code du travail impose à l’employeur d’annoncer l’organisation des élections par tout moyen qui donne une date certaine à cette information. En pratique, il s’agit d’un affichage daté, complété d’un courriel ou d’une remise en main propre contre signature.

Le document d’information doit indiquer la date envisagée pour le premier tour. Or, ce premier tour doit se tenir au plus tard le 90e jour qui suit l’information. La date d’information fait donc courir l’ensemble du calendrier électoral. Pour un renouvellement, l’information intervient tous les 4 ans, à l’approche de la fin des mandats en cours.

Étape 2 : inviter les syndicats à l’élection du CSE

Parallèlement à l’information du personnel, l’employeur invite les organisations syndicales à négocier le protocole d’accord préélectoral et à présenter leurs listes de candidats. Doivent être invités :

  • Les syndicats qui respectent les valeurs républicaines, sont indépendants, existent depuis au moins 2 ans et couvrent le secteur professionnel et géographique de l’entreprise ;
  • Les syndicats reconnus représentatifs dans l’entreprise ;
  • Les syndicats qui y ont constitué une section syndicale ;
  • Les syndicats affiliés à une organisation représentative au niveau national et interprofessionnel (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC).

Les syndicats qui remplissent seulement les critères d’indépendance et d’ancienneté de 2 ans peuvent être informés par tout moyen. En revanche, les syndicats représentatifs, ceux qui disposent d’une section et les syndicats affiliés doivent recevoir un courrier. Dans tous les cas, l’invitation doit leur parvenir au moins 15 jours avant la première réunion de négociation. En cas de renouvellement, elle est envoyée 2 mois avant l’expiration des mandats. Enfin, dans les entreprises de 11 à 20 salariés, cette invitation n’est due que si un salarié se porte candidat dans les 30 jours suivant l’information du personnel.

Étape 3 : négocier le protocole préélectoral de l’élection CSE

Le protocole d’accord préélectoral, souvent appelé PAP, fixe les règles du scrutin propres à votre entreprise. Il précise notamment :

  • Le nombre et la composition des collèges électoraux, c’est-à-dire les groupes de salariés qui votent séparément selon leur catégorie professionnelle ;
  • Le nombre de sièges à pourvoir et leur répartition entre les collèges ;
  • La proportion de femmes et d’hommes dans chaque collège ;
  • La date, les horaires et le lieu du vote ;
  • Les modalités du vote par correspondance ou du vote électronique ;
  • Les conditions de propagande électorale, comme l’affichage des professions de foi.

Le protocole préélectoral n’est valable que s’il est signé à une double majorité. Il faut d’abord la signature de la majorité des syndicats ayant participé à la négociation. Parmi eux doivent aussi figurer les syndicats représentatifs ayant obtenu la majorité des suffrages aux dernières élections. Faute de résultats disponibles, c’est la majorité des syndicats représentatifs dans l’entreprise qui compte.

L’échec de la négociation du protocole préélectoral ne bloque pas le processus électoral. L’administration tranche alors certaines questions, comme la répartition des sièges entre les collèges. Pour d’autres, comme les modalités matérielles du vote, l’employeur décide lui-même, sous le contrôle du juge. Enfin, si aucun syndicat ne répond à l’invitation, l’employeur détermine seul les modalités du scrutin.

Étape 4 : établir les listes électorales et les candidatures

L’employeur dresse la liste des électeurs de chaque collège et l’affiche dans l’entreprise une fois le protocole préélectoral signé. Par défaut, le personnel est réparti en deux collèges. Le premier regroupe les ouvriers et les employés, le second les ingénieurs, chefs de service, techniciens et agents de maîtrise. Un troisième collège réservé aux cadres est créé dès que l’entreprise en compte au moins 25. À l’inverse, un collège unique s’applique quand un seul titulaire et un seul suppléant sont à élire.

Les syndicats déposent leurs listes de candidats dans le délai fixé par le protocole préélectoral. Un exemple de liste de candidats aide à vérifier la conformité du document avant son dépôt, notamment l’ordre de présentation et l’alternance entre femmes et hommes.

Étape 5 : organiser le vote de l’élection du CSE

La préparation matérielle du vote est la dernière étape de l’élection du CSE. L’employeur met à disposition les bulletins, les enveloppes, les urnes et les isoloirs, en nombre suffisant pour chaque collège. Les salariés forment de leur côté un bureau de vote, composé en général des deux électeurs les plus âgés et le plus jeune de chaque collège.

Le vote a lieu pendant le temps de travail, et ce temps est rémunéré comme du travail effectif. Les horaires d’ouverture du bureau doivent permettre à tous les salariés de voter, y compris ceux qui travaillent en équipe ou de nuit. Par ailleurs, le protocole peut prévoir un vote par correspondance pour les salariés absents le jour du scrutin, ou un vote électronique pour l’ensemble du personnel. Enfin, les syndicats diffusent leur profession de foi pour le CSE dans les conditions fixées par le protocole, afin que chaque électeur connaisse les programmes avant de voter.

Quel calendrier faut-il respecter pour l’élection du CSE ?

Le calendrier de l’élection du CSE s’étale en général sur 6 semaines à 3 mois. Il s’organise autour de quelques dates clés :

  1. J-90 au plus tard, l’employeur informe le personnel et fixe la date du premier tour ;
  2. Au même moment, il invite les syndicats à négocier le protocole préélectoral ;
  3. Au moins 15 jours après l’invitation, a lieu la première réunion de négociation ;
  4. Après la signature du protocole, l’employeur affiche les listes électorales et les syndicats déposent leurs candidatures ;
  5. Le jour J, se tient le premier tour, suivi du dépouillement ;
  6. Dans les 15 jours, a lieu le second tour si le quorum n’a pas été atteint ;
  7. Dans les 15 jours après la proclamation des résultats, l’employeur transmet les procès-verbaux.

Huit délais légaux encadrent le calendrier électoral du CSE, chacun avec son propre point de départ.

Formalité Délai légal Point de départ
Tenue du premier tour 90 jours maximum Information du personnel
Invitation à négocier le PAP 15 jours minimum Avant la première réunion de négociation
Invitation en cas de renouvellement 2 mois Avant l’expiration des mandats
Candidature (entreprises de 11 à 20 salariés) 30 jours Information du personnel
Organisation du second tour 15 jours maximum Date du premier tour
Transmission du procès-verbal 15 jours Proclamation des résultats
Contestation de la liste électorale 3 jours Publication de la liste
Contestation de la régularité du vote 15 jours Proclamation des résultats

Ces délais structurent tout le calendrier de mise en place du CSE, et le non-respect de l’un d’eux peut suffire à faire annuler le scrutin.

Sophie dirige une SAS de 18 salariés qui vient de passer son 12e mois consécutif au-dessus de 11 salariés. Le 2 novembre, elle affiche l’information des élections et fixe le premier tour au 12 janvier, soit avant le 90e jour. Aucun salarié ne se porte candidat avant le 2 décembre, si bien qu’elle n’a pas à inviter les syndicats. Elle maintient pourtant le premier tour, puis organise un second tour le 26 janvier, toujours sans candidat. Elle établit alors un procès-verbal de carence et l’envoie à l’inspection du travail avant le 10 février. Ce calendrier illustre l’obligation d’aller au bout du processus, même en l’absence de candidats.

Qui peut voter et se présenter à l’élection du CSE ?

Les conditions pour être candidat à l’élection du CSE

Les conditions pour voter et pour être candidat à l’élection du CSE diffèrent, notamment en matière d’âge et d’ancienneté.

Critère Électeur Candidat (éligible)
Âge minimum 16 ans révolus 18 ans révolus
Ancienneté dans l’entreprise 3 mois au moins 1 an au moins
Droits civiques Aucune interdiction ni déchéance Aucune interdiction ni déchéance
Famille de l’employeur Peut voter Exclue (conjoint, partenaire de PACS, concubin, ascendants, descendants, frères, sœurs et alliés)
Salarié disposant d’une délégation écrite d’autorité Peut voter Exclu s’il représente l’employeur devant le CSE ou dispose d’une délégation équivalente
Salarié à temps partiel dans plusieurs entreprises Peut voter dans chacune Candidat dans une seule entreprise de son choix

Les salariés en CDD votent dès lors qu’ils remplissent la condition d’ancienneté de 3 mois. En revanche, les intérimaires votent dans leur entreprise de travail temporaire, et non dans l’entreprise où ils effectuent leur mission.

La parité femmes-hommes dans l’élection du CSE

L’article L2314-30 du Code du travail impose que chaque liste de plusieurs candidats reflète la proportion de femmes et d’hommes inscrits sur la liste électorale du collège. Les candidats doivent par ailleurs alterner un homme et une femme jusqu’à épuisement des candidats de l’un des deux sexes. Le calcul s’arrondit à l’entier supérieur à partir de 0,5 et à l’entier inférieur en dessous.

Malik, délégué syndical, prépare sa liste pour un collège qui compte 60 % de femmes et 5 sièges à pourvoir. Le calcul donne 3 femmes (5 × 0,6) et 2 hommes (5 × 0,4). Il présente donc une liste alternée, par exemple femme, homme, femme, homme, femme. La règle générale veut que chaque liste reproduise la proportion de femmes et d’hommes du collège, avec une alternance stricte des candidats.

L’obligation de représentation équilibrée s’applique aussi aux listes incomplètes. Dans un arrêt du 1er octobre 2025, la Cour de cassation a jugé qu’une liste présentant moins de candidats que de sièges doit malgré tout respecter la proportion de femmes et d’hommes. Si la règle n’est pas respectée, le juge annule l’élection des élus du sexe surreprésenté, en commençant par le dernier de la liste. Le traitement d’une liste incomplète lors des élections du CSE obéit ainsi aux mêmes exigences de parité qu’une liste complète.

Comment se déroule le vote de l’élection du CSE ?

Le vote de l’élection du CSE suit un scrutin de liste à deux tours, avec une répartition des sièges à la proportionnelle à la plus forte moyenne, une méthode qui attribue les sièges selon le nombre de voix obtenu par chaque liste. Les électeurs votent séparément pour les titulaires et pour les suppléants, au sein de leur collège.

Le premier tour et le quorum

Au premier tour des élections professionnelles, seuls les syndicats peuvent présenter des listes. Le résultat n’est toutefois valable que si le quorum est atteint, c’est-à-dire si le nombre de votants est au moins égal à la moitié des électeurs inscrits. Ce quorum se calcule pour chaque collège et pour chaque scrutin, titulaires d’un côté et suppléants de l’autre.

Lorsque le quorum est atteint au premier tour, les sièges sont attribués immédiatement aux listes syndicales. Le second tour n’a alors lieu que pour les sièges restés vacants, dans le même délai de 15 jours.

Le second tour de l’élection CSE

Le second tour de l’élection du CSE s’organise dans les 15 jours qui suivent le premier, lorsque le quorum n’a pas été atteint ou que des sièges restent à pourvoir. Sa principale différence tient à l’ouverture des candidatures.

Critère Premier tour Second tour
Qui présente des listes ? Uniquement les syndicats Tout salarié éligible, syndiqué ou non
Condition de quorum La moitié des inscrits doit voter Aucune condition de quorum
Calendrier Au plus tard 90 jours après l’information du personnel Dans les 15 jours après le premier tour
Résultat Valable seulement si le quorum est atteint Toujours valable, quel que soit le nombre de votants

Au second tour, un salarié peut se présenter seul ou sur une liste libre, sans étiquette syndicale, en adressant une lettre de candidature au CSE à l’employeur. Les listes de plusieurs candidats restent toutefois soumises à la règle de parité femmes-hommes. Si aucun candidat ne se présente à ce second tour, l’employeur établit un procès-verbal de carence et le transmet à l’inspection du travail dans les 15 jours.

Le vote électronique pour l’élection du CSE

Le vote électronique pour l’élection du CSE est autorisé par un accord d’entreprise ou, à défaut, par une décision de l’employeur. Il peut compléter le vote à l’urne ou le remplacer entièrement. Ce mode de scrutin facilite la participation des salariés à distance, en télétravail ou répartis sur plusieurs sites.

Le système de vote électronique retenu doit cependant garantir la confidentialité et la sincérité du vote. L’employeur fait pour cela réaliser une expertise indépendante du dispositif et forme les membres du bureau de vote. Les exigences techniques du vote électronique pour l’élection du CSE s’appliquent à chaque scrutin, premier comme second tour.

La CNIL a adopté le 19 mars 2026 une nouvelle recommandation sur le vote électronique, publiée le 24 avril 2026. Tout nouveau scrutin, dont l’élection du CSE, lancé après cette date doit la respecter. Elle impose notamment la publication préalable des caractéristiques techniques du système et la possibilité de vérifier le dépouillement.

Dépouillement et attribution des sièges

Le dépouillement des élections professionnelles est public et se déroule juste après la clôture du vote. La répartition des sièges se fait en deux temps. D’abord, on calcule le quotient électoral, c’est-à-dire le nombre de suffrages exprimés divisé par le nombre de sièges. Chaque liste obtient autant de sièges que ce quotient est contenu dans son nombre de voix. Ensuite, les sièges restants sont attribués à la plus forte moyenne. Pour chaque liste, on divise ses voix par le nombre de sièges déjà obtenus plus un, et la liste qui a la meilleure moyenne remporte le siège.

Julien, DRH, dépouille un scrutin à 4 sièges. Sur 120 suffrages exprimés, la liste A obtient 58 voix, la liste B 42 et la liste C 20. Le quotient électoral est de 30 (120 ÷ 4). A et B reçoivent chacune 1 siège, C aucun. Pour le 3e siège, les moyennes sont de 29 pour A (58 ÷ 2), 21 pour B (42 ÷ 2) et 20 pour C (20 ÷ 1). A l’emporte. Pour le 4e, A tombe à 19,3 (58 ÷ 3), si bien que B gagne avec 21. Au final, A et B obtiennent 2 sièges chacune. La règle générale consiste à attribuer d’abord les sièges au quotient, puis les sièges restants un par un à la plus forte moyenne.

Au sein de chaque liste élue au CSE, les candidats sont proclamés élus dans leur ordre de présentation. Les ratures portées sur un nom ne modifient cet ordre que si elles atteignent au moins 10 % des suffrages exprimés en faveur de la liste.

Que se passe-t-il après l’élection du CSE ?

Après la proclamation des résultats de l’élection du CSE, l’employeur dispose de 15 jours pour accomplir les formalités de transmission. Les nouveaux élus prennent alors leurs fonctions, souvent à l’occasion de la première réunion du CSE.

PV d’élection CSE ou PV de carence

Le procès-verbal d’élection du CSE récapitule les résultats de chaque collège et de chaque tour. L’employeur le transmet dans les 15 jours au centre de traitement des élections professionnelles (CTEP), au moyen du formulaire Cerfa prévu à cet effet. Il en adresse aussi une copie aux syndicats qui ont présenté des listes ou participé à la négociation du protocole. Enfin, il affiche dans les locaux la liste nominative des élus.

Le procès-verbal de carence intervient lorsque le scrutin n’a fait émerger aucun candidat. L’employeur l’établit, en informe les salariés et le transmet dans les 15 jours à l’inspection du travail. Par la suite, un salarié ou un syndicat peut demander l’organisation de nouvelles élections, mais seulement 6 mois après l’établissement de ce procès-verbal.

Mehdi Ouchallal Avocat expert en droit des sociétés Mehdi Ouchallal

On a tendance à voir le procès-verbal de carence comme la dernière formalité d’une procédure qui n’a rien donné. Dans les faits, c’est lui qui protège l’employeur pour la suite. Le jour où un licenciement pour inaptitude ou un licenciement économique impose de consulter les élus, l’entreprise qui n’a ni CSE ni carence régulièrement constatée ne peut justifier de rien, et c’est toute la procédure qui devient fragile.

Durée du mandat et renouvellement de l’élection CSE

Les membres du CSE sont élus pour 4 ans. Un accord collectif peut toutefois réduire cette durée, sans descendre sous 2 ans. Le mandat prend fin avant son terme en cas de démission, de rupture du contrat de travail ou de perte des conditions d’éligibilité. En revanche, un changement de catégorie professionnelle ne met pas fin au mandat.

Des élections partielles du CSE peuvent s’imposer lorsque des sièges se libèrent en cours de mandat. C’est le cas lorsqu’un collège n’est plus représenté ou que le nombre de titulaires est réduit de moitié ou plus, sauf si la fin des mandats intervient dans moins de 6 mois.

La loi du 24 octobre 2025 a supprimé la limite de 3 mandats successifs qui s’appliquait jusque-là aux élus du CSE. Un élu peut donc désormais se représenter sans limite de durée, ce qui permet de préserver l’expérience acquise au sein de l’instance.

Comment contester une élection CSE ?

Toute contestation de l’élection du CSE se porte devant le tribunal judiciaire, par simple requête. Les délais sont très courts. Il faut agir dans les 3 jours suivant la publication de la liste électorale pour contester l’électorat, et dans les 15 jours suivant l’élection pour en contester la régularité. Dans un arrêt du 6 mai 2025, la Cour de cassation a précisé que ce délai de 15 jours ne court qu’à partir de la proclamation des résultats, et c’est à l’employeur d’en prouver la date.

L’employeur qui ne respecte pas ses obligations électorales s’expose, de son côté, à des sanctions pénales. Faire obstacle à la constitution du CSE ou à la libre désignation de ses membres constitue un délit d’entrave, puni d’un an d’emprisonnement et de 7 500 € d’amende.

Certaines erreurs suffisent à faire annuler une élection du CSE : un syndicat qui aurait dû être invité à négocier le protocole et ne l’a pas été ; une liste qui ne respecte pas la proportion de femmes et d’hommes ; un premier tour organisé plus de 90 jours après l’information du personnel ; un défaut de confidentialité du vote, par exemple l’absence d’isoloir ; un calendrier du protocole modifié seul par l’employeur.

Les candidats et les élus du CSE bénéficient d’une protection contre le licenciement, pendant le mandat et jusqu’à 6 mois après sa fin. Tout licenciement d’un salarié protégé nécessite ainsi l’autorisation préalable de l’inspection du travail.

L’élection du CSE devient obligatoire dès que l’entreprise compte au moins 11 salariés pendant 12 mois consécutifs, et c’est à l’employeur de l’engager sans attendre qu’on la lui demande. Le premier tour doit se tenir au plus tard 90 jours après l’information du personnel, et un second tour, ouvert à tous les salariés éligibles, est organisé dans les 15 jours si le quorum n’est pas atteint. Les listes de candidats doivent respecter la proportion de femmes et d’hommes du collège, même lorsqu’elles sont incomplètes. À l’issue du scrutin, l’employeur transmet le procès-verbal d’élection ou de carence dans les 15 jours, et les élus prennent leurs fonctions pour un mandat de 4 ans, sans limite de renouvellement.

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Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L’ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

Dernière mise à jour le 06/10/2026

FAQ

Une entreprise de moins de 11 salariés peut-elle organiser une élection du CSE ?

Le Code du travail n’impose pas d’élection du CSE en dessous de 11 salariés. Toutefois, une convention collective ou un accord peut prévoir une représentation du personnel plus favorable. Dans ce cas, l’élection suit les mêmes règles que dans les entreprises soumises à l’obligation. Le fonctionnement du CSE dans les entreprises de moins de 50 salariés reste alors limité aux attributions de base.

Que faire si aucun salarié ne se présente à l'élection du CSE ?

L’employeur doit mener la procédure d’élection du CSE jusqu’au bout, premier et second tours compris, même sans candidat. Il établit ensuite un procès-verbal de carence, en informe les salariés et le transmet dans les 15 jours à l’inspection du travail. Un salarié ou un syndicat pourra demander l’organisation de nouvelles élections 6 mois plus tard.

Combien de temps dure le processus d'élection du CSE ?

Le processus d’élection du CSE dure en général entre 6 semaines et 3 mois. La seule limite légale porte sur le premier tour, qui doit se tenir au plus tard 90 jours après l’information du personnel. Le second tour éventuel intervient dans les 15 jours, puis les procès-verbaux sont transmis dans les 15 jours qui suivent la proclamation.

Un salarié en CDD ou en intérim peut-il voter à l'élection du CSE ?

Un salarié en CDD peut voter aux élections professionnelles dès lors qu’il a 16 ans et au moins 3 mois d’ancienneté dans l’entreprise. Il peut aussi se présenter s’il a 18 ans et un an d’ancienneté. En revanche, un intérimaire vote dans son entreprise de travail temporaire, et non dans celle où il effectue sa mission.

L'employeur peut-il modifier seul le calendrier de l'élection CSE fixé par le protocole ?

Non, l’employeur ne peut pas modifier seul le calendrier de l’élection du CSE lorsqu’il a été fixé par le protocole d’accord préélectoral. Tout changement suppose un avenant signé dans les mêmes conditions de double majorité que le protocole initial. À défaut, le tribunal judiciaire peut annuler l’élection.

Les candidats et élus de l'élection CSE sont-ils protégés contre le licenciement ?

Oui, les candidats aux élections professionnelles sont protégés contre le licenciement pendant 6 mois à partir de l’envoi des listes de candidatures à l’employeur. Les élus du CSE, titulaires comme suppléants, le sont pendant toute la durée de leur mandat, puis pendant 6 mois après sa fin. Leur licenciement exige l’autorisation préalable de l’inspection du travail.

Peut-on organiser l'élection du CSE uniquement par vote électronique ?

Oui, le vote électronique peut remplacer entièrement le vote à l’urne lors de l’élection du CSE. Il doit être autorisé par un accord d’entreprise ou, à défaut, par une décision de l’employeur. Le système doit aussi faire l’objet d’une expertise indépendante et respecter la recommandation de la CNIL du 19 mars 2026.

Quelle sanction en cas d'absence d'élection du CSE ?

Ne pas organiser l’élection du CSE constitue un délit d’entrave, puni d’un an d’emprisonnement et de 7 500 € d’amende. De plus, les salariés peuvent demander des dommages et intérêts pour la privation de représentation. Enfin, l’absence de CSE fragilise certaines procédures, comme le licenciement économique, qui imposent de consulter les élus.

Sources de l'article

101 Commentaires
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Bonjour,
je voudrais savoir si mon employeur ne commet pas un délit d’entrave, puisque depuis octobre 2023 date d’échéance des mandats en cours, li n’a toujours pas organisé des élections pour renouveler les mandats, sans aucune demande de dérogation, merci de me conseiller de ce qu’il faut faire.
Cordialement,

Bonjour,

En principe, le fait pour un employeur de ne pas organiser les élections professionnelles à l’issue des mandats en cours, sans justification ni demande de dérogation, peut constituer un délit d’entrave, au sens de l’article L2317-1 du Code du travail. Ce manquement concerne notamment l’obligation de respecter le renouvellement des instances représentatives du personnel (CSE).

Le non-respect de cette obligation peut être signalé à l’inspection du travail, qui est compétente pour constater la situation et éventuellement engager une procédure.

En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.

Bonjour ;nous n’avons eu que 2h30 pour aller voter est ce normal .

Bonjour,

Le temps alloué pour voter au Comité social et économique (CSE) est différent selon chaque entreprise. En effet, ce temps peut varier en fonction de divers facteurs, tels que la taille de l’entreprise, le nombre de votants, les accords collectifs en vigueur.

En espérant que cette réponse vous a été utile,

L’équipe LegalPlace

Bonjour,
Nous n’avons pas de représentants syndicaux dans notre entreprise, nous passons donc au second tour. Les employés peuvent ils se présenter sous forme de liste au second tour ou est-ce réservé aux 1er tour? Est il possible qu’il y ait plusieurs listes par catégorie/collège ?
Merci à vous

Bonjour,

En principe, le deuxième tour permet aux employés qui ne se sont pas présentés au premier tour ou aux nouvelles candidatures de se présenter. Par ailleurs, il est possible d’avoir plusieurs listes par catégorie ou collège lors du deuxième tour, tout comme lors du premier tour.

En espérant que cette réponse vous a été utile,

L’équipe LegalPlace

Bonjour,
J’ai eu une question par rapport au premier tour. Pour l’attribution des sièges, est-ce que seule le quotient électoral est utilisé ? Et donc si non attribution des sièges, il y a un deuxième tour où le quotient électoral puis la moyenne la plus forte est utilisée. Je ne comprends pas vraiment comment se passent l’attribution des sièges au premier tour.

Bonjour,

En principe, pour déterminer l’attribution des sièges au 1er tour, il est possible de recourir soit au quotient électoral c’est-à-dire le nombre de suffrages valablement exprimés divisé par le nombre de sièges de représentants titulaires à élire soit à la règle de la plus forte moyenne.

En espérant que cette réponse vous a été utile,

L’équipe LegalPlace

Bonjour,
Les élections ont eu lieu dans un Office Public de l’habitat. Le protocole d’accord préélectoral a supprimé le collège cadres alors que leur nombre est supérieur à 25. Quels sont les recours possibles, sachant que les délais sont dépassés, sommes nous sur un délit d’entrave ?
merci de votre réponse
cordialement

Bonjour,

La suppression du collège cadres peut constituer un délit d’entrave si celle-ci a été effectuée dans le but de nuire à la représentation des intérêts des salariés concernés.
Par ailleurs, si le délai pour contester a expiré, nous vous invitons à contacter un avocat qui saura évaluer la situation et vous proposer les solutions possibles.

En espérant que cette réponse vous a été utile,

L’équipe LegalPlace

Bonjour
Je suis salarié en temps partiel d’une entreprise d’hôtellerie restauration.
Malgré la promesse faite à la direction du travail lors d’un contrôle en juin 2022, toujours pas de procédure de mise en place d’un cse.
Nous sommes une vingtaine d’employés.
Puis-je obliger mon employeur à créer ce cse et quels sont les risques pour moi ?
Je suis syndiqué et en invalidité de catégorie 1.
Quelle est la procédure pour le contraindre ?
Merci d’avance pour votre réponse.

Bonjour,

En principe, le refus de mettre en place un CSE constitue un délit d’entrave. L’employeur peut être condamné à un an d’emprisonnement et à une amende de 7 500 € s’il s’agit d’une personne physique ou de 37 500 € si l’employeur est une personne morale.

En espérant que cette réponse vous a été utile,

L’équipe LegalPlace

Bonjour,
En l’absence de candidature syndiquée au 1er tour, y a-t-il un nombre minimum de candidature libre à recevoir pour tenir un 2nd tour ? Nous en avons que 3 alors qu’il y a au total 8 postes à pourvoir (4 titulaires et 4 suppléants).
Le CSE peut-il être maintenu avec seulement 3 membres sur 8 ?
Merci pour votre aide 🙂

Bonjour,

En l’absence de candidature syndiquée au premier tour des élections du Comité Social et Economique (CSE), il n’y a pas de nombre minimum de candidatures libres à recevoir pour tenir un second tour. Si tous les sièges ne sont pas pourvus, alors il faudra prévoir de nouvelles élections professionnelles.

En espérant que cette réponse vous a été utile,

L’équipe LegalPlace

Bonjour. Est ce que des salariés du 1er collège peuvent s’inscrire sur une liste du 2eme collège.

Bonjour,

En principe, les salariés du premier collège ne peuvent pas s’inscrire sur une liste du deuxième collège puisque les salariés sont répartis en fonction de leur catégorie professionnelle. Les salariés du premier collège représentent les employés ou les agents de maîtrise alors que ceux du deuxième collège représentent les cadres.

En espérant que cette réponse vous a été utile,

L’équipe LegalPlace

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Rédigé par

Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L'ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

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