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Bulle de l’IA : « beaucoup de boîtes vont disparaître » si elle éclate, prévient un investisseur

Chaque semaine, la presse évoque un possible éclatement de la bulle de l'IA. Le sujet a ouvert le premier épisode de Boardroom, le podcast lancé par Racem Flazi et Samuel Goldstein, cofondateurs de LegalPlace. Leur invité, Nicolas Rose, est managing partner de XAnge, un fonds de capital-risque franco-allemand spécialisé dans la tech. XAnge est aussi investisseur et membre du board de LegalPlace. Voici les grandes lignes de son analyse.

podcast bulle de l'IA avec Racem Razi et Samuel Goldstein

Chaque semaine, la presse évoque un possible éclatement de la bulle de l’IA. Le sujet a ouvert le premier épisode de Boardroom, le podcast lancé par Racem Flazi et Samuel Goldstein, cofondateurs de LegalPlace. Leur invité, Nicolas Rose, est managing partner de XAnge, un fonds de capital-risque franco-allemand spécialisé dans la tech. XAnge est aussi investisseur et membre du board de LegalPlace. Voici les grandes lignes de son analyse.

Les premières fissures de la bulle de l’IA

Depuis un ou deux ans, Nicolas Rose observe une « circularité » dans les flux de financement entre Nvidia, les éditeurs d’IA et les géants du cloud qui construisent les data centers. « Qui prête à qui ? Qui garantit quoi ? »

Les médias financiers américains scrutent désormais la capacité de certains acteurs à rembourser leur dette. Anthropic et OpenAI atteindront-ils leurs objectifs de croissance, et donc les moyens de tenir leurs engagements ? C’est une question qui sera décisive.

Nicolas Rose mesure l’enjeu avec une comparaison forte :« La dette de 2007, tout ce qui est titrisation de l’immobilier, et la crise de 29 sont petites par rapport à la taille du problème du financement de l’IA aujourd’hui. » Il reste prudent sur la suite. « Je regarde ça avec un grain de sel. Attendez, on n’a pas encore tout vu. »

Faut-il arrêter d’investir dans l’IA ?

Non, selon Nicolas. Mais il connaît le scénario d’une bulle. « Si on est dans une bulle IA […], on sait comment ça se passe. Il y aura beaucoup de boîtes qui vont disparaître et les valos vont être divisées par deux, par trois, par quatre. »

Selon lui, les valorisations sont déjà « riches » dans l’IA et la robotique, même pour les très jeunes entreprises. « Si tu payes des valorisations de 5 ans d’avance ou de 10 ans d’avance, c’est compliqué. »

Les fonds continuent pourtant d’investir. « On ne pose pas le stylo, parce que sinon les autres vont continuer à investir. Et surtout, c’est le métier d’investir. » Ce contexte crée en revanche « de la nervosité dans les comités d’investissement ». Nicolas Rose garde en mémoire les années 2020 et 2021, une période « d’exubérance totale ».

Comment valoriser une start-up sans chiffre d’affaires ?

Les méthodes de valorisation classiques reposent sur les flux de trésorerie futurs ou la comparaison avec des entreprises similaires. Elles ne fonctionnent pas pour une start-up qui n’a encore aucun revenu.

Les fonds utilisent alors des méthodes plus « artisanales », qui misent sur le potentiel et la croissance. Pour une entreprise sans chiffre d’affaires, Nicolas Rose cite trois repères :

  • la qualité de l’équipe dirigeante ;
  • le montant levé ;
  • le taux de dilution, « en général entre 15 et 25 % par tour de table ».

La rareté pèse aussi. « Si vous êtes sur des valeurs rares qui font quelque chose d’unique, il n’y a pas de coût de remplacement. » La valeur peut alors s’envoler.

Pour ceux qui forcent le trait, il rappelle le cas WeWork, qui avait inventé ses propres indicateurs pour présenter ses comptes sous un meilleur jour. L’introduction en bourse avait été annulée. « On peut tirer sur l’élastique, mais si l’élastique se casse, il y a un moment où on ne peut pas tout faire. »

  • Pour Nicolas Rose (XAnge), les financements croisés entre Nvidia, les éditeurs d’IA et les data centers montrent les premiers signes de fragilité.
  • S’il s’agit bien d’une bulle, il prévoit la disparition de nombreuses start-ups et des valorisations divisées par 2, 3 ou 4.
  • Les fonds de capital-risque continuent d’investir dans l’IA, mais avec plus de nervosité.
  • Sans chiffre d’affaires, une start-up est valorisée sur son équipe, le montant levé et la dilution acceptée, souvent 15 à 25 % par tour de table selon lui.

🎧 Écouter Boardroom

Boardroom est le podcast de Racem Flazi et Samuel Goldstein, cofondateurs de LegalPlace. Au programme, de la tech, du business et des échanges avec des entrepreneurs et des investisseurs. Dans ce premier épisode, Nicolas Rose aborde aussi le rôle du board, les logiciels clonés par l’IA et les rachats de start-ups, avec les coulisses du rachat de Legalstart par LegalPlace :
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Marion Cluptil Rédigé par Marion Cluptil
Juriste de formation et experte SEO, Marion Cluptil fait le lien entre la rigueur du droit et les exigences du référencement naturel pour que les contenus de LegalPlace soient aussi fiables qu'accessibles.