La société en nom collectif (SNC) : le guide 2026
Dernière mise à jour le 07/04/2026
- Qu’est-ce qu’une société en nom collectif (SNC) ?
- Pourquoi choisir la société en nom collectif ?
- Qui peut créer une SNC ?
- Quel est le régime fiscal en société en nom collectif ?
- Quelles obligations comptables en SNC ?
- Quel régime social pour le dirigeant de SNC ?
- Comment créer une société en nom collectif ?
- Combien coûte la création d’une SNC en 2026 ?
- Comment transmettre une société en nom collectif ?
- Comment fermer une SNC ?
- Société en nom collectif vs. Société en commandite simple : tableau comparatif
- FAQ
- Pour la SNC, il faut au moins deux associés, tous commerçants, et la responsabilité est indéfinie et solidaire ;
- Aucun capital social minimum n’est requis : c’est vous qui en définissez librement le montant dans les statuts ;
- Par défaut, la SNC est imposable au titre de l’impôt sur le revenu, mais elle peut choisir d’être imposée à l’impôt sur les sociétés ;
- Les associés sont rattachés au régime des travailleurs non salariés (TNS).
La société en nom collectif est l’un des statuts juridiques les plus anciens du droit français. Si elle reste aujourd’hui peu répandue, elle offre un cadre particulièrement adapté aux associés qui se font pleinement confiance et souhaitent gérer leur activité ensemble.
Qu’est-ce qu’une société en nom collectif (SNC) ?
SNC : définition
La société en nom collectif, ou SNC, est une société de personnes qui repose sur un principe fondamental : la confiance entre les associés.
En cela, elle se distingue nettement des sociétés de capitaux comme la SARL ou la SAS, où la personnalité des associés importe peu.
Dans une SNC, tous les associés ont la qualité de commerçant. Ils participent activement à la vie de la société et répondent personnellement des dettes sociales.
La SNC est dotée d’une personnalité morale propre, distincte de celle de ses membres. Elle est inscrite au Registre du Commerce des Sociétés (RCS) et peut agir en son nom : passer des contrats, posséder des biens, agir en justice.
Quelles sont les caractéristiques de la SNC ?
La SNC repose sur trois éléments clés qu’il est important de bien comprendre avant de vous lancer.
D’abord, vous devez être au moins deux associés, sans maximum imposé. Tous doivent avoir la qualité de commerçant : vous devez donc être majeur, capable juridiquement et ne pas être interdit de gérer. Une société peut également être associée.
Ensuite, la SNC ne prévoit aucun capital social minimum. Vous pouvez donc la créer avec un faible apport. Toutefois, il est préférable de prévoir un capital cohérent avec votre activité afin de rassurer vos partenaires.
Enfin, la SNC se distingue par un point essentiel : votre responsabilité. Vous êtes indéfiniment et solidairement responsable des dettes. Concrètement, si la société ne peut pas payer, un créancier peut vous réclamer l’intégralité de la dette sur votre patrimoine personnel.
Pourquoi choisir la société en nom collectif ?
La SNC peut être intéressante dans certains projets, notamment lorsque les associés se connaissent bien et souhaitent travailler dans un cadre stable.
Les avantages de la SNC
Tout d’abord, la SNC offre une grande souplesse. Les associés peuvent assez librement organiser dans les statuts le fonctionnement de la société.
Elle permet également de contrôler l’arrivée de nouveaux associés, la cession de parts nécessitant en principe l’unanimité des autres. Cela garantit la stabilité du groupe.
Enfin, la SNC peut présenter un intérêt fiscal, puisqu’elle est en principe soumise à l’impôt sur le revenu et que l’imposition est directe entre les mains des associés.
Les inconvénients de la SNC
Son principal inconvénient reste la responsabilité illimitée et solidaire des associés. C’est un risque important, surtout si l’activité est exposée financièrement.
De plus, tous les associés doivent avoir la qualité de commerçant, ce qui limite les profils possibles. La cession des parts peut aussi être plus difficile, car elle exige souvent l’unanimité.
Enfin, la SNC est généralement peu attractive pour les investisseurs extérieurs, qui préfèrent souvent des formes sociales plus protectrices.
Tableau récapitulatif des avantages et des inconvénients de la SNC
| Avantages | Inconvénients |
|---|---|
| Grande liberté statutaire | Responsabilité illimitée et solidaire |
| Pas de capital minimum | Qualité de commerçant obligatoire |
| Contrôle de l’entrée de nouveaux associés | Cession des parts parfois bloquée |
| Fiscalité à l’IR par défaut | Peu attractive pour les investisseurs |
Qui peut créer une SNC ?
La SNC ne peut pas être créée par n’importe qui.
Toutefois, pour devenir associé, vous devez en principe pouvoir avoir la qualité de commerçant.
Cela suppose d’abord d’être majeur et d’avoir la pleine capacité juridique. Il faut également ne pas être frappé d’une interdiction de gérer ou d’exercer une activité commerciale.
De plus, une personne morale, comme une autre société, peut être associée d’une SNC.
Quel est le régime fiscal en société en nom collectif ?
Le régime fiscal de la SNC présente une particularité importante : il dépend directement de votre situation et de vos choix.
L’imposition des bénéfices
Par défaut, la SNC relève de l’impôt sur le revenu (IR). La société n’est donc pas imposée elle-même : ce sont les associés qui déclarent leur quote-part de bénéfices.
Ce fonctionnement peut être intéressant, notamment si la société réalise un déficit, car celui-ci peut, sous conditions, être imputé sur le revenu des associés.
La SNC peut toutefois opter pour l’impôt sur les sociétés (IS), lorsque cela est plus avantageux.
L’imposition des dividendes
Si la SNC a opté pour l’IS, les associés peuvent percevoir des dividendes. Ceux-ci sont en principe soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 %.
En revanche, lorsque la SNC reste soumise à l’IR, les associés sont directement imposés sur leur part de bénéfices. On ne parle donc pas réellement de dividendes sur le plan fiscal.
Société en nom collectif et TVA
La SNC est soumise aux règles classiques en matière de TVA. Selon son chiffre d’affaires, elle peut bénéficier de la franchise en base ou être soumise à un régime réel.
Elle peut aussi choisir d’opter pour la TVA afin de récupérer celle payée sur ses achats.
Quelles obligations comptables en SNC ?
Comme toute société commerciale, la SNC doit tenir une comptabilité régulière.
Elle doit enregistrer ses opérations, conserver ses justificatifs et établir chaque année des comptes annuels : bilan, compte de résultat et, selon les cas, annexe.
Même si la SNC peut offrir une certaine discrétion, cela ne dispense jamais d’une gestion comptable sérieuse.
En SNC, les associés sont en principe soumis au régime des travailleurs non salariés (TNS), du fait de leur qualité de commerçant.
Ce régime entraîne souvent des cotisations moins élevées que dans le régime général, mais aussi une protection sociale plus limitée, notamment en cas de chômage.
Toutefois, le régime social du dirigeant doit être anticipé puisqu’il a un impact direct sur votre rémunération et votre protection sociale.
Comment créer une société en nom collectif ?
La création d’une SNC suit un processus structuré, accessible mais qui nécessite de respecter certaines étapes clés.
Les étapes pour créer une SNC
Créer une SNC se fait en plusieurs étapes assez simples, mais chacune mérite votre attention.
Pour commencer, vous devez rédiger les statuts. C’est le document qui pose les bases de votre société : son nom, son activité, son siège, sa durée, le montant du capital ou encore les règles de fonctionnement.
Ensuite, vous devez constituer le capital social. Aucun minimum n’est imposé, mais vous devez choisir un montant cohérent avec votre projet.
Vous pouvez faire des apports en argent, en biens ou en savoir-faire. Les apports en argent sont déposés sur un compte bancaire au nom de la société en formation, puis débloqués après l’immatriculation.
Avant d’immatriculer la société, vous devez publier un avis de création dans un journal d’annonces légales. Cette formalité permet d’informer les tiers de la création de votre SNC (nom, activité, siège, gérant, etc.).
Enfin, vous déposez votre dossier en ligne via le guichet unique. Vous devez notamment fournir les statuts signés, l’attestation de dépôt des fonds et l’annonce légale.
Une fois votre dossier validé, votre SNC est officiellement créée : vous recevez votre numéro SIREN et votre extrait Kbis, et vous pouvez démarrer votre activité.
Les documents pour créer une SNC
Pour constituer le dossier d’immatriculation, vous aurez besoin des documents suivants :
- Les statuts signés par tous les associés ;
- L’attestation de dépôt des fonds (apports en numéraire) délivrée par la banque ;
- L’attestation de parution de l’avis de constitution dans un journal d’annonces légales ;
- Une pièce d’identité en cours de validité pour chaque associé et pour le ou les gérants ;
- Un justificatif de domicile du siège social (bail commercial, attestation de domiciliation, titre de propriété) ;
- Une déclaration sur l’honneur de non-condamnation et de filiation pour le gérant ;
- Le cas échéant, un rapport du commissaire aux apports en cas d’apports en nature.
Combien coûte la création d’une SNC en 2026 ?
La création d’une SNC engendre plusieurs types de frais qu’il convient d’anticiper.
| Poste de dépense | Montant estimé | Détail |
|---|---|---|
| Annonce légale | 150 à 250 € | Publication obligatoire dans un journal habilité |
| Frais d’immatriculation | Environ 40 € | Dépôt du dossier via le Guichet unique |
| Rédaction des statuts (seul) | 0 € | Si vous les rédigez vous-même |
| Rédaction des statuts (professionnel) | 150 à 1 500 €+ | Avocat, expert-comptable ou plateforme juridique |
| Dépôt de capital social | Variable | Gratuit ou frais bancaires éventuels |
| Domiciliation (si besoin) | 10 à 70 €/mois | Si vous ne disposez pas d’un local |
| Commissaire aux apports (si nécessaire) | 500 à 3 000 € | Obligatoire dans certains cas d’apports en nature |
Comment transmettre une société en nom collectif ?
La SNC repose sur la confiance entre associés. C’est pourquoi la transmission est encadrée.
En principe, vous devez obtenir l’accord de tous les associés pour céder vos parts. Si l’un refuse, la cession est impossible. Cela permet de garder un groupe d’associés stable.
En cas de décès, la société peut être dissoute, sauf si les statuts prévoient une clause de continuation.
Comment fermer une SNC ?
La fermeture d’une SNC se fait en deux étapes : la dissolution et la liquidation.
Vous devez d’abord décider de mettre fin à la société. Cette décision peut être prise d’office par les associés, en général à l’unanimité. Elle peut également résulter d’une décision de justice ou de l’expiration du délai prévu par les statuts.
Un liquidateur est ensuite nommé. Son rôle est simple : vendre les biens de la société, payer les dettes et répartir le surplus éventuel entre les associés.
Des formalités doivent être respectées. Vous devez notamment publier une annonce légale et déclarer la dissolution, puis la liquidation, via le Guichet unique.
Une fois toutes les opérations terminées, la société est définitivement radiée.
Société en nom collectif vs. Société en commandite simple : tableau comparatif
| Critères | SNC (Société en nom collectif) | SCS (Société en commandite simple) |
|---|---|---|
| Nombre d’associés | Minimum 2 | Minimum 2 (1 commandité + 1 commanditaire) |
| Qualité de commerçant | Tous les associés | Uniquement les commandités |
| Responsabilité | Illimitée et solidaire pour tous | Illimitée pour les commandités / limitée aux apports pour les commanditaires |
| Gestion | Par un ou plusieurs associés | Assurée par les commandités |
| Entrée d’investisseurs | Difficile | Plus facile (via les commanditaires) |
| Cession de parts | Accord unanime en principe | Plus souple pour les commanditaires |
| Fiscalité | IR par défaut (option IS possible) | IR par défaut (option IS possible) |
| Profil adapté | Associés en forte confiance | Projet avec investisseurs passifs |
FAQ
Quelle est la responsabilité des associés en SNC en cas de dettes ?
Est-il possible de protéger son patrimoine personnel en SNC ?
Peut-on choisir l’impôt sur les sociétés pour une SNC ?
Comment fonctionne la cession de parts dans une SNC ?
Qui peut être associé dans une société en nom collectif ?
Dans quels cas la SNC est-elle un bon choix de statut ?
Dernière mise à jour le 07/04/2026
Connexion

quel serait le sort de creancier d’une société en nom collectif transformée en société à responsabilité limitée?
Bonjour,
Lorsqu’une société en nom collectif (SNC) est transformée en société à responsabilité limitée (SARL) en France, les créanciers de la SNC deviennent généralement des créanciers de la SARL.
La transformation d’une SNC en SARL implique généralement une continuité des droits et obligations de l’entreprise. Cela signifie que les créanciers qui avaient des créances contre la SNC continueront d’avoir des droits similaires contre la SARL.
En espérant avoir répondu à vos interrogations, nous vous souhaitons bon courage dans vos démarches.
L’équipe LegalPlace
Merci Antoine pour ce partage, je me pose la la même question. Avez-vous depuis trouvé une réponse ?
Bonjour,
Le nom de la SNC peut etre différent de celui des associés.
En vous souhaitant une belle journée,
L’équipe LegalPlace.
Est-il essentiel de créer le nom de la SNC par les lettres de leurs( associés) noms?
Bonjour,
En principe, une SNC doit être désignée par une dénomination sociale, qui peut comporter le nom d’un ou plusieurs associés, ou être purement fantaisiste. La dénomination sociale doit être suivie immédiatement (ou précédée) des mots “société en nom collectif” ou “SNC”.
En espérant que cette réponse vous a été utile.
L’équipe LegalPlace