Le contrat de travail dans la restauration : mode d’emploi et exemple
Dernière mise à jour le 22/06/2026
- En restauration, le contrat de travail suit la convention collective des hôtels, cafés et restaurants (HCR, IDCC 1979), qui adapte la classification, la période d’essai, le salaire et les congés aux spécificités du secteur.
- Le contrat d’extra est un CDD d’usage réservé aux tâches ponctuelles (mariages, cocktails, événements) : il est écrit et remis au salarié dans les 2 jours ouvrables suivant l’embauche.
- Au 1er juin 2026, aucune rémunération ne peut être inférieure au SMIC, soit 12,31 € brut de l’heure, y compris pour le premier échelon de la grille HCR.
Dans le milieu de la restauration, le contrat de travail présente des caractéristiques particulières instituées par la convention collective des hôtels, cafés et restaurants (HCR), afin d’adapter les exigences légales aux spécificités du milieu de la restauration, comme l’illustre le contrat d’extra qui constitue un CDD de courte durée valable uniquement pour les événements ponctuels. Le contrat de travail est cependant toujours soumis à un formalisme standard transcendant toutes les catégories de métier.
Les particularités du secteur de la restauration s’expriment sur certains points déterminants du contrat de travail :
- Classification des métiers en échelons ;
- Période d’essai d’une durée variable en fonction de la catégorie de métier ;
- Salaire déterminé selon une grille prévue par la convention collective ;
- Bénéfice des congés payés et des jours fériés exorbitant du droit commun du travail.
Quels types de contrats de travail dans la restauration ?
La restauration emploie aussi bien des équipes permanentes que des renforts ponctuels. Selon le besoin, l’employeur choisit donc un contrat adapté : contrat à durée indéterminée, contrat à durée déterminée, contrat saisonnier, contrat d’apprentissage ou contrat d’extra. Tous relèvent du Code du travail et de la convention collective HCR.
Les contrats classiques : CDI et CDD
Le contrat à durée indéterminée (CDI) reste la forme de référence pour un poste permanent en salle, en cuisine ou à la plonge. Le contrat à durée déterminée (CDD) répond à un besoin temporaire, comme le remplacement d’un salarié absent ou un surcroît d’activité. Sa durée et son motif sont strictement encadrés par le Code du travail. Pour les postes liés aux saisons touristiques, l’employeur recourt souvent au contrat saisonnier, un CDD dont la durée est calée sur la saison.
Les contrats spécifiques au secteur : extra et apprentissage
Le contrat d’extra est la particularité la plus connue du secteur. C’est un CDD d’usage conclu pour une tâche précise et ponctuelle, comme un banquet ou un cocktail. L’apprentissage occupe aussi une place importante en restauration : le contrat d’apprentissage forme un jeune en alternance entre l’établissement et un centre de formation. Quel que soit le contrat retenu, la rémunération ne peut jamais être inférieure au SMIC.
Les spécificités des métiers de la restauration
La classification
Les conventions collectives du domaine de la restauration rattachent chaque travailleur à un échelon d’un niveau donné. La classification dépend de cinq critères, à savoir :
- L’expérience du salarié ;
- Son autonomie ;
- Sa compétence ;
- Sa responsabilité ;
- Le type d’activité.
La convention collective des HCR (hôtels, cafés, restaurants) distingue cinq niveaux de classification fractionnés en 14 échelons.
Période d’essai : les points importants
La convention collective de restauration prévoit que tout employeur a la faculté de soumettre un employé à une période d’essai. Celle-ci précise que la durée de la période d’essai est :
- De trois mois pour les cadres avec une possibilité de renouvellement d’une fois ;
- De deux mois pour les agents de maîtrise, également renouvelables une fois ;
- D’un mois pour les autres salariés, renouvelable une fois aussi ;
- Déterminée de gré à gré avec les cadres supérieurs.
La convention collective des HCR (hôtels, cafés, restaurants) répartit les salariés en cinq niveaux de classification, eux-mêmes subdivisés en échelons.
Les particularités de la rémunération
La grille de salaire prévue par la convention des HCR
La grille de salaires varie en fonction de la classification. La convention collective HCR fixe un salaire minimum pour chaque position (niveau et échelon).
Ce minimum conventionnel ne peut jamais être inférieur au SMIC. Au 1er juin 2026, le SMIC s’élève à 12,31 € brut de l’heure, soit 1823,03 € brut par mois pour 35 heures. Comme le minimum du premier échelon de la grille HCR (niveau 1, échelon 1) est aujourd’hui légèrement inférieur au SMIC, c’est le SMIC qui s’applique pour ces postes.
La rémunération progresse ensuite avec le niveau et l’échelon. Selon la grille HCR issue de l’avenant n° 33 applicable en 2026, le taux horaire brut atteint environ 28 € pour un salarié de niveau 5, échelon 3.
En cas de défaut de paiement du salaire
Si l’employeur ne paie pas la rémunération à la date prévue (la date étant scellée par la signature du contrat de travail), le restaurateur a le droit de le poursuivre devant le conseil des prud’hommes.
Le défaut de versement du salaire représente en effet une faute grave de l’employeur. Celui-ci sera condamné à payer au restaurateur sa rémunération, mais aussi les intérêts de retard.
En outre, si un préjudice est survenu à cause du retard de versement, l’employeur sera tenu de verser au salarié des dommages-intérêts.
Comment le restaurateur peut-il faire valoir son droit s’il n’a pas eu les moyens de régler une échéance fiscale à cause du retard de versement de sa rémunération ?
En réclamant une indemnisation au moins égale à la pénalité de 10 % appliquée par le percepteur.
Verser une rémunération inférieure au SMIC expose par ailleurs l’employeur à une amende pouvant atteindre 1 500 € (contravention de 5e classe).
Des défauts ou retards de versement de rémunération trop fréquents
S’ils obligent le restaurateur à rompre son contrat de travail, ceci est considéré comme un licenciement sans raison sérieuse et réelle.
Dans ce cas, il est conseillé de saisir le conseil des prudhommes pour demander la condamnation de l’employeur au versement d’une lourde indemnisation.
L’ancienneté du travailleur est prise en compte dans l’évaluation de cette indemnisation sans qu’elle soit inférieure à six mois de salaire.
Une exception est faite à cette règle lorsque le restaurant emploie dix salariés maximum et que le restaurateur a moins de deux ans d’ancienneté.
Il est également essentiel de rappeler que le défaut de paiement des salaires constitue une infraction punie d’une amende de 450 €.
Le congé payé et les jours fériés
La convention des HCR prévoit des périodes de congé ainsi que des conditions à leur prise. Le salarié a droit à 2,5 jours ouvrables de congés payés par mois de travail.
S’il est malade pendant son congé, il ne peut maintenir ses vacances au-delà de la période convenue qu’avec l’accord de l’employeur.
L’indemnité de congé correspond au 1/10 de la rémunération brute perçue pendant la période de référence ou encore au salaire que le restaurateur aurait perçu si le contrat n’était pas rompu.
La même convention prévoit que tout salarié présent travaillant depuis plus d’un an dans une même entreprise a droit aux avantages des jours fériés (en plus du 1er mai).
Des congés exceptionnels pour événements familiaux sont aussi prévus (mariage, naissance, décès). Leur durée varie d’un à quatre jours en fonction de l’événement.
Contrat de travail d’un restaurateur : les mentions obligatoires
Le contrat de travail d’un restaurateur prévoit les mêmes clauses d’usage qu’en matière de CDI, à savoir :
- L’identité et l’adresse des parties (salarié et employeur) ;
- La fonction et la qualification professionnelle ;
- Le lieu de travail ;
- La durée du travail ;
- La rémunération ;
- Les congés payés ;
- La durée de la période d’essai ;
- Le préavis.
Exemple de contrat de travail pour restaurateur
Voici un modèle de CDI pour restaurateur :
Entre les soussignés :
La Société (dénomination sociale) située (siège social), immatriculée au Registre du Commerce et des Sociétés de ………….. sous le numéro (numéro SIREN),
D’une part,
Et
Melle/Mr/Mme (nom et prénoms du salarié), de nationalité …………..,
Né(e) le (date et lieu de naissance) – N°SS : …………..,
Demeurant au (adresse du salarié).
D’autre part,
Melle/Mr/Mme (nom et prénoms du salarié)
Nous vous confirmons votre engagement, sous contrat à durée indéterminée, à compter du (date et heure d’embauche) dans notre entreprise.
Vous exercerez vos fonctions au siège de la société, actuellement situé ………………….
Cet engagement ne sera néanmoins définitif qu’à l’issue d’une période d’essai ainsi qu’une visite médicale préalable à l’embauche.
Article 1 : Période d’essai
Article 2 : Fonctions
Article 3 : Horaire de travail et jours de repos
Article 4 : Rémunération
- Salaire
- Primes
Article 5 : Rupture du contrat
- Démissions
- Licenciement
Article 6 : Congés payés
Article 7 : Règlement intérieur
Article 8 : Convention collective
Article 9 : Protection sociale
Article 10 : Régime de retraite
Nous vous prions de croire, Melle/Mr/Mme (nom et prénoms du salarié), à l’expression de nos salutations distinguées.
Fait en double exemplaire,
À ………….., le …………..,
SIGNATURE DU SALARIÉ
Le point sur les modalités du contrat de travail d’extra
Le contrat dit « d’extra » est un contrat de travail à durée déterminée essentiellement utilisé dans les métiers de la restauration et de l’hôtellerie.
Ce contrat étant un CDD de courte durée, son utilisation est soumise à certaines conditions. Le contrat d’extra répond également à un régime spécifique.
Les conditions à remplir pour recourir au contrat d’extra
Les professionnels HCR (hôtels, cafés, restaurants) ont recours au contrat d’extra dans plusieurs circonstances à l’instar :
- Des mariages ;
- Des inaugurations ;
- Des évènements d’entreprise ;
- De l’organisation de cocktails.
Le Code du travail, en son article L. 1242-2, 3°, stipule qu’un CDD peut être conclu uniquement « pour l’exécution d’une tâche précise et temporaire ».
Il s’agit d’emplois pour lesquels « il est d’usage constant de ne pas recourir au CDI en raison de la nature de l’activité exercée et du caractère par nature temporaire de ces emplois ».
Ces emplois intègrent certains secteurs d’activité déterminés par convention, par décret ou par accord collectif de travail étendu.
Selon l’article D. 1242-1 du Code du travail (issu d’un décret), « L’hôtellerie et la restauration (…) » comptent parmi les secteurs permettant la conclusion d’un CDD d’usage.
Toutefois, tous les emplois ne peuvent faire l’objet d’un contrat d’extra. Les professionnels HCR n’ont pas la possibilité de faire appel aux extras pour :
- Les postes administratifs (juriste, comptable ou secrétaire) ;
- Les tâches pouvant être accomplies par CDI.
Contrat d’extra : la rémunération
Le restaurateur titulaire d’un contrat d’extra bénéficie d’une rémunération au moins égale au salaire perçu par un travailleur en CDI, après période d’essai dans la même entreprise.
L’identité de la qualification professionnelle et des fonctions occupées est toutefois exigée.
Les mentions obligatoires dans un contrat d’extra
Comme tout CDD, le contrat d’extra mentionne obligatoirement les éléments exigés par l’article L. 1242-12 du Code du travail, dont :
- Le motif du recours à ce type de contrat ;
- La date du terme, ou à défaut, la durée minimale pour laquelle le contrat d’extra est conclu ;
- La désignation du poste de travail ;
- L’intitulé de la convention collective applicable ;
- La durée de la période d’essai, s’il en existe ;
- Le montant de la rémunération et de ses composantes (avec les primes et accessoires de salaire éventuellement prévus) ;
- Les coordonnées de la caisse de retraite complémentaire et, le cas échéant, celles de l’organisme de prévoyance.
Contrat d’extra : les points essentiels
La durée du contrat d’extra peut être limitée à quelques jours, voire quelques heures.
Comme tout CDD, ce document est susceptible d’être requalifié en CDI en cas d’inobservation des dispositions du Code du travail.
Le contrat d’extra est obligatoirement rédigé par écrit et comporte les clauses mentions ci-dessus. Il est remis au salarié dans les deux jours ouvrables à compter de l’embauche.
Un extra exécutant des missions de plus de 60 jours dans le même établissement, et ce, dans un trimestre civil est habilité à réclamer de passer en CDI. Cette règle est prévue par la convention collective HCR.
Le contrat d’extra prend fin à l’arrivée du terme, et ce, sans formalités particulières.
En cas de congé non pris, le restaurateur a droit à une indemnité de congés payés, soit l’équivalent de 10 % des salaires perçus en cours de contrat.
Étant un CDD d’usage, le contrat d’extra n’ouvre pas droit à l’indemnité de précarité ou indemnité de fin de contrat.
- Dans la restauration, le contrat de travail obéit au Code du travail et à la convention collective HCR, qui encadre la classification en niveaux et échelons, la période d’essai, la grille de salaire et les congés. Selon le besoin, l’employeur opte pour un CDI, un CDD, un contrat saisonnier, un contrat d’apprentissage ou un contrat d’extra réservé aux événements ponctuels. Quel que soit le contrat, des mentions sont obligatoires et la rémunération ne descend jamais sous le SMIC. Avant de signer ou de faire signer un contrat, vérifiez la classification du poste, la durée de la période d’essai applicable et le respect de la grille de salaire HCR en vigueur.
FAQ
Quels types de contrats existe-t-il dans la restauration ?
Qu'est-ce qu'un contrat d'extra en restauration ?
Quel est le salaire minimum dans la restauration en 2026 ?
Quelle est la durée de la période d'essai dans la restauration ?
Le contrat de travail en restauration doit-il être écrit ?
Dernière mise à jour le 22/06/2026
Connexion
Bonjours mon patron , me paie 800€ par mois pour 7 à 8h de travails par jours et 5 jours de la semaine dans une pizzeria , et il nous promet des contrat depuis des année mais ne le fait toujours pas , ça fait 8 ans que je travails là que dois-je faire ( un commerce qui tourne à environ 30 000€ par mois )
Bonjour,
Cette situation relève du travail dissimulé, ce qui est illégal.
Il est possible de saisir les prud’hommes pour faire reconnaître le contrat, réclamer les salaires au SMIC, les heures supplémentaires et des indemnités.
Il est également possible d’alerter l’inspection du travail ou l’URSSAF, même anonymement.
Des droits existent, même sans contrat écrit.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.
Bonjour,
J’ai une nièce qui vient du Brésil avec un visa d’un an qui donne le droit de travailler et actuellement elle est hôtesse d’accueil dans un restaurant à Paris coté tour Eiffel.
Ella un contrat extra que varie 80 heures par mois depuis au moins 5 mois.
Quels sont ses droits ?
Elle est convoquée pour travailler le 25 et 31 décembre sans aucune compensation de jour férie… voici un exemple des abus de ce patron.
Qui elle doit contacter pour valoir ses droits?
Merci
Bonjour,
Votre situation est complexe et nécessite l’avis d’un professionnel.
Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat spécialisé, qui saura vous renseigner.
En vous souhaitant une belle journée,
L’équipe LegalPlace.
Bonjour,j aimerais savoir si lors d un contrat en cdd de 90 jours dans
un restaurant en tant que emplye polyvalent, l employeur à le droit de ne pas mentionner les jours et horaires travailles et à t il le droit de changer les jours et horaires la veille pour le lendemain.
Merci de la réponse qui me sera apporté cordialement.