Forfait-jours de la convention SYNTEC
Dernière mise à jour le 27/02/2024
Le forfait jours de la convention SYNTEC a été mis en place pour fixer le nombre de jours que l’employé doit s’engager à effectuer en une année. Le nombre de jours travaillés prévu par ce forfait est de 218 au maximum sur une année, journée de solidarité incluse. Toutefois, le salarié est en droit de refuser des jours de repos et d’opter pour le rachat de RTT. Dans cette situation, le nombre maximal de jours travaillés est de 230.
Qu’est-ce que le forfait SYNTEC ?
La fédération SYNTEC rassemble des entreprises spécialisées dans les secteurs du numérique, de la formation professionnelle, de l’ingénierie-conseil, du conseil (avec le Syntec Conseil) et de l’événementiel. Plus de 910 000 salariés y sont affiliés. La convention collective SYNTEC 2020 est une convention qui définit le statut des salariés. Elle formalise également les obligations qui leur incombent ainsi que celles qui s’imposent aux employeurs, notamment les modalités de préavis et de démission ainsi que la grille salariale du Syntec.
En 2014, la fédération SYNTEC a conclu un accord dont l’objectif est de sécuriser les conventions de forfait jours. Ce dernier consiste à découper le temps de travail en journées ou en demi-journées, mais pas en nombre d’heures. De cette manière, le salarié est censé avoir effectué une demi-journée ou une demi-journée de travail, quelle que soit la durée réelle qu’il a consacrée à son travail. Dans la pratique, le forfait jour SYNTEC fait figure d’exception par rapport aux dispositions relatives à la durée maximale journalière et hebdomadaire du travail et aux heures supplémentaires.
Les forfaits jours sont mis en place par un accord collectif d’entreprise. Dans le cas où un tel accord n’existerait pas, un accord de branche ou une convention servirait de base. La forfaitisation de la durée de travail doit être formalisée par un accord exprès du salarié et une convention individuelle définie par écrit.
En matière de rémunération
Les règles applicables au repos journalier, qui est de 11 heures consécutives, et au repos hebdomadaire, qui est de 24 heures consécutives tous les six jours s’appliquent aussi dans le cadre du forfait jours SYNTEC. Ce dernier prévoit 218 jours de travail au maximum pour une année entière, y compris la journée de solidarité. Si l’on prend donc en compte la rémunération annuelle brute, les primes et les compléments de salaire, les salariés en forfait jours sont mieux payés que leurs collaborateurs à temps complet.
Dans le cadre du forfait jours SYNTEC 2019, certaines rémunérations perçues ouvrent droit à une exonération d’impôt sur le revenu et de cotisations salariales. La majoration de salaire versée en contrepartie d’une renonciation à des jours de repos, s’ils sont supérieurs au plafond de 218 jours, fait partie du champ d’application de la réduction.
Cependant, le système autorise le rachat de réduction du temps de travail (RTT) en contrepartie d’une majoration d’au moins 20 % de la rémunération jusqu’à 222 jours. Au-delà de ce nombre de jours, la majoration minimale est de 35 %. Pour le travailleur, ce système est alors plus avantageux que le système légal dont la majoration est seulement de 10 %. Mais quoi qu’il en soit, le système de rachat ne peut rendre le nombre de jours travaillés supérieur à 230 jours. Le dispositif est utilisé dans de nombreuses entreprises, même si des cas isolés d’abus sont signalés.
Précisons que dans le cadre du forfait jours SYNTEC 2020, la rémunération du salarié est forfaitaire et ne dépend pas du nombre d’heures de travail réellement effectuées. L’employeur n’est donc pas tenu de payer les heures supplémentaires. Aussi, le salarié qui a conclu ce type de convention n’est pas concerné par la durée légale de travail de 35 heures hebdomadaires, par la durée maximale de 10 heures par jour et par la durée maximale de travail de 48 heures par semaine.
Le respect des jours de repos
Le salarié en forfait jours doit bénéficier des temps de repos quotidiens et hebdomadaires minimaux qui sont respectivement de 11 heures par jours et de 35 heures continues par semaine. Il a aussi droit aux congés payés et est en droit de ne pas travailler pendant les jours fériés. Il peut également ne pas prendre une partie de ses jours de repos, mais cela n’est valable que pour un an et n’est pas tacitement reconductible.
Si le salarié renonce à des jours de repos, le nombre de jours travaillés dans l’année peut être fixé par accord collectif, mais ne peut être supérieur à 282. En l’absence d’un tel accord, le salarié ne peut effectuer plus de 235 jours de travail dans l’année.
Le nombre de jours travaillés
L’accord de la fédération SYNTEC spécifie que les salariés ne sont pas tenus de se conformer aux durées légales maximales quotidiennes et hebdomadaires. Toutefois, il précise que le forfait jours est assorti d’un décompte des jours travaillés selon un suivi objectif mis en place par l’entreprise. Le salarié doit alors établir un document qui précise le nombre et la date des jours travaillés ainsi que la situation et la qualification des jours non travaillés en congés payés, repos hebdomadaires, congés conventionnels ou jours de repos, et ce dans le respect des 218 jours maximum.
Au sujet de l’encadrement du temps de repos, le respect effectif des durées minimales de repos par le salarié entraîne obligatoirement pour celui-ci une non-utilisation des outils de communication à distance. L’employeur doit également veiller à la mise en place d’un outil de suivi pour garantir le respect des temps de repos du salarié.
Il convient de rappeler qu’en règle générale, la durée du travail se calcule sur une base horaire hebdomadaire, alors que dans le cadre du forfait jours, cette durée prend la forme d’un décompte dans le temps de travail sur la base d’un nombre de jours travaillés dans l’année qui est en principe de 218 jours au maximum.
Comment le mettre en place ?
Une convention individuelle de forfait annuel en jours doit nécessairement être consignée dans un document écrit et signé par le salarié et l’employeur, notamment le contrat de travail ou l’avenant annexé à celui-ci. La convention en question précisera :
- Le type des missions ;
- Le nombre de jours annuels travaillés ;
- La rémunération correspondant aux jours travaillés et aux missions ;
- Le nombre d’entretiens.
L’avenant doit préciser que l’employé est en droit de refuser de signer une convention individuelle de forfaits sur l’année, que ce refus ne peut constituer une faute professionnelle entraînant un licenciement, et remettre en question le contrat de travail du salarié.
L’avenant doit aussi spécifier que cette convention individuelle découle d’un accord collectif de branche ou d’entreprise. Par ailleurs, la loi dispose que le forfait annuel ne peut être appliqué que si un accord collectif d’entreprise ou, à défaut, une convention de branche, ne l’autorise.
Qui est concerné ?
Les salariés concernés par le forfait jours SYNTEC sont ceux qui occupent des postes de managers ou qui exercent des fonctions commerciales et de consultant. Ces salariés peuvent aussi effectuer des tâches de création ou de conception, conduire ou superviser des missions, bénéficier d’une grande autonomie et être libres d’organiser eux-mêmes leur temps de travail.
Le système concerne donc les salariés :
- Ayant au moins la position 3 de la grille de classification des cadres ;
- Dont la rémunération annuelle est supérieure à deux plafonds annuels de la Sécurité sociale (PASS) ;
- Qui ont un statut de mandataires sociaux. Ces salariés doivent également avoir une rémunération supérieure ou égale à 120 % du minimum conventionnel de leur catégorie.
Cependant, tous les cadres ne sont pas soumis au régime du forfait jours qui ne concerne que près de la moitié d’entre eux, les cadres dirigeants étant les plus nombreux. Les secteurs qui utilisent le plus souvent ce système ainsi que le SYNTEC RTT sont l’assurance, la finance, la communication et la fabrication de matériels électriques et de transport.
Par ailleurs, le recours au système de forfaits jours doit garantir une amplitude et une charge de travail raisonnables et bien réparties dans le temps de travail des salariés. Il faut également que la protection de la sécurité et de la santé des travailleurs soit respectée.
Quel est son cadre réglementaire ?
Le système de forfait jours SYNTEC est naturellement régi par le Code du travail qui prévoit que les non-cadres peuvent aussi en bénéficier si la durée de leur temps de travail ne peut être définie à l’avance et s’ils disposent d’une autonomie effective dans l’organisation de leur emploi du temps.
Selon la loi, il est possible de mettre en place ou de modifier des forfaits jours pour répondre aux impératifs liés au fonctionnement de l’entreprise ou pour préserver ou développer l’emploi. Les aménagements de la durée du travail ainsi que ses modalités d’organisation sont définis par un accord de performance.
Il est bon de noter que des contrôles stricts du niveau d’autonomie dont disposent les salariés en forfait jours sont régulièrement effectués par la Cour de cassation. Si cette juridiction estime que l’emploi du temps défini par l’employeur ne permet pas au salarié d’être autonome dans son travail, elle est alors en mesure de déclarer la nullité du forfait jours. Elle peut adopter la même solution si elle constate que le salarié ne peut choisir librement son temps de repos hebdomadaire.
Les entretiens individuels
L’employeur doit organiser deux entretiens individuels annuels dans le cadre des dispositions de la convention de forfait jour SYNTEC. Ces entretiens portent sur la rémunération et la charge de travail, mais également les liens entre la vie professionnelle et la vie personnelle et familiale du travailleur.
Notons qu’une telle convention peut être déclarée sans effet si elle ne comporte qu’un seul et unique entretien individuel sur un an.
Le droit d’alerte
Un salarié qui constate une charge de travail excessive est en droit d’adresser dans une lettre par une alerte auprès de son employeur. Ce dernier devra lui accorder un rendez-vous pour en discuter dans les 8 jours après de la date d’émission du courrier.
L’employeur doit également formaliser par écrit les mesures qu’il entend mettre en œuvre pour résoudre le problème.
Dernière mise à jour le 27/02/2024
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Bonjour,
La convention Syntec, pour les cadres au forfait jour prévoit-elle des demi-journées de travail?
Je m’explique, si je travaille un samedi de 8h à 12h, est-ce que je dois déclarer une journée ou mon employeur peut m’imposer de déclarer qu’une demi-journée?
Merci
Bonjour, En forfait jours, tel que prévu par le Code du travail (article L. 3121-58) et la convention Syntec, le temps de travail n’est pas mesuré en heures mais en jours travaillés dans l’année. La convention ne prévoit pas de décompte en demi-journées. En conséquence, dès lors que vous effectuez une prestation de travail, même limitée à quelques heures, cela correspond à une journée entière travaillée. Votre employeur ne peut pas vous imposer de déclarer une demi-journée, sauf si un accord d’entreprise ou un usage interne prévoit expressément une telle modalité, ce qui reste exceptionnel. En espérant que notre réponse… Lire la suite »
bonjour je suis cadre position 3.1 coeff 170 forfait jours je dois donc avoir un salaire minimum de 4380 € je suis a 4000 € mon patron inclue mes primes variables dans ma rémuneration brut annuelles pour atteindre le minimum conventionnelle est-ce légale ?
merci
Bonjour,
En principe, pour un cadre au forfait jours, le salaire minimum conventionnel s’entend généralement hors éléments variables : le minimum doit être garanti en rémunération fixe, indépendamment des primes ou éléments variables. Inclure les primes dans le calcul pour atteindre le plancher conventionnel peut donc ne pas être conforme à la convention collective, sauf si celle-ci prévoit explicitement que les primes variables peuvent être intégrées dans le salaire annuel de référence.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.
Bonjour,
dans le cas d’un forfait jours sous la convention SYNTEC, est-ce que les congés peuvent être pris sur la période de référence. Autrement dit, est-ce que le cadre peut appliquer le nombre maximal de jours travaillés (218 jours) dès sa première année dans l’entreprise, ou bien est-il qu’il doit d’abord travailler un an pour cumuler des congés?
Bonjour,
Sous la convention SYNTEC avec un forfait jours, un cadre peut effectivement travailler jusqu’à 218 jours sur l’année civile dès sa première année, à condition que le décompte débute au 1er janvier. Toutefois, les congés payés s’acquièrent à raison de 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif (article L.3141-3 du Code du travail). Il doit donc cumuler ses droits avant de les utiliser, sauf si l’employeur accepte une prise anticipée.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.
Bonjour,
Peut-on être au Forfait Jours Syntec sans qu’un accord collectif n’ait été signé ?
Merci par avance 🙂
Bonjour,
Le forfait jours dans la convention Syntec peut être appliqué uniquement si un accord collectif (d’entreprise, de branche ou étendu) le prévoit expressément. En l’absence d’un tel accord, la mise en place du forfait jours n’est pas possible légalement. Cette condition est essentielle pour garantir le respect des règles relatives au temps de travail des cadres concernés.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.
Bonjour, quelque chose m’echappe par rapport à la journée de solidarité dans la convention Syntec (forfait 218 jours, jour de solidarité incluse). Si cette journée est fixée au lundi de Pentecôte, je ne comprends pas le calcul:
en 2024, il y a 366 jours. Si je retire 104 samedi/dimanche, 25 CP, 9 RTT, 9 jours fériés non travaillés (9 puisque le lundi de Pentecôte est travaillé). J’arrive à 219 jours travaillés. Où est l’erreur? Merci
Bonjour,
En principe, la convention Syntec prévoit un forfait de 218 jours travaillés par an, journée de solidarité incluse. Si vous trouvez 219 jours, c’est sans doute que l’un des jours fériés est tombé un week-end, réduisant le nombre de jours non travaillés. Le nombre de RTT s’ajuste justement pour respecter la limite annuelle fixée par le forfait.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.
bonjour,
est-ce que les etam peuvent être au forfait jour svp dans le cas d’accord d’entreprise ?
Bonjour,
Selon l’article 4.2.9 de la convention collective des ETAM, lorsque la durée du temps de travail des ETAM (à partir de la position F) ne peut être prédéterminée et en cas d’autonomie avérée dans l’organisation de leur temps de travail et missions qui leur sont confiées, il est possible de conclure une convention de forfait en jours sur l’année.
En vous souhaitant une agréable journée,
L’équipe LegalPlace
Bonjour,
Je suis cadre forfait jour mais ma position est 2.2 est-ce légal ?
Il me semble lire dans la convention actuelle qu’un salarié cadre au forfait jour doit avoir au minimum la position 2.3 et au minimum 122% du salaire de la grille tarifaire.
Merci d’avance.
Cordialement.
Bonjour,
En principe, dans la grille de classification Syntec, il existe 3 positions selon l’expérience du salarié : position 1 (1.1 ; 1.2) pour les débutants, position 2 (2.1 ; 2.2 ; 2.3) pour les ingénieurs ou cadres ayant au moins 2 ans de pratique de la profession et position 3 (3.1 ; 3.2 ; 3.3) pour les ingénieurs ou cadres qui occupent des postes d’encadrements.
En espérant que cette réponse vous a été utile,
L’équipe LegalPlace
Merci pour votre retour.
Mais un cadre au forfait jour doit-il être avec une position minimale et un salaire minimal ?
DAns la convention il est noté qu’un cadre forfait jours doit être à minima 2.3, est-ce bien cela ?
Cordialement.
Bonjour, dans le cadre d’une convention Syntec, un employé passant des 35h au forfait jours doit-il nécessairement être augmenté ? Merci beaucoup.
Bonjour,
En principe, le passage au forfait jours ne nécessite pas automatiquement une augmentation salariale. Toutefois, les conditions spécifiques liées au repos et aux conditions de travail doivent s’appliquer à la situation du salarié.
En espérant que cette réponse vous a été utile,
L’équipe LegalPlace