Ouvrir une friperie : le guide complet pour se lancer
- Il est possible d’ouvrir une friperie physique ou en ligne ;
- Vous avez le choix entre l’entreprise individuelle et la société ;
- Vous devez vous inscrire au registre des vendeurs mobiliers et tenir des achats ;
- Aucun diplôme n’est exigé pour démarrer.
Vous aimez la mode et souhaitez développer une activité de revente de vêtements de seconde main ? Ouvrir une friperie est une opportunité accessible sans diplôme. Vous pouvez vendre des vêtements et accessoires d’occasion. En revanche, certaines règles sont à respecter, notamment en matière d’information des consommateurs et de traçabilité des articles. Dans cet article, on vous explique comment mener à bien ce projet entrepreneurial et créer votre entreprise.
Qu’est-ce qu’une friperie?
Une friperie est un magasin spécialisé dans la vente de vêtements de seconde main. En pratique, vous pouvez proposer une offre généraliste, cibler une clientèle spécifique (enfant, vintage, luxe, etc.) ou encore développer des services complémentaires, comme la location de vêtement, la customisation ou l’upcyling.
Vous participez ainsi au développement de l’économie circulaire. Vous proposez des articles à coûts réduits accessibles aux personnes qui n’ont pas forcément les moyens d’acheter des pièces neuves. Vous attirez aussi des clients soucieux d’adopter un mode de vie éco-responsable.
Quelles conditions respecter pour ouvrir une friperie ?
Tout le monde peut ouvrir un commerce de vêtements d’occasion. La réglementation des friperies impose de respecter certaines obligations en matière d’affichage des prix, d’hygiène et de gestion d’entreprise.
Faut-il un diplôme ?
Non, le commerce de vêtements d’occasion n’est pas réglementé. Aucun diplôme spécifique n’est requis. Cela dit, vous gagnez en efficacité si vous maîtrisez les bases de la gestion d’entreprise. De nombreux entrepreneurs choisissent de se former avant de se lancer.
Respecter les règles d’étiquetage
Vous devez informer clairement vos clients. De fait, votre commerce doit afficher le prix des articles et leurs caractéristiques principales (composition, origine et état d’usure). Cette information est apposée directement sur le vêtement.
S’inscrire au registre des revendeurs d’objets mobiliers (ROM)
Avant d’ouvrir votre magasin de vêtements d’occasion, vous devez l’inscrire au registre des revendeurs d’objets mobiliers (ROM). La déclaration est à mener auprès de la préfecture ou de la sous-préfecture de votre département, ou à la préfecture de police si vous résidez à Paris.
La démarche peut être réalisée en ligne. Il faut alors remplir le formulaire CERFA 11733-02 et renseigner votre identité (nom et prénom, lieu et date de naissance, nationalité), l’adresse de votre établissement, son statut juridique, son numéro d’identification et la nature des articles vendus.
Une fois la déclaration acceptée, vous recevrez un récépissé délivré par la préfecture. Il pourra vous être demandé en cas de contrôle.
Tenir un registre d’objets mobiliers
Aussi appelé registre de brocante ou registre de police, le registre d’objets mobiliers recense tous les articles achetés pour votre friperie. Il se présente sous format papier ou numérique. Il garantit la traçabilité des articles.
Pour chaque produit, vous devez noter sa date d’achat, sa description, son prix d’achat et l’identité complète du vendeur. Tout article acheté pour moins de 60 euros peut faire l’objet d’un enregistrement allégé, sauf s’il présente un intérêt artistique ou historique.
Le registre est à faire parapher et signer par le maire de votre commune ou le commissariat de police ou de gendarmerie. Si vous utilisez un logiciel, le registre doit faire l’objet d’un traitement automatisé qui garantit la sécurité et l’intégrité des informations. Les données sont à conserver 10 ans.
Respecter les conditions d’accueil du public si c’est un commerce physique
Tout local recevant du public (ERP) doit respecter les normes d’accueil et de sécurité en vigueur. L’espace doit être aménagé pour permettre une circulation fluide des visiteurs et rester accessible aux personnes en situation de handicap.
Les règles relatives à l’éclairage ou à l’évacuation doivent aussi être tenues. Les plans d’évacuation doivent être visibles, et les vêtements stockés à distance de tout élément inflammable, notamment les sources lumineuses.
Quelles obligations d’hygiène respecter ?
Si aucune législation n’encadre l’hygiène des articles de seconde main, certaines bonnes pratiques s’imposent. Les vêtements doivent être nettoyés avant leur mise en rayon, en veillant particulièrement aux risques de moisissure ou de parasites. Chaque pièce doit être triée à réception et tout élément suspect écarté.
Le stock doit être conservé dans un espace ventilé et régulièrement entretenu. Les cabines d’essayage font l’objet d’un nettoyage fréquent, crochets inclus. Une pancarte doit enfin rappeler aux clients de conserver leurs sous-vêtements lors des essayages de pièces de lingerie ou de maillots de bain.
Souscrire les assurances obligatoires
Tout entrepreneur ouvrant un commerce de vêtements de seconde main doit souscrire une assurance de responsabilité civile professionnelle (RC pro). Elle couvre l’entreprise contre les conséquences financières liées à des dommages corporels, matériels, ou immatériels liés à son activité.
La plupart des commerçants souscrivent aussi une assurance multirisque professionnelle, indispensable dès lors qu’ils disposent d’un local. Ce contrat protège les locaux, les biens, le matériel et les marchandises. Selon les options incluses dans le contrat, elle peut aussi inclure une garantie de perte d’exploitation, une protection juridique, voire une RC pro.
Vous sécurisez ainsi votre activité et évitez les imprévus financiers.
Respecter le RGPD
Enfin, si vous créez un site internet, celui-ci doit être conforme au règlement général sur la protection des données (RGPD). Il doit aussi comprendre les mentions légales et les conditions générales de vente (CGV).
Quel statut choisir pour ouvrir une friperie ?
Plusieurs formes juridiques s’offrent à vous : la micro-entreprise, l’entreprise individuelle ou la création d’une société.
La micro-entreprise
Ouvrir votre friperie en micro-entreprise est une option intéressante pour démarrer simplement votre activité, à condition de ne pas avoir de frais de lancement importants. Les démarches de création et de gestion d’entreprise sont allégées. Le régime offre une exonération de TVA si le chiffre d’affaires n’excède pas 93.500 euros annuels. L’entrepreneur est surtout tenu de déclarer son chiffre d’affaires mensuel et de tenir les registres obligatoires.
Ce régime fiscal présente néanmoins deux limites importantes :
- Un plafond de chiffre d’affaires. Il est de 203.100 euros de CA pour les activités commerciales.
- L’impossibilité de déduire les charges professionnelles. Les achats de stocks de vêtements ne peuvent pas être déduits.
L’entreprise individuelle
L’entreprise individuelle est privilégiée par les entrepreneurs qui souhaitent exercer seuls leur activité avec un cadre administratif simplifié. Les formalités de création et de gestion sont plus légères qu’en société. L’entrepreneur est imposé à l’impôt sur le revenu (IR), mais il peut opter pour l’impôt sur les sociétés s’il le souhaite.
L’entrepreneur relève du statut de travailleur non salarié (TNS). Les cotisations sont moins élevées qu’en régime assimilé-salarié, mais la protection sociale est moins importante. C’est pourquoi nombre d’entrepreneurs individuels souscrivent des assurances complémentaires.
En outre, les banques peuvent se montrer plus prudentes à l’idée de prêter de l’argent à une entreprise individuelle qu’une société. C’est donc un statut davantage adapté aux entrepreneurs en ligne qu’aux commerces physiques.
SASU ou SAS
Pour ceux qui recherchent de la flexibilité et une liberté d’organisation, la SASU ou la SAS sont particulièrement adaptées. La rédaction des statuts reste libre. Le président est considéré comme assimilé salarié.
Sur le plan fiscal, la société est imposée à l’impôt sur les sociétés (IS), avec la possibilité d’opter pour le régime de l’impôt sur le revenu pour une durée de 5 ans. Les dividendes versés au président ne sont pas imposés à cotisations sociales.
Toutefois, il convient de noter que la rédaction des statuts est plus délicate et peut nécessiter l’accompagnement d’un avocat. Par ailleurs, le montant de la protection sociale du président est plus élevé qu’en SARL ou EURL. Enfin, les démarches de création et de fermeture de l’entreprise sont plus complexes qu’en entreprise individuelle.
EURL ou SARL
L’EURL et la SARL s’adressent aux entrepreneurs qui préfèrent un cadre juridique bien défini. Le gérant est affilié au régime des travailleurs non salariés (TNS).
Le montant du capital social est libre. ⅕ est à verser lors de la création de l’entreprise, puis le reste dans un délai de 5 ans.
L’EURL est imposée automatiquement à l’impôt sur le revenu, tandis que la SARL est imposée à l’impôt sur les sociétés. Chacune peut néanmoins opter pour l’autre régime pendant cinq ans, sous conditions. Néanmoins, dans les deux cas, les dividendes sont soumis à cotisation.
Enfin, la cession des parts en SARL peut nécessiter l’agrément des associés au cours d’une assemblée générale.
Le tableau suivant récapitule les caractéristiques importantes des différents statuts juridiques accessibles aux entrepreneurs désirant ouvrir un commerce de vêtements d’occasion :
| Statut juridique | Avantages | Inconvénients |
| Micro-entreprise | Facilité de création et de gestion
Exonération de TVA en dessous de 93.500 euros de CA |
Plafonds de chiffre d’affaires annuel
Impossibilité de déduire les frais professionnels |
| Entreprise individuelle | Facilité de création et de gestion
Cotisations réduites |
Protection sociale moins importante qu’un assimilé-salarié
Plus difficile d’obtenir un prêt qu’une société |
| EURL/SARL | Encadrement juridique stricte
Capital social libre Responsabilité limitée aux apports |
Encadrement juridique strict
Cession des parts plus difficile en SARL |
| SASU/SAS | Organisation flexible
Couverture sociale importante Capital social libre |
Rédaction des statuts complexes
Cotisations élevées |
Quelles démarches pour ouvrir une friperie ?
Avant d’entamer les démarches d’immatriculation pour ouvrir un magasin de seconde main, trois étapes sont obligatoires : l’étude de marché, le prévisionnel financier et le business plan.
Réaliser une étude de marché
L’étude de marché vous permet de vous assurer que votre projet est viable en analysant les quatre dimensions suivantes :
- Votre offre (votre concept, votre zone de chalandise, vos services, votre emplacement, etc.) ;
- Votre demande (profil de votre cible, habitudes de consommation, préférences en matière de mode, etc.) ;
- Votre environnement (vos concurrents directs et indirects, les tendances du marché, la réglementation, etc.) ;
- Votre stratégie commerciale (vos tarifs, votre stratégie de communication, etc.).
Définir son prévisionnel financier
Grâce aux données récoltées, vous pouvez construire votre prévisionnel financier. Il s’agit d’une projection de vos finances et de vos charges sur les trois premières années d’activité.
Ce dossier détaille votre budget de lancement, vos charges mensuelles et vos recettes prévisionnelles. Il vous aide aussi à définir le seuil de rentabilité de votre activité.
Ce document rassemble à la fois :
- Le compte de résultat (sur 3 ans) ;
- Le bilan prévisionnel ;
- Le plan de financement (sur 3 ans) ;
- Le budget de trésorerie (sur 12 mois).
Concevoir un business plan
Le business plan centralise l’ensemble des informations relatives à votre projet : votre étude de marché, votre stratégie de développement, vos besoins en financement et les recettes envisagées. Il vous aide à piloter le développement de votre structure.
C’est aussi un outil pour convaincre vos interlocuteurs financiers (banques, associés, etc.) d’accepter d’investir dans votre projet. Il doit donc être à la fois réaliste et rassurant.
Le business plan inclut les éléments suivants :
- La présentation de votre projet ;
- Votre offre ;
- Votre stratégie de développement commercial ;
- Une synthèse de votre étude de marché ;
- Une synthèse de votre prévisionnel financier.
Sélectionner le local
Pour une boutique physique, l’emplacement est déterminant. Privilégiez les zones de passage, comme le centre-ville, une zone commerciale ou les abords d’une route passante. Vérifiez qu’il soit facilement accessible en voiture, à pied ou via les transports en commun.
Le local doit aussi être conforme aux normes ERP et accessible aux personnes en situation de handicap. Idéalement, sa surface doit être égale ou supérieure à 50 m² pour distinguer à la fois l’espace de vente, les cabines d’essayage et la zone de stockage.
Immatriculer l’entreprise
Pour créer une entreprise individuelle, la démarche s’effectue directement sur le site du Guichet unique. Il suffit de remplir un formulaire et de fournir les documents demandés. Cette opération est gratuite.
En revanche, si vous créez une société, il convient en premier lieu de rédiger vos statuts, de déposer votre capital social auprès d’une banque ou d’un notaire et de publier un avis de création dans un journal d’annonces légales. L’immatriculation est à accomplir en ligne sur le site du Guichet unique. Les frais de création varient selon votre statut juridique.
Quel budget pour ouvrir une friperie ?
Le coût d’ouverture d’une friperie s’échelonne généralement entre 5.000 et 20.000 euros. Il peut atteindre 90.000 euros pour un commerce physique.
Plusieurs critères influencent ce montant :
- Le stock. Le tarif dépend de la nature des articles que vous achetez et de vos sources d’approvisionnement (grossistes spécialisés, fournisseurs professionnels, vide-dressings, collectes locales, importations, etc.).
- Le matériel. Il est fréquent d’investir dans des machines à laver, des machines à coudre professionnelles, des fournitures de coutures ou encore du matériel informatique.
- Les charges récurrentes. Elles incluent les factures de gaz ou d’électricité.
- La nature de l’activité. Une boutique en ligne implique des frais de création et d’hébergement du site Internet. De son côté, l’ouverture d’un local implique un coût de location ou d’achat de votre boutique. À cela s’ajoutent les frais d’aménagements (travaux de rénovation, décoration, structuration des espaces, etc.) et les charges récurrentes.
Comment ouvrir une friperie en franchise ?
Si de nombreuses friperies sont indépendantes, ouvrir une boutique franchisée est tout à fait possible. Vous bénéficiez alors de la renommée, d’une formation, d’un accompagnement à la création, ainsi que du réseau de fournisseurs et des autres franchisés.
En contrepartie, vous versez à la franchise des frais d’entrée et une redevance. En outre, vous vous engagez à suivre les standards du réseau, notamment en matière d’aménagement de l’espace et de la sélection des articles vendus.
Si vous souhaitez ouvrir une friperie en franchise, il suffit de contacter directement la marque. Elle vous remet un document d’information précontractuel (DIP). Il présente l’histoire et le concept de la franchise, ses résultats financiers et les clauses du contrat. Ce dernier détaille les droits et les obligations des parties, la durée de la relation, les conditions de transmission ou encore les modalités de sortie.
Une fois le contrat signé, le franchiseur vous accompagne dans la création de votre structure et dans l’aménagement de votre boutique, parfois jusqu’à la recherche du local approprié.
FAQ
Peut-on ouvrir une friperie en micro-entreprise ?
Oui, il est possible d’ouvrir une friperie en micro-entreprise, notamment si vous souhaitez tester le concept avec un budget limité. Ce régime offre des démarches simplifiées. Notez toutefois que ce régime est soumis à un plafonnement du chiffre d’affaires annuel et qu’il n’est pas possible de déduire les charges professionnelles. Il convient davantage aux boutiques en ligne.
Quelle est la marge moyenne d’une friperie ?
La marge appliquée sur la vente des vêtements d’occasion se situe généralement entre 30 et 50 %. Ce pourcentage varie à la fois selon le positionnement de la friperie, son mode d'approvisionnement et ses charges. L’établissement d’un prévisionnel financier aide l’entrepreneur à déterminer son seuil de rentabilité et à ajuster sa politique tarifaire en conséquence.
Faut-il un diplôme pour vendre des vêtements d’occasion ?
Non, aucun diplôme n’est requis pour ouvrir une boutique de vêtements d’occasion. Toutefois, de nombreux entrepreneurs qui se lancent dans cette activité suivent une formation en commerce ou en gestion d’entreprise.
Peut-on ouvrir une friperie en ligne ?
Oui, il est tout à fait possible d’ouvrir une friperie en ligne. Vous devez alors créer un site Internet et publier des fiches produits détaillées. Pour attirer des visiteurs sans publicité, le site doit être optimisé pour les moteurs de recherche.
Quelle différence entre friperie et dépôt-vente ?
La différence majeure entre une friperie et un dépôt-vente réside dans le modèle d’acquisition des vêtements. Dans le cadre d’une friperie, c’est l’entrepreneur qui part à la recherche des pièces à vendre. Les recettes générées vont à l’entreprise. En revanche, ce sont des particuliers qui déposent des pièces à vendre dans les dépôts-ventes. La boutique récupère ensuite une commission sur le prix des vêtements vendus.
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