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Le bail de chasse permet au propriétaire de terres (le bailleur) d’autoriser d’autres personnes à y chasser (les locataires). Par conséquent, le bail de chasse n’est ni un bail rural, ni un bail de fermage.

Ce contrat est très ancien et il est largement admis qu’il n’a pas besoin d’être écrit pour être valable, sauf s’il est d’une durée supérieure à 12 ans. Autrement, l’apport de l’écrit est de clarifier les obligations du bailleur à l’égard du locataire, et réciproquement.

⚡Flash actu : Une réforme du droit des contrats spéciaux (contrat de bail, de vente, de prêt, etc.) est en cours. Le droit en vigueur n’est pas modifié actuellement mais des changements sont à prévoir. Restez connectés !

Quand doit-on recourir à un bail de chasse ?

Il est interdit de chasser sur le terrain de quelqu’un sans son consentement, en application de l’article L. 422-1 du Code de l’Environnement. Par conséquent, si l’on souhaite chasser sur les terres d’une personne, il faut obtenir son accord au préalable. C’est à cet instant qu’intervient le bail de chasse.

Toutefois, un simple accord ne suffit pas à former un bail de chasse. Il faut aussi déterminer le prix de cette location comme pour n’importe quel bail. S’il n’y a pas de loyer, il n’y a pas de bail de chasse. Ce prix peut être constitué par le paiement d’une somme d’argent ou par l’exécution de prestations.

S’agissant de la durée, si elle n’est pas précisée, le bail de chasse est présumé avoir été consenti à l’année. Dans tous les cas, il n’est pas possible de conclure un bail de chasse pour une durée supérieure à 99 ans.

Que doit contenir mon bail de chasse ?

Il faut que le bail de chasse précise les obligations et les droits du bailleur et du locataire.

Les droits et devoirs du bailleur du bail de chasse

Concernant le bailleur du bail de chasse, il ne renonce pas nécessairement à son droit de chasse sur ses terres en accordant le droit de chasser au locataire. Il est en effet possible d’inclure dans le bail de chasse une clause de réserve au profit du bailleur. Avec cette clause, le bailleur précise au locataire qu’il conserve son droit de chasser sur son terrain en même temps que le locataire. Contrairement, au contrat de bail, au bail commercial ou plus précisément au bail commercial du terrain nu , le locataire n’a pas nécessairement le droit à une exclusivité d’usage des terres louées.

En revanche, si le bail de chasse ne prévoit pas cette réserve du droit de chasse du bailleur, ce dernier n’a pas le droit de chasser en même temps que le locataire. La Cour de cassation a même pu considérer que le bailleur qui chassait en concurrence avec le locataire, alors qu’aucune clause du contrat ne lui réservait ce droit, pouvait être poursuivi par le locataire. En effet, il se trouverait en infraction pour pratique de la chasse sur le terrain d’autrui.

Ensuite, le bailleur du bail de chasse a également les mêmes devoirs et droits que n’importe quel type de bailleur. Il doit s’assurer que le locataire peut effectivement accéder aux terres et y chasser. Il doit également entretenir les terres et protéger le locataire de toute chose ou personne extérieure qui pourrait troubler les chasses.

En outre, le bailleur n’a pas le droit de transférer le droit de chasse pendant la location si cela se fait au détriment du locataire. S’il vend le terrain sur lequel le locataire chasse, il doit s’assurer que les droits du locataire ne seront pas troublés. L’acquéreur devra poursuivre le bail de chasse selon les modalités qui y ont été prévues lors de sa conclusion.

Il ne peut pas non plus exécuter des travaux sur le terrain si de tels travaux impactent les opportunités de chasse. Par exemple, le bailleur ne peut pas installer des grillages pendant la location car cela entraverait la liberté du gibier qui ne pourrait plus circuler normalement.

De manière plus générale, le bailleur du bail de chasse a l’interdiction de porter atteinte à la circulation du gibier et des chasseurs, et à la tranquillité et au repeuplement naturel du gibier. Par conséquent, il ne peut pas procéder à des défrichements importants ou à des coupes de bois qui enfreindraient la réglementation forestière applicable. Pendant l’exécution du bail de chasse, le bailleur doit laisser la nature en paix.

Enfin que cette obligation du bailleur soit clairement établie et délimitée, il est fortement recommandé d’inclure dans le bail de chasse une clause détaillant les actes que le bailleur peut prendre pour transformer sa propriété pendant la durée du bail de chasse. La seule obligation qui demeurerait absolue est celle de ne pas nuire au repeuplement naturel du gibier.

Dans tous les cas, le bailleur n’est jamais empêché d’effectuer les réparations nécessaires à l’entretien de son terrain et il peut y mener une activité agricole raisonnable.

Les droits et devoirs du locataire du bail de chasse

Une des particularités du bail de chasse est que le locataire peut poursuivre les personnes qui commettent des infractions de chasse sur le territoire de chasse, y compris le bailleur lui-même.

En retour, il doit raisonnablement utiliser le bail de chasse en application de l’article 1728 du Code Civil. Cela signifie qu’il ne doit pas nuire à l’intégrité du territoire de chasse, mais aussi qu’il ne doit ni causer une diminution excessive du gibier par son activité, ni une multiplication excessive du gibier. Par exemple, s’il chasse trop de sangliers, il risque d’y avoir une multiplication du nombre de mulots, oiseaux et petits reptiles. Autrement dit, le locataire du bail de chasse ne doit pas causer un déséquilibre de la faune et de la flore abritées sur le territoire de chasse.

En plus de son obligation de respecter l’écosystème du territoire de chasse, le locataire ne doit pas non plus causer des dégâts aux activités agricoles qui se déroulent sur le terrain de chasse. Il peut s’agir de l’activité du bailleur ou d’un fermier. Plus généralement, le locataire de bail de chasse ne doit pas porter atteinte aux activités humaines qui ont lieu sur le territoire de chasse.

D’autre part, le locataire de bail de chasse doit évidemment payer les loyers prévus au contrat. A nouveau, il peut s’agir d’une somme d’argent mais aussi de prestations de service. Cette obligation cesse d’exister à la fin du contrat ou lorsque le locataire ne peut pas chasser normalement sur le territoire loué. Pour qu’aucun loyer ne soit dû dans ce cas, il faut que le locataire prouve qu’il est dans l’impossibilité totale de chasser. Par exemple, si l’administration suspend ou interdit la chasse, le locataire du bail de chasse n’a plus à en payer les loyers. En revanche, si le droit de chasse du locataire est simplement troublé mais qu’il n’y a pas d’impossibilité de chasser, seule une réduction du montant des loyers pourra être envisagée. Pour cela, il faut qu’il prévienne le bailleur du trouble qui l’empêche de chasser librement, conformément à l’article 1726 du code civil.

Un point important à noter est que le locataire du bail de chasse a le droit de mettre à disposition d’une autre personne son droit de chasse. La sous-location du bail de chasse est donc possible si le contrat ne l’interdit pas. Cette situation ne doit pas être confondue avec celle du locataire d’un bail rural pour qui il est interdit de sous-louer le droit de chasse dont il disposerait dans le cadre de ce bail rural. En effet, les baux ruraux ne peuvent pas être sous-loués.Modèle de contrat de location

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L’ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

Dernière mise à jour le 08/12/2023

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Bonjour nous avons un bail verbal depuis 2022 en mars 2025 le propriétaire nous a envoyé par message privé et par un autre message sur notre groupe de chasse qu’il nous donner droit de chasse pour 5ans soit jusqu’en 2030 le bien est loué a un agriculteur qui a vidé notre mare en creusant une tranchée avec son tracteur et a condamné l’entrée avec un anti vol. Quel sont nos recours ? De plus maintenant suites a un harcèlement du propriétaire le propriétaire va lui vendre le bien et veut nous supprimer le droit de chasse en ont ils le… Lire la suite »

Bonjour,
À titre général, le droit de chasse est lié au droit de propriété (art. L422-1 Code de l’environnement) et les conventions, y compris verbales, relèvent du droit des contrats (art. 1103 Code civil).
Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat en droit rural afin d’obtenir une analyse adaptée à votre situation personnelle.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée. L’équipe LegalPlace.

Bonjour je chasse sur un gabion pas de bail écrit on est une équipe on chasse depuis 3 ans sur cette installation,il y a un bail agricole et l’agriculteur veut pour la saison prochaine nous interdire la chasse en a t’il le droit ? Le propriétaire n’avait pas donné le droit de chasse a l’agriculteur et veut que l’on continue à y chassé. Merci de nous apporter une réponse car l’agriculteur c’est même permis de faire des tranchées avec le tracteur pour vidé la mare. Merci d’avance

Bonjour,

À titre général, le droit de chasse appartient au propriétaire du fonds (art. L422-1 Code de l’environnement). Il peut être cédé par bail ou convention. Le bail rural peut emporter transfert du droit de chasse sauf stipulation contraire (art. L415-10 Code rural). Les troubles ou dégradations peuvent engager la responsabilité civile (art. 1240 C. civ.).

Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat en droit rural afin d’obtenir une analyse adaptée à votre situation personnelle.

En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.

Mon père a louer son bois a des chasseurs.
Ont ils le droit d enterrer les carcasses dans le bois de mon père ?
Surtout qu on peut voir les carcasses et les boyaux et des odeurs s en dégage.

Bonjour, L’abandon ou l’enfouissement de viscères et de carcasses de gibier est strictement encadré par le Code de l’environnement et le Code de la santé publique. En principe, il est interdit de laisser des restes de gibier à l’air libre ou de les enfouir de manière sauvage, d’autant plus si cela génère des nuisances olfactives ou visuelles pour le propriétaire. Les chasseurs ont l’obligation de traiter ces sous-produits animaux via des sites d’équarrissage ou des fosses d’équarrissage conformes aux normes sanitaires si la quantité le justifie. Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat spécialisé, qui saura vous renseigner… Lire la suite »

Bonjour, je suis propriétaire et le bail de chasse touche à sa fin en 2026, y a t’il moyen de ne le renouveler que pour une courte durée et surtout d’interdire la chasse à courre ?
Merci

Bonjour, En principe, à l’expiration d’un bail de chasse, vous pouvez refuser son renouvellement ou en proposer un nouveau pour une durée réduite, la loi ne fixant pas de durée minimale, sous réserve de l’accord du preneur. La faculté de fixer librement la durée résulte de la liberté contractuelle (article 1102 du Code civil). Par ailleurs, la chasse à courre peut être interdite par une clause expresse du bail, ou par décision du propriétaire, dès lors qu’il n’existe plus de bail en vigueur et que l’exercice de cette pratique n’a pas été autorisé par d’autres voies. En espérant que notre… Lire la suite »

Bonjour, j’ai consenti à un fermier une cession du droit de chasse et délégation du droit de destruction des nuisibles pour un an renouvelable par tacite reconduction à compter 1Juin 2018. IL est prévu qu’en cas de vente partielle le bail sera résilié automatiquement le 31 Mai de l’année cynégétique en cours. Le bail a été renouvelé tacitement le 1 Juin 2019. Mais le 30 Septembre 2019 le fermier m’a demandé un nouveau bail que j’ai consenti pour la saison de chasse 2018-2019 alors terminée( erreur de ma part au lieu de 2019/2020 ) qui ne prévoit plus la résiliation… Lire la suite »

Bonjour,

Votre situation est complexe et nécessite l’avis d’un professionnel.

Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat spécialisé, qui saura vous renseigner.

En vous souhaitant une belle journée,
L’équipe LegalPlace.

Le titulaire d’un bail de chasse en forêt domaniale (ONF) a résilié de manière “amiable” ledit bail sans indemnité (accord de l’ONF). Il réclame la restitution de la caution payée à l’époque. Y a -t-il un délai pour que le montant de la caution soit restitué ?

Bonjour,

En principe, la restitution de la caution dépend des modalités prévues dans le bail initial. En l’absence de clause précisant un délai spécifique, l’ONF est tenu de procéder à la restitution dans un délai raisonnable après la fin effective du bail. Dans votre cas, nous vous invitons à consulter directement les clauses du bail résilié.

En vous souhaitant une agréable journée.

L’équipe LegalPlace

Bonjour,
L’article datant d’1,5 an et des modifications de la loi étant envisagées, la mention d’un prix de location oblige-t-elle toujours aujourd’hui à la rédaction d’un bail?

Bonjour,

La mention d’un prix de location oblige toujours à la formation d’un bail, même sans écrit, car l’accord sur la chose et le prix suffit selon l’article 1709 du Code civil et la jurisprudence (Cass. civ. 3e, 4 novembre 2021).

Aucun changement de la loi n’a modifié ce principe à ce jour.

En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.

L’équipe LegalPlace

J’avais un doute.
Merci beaucoup.

Bonjour,

Nous souhaiterions acquérir un étang, mais il est loué à la chasse.
Lors de la vente, qui doit payer la résiliation du bail ?
Le nouvel acquéreur ou l’ancien propriétaire ?

Merci d’avance !

Bonjour, En cas de vente d’un bien loué à la chasse, le bail est en principe transféré automatiquement à l’acquéreur, qui devient le nouveau bailleur. La résiliation du bail avant la vente, ainsi que les éventuels frais liés à cette résiliation, doivent être négociés entre le vendeur et l’acheteur. À défaut d’accord, le nouvel acquéreur reprend le bail en l’état, sauf clause spécifique dans le contrat de vente ou dans le bail. Il est donc essentiel de clarifier ce point avant la signature pour éviter tout litige. En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle… Lire la suite »

Ca nous sera très utile.
Merci pour votre aide et votre rapidité ! 🙂

Rédigé par

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L'ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris