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La prescription biennale est posée à l’article L114-1 du Code des assurance : « Toutes actions dérivant d’un contrat d’assurance sont prescrites par deux ans à compter de l’événement qui y donne naissance ». Ce délai extrêmement court entraîne nécessairement la survenance de litiges, puisque les compagnies d’assurances l’invoquent régulièrement dans le but d’éviter d’indemniser un sinistre. Il est donc important de connaitre à la fois le champ d’application et le point de départ de la prescription biennale.

Le champ d’application de la prescription biennale

Cette prescription biennale ne concerne que les rapports contractuels entre l’assuré et l’assureur. A contrario, ne sont pas soumises à la prescription biennale les actions où sont parties des tiers au contrat d’assurance, peu importe leur qualité : tiers victime ; tiers responsable voire tiers bénéficiaire.

Si le délai de prescription de droit commun est de 5 ans (comme par exemple, la prescription d’une reconnaissance de dette), le délai applicable en matière de contrat d’assurance est lui réduit à 2 ans. Toutefois, l’article L114-1 du Code des assurances pose certaines nuances.

La prescription est en effet portée à 10 ans :

  • Dans les contrats d’assurance vie lorsque le bénéficiaire est une personne distincte du souscripteur ; 
  • Dans les contrats d’assurance contre les accidents atteignant les personnes, lorsque les bénéficiaires sont les ayants droits de l’assuré décédé.

Concernant les assurances vie, la prescription des actions du bénéficiaire peut également être portée au plus tard à 30 ans à compter du décès de l’assuré. 

Point de départ de la prescription biennale

Le point de départ de cette prescription est, par principe, fixé au jour de l’évènement donnant naissance aux « actions dérivant du contrat ».

L’article poursuit toutefois en ajoutant des exceptions :

« Toutefois, ce délai ne court :

1° En cas de réticence, omission, déclaration fausse ou inexacte sur le risque couru, que du jour où l’assureur en a eu connaissance ;

2° En cas de sinistre, que du jour où les intéressés en ont eu connaissance, s’ils prouvent qu’ils l’ont ignoré jusque-là.

 Quand l’action de l’assuré contre l’assureur a pour cause le recours d’un tiers, le délai de la prescription ne court que du jour où ce tiers a exercé une action en justice contre l’assuré ou a été indemnisé par ce dernier ».

Sous réserve des précisions légales rapportées ci dessus, le point de départ, en cas de sinistre par exemple, sera le jour où les intéressés en ont eu connaissance.

La suspension de la prescription biennale

Ce délai de prescription peut aussi être suspendu ou interrompu. C’est l’article L114-2 du Code des Assurances qui le précise, indiquant :

« La prescription est interrompue par une des causes ordinaires d’interruption de la prescription et par la désignation d’experts à la suite d’un sinistre. L’interruption de la prescription de l’action peut, en outre, résulter de l’envoi d’une lettre recommandée avec accusé de réception adressée par l’assureur à l’assuré en ce qui concerne l’action en paiement de la prime et par l’assuré à l’assureur en ce qui concerne le règlement de l’indemnité ».

A noter : En cas d’interruption de la prescription par courrier, veillez à conserver une copie de la lettre ainsi que la preuve d’envoi avec l’accusé de réception.

L’obligation d’information pesant sur l’assureur

Enfin, rappelons que dans un souci de protection des assurés, le Code des Assurances prévoit également que le contrat d’assurance doit rappeler les règles s’appliquant à la prescription (art. R112-1). L’omission d’une telle mention aura pour conséquence de rendre inopposable le délai de prescription à l’assuré.

Il convient donc d’être prudent et diligent dans la gestion de son dossier d’assurances, pour ne pas prendre le risque de se voir opposer la prescription biennale par l’assureur.

FAQ

Qu'est-ce que la prescription ?

La prescription se définit comme un mode d'extinction d'un droit résultant de l'inaction de son titulaire pendant un certain laps de temps.

Comment interrompre la prescription biennale ?

Différents évènements peuvent interrompre la prescription :

  • La désignation d'un expert après le sinistre ;
  • La reconnaissance par le débiteur du droit du poursuivant
  • Un acte d'exécution forcée tel qu'une injonction de payer
  • L'envoi d'une lettre recommandée avec accusé de réception réclamant le paiement des indemnités

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L’ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

Dernière mise à jour le 15/09/2021

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10 Commentaires
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Olivier
19/01/2026 20h18

Bonjour, je suis dans le cadre d’une assurance voyage liée à une carte Amex. Accident de ski d’un enfant en mars 2023. Déclarations faites et envoi des factures y compris frais de secours sur piste faites en mars 2023. Je réalise il y a quelques jours que je n’ai jamais été remboursé de tous ces frais. J’écris un mail en ce sens et je viens de recevoir un mail de refus arguant de la prescription biennale sur la base d’un mail qu’ils m’auraient adressé en décembre 2023 auquel je n’ai jamais répondu. Leur réponse vous semble-t-elle contestable ?

Administrateur
Khadidja
20/01/2026 10h52
Répondre à  Olivier

Bonjour, En principe, l’action de l’assuré contre l’assureur se prescrit par deux ans à compter de l’événement ouvrant droit à garantie, conformément à l’article L114-1 du Code des assurances. Toutefois, cette prescription peut être interrompue par l’envoi de documents, une reconnaissance de dette ou un échange sur l’instruction du dossier. L’absence de réponse à un mail ne suffit pas à elle seule à caractériser une interruption ni à justifier un refus fondé. Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat spécialisé, qui saura vous renseigner davantage. En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle… Lire la suite »

Luka
08/12/2025 22h52

Bonjour

j’ai eu un sinistre en juin 2025 un expert est venu le 1er juillet 2025 le 29 octobre 2025 mon assureur m’a envoyé un recommandé avec ar me disant me déchoir de ma garantie pour fausse déclaration . J’ai saisi le médiateur de l’assurance le 21 novembre 2025 le médiateur de l’assurance a pris en charge mon dossier ma question est la suivante à quelle date commence la prescription ? Cordialement

Administrateur
Méline Alves
09/12/2025 11h04
Répondre à  Luka

Bonjour, En matière d’assurance, l’action dérivant d’un contrat se prescrit en principe par deux ans conformément à l’article L.114-1 du Code des assurances. Ce délai court, selon les situations, soit de la date du sinistre, soit de la date à laquelle l’assuré a eu connaissance du refus de garantie. Lorsqu’un assureur vous notifie une déchéance de garantie, la prescription commence généralement à la date de ce refus explicite, c’est-à-dire au moment où vous en avez eu connaissance par la réception du recommandé. Le recours auprès du médiateur suspend en principe le délai de prescription pendant toute la durée de la… Lire la suite »

Simon
25/11/2025 22h34

Bonsoir,
Vous indiquez que la prescription biennale ne concerne que les rapports contractuels entre l’assuré et l’assureur. A contrario, ne sont pas soumises à la prescription biennale les actions où sont parties des tiers au contrat d’assurance, peu importe leur qualité : tiers victime ; tiers responsable voire tiers bénéficiaire.
Cette dernière affirmation semble contraire aux dispositions de l’article L.114-1 du Code des assurances qui applique le délai de prescription biennale à “toutes actions dérivant d’un contrat d’assurance”.
Auriez-vous de la jurisprudence sur ce point ? et précisément sur le tiers bénéficiaire au contrat d’assurance ?
Merci

Administrateur
Camille
27/11/2025 10h11
Répondre à  Simon

Bonjour, L’affirmation selon laquelle la prescription biennale ne s’appliquerait pas aux actions impliquant des tiers peut effectivement paraître en tension avec la lettre de l’article L.114-1 du Code des assurances. Toutefois, la jurisprudence opère traditionnellement une distinction entre les actions véritablement dérivées du contrat, c’est-à-dire celles qui trouvent leur source directe dans les obligations nées de la relation assureur/assuré, et les actions exercées par ou contre des tiers, dont le fondement est extérieur au contrat. Dans cette logique, la prescription biennale ne s’étend pas aux recours fondés sur la responsabilité délictuelle ou sur un droit propre du tiers, même si… Lire la suite »

acchiardi
21/10/2025 17h06

bonsoir Mon assurance a recu il y a 3 ans du service de la sous préfecture la destruction de ma voiture. cependant j’ai oublié de faire le nécessaire sur ants et mon assurance me prélève toujours depuis il m’ont demandé de fournir un certificat de l’ants ce que j’ai fait et maintenant ils me sortent “nous procédons à l a résiliation dans la limite de la prescription biennale soit aux 2 ans de la demande de résiliation formulée. je trouve cela vraiment minable aprés 44 ans de cotisations et de fidélité est ce que l’information transmise par la préfecture pour… Lire la suite »

Administrateur
Camille
22/10/2025 10h27
Répondre à  acchiardi

Bonjour,

En principe, la transmission par la préfecture n’équivaut pas à une résiliation formelle du contrat. L’assureur est en principe en droit d’invoquer la prescription biennale prévue à l’article L114-1 du Code des assurances pour limiter le remboursement.

En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.

Mary
08/09/2025 3h09

Merci pour les infos c’est top !!!

Administrateur
Khadidja
08/09/2025 14h32
Répondre à  Mary

Bonjour,

Merci beaucoup pour votre retour, nous sommes ravis que ces informations vous aient été utiles !

En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.

Rédigé par

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L'ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris