Comment valoriser une entreprise en 2026 ?
Dernière mise à jour le 26/10/2026
- Qu’est-ce que la valorisation d’une entreprise ?
- Dans quels cas faut-il valoriser son entreprise ?
- Quels critères influencent la valeur d’une entreprise ?
- Quelles sont les méthodes de valorisation d’une entreprise ?
- Que retient l’administration fiscale concernant l’évaluation d’une entreprise ?
- Valeur ou prix de cession d’une entreprise : quelle différence ?
- Comment préparer la valorisation de votre entreprise ?
- Qui peut réaliser la valorisation d’une entreprise et combien ça coûte ?
- La valorisation d’une entreprise donne une estimation chiffrée de ce qu’elle vaut à une date précise, à partir de ses actifs, de sa rentabilité et de ses perspectives.
- Il existe trois grandes méthodes pour valoriser une entreprise : l’approche patrimoniale part du bilan, l’approche par le rendement part des bénéfices futurs et l’approche par comparaison s’appuie sur des multiples de marché.
- Une valorisation aboutit à une fourchette de valeur, pas à un chiffre unique. Le prix de cession final dépend ensuite de la négociation entre vendeur et acheteur.
- Pour une donation ou une succession, l’administration fiscale s’appuie sur un nouveau guide d’évaluation publié en juin 2026, qui privilégie les transactions comparables récentes.
Vendre votre société, faire entrer un investisseur, transmettre vos titres à vos enfants ou racheter les parts d’un associé. Toutes ces opérations commencent par la même question. Combien vaut l’entreprise ? Une réponse approximative peut coûter cher. Une valeur trop basse vous fait perdre de l’argent, une valeur trop haute fait fuir les acquéreurs ou attire un redressement fiscal. Les méthodes de valorisation d’entreprise donnent un cadre pour chiffrer cette valeur et la défendre face à un acheteur, à un associé ou à l’administration.
Qu’est-ce que la valorisation d’une entreprise ?
La valorisation d’une entreprise sert à chiffrer sa valeur économique à une date donnée. Elle tient compte de ce que l’entreprise possède (ses actifs), de ce qu’elle doit (ses dettes) et de sa capacité à dégager des bénéfices dans les années à venir.
La valorisation d’entreprise est aussi appelée évaluation d’entreprise, et les deux termes sont employés comme synonymes.
L’évaluation d’une entreprise désigne plutôt la démarche d’analyse, alors que la valorisation désigne le chiffre qui en ressort.
Dans quels cas faut-il valoriser son entreprise ?
La valorisation devient nécessaire dès qu’une opération change la répartition du capital ou fait passer des titres d’une personne à une autre. Elle peut aussi servir d’outil de pilotage, pour mesurer l’effet de votre stratégie sur la valeur créée d’une année à l’autre.
Cession, rachat ou levée de fonds
Lors d’une cession d’entreprise, la valorisation sert de base de négociation. Le vendeur arrive avec une valeur argumentée, l’acheteur avec la sienne, et le prix se fixe entre les deux. Du côté du repreneur, elle permet de vérifier que le prix demandé reste compatible avec le remboursement de l’emprunt d’acquisition.
En levée de fonds, la valeur de la société avant l’entrée des investisseurs détermine la part du capital qu’ils obtiendront. Une valorisation de 2 millions d’euros pour un apport de 500 000 € donne aux investisseurs 20 % du capital après l’opération. Avec une valorisation de 1 million d’euros, la même somme leur en donnerait un tiers.
Donation, succession et pacte Dutreil
La transmission de titres à vos enfants, par donation ou par succession, se taxe sur la valeur réelle des parts ou des actions. Une valeur sous-estimée expose à un redressement, une valeur surestimée alourdit inutilement les droits.
Le pacte Dutreil, prévu à l’article 787 B du Code général des impôts, exonère 75 % de la valeur des titres transmis, à condition que les héritiers ou donataires s’engagent à les conserver. Depuis la loi de finances pour 2026, cet engagement dure au minimum 8 ans au total, contre 6 ans auparavant. Certains biens détenus par la société sans lien avec son activité sont aussi exclus de l’exonération, comme un yacht, des œuvres d’art ou un logement. La valorisation doit donc isoler ces actifs pour calculer correctement la part exonérée. La transmission d’entreprise se prépare pour cette raison plusieurs années à l’avance.
Apport en nature et litige entre associés
Quand un associé apporte un bien à la société (un fonds de commerce, du matériel, des titres d’une autre société), il faut lui attribuer une valeur. C’est le rôle du commissaire aux apports dans une SARL ou dans une SAS. Les associés peuvent s’en passer à l’unanimité si chaque apport ne dépasse pas 30 000 € et si l’ensemble des apports en nature reste inférieur à la moitié du capital. En cas de dispense, les associés restent solidairement responsables envers les tiers, pendant 5 ans, de la valeur attribuée aux apports.
Quels critères influencent la valeur d’une entreprise ?
La valeur d’une entreprise dépend d’abord de sa capacité à générer des bénéfices réguliers. Viennent ensuite la solidité de sa structure financière et la qualité de ses actifs, y compris ceux qui ne figurent pas au bilan. Les acquéreurs et les évaluateurs examinent en priorité les éléments suivants :
- Le chiffre d’affaires et son évolution sur trois à cinq ans ;
- La rentabilité, mesurée par l’excédent brut d’exploitation (EBE), c’est-à-dire ce que l’activité rapporte avant amortissements, frais financiers et impôts, et par le résultat net ;
- Le niveau d’endettement et la trésorerie disponible ;
- La qualité de la clientèle, et surtout sa dépendance à un ou deux gros clients ;
- La position sur le marché, la concurrence et les perspectives du secteur ;
- Les actifs immatériels, comme la marque, les brevets, les logiciels ou le savoir-faire des équipes ;
- La dépendance au dirigeant, qui pèse sur la valeur quand tout repose sur une seule personne.
Le capital immatériel, que l’on retrouve dans le goodwill (ou survaleur) payé par l’acheteur, explique souvent l’écart entre la valeur comptable et la valeur de marché. Une agence web dont le bilan affiche 50 000 € d’actifs peut valoir dix fois plus grâce à ses contrats récurrents et à la réputation de son équipe.
Quelles sont les méthodes de valorisation d’une entreprise ?
Les méthodes de valorisation d’une entreprise se répartissent en trois familles. L’approche patrimoniale part de ce que l’entreprise possède. L’approche par le rendement s’intéresse à ce qu’elle rapportera dans les années à venir, tandis que la comparaison s’appuie sur le prix payé pour des entreprises similaires. Aucune ne suffit seule. Pour valoriser une entreprise de façon fiable, les professionnels en croisent au moins deux.
La méthode patrimoniale (ANC et ANCC)
La méthode patrimoniale estime l’entreprise à partir de son bilan. On part de l’actif net comptable (ANC), qui correspond à l’ensemble des actifs diminué de l’ensemble des dettes. Il équivaut en pratique aux capitaux propres.
Dans la méthode patrimoniale, les biens inscrits au bilan figurent à leur valeur d’achat, diminuée des amortissements. Un local acheté il y a vingt ans y apparaît souvent bien en dessous de son prix actuel. On calcule donc un actif net comptable corrigé (ANCC), en réévaluant chaque actif à sa valeur réelle.
La méthode patrimoniale convient aux sociétés riches en actifs, comme les holdings, les sociétés immobilières ou l’industrie lourde. Elle sous-estime en revanche les entreprises de services, dont la valeur tient surtout à leur clientèle et à leurs équipes.
La méthode des multiples (EBE, chiffre d’affaires, résultat)
La méthode des multiples applique à votre entreprise le rapport observé entre le prix et un indicateur financier chez des entreprises comparables. L’indicateur le plus utilisé pour les PME est l’EBE, proche de l’EBITDA anglo-saxon.
Le calcul par la méthode des multiples se fait en deux temps. On multiplie d’abord l’EBE par le multiple du secteur, ce qui donne la valeur d’entreprise. On retire ensuite la dette financière nette (emprunts moins trésorerie) pour obtenir la valeur des titres, celle qui revient aux associés.
Pour une PME française, les multiples d’EBE se situent souvent entre 3 et 7, selon le secteur, la taille et la croissance. Ces chiffres restent indicatifs. Une petite entreprise de services très dépendante de son dirigeant se négociera dans le bas de la fourchette, une société en croissance sur un marché porteur dans le haut. Le calcul de l’EBITDA et le choix des sociétés comparables conditionnent toute la fiabilité du résultat.
Certains secteurs valorisent les entreprises en pourcentage du chiffre d’affaires plutôt qu’en multiple d’EBE, notamment le commerce de détail, les pharmacies ou les cabinets libéraux. Le calcul du fonds de commerce repose souvent sur ces barèmes professionnels.
La méthode des flux de trésorerie actualisés (DCF)
La méthode DCF (pour « Discounted Cash Flows ») additionne les flux de trésorerie que l’entreprise devrait générer dans les années à venir. Chaque flux est ramené à sa valeur d’aujourd’hui, car 100 000 € encaissés dans cinq ans valent moins que 100 000 € disponibles tout de suite. Le principe est le même que celui de la valeur actuelle nette utilisée pour un investissement.
La méthode DCF exige un business plan détaillé sur cinq à sept ans et le choix d’un taux d’actualisation, qui reflète le risque de l’entreprise. C’est la méthode la plus adaptée aux sociétés en forte croissance. C’est aussi la plus sensible aux hypothèses. Un point de taux d’actualisation en plus ou en moins peut faire varier la valeur de 10 à 20 %.
La capitalisation du résultat et les méthodes de rendement
La capitalisation du résultat consiste à diviser le bénéfice annuel normatif par un taux de rendement attendu par un investisseur. Avec un résultat net retraité de 80 000 € et un taux de 10 %, l’entreprise vaut 800 000 €. Plus l’activité est risquée, plus le taux est élevé et plus la valeur baisse.
Deux autres méthodes de rendement reposent sur les dividendes. Le modèle de Gordon-Shapiro divise le dividende attendu par l’écart entre le taux de rendement exigé et le taux de croissance des dividendes. Le modèle de Bates s’utilise lorsqu’on prévoit une revente des titres à un horizon donné. La capitalisation du résultat et les modèles fondés sur les dividendes conviennent aux entreprises matures, aux bénéfices stables et prévisibles.
Les ratios boursiers (PER, PBR, PSR)
Les ratios boursiers servent surtout à comparer une entreprise à des sociétés cotées du même secteur. Le PER (« Price Earning Ratio ») rapporte le prix au bénéfice net. Le PBR (« Price to Book Ratio ») le rapporte aux capitaux propres. Le PSR (« Price to Sales Ratio ») le rapporte au chiffre d’affaires.
Pour une PME non cotée, l’évaluateur applique en général une décote sur les ratios boursiers des sociétés cotées, parce que ses titres sont plus difficiles à revendre que des actions en bourse.
Quelle méthode de valorisation choisir selon votre entreprise ?
Le choix d’une méthode de valorisation dépend du secteur, de la maturité de l’entreprise et de l’objectif de l’opération. Les entreprises riches en actifs se prêtent à l’approche patrimoniale, les PME rentables aux multiples d’EBE et les sociétés en croissance au DCF.
| Méthode | Pour quel profil d’entreprise | Avantage | Limite |
|---|---|---|---|
| Patrimoniale (ANCC) | Holding, société immobilière, industrie | Repose sur des données vérifiables | Ignore la rentabilité future |
| Multiples d’EBE | PME rentable avec des comparables connus | Rapide et parlante pour les acheteurs | Dépend du choix des comparables |
| DCF | Start-up, entreprise en forte croissance | Intègre les perspectives de développement | Très sensible aux hypothèses |
| Capitalisation du résultat | Entreprise mature aux bénéfices stables | Simple à mettre en œuvre | Inadaptée si les résultats fluctuent |
| Barème sur chiffre d’affaires | Commerce, officine, cabinet libéral | Usages connus de la profession | Ne tient pas compte de la rentabilité |
Pour une start-up sans bénéfice, les méthodes classiques (patrimoniale, multiples d’EBE, capitalisation du résultat) fonctionnent mal. La valorisation d’une start-up repose plutôt sur le DCF, les tours de financement comparables et la méthode dite du capital-risque.
Exemple de calcul de la valorisation d’une entreprise
Claire dirige depuis douze ans une SARL de menuiserie qui emploie huit salariés. Elle veut céder ses parts d’ici deux ans et souhaite connaître la valeur de son entreprise avant de rencontrer des repreneurs. Son entreprise réalise 1,2 million d’euros de chiffre d’affaires, un EBE de 180 000 € et un résultat net de 95 000 €. Ses capitaux propres s’élèvent à 380 000 €. Elle doit encore 150 000 € à sa banque et dispose de 70 000 € de trésorerie. Ce cas montre comment plusieurs méthodes aboutissent à une fourchette de valeur.
Son expert-comptable procède en cinq étapes :
- Il retraite d’abord les comptes. Claire ne se verse que 30 000 € par an, alors qu’un directeur salarié coûterait 60 000 €. L’EBE normatif tombe donc à 150 000 € et le résultat net retraité à environ 72 000 € après impôt.
- Il calcule l’ANCC. L’atelier et les machines valent 90 000 € de plus que leur montant au bilan. L’actif net corrigé atteint donc 470 000 €.
- Il applique un multiple de 4,5 à l’EBE retraité, cohérent avec les ventes récentes de menuiseries de taille comparable. La valeur d’entreprise ressort à 675 000 €. Après déduction de la dette nette de 80 000 €, les parts valent 595 000 €.
- Il capitalise le résultat retraité au taux de 12 %, qui reflète le risque d’une petite entreprise artisanale. La valeur obtenue est de 600 000 €.
- Il pondère enfin les résultats, en donnant un poids double à la méthode des multiples, la plus utilisée par les repreneurs du secteur.
| Méthode | Valeur des parts | Pondération |
|---|---|---|
| Actif net comptable corrigé | 470 000 € | 1 |
| Multiple d’EBE | 595 000 € | 2 |
| Capitalisation du résultat | 600 000 € | 1 |
| Valeur pondérée | 565 000 € |
Avec cette analyse, Claire peut défendre une valeur de ses parts comprise entre 540 000 € et 600 000 €. Elle comprend aussi que sa faible rémunération faisait paraître la menuiserie plus rentable qu’elle ne le serait pour un repreneur. Sans retraitement, le multiple appliqué à l’EBE de 180 000 € aurait donné une valeur surévaluée de plus de 130 000 €.
Que retient l’administration fiscale concernant l’évaluation d’une entreprise ?
L’administration fiscale a publié en juin 2026 un nouveau guide intitulé « L’évaluation des entreprises et des titres de sociétés ». Il remplace celui de 2006 et sert de référence aux agents qui contrôlent la valeur déclarée lors d’une donation, d’une succession ou d’une cession.
Le guide DGFiP de 2026 donne la priorité aux transactions comparables réalisées au cours des 24 derniers mois pour évaluer une entreprise. À défaut de transactions comparables, l’administration applique une approche multicritère, qui combine plusieurs méthodes et les pondère. Le guide prévoit un diagnostic préalable de l’entreprise et des retraitements des comptes. Il écarte aussi certaines méthodes jugées dépassées.
Le guide d’évaluation de la DGFiP de 2026 ne fixe aucun taux de décote. Toute réduction de valeur doit être justifiée au cas par cas, qu’elle tienne à la difficulté de revendre les titres ou au caractère minoritaire de la participation. Pour une holding, une seule décote globale peut être appliquée.
Le guide d’évaluation des entreprises de la DGFiP n’est pas opposable à l’administration. Un contribuable ne peut donc pas l’invoquer pour contester un redressement, mais il indique clairement la façon dont les contrôleurs raisonnent. Une valorisation documentée selon ces principes limite fortement le risque de contestation.
Valeur ou prix de cession d’une entreprise : quelle différence ?
La valeur d’une entreprise est une estimation technique, son prix de cession est le montant réellement payé par l’acheteur. L’écart entre les deux vient de la négociation, du nombre d’acheteurs intéressés et de leur capacité à financer l’achat.
Plusieurs éléments font varier le prix par rapport à la valeur calculée. Un acquéreur qui voit des économies possibles avec sa propre activité acceptera de payer plus. Un repreneur dépendant d’un crédit bancaire sera limité par sa capacité de remboursement. Les conditions de la vente pèsent aussi, comme une garantie d’actif et de passif (l’engagement du vendeur d’indemniser l’acheteur si des dettes cachées apparaissent après la vente) ou une clause d’earn-out, qui rend une partie du prix dépendante des résultats futurs.
La valeur réelle de l’entreprise garde pourtant un rôle fiscal lors d’une cession. Les droits d’enregistrement se calculent sur le prix de cession, ou sur la valeur réelle des titres si elle est plus élevée. Un prix volontairement bas, consenti à un proche par exemple, peut donc être réintégré par l’administration.
| Type de cession | Droits d’enregistrement en 2026 |
|---|---|
| Actions de SAS ou de SA | 0,1 % du prix |
| Parts sociales de SARL ou de société civile | 3 % après un abattement de 23 000 €, réduit selon la part du capital cédée |
| Titres d’une société à prépondérance immobilière | 5 % du prix |
| Fonds de commerce | 0 % jusqu’à 23 000 €, 3 % de 23 000 € à 200 000 €, 5 % au-delà |
Pour un vendeur personne physique, la plus-value sur cession de parts sociales ou d’actions est taxée au prélèvement forfaitaire unique, au taux global de 31,4 % en 2026 depuis la hausse de la CSG. Le dirigeant de PME qui part à la retraite peut bénéficier d’un abattement fixe de 500 000 € sur sa plus-value. L’article 150-0 D ter du Code général des impôts prévoit ce dispositif jusqu’au 31 décembre 2031.
Comment préparer la valorisation de votre entreprise ?
Une valorisation se prépare idéalement deux à trois ans avant l’opération. Ce délai laisse le temps de corriger les points faibles qui pèsent sur la valeur. La démarche suit en général cinq étapes :
- Réaliser un diagnostic de l’entreprise, en analysant ses forces, ses faiblesses, son marché et ses risques ;
- Rassembler les documents financiers des trois derniers exercices, à savoir les bilans, les comptes de résultat, les liasses fiscales et l’état des dettes ;
- Retraiter les comptes pour neutraliser les éléments exceptionnels et normaliser la rémunération du dirigeant ;
- Choisir au moins deux méthodes adaptées à votre secteur et à l’objectif de l’opération ;
- Faire réaliser ou valider le calcul par un professionnel, qui formalise ses conclusions dans un rapport daté.
« Dans les dossiers de cession que nous voyons, l’écart entre la valeur espérée par le dirigeant et celle retenue par le repreneur vient rarement du choix de la méthode. Il vient presque toujours des retraitements, en particulier de la rémunération du dirigeant et des charges qu’il assume personnellement pour l’entreprise. » Xavier, expert-comptable
Certaines erreurs de valorisation reviennent souvent et font perdre de la valeur ou de la crédibilité face à un acquéreur :
- Ignorer les actifs immatériels, comme une marque déposée, un logiciel développé en interne ou un portefeuille de contrats récurrents ;
- Utiliser des comptes anciens, alors que l’activité a fortement évolué depuis le dernier exercice ;
- Oublier la fiscalité de l’opération, qui modifie le montant net réellement perçu ;
- Présenter un dossier incomplet ou peu clair, qui pousse l’acheteur à appliquer une décote de prudence.
Qui peut réaliser la valorisation d’une entreprise et combien ça coûte ?
L’expert-comptable est l’interlocuteur le plus courant pour valoriser une PME. Il connaît déjà les comptes de l’entreprise et peut produire un rapport argumenté. Pour une opération importante ou complexe, on fait appel à un évaluateur financier indépendant, à une banque d’affaires ou à un cabinet spécialisé en fusions et acquisitions. En cas d’apport en nature ou de transformation de société, la loi impose dans certains cas l’intervention d’un commissaire aux apports ou d’un commissaire à la transformation.
Le coût d’une valorisation d’entreprise dépend de la taille de la société et de la profondeur de l’analyse. Comptez de quelques milliers d’euros pour une petite entreprise à plusieurs dizaines de milliers d’euros pour une opération de grande taille. Les simulateurs en ligne gratuits donnent un premier ordre de grandeur à partir de multiples moyens. Ils ne tiennent pas compte des retraitements ni des particularités de votre entreprise, et ne peuvent pas servir de base à une négociation ou à une déclaration fiscale.
La valorisation d’une entreprise croise plusieurs méthodes pour aboutir à une fourchette de valeur. L’approche patrimoniale part du bilan corrigé, les multiples d’EBE comparent l’entreprise à des transactions similaires et les méthodes de rendement chiffrent les bénéfices à venir. Les comptes doivent d’abord être retraités pour refléter une rentabilité normale. Pour une donation ou une succession, l’administration suit désormais son guide de juin 2026, et le rescrit-valeur permet aux PME de sécuriser la valeur retenue. Le prix final reste fixé par la négociation, dans la limite de la valeur réelle retenue pour le calcul des droits d’enregistrement.
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Dernière mise à jour le 26/10/2026
FAQ
Comment calculer rapidement la valeur d'une entreprise ?
La méthode la plus rapide consiste à multiplier l’EBE par un multiple sectoriel, puis à retirer la dette financière nette. Pour une PME rentable, ce multiple se situe souvent entre 3 et 7. Ce calcul donne un ordre de grandeur utile pour une première discussion, mais il ne remplace pas une évaluation qui croise plusieurs méthodes et retraite les comptes.
Combien de fois l'EBE vaut une entreprise ?
Il n’existe pas de multiple unique. Une PME française se négocie généralement entre 3 et 7 fois son EBE, selon le secteur, sa taille, sa croissance et sa dépendance au dirigeant. Les petites entreprises artisanales ou de services se situent plutôt entre 3 et 5, les sociétés en croissance ou technologiques peuvent dépasser 7.
Quelle différence entre valeur d'entreprise et valeur des titres ?
La valeur d’entreprise correspond à la valeur de l’activité dans son ensemble, quel que soit son mode de financement. La valeur des titres, aussi appelée valeur des capitaux propres, correspond à ce qui revient aux associés. On passe de l’une à l’autre en retirant la dette financière nette, c’est-à-dire les emprunts diminués de la trésorerie. Une PME dont la valeur d’entreprise atteint 675 000 € et qui supporte 80 000 € de dette nette a ainsi des titres qui valent 595 000 €.
Peut-on valoriser son entreprise gratuitement ?
Une valorisation gratuite est possible pour obtenir une première estimation. Des simulateurs en ligne appliquent des multiples moyens à vos chiffres clés. Le résultat reste approximatif, car il ignore les retraitements, les actifs immatériels et les particularités du secteur. Pour une cession, une donation ou une levée de fonds, une évaluation réalisée par un professionnel reste nécessaire.
Combien coûte une valorisation d'entreprise ?
Le coût d’une valorisation d’entreprise varie de quelques milliers d’euros pour une petite entreprise à plusieurs dizaines de milliers d’euros pour une opération de grande taille. Il dépend du nombre de méthodes utilisées, de la qualité des documents fournis et du niveau de détail attendu dans le rapport. Un expert-comptable qui suit déjà la société facture souvent moins cher qu’un cabinet extérieur.
Faut-il une habilitation particulière pour valoriser une entreprise ?
Aucune habilitation particulière n’est exigée pour valoriser une entreprise non cotée, car l’évaluation ne relève pas d’une profession réglementée. Elle est le plus souvent confiée à un expert-comptable, à un évaluateur financier ou à une banque d’affaires. Certaines situations imposent toutefois un professionnel précis. L’évaluation d’un apport en nature revient au commissaire aux apports, choisi parmi les commissaires aux comptes ou les experts inscrits auprès des tribunaux. Pour une société cotée, certaines offres publiques exigent l’avis d’un expert indépendant, en application du règlement général de l’Autorité des marchés financiers (AMF), qui a remplacé la COB en 2003.
Comment valoriser une entreprise sans bénéfice ou une start-up ?
Une start-up qui ne dégage pas encore de bénéfice se valorise surtout sur ses perspectives. On utilise la méthode DCF à partir du business plan, la comparaison avec des levées de fonds récentes dans le même secteur et la méthode dite du capital-risque, qui part de la valeur de revente espérée. Les indicateurs d’usage, comme le nombre de clients ou le revenu récurrent mensuel, comptent beaucoup.
Quelle valeur retenir pour une donation de titres ?
Pour une donation de titres, la valeur à déclarer est la valeur vénale des titres au jour de la donation, c’est-à-dire le prix qu’un acheteur ordinaire paierait. L’administration fiscale contrôle cette valeur en s’appuyant sur son guide d’évaluation de juin 2026. Pour sécuriser le montant, une PME peut demander un rescrit-valeur. Sans réponse de l’administration dans un délai de 6 mois, la valeur proposée est réputée acceptée.
Qui tranche en cas de désaccord entre associés sur la valeur des parts ?
L’article 1843-4 du Code civil prévoit la désignation d’un expert, choisi d’un commun accord par les associés ou, à défaut, par le président du tribunal. L’expert fixe la valeur des parts en appliquant les règles prévues par les statuts ou par le pacte d’associés. Prévoir une formule de calcul dans ces documents évite les blocages au moment du départ d’un associé.
Combien de temps une valorisation reste-t-elle valable ?
Aucun texte ne fixe de durée de validité à une valorisation d’entreprise. Une valorisation reflète la situation de l’entreprise à une date précise. Elle doit être actualisée dès qu’un nouvel exercice est clôturé ou qu’un événement important modifie l’activité, comme la perte d’un gros client ou l’arrivée d’un concurrent. En pratique, une évaluation de plus de 12 mois est rarement acceptée telle quelle par un acquéreur.
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Bonjour, vous ne précisez pas s’il faut posséder une habilitation particulière pour réaliser une note de valorisation. Doit on par exemple prendre un cabinet agréé par la COB? Y’a t’il une différence dans l’habilitation du cabinet qui doit réaliser la note de valo, s’il s’agit d’une entreprise côté où une non côté? Une Junior Entreprise telle que celle d’HEC peut elle réaliser ce type d’analyse et est ce recevable? Merci en tous les cas pour la clarté de votre article sur ce sujet assez spécifique et technique.
Bonjour,
Votre situation est complexe et nécessite l’avis d’un professionnel.
Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat, qui saura vous renseigner.
En vous souhaitant une belle journée,
L’équipe LegalPlace.
Grand merci pour cet article très instructif.
Bonjour,
Nous vous remercions pour l’intérêt que vous portez à nos articles.
En vous souhaitant une belle journée,
L’équipe LegalPlace
Bonjour,
Merci pour votre commentaire, nous allons faire remonter l’information.
Passez une bonne journée,
L’équipe LegalPlace