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La reconnaissance de dette notariée est un acte écrit établi chez le notaire en vertu duquel le débiteur reconnaît, avec ou sans date de remboursement, devoir une somme d’argent au prêteur, appelé le créancier. La reconnaissance de dette notariée présente des intérêts spécifiques mais occasionne certains frais qu’il convient d’estimer.

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Qu’est-ce qu’une reconnaissance de dette notariée ?

Définition juridique et forme d’une reconnaissance de dette

La reconnaissance de dette est une acte, qui prend généralement la forme d’une lettre, permettant d’attester que le débiteur (l’emprunteur) doit une certaine somme d’argent au créancier (le prêteur). Dans la lettre de reconnaissance de dette, il est mentionné une date de remboursement, au terme de laquelle le débiteur devra honorer ses obligations envers le créancier.
La reconnaissance de dette est un acte indispensable en cas de prêt d’argent, même entre amis, car il permet de rapporter la preuve de l’engagement du débiteur à rembourser le créancier avant une certaine date.

Bon à savoir : Pour les prêts excédant 1500€, un acte écrit est obligatoire. Il peut s’agir indifféremment d’un contrat de prêt entre particuliers ou d’une reconnaissance de dette.

Conformément à l’article 1364 du Code Civil, la lettre de reconnaissance de dette doit être obligatoirement écrite pour constituer une preuve juridique. Elle peut prendre diverses formes :

  • la reconnaissance de dette entre particuliers : il s’agira alors d’un acte sous seing privé ;
  • la reconnaissance de dette notariée : le notaire étant un officier public, la lettre prendra alors la forme d’un acte authentique.

La reconnaissance de dette présente l’avantage indéniable de constituer une garantie pour le créancier. En effet, si le débiteur n’honore pas son engagement mentionné dans la reconnaissance de dette, l’acte pourra lui être opposable en cas de litige.

Les conditions de validité d’une reconnaissance de dette notariée

La lettre de reconnaissance de dette est écrite par le débiteur, c’est-à-dire celui qui doit une certaine somme d’argent à un tiers. L’acte doit comporter des mentions obligatoires pour être valable, et notamment pour constituer une preuve juridique en cas de conflit entre le débiteur et le créancier. Il s’agit :

  • de l’identité du débiteur (l’emprunteur) ;
  • de l’identité du créancier (le prêteur) ;
  • de la somme d’argent due ;

Attention ! Cette reconnaissance de dette est une mention obligatoire et doit être manuscrite, c’est-à-dire écrite de la main du débiteur. La somme d’argent doit être écrite en toutes lettres et en chiffres.

  • des modalités du prêt : espèces, virement bancaire ou chèque ;
  • de la date de remboursement convenue entre les parties ;
  • des modalités de remboursement : il peut s’agir d’un versement en une seule fois ou bien d’un échéancier. Dans ce cas, il convient de préciser le calendrier des mensualités prévues ;
  • du taux d’intérêt applicable, s’il en existe.

Attention ! Le taux d’intérêt ne peut en aucun cas dépasser le taux d’usure, c’est-à-dire le taux maximum qu’un prêteur peut exiger pour accorder un crédit.

  • de la date de signature et de la signature du débiteur.

Attention ! Cette mention de la reconnaissance de dette doit être manuscrite.

Bon à savoir : Idéalement, la reconnaissance de dette doit être rédigée en trois exemplaires : l’un pour l’emprunteur, l’un pour le prêteur et l’autre en cas d’obligation d’enregistrement auprès des impôts.

Les spécificités de la reconnaissance de dette notariée

Comme vu précédemment, la reconnaissance de dette peut être établie sous seing privé, c’est-à-dire entre particuliers, ou en faisant appel en notaire. Dans ce cas, la reconnaissance de dette prend la valeur d’un acte authentique.

Enregistrement de la reconnaissance de dette notariée auprès des impôts

Si la somme est supérieure à 760€, alors la reconnaissance de dette notariée doit faire l’objet d’un enregistrement auprès des impôts. Le débiteur devra en effet effectuer une déclaration de prêt en remplissant le formulaire Cerfa 2062.

Attention ! Si le montant de l’ensemble des sommes prêtées excède 760€, alors même que leur montant individuel est inférieur à ce seuil, chacune doit quand même fait l’objet d’une déclaration de prêt et être enregistrée auprès des impôts.

Dans le cas d’une reconnaissance de dette notariée, en principe, le notaire se charge automatiquement de l’enregistrement de l’acte auprès des impôts. La formalité d’enregistrement permet de sécuriser le cadre légal de la reconnaissance de dette. En effet, la date de l’enregistrement auprès des impôts permet de donner le point de départ du délai pendant lequel le créancier pourra réclamer les sommes dues.

Prescription de la reconnaissance de dette notariée

La reconnaissance de dette est reconnue comme un acte portant sur des actions personnelles. Depuis une réforme entrée en vigueur en 2008, le délai de prescription des actions personnelles est passé de 30 ans à 5 ans. Ainsi, désormais, une reconnaissance de dette, qu’elle soit notariée ou sous seing privé, a une valeur juridique pendant cinq ans.
La reconnaissance de dette sous seing privé, c’est-à-dire réalisée entre le débiteur et le créancier sans intermédiaire, est plus simple mais elle présente le risque de ne pas offrir une sécurité juridique optimale. C’est pourquoi, si vous souhaitez avoir recours à cette forme de lettre de reconnaissance de dette, il est conseillé d’utiliser un modèle conforme à la loi en vigueur.

Bon à savoir : Pour connaître les intérêts et les spécificités de la reconnaissance de dette entre particuliers, consultez notre article dédié.

Pourquoi choisir la reconnaissance notariée ?

 Il convient de noter que la reconnaissance de dette notariée présente des avantages considérables :

  • étant un officier public assermenté, le notaire qui se chargera de la rédaction de la reconnaissance de dette lui donnera la valeur d’acte authentique ;
  • du fait de son expérience en qualité de juriste, le notaire saura donner des conseils adéquats et personnalisés pour la rédaction d’une reconnaissance de dette conforme à la loi en vigueur. Il saura notamment insérer les mentions obligatoires afin que la reconnaissance de dette puisse constituer une preuve juridique devant les tribunaux de l’ordre judiciaire ;
  • il pourra attester l’authentification de la signature du débiteur. Si le débiteur souhaite contester cette signature, il devra ouvrir une action en procédure d’inscription de faux.

Attention ! La procédure d’inscription de faux n’est pas anodine. Le débiteur ne doit engager cette procédure qu’à condition d’être persuadé de la légitimité de sa demande. En effet, en cas d’échec, il devra payer une amende civile pour avoir mis en cause le crédit de l’autorité publique.

  • le notaire remet au créancier une copie dite exécutoire de la lettre de reconnaissance de dette signée par le débiteur. En cas de non remboursement de l’emprunteur à la date convenue, la reconnaissance de dette vaudra titre exécutoire, c’est-à-dire que le prêteur n’aura pas besoin d’ouvrir une action en justice pour récupérer son argent. Il lui suffira de faire appel à un commissaire de justice.
  • c’est le notaire qui sera en charge d’accomplir toutes les formalités administratives telles que l’enregistrement de la reconnaissance de dette auprès du service des impôts.

Reconnaissance de dette notariée : quel coût ?

Le notaire est un officier public mais également un professionnel libéral. C’est pourquoi, tandis que certaines de ses interventions sont soumises à des tarifs réglementés par la loi, d’autres sont entièrement libres (activités de conseil notamment).
C’est le décret n°78-262 du 8 mars 1978 qui a encadré les tarifs des notaires. Il a été ensuite modifié par l’arrêté du 29 février 2016.
En ce qui concerne la reconnaissance de dette notariée, les émoluments des notaires sont proportionnels et soumis au barème suivant :

Taux applicable
Entre 0 et 6 500€ 1,315 %
Entre 6 500 et 17 000€ 0,542 %
Entre 17 000 et 60 000€ 0,362 %
Au-delà de 60 000€ 0,271 %

Voir aussi : Le contrat de prêt à usageReconnaissance de dette à remplir

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L’ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

Dernière mise à jour le 05/04/2024

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Bonjour,
j’ai de la famille qui va me prêter 30 000 € qu’ils vont mettre dans la société que j’ai avec deux associés pour l’achat d’un terrain, une reconnaissance de dette va être effectué pour les remboursés avec un taux d’intérêt de 10 % que nous allons le déclarer aux impôts via le cerfa 2062. Est-ce que l’une ou l’autre partie va payer des impôts sur le prêt ou le remboursement ?
Et est-ce qu’au moment du remboursement de ce prêt avec les intérêts, ma famille devra remplir le Cerfa 2062 ? Et est-ce qu’ils payeront des impôts ?
Merci

Bonjour, Dans le cadre d’un prêt familial à une société, les intérêts versés constituent un revenu imposable pour les prêteurs, soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) au taux de 31,4 % ou au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Le remboursement du capital principal n’est en principe, quant à lui, pas imposable pour le prêteur ni pour l’emprunteur. Concernant les formalités déclaratives, le formulaire Cerfa 2062 doit être déposé par l’emprunteur lors de la conclusion du prêt ; le prêteur n’a pas à remplir ce formulaire lors du remboursement, mais il doit déclarer les intérêts perçus sur sa déclaration… Lire la suite »

mon mari m’a fait une reconnaissance de dettes de la moitie du prix de la maison que l’on a acheté cette reconnaissance est valable 3 ans qu’arrive t il si au bout de ces 3 ans il ne m’a pas remboursé

Bonjour, En principe, une reconnaissance de dette sous seing privé est soumise à un délai de prescription de 5 ans, conformément à l’article 2224 du Code civil, à compter du jour où le remboursement est exigible (sauf mention contraire). La mention de “validité 3 ans” n’a pas pour effet de réduire ce délai légal, sauf si un terme extinctif a été expressément prévu dans l’acte. Si votre mari ne vous a pas remboursée à l’issue de ce délai prévu dans la reconnaissance de dette, vous pouvez l’assigner en paiement avant l’expiration du délai de prescription applicable. En espérant que notre… Lire la suite »

Bonjour,
Nous avons acheté mon conjoint et moi, un bien immobilier en 2020. Le bien est aux 2 noms mais c’est moi-même qui ai réglé l’achat de cette maison. Une reconnaissance de dette a été établi entre nous 2. Est-il possible d’annuler cette reconnaissance de dette? Ou est-ce qu’il y a un délais de prescription ?? Étant toujours en couple, je ne desire pas lui réclamer. Pouvez vous m’éclairer afin qu’il n’y ait plus de reconnaissance de dette.
Cordialement.

Bonjour,

Il est en principe possible d’annuler une reconnaissance de dette par un écrit signé des deux parties constatant la renonciation à la créance.

En tant qu’acte sous seing privé, elle peut être éteinte par une remise volontaire de dette, qui doit être claire et non équivoque.

Il n’est pas nécessaire d’attendre un délai de prescription si l’on souhaite y renoncer immédiatement.

En l’absence de cette annulation expresse, la reconnaissance reste valable et se prescrit en principe par 5 ans.

En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.

L’équipe LegalPlace.

Bonjour,un emprunteur veut me rembourser 93500€, intérêts compris,par le CERFA 2062 des impôts.puis je lui faire confiance ?

Bonjour,

En principe, le formulaire Cerfa n°2062 permet uniquement de déclarer un prêt à l’administration fiscale, mais ne constitue pas une preuve de remboursement ni une garantie de paiement. Pour sécuriser la créance, il est préférable d’établir une reconnaissance de dette écrite ou un acte notarié. La déclaration fiscale n’engage pas, à elle seule, l’exécution du remboursement.

En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.

Bonjour
mon ex conjoint a un reconnaissance de dette envers moi d’un montant de 17 000€ , suis je imposable sur ce montant ? Cordialement

Bonjour,

En principe, une reconnaissance de dette ne constitue pas un revenu imposable au sens de l’article 12 du Code général des impôts. Vous n’êtes donc pas imposable sur le montant de 17 000 €, tant qu’il ne s’agit pas d’un don déguisé ou d’une libéralité. Le remboursement d’une somme prêtée ou avancée n’entre pas dans l’assiette de l’impôt sur le revenu.

En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée. L’équipe LegalPlace.

Bonjour
je suis en possession d’une reconnaissance de dette d’une valeur de 5.000 €. Je n’ai pas fait d’enregistrement auprès des impôts. Elle arrive à échéance le 30/07/2025. Je l’ai faite sous word avec les mentions nécessaires en bonne et due forme, et signée par les deux parties avec la copie du cheque remis pour le prêt. Puis-je déposer ce document auprès d’un notaire ou aurais je dû la faire réaliser par ce dernier ?

Bonjour, Il n’était pas obligatoire de passer par un notaire : la reconnaissance de dette sous seing privé est valable si elle comporte les mentions légales (somme en chiffres et lettres, date, signatures). L’enregistrement aux impôts n’est pas obligatoire pour sa validité, mais il est recommandé pour donner date certaine et éviter des contestations (article 635 du CGI). Il est encore possible de la faire enregistrer, même après le délai. Le dépôt chez un notaire n’est pas indispensable : il sert seulement à renforcer la force probante et donner force exécutoire. En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons… Lire la suite »

La copie exécutoire fait elle mention du remboursement lorsque celui-ci a été fait?

Bonjour,
La copie exécutoire d’un jugement ou d’une décision de justice est un document qui constate l’obligation de paiement ou d’exécution d’une décision. En principe, elle ne mentionne pas les remboursements déjà effectués, mais seulement le montant restant dû à la date de sa délivrance. Pour constater un remboursement intervenu après la décision, il convient de se référer aux justificatifs de paiement ou de faire mentionner cette régularisation dans un acte spécifique.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace

Bonjour,
Je vais prêter 15k€ à une amie sans intérêts, et nous souhaitons faire une reconnaissance de dette entre particuliers. Elle et moi devons déclarer aux impôts l’argent prêté et l’argent reçu. Mais fiscalement, est-ce que l’une d’entre nous devra payer des impôts supplémentaires sur cette somme ?
Merci beaucoup d’avance.

Bonjour,

Le prêt de 15 000 € sans intérêts doit simplement être déclaré aux impôts via le formulaire 2062, mais aucun impôt n’est dû ni pour soi ni pour un ami, tant qu’il ne s’agit pas d’un don déguisé.

Une reconnaissance de dette écrite est fortement conseillée.

En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.

L’équipe LegalPlace.

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Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L'ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris