Les indemnités de licenciement d’une femme de ménage
Dernière mise à jour le 01/04/2026
Au même titre que tout autre salarié, la femme de ménage titulaire d’un contrat de travail ou rémunérée par chèque emploi service universel (CESU) bénéficie de certains droits prévus par le Code du travail lorsque l’employeur particulier décide de la licencier.
Elle peut ainsi bénéficier de différents types d’indemnités selon sa situation :
- Indemnités de licenciement : leur calcul et les modalités de leur versement dépendent de si la femme de ménage est titulaire d’un CDI ou perçoit des CESU.
- Indemnités compensatrices de congés payés : ces indemnités sont versées lorsque, à la date de son licenciement, l’employé n’a pas bénéficié de l’ensemble des congés payés qui lui sont normalement dus.
- Indemnités compensatrices de préavis : dès lors que l’employeur dispense la femme de ménage de préavis, ces indemnités sont dues.
Quand verser les indemnités de licenciement ?
En cas de licenciement d’une femme de ménage ou en cas de départ à la retraite, elle perçoit dans la plupart des cas des indemnités de licenciement proportionnelles à son ancienneté.
Toutefois, les conditions de versement ainsi que le calcul du montant des indemnités diffèrent selon que l’employé est titulaire d’un contrat de travail ou si l’employeur a opté pour le régime du CESU.
Les conditions de versement des indemnités de licenciement
En présence d’un contrat de travail
Lorsque la femme de ménage et l’employeur particulier ont signé un CDI, le salarié licencié a droit à des indemnités de licenciement, quelle que soit son ancienneté.
Ainsi, elle ne peut être inférieure à ¼ de mois de salaire par année d’ancienneté, incluant donc, le cas échéant, les premiers mois d’activité dès lors que la femme de ménage n’a pas eu l’occasion de travailler pendant une année complète.
En présence du régime CESU
L’employeur particulier qui licencie une femme de ménage employée en CESU est tenu de verser des indemnités de licenciement dès lors que l’ancienneté de l’employé à domicile excède 8 mois.
Les modalités de calcul des indemnités de licenciement
En présence d’un contrat de travail de femme de ménage ou du régime CESU, les indemnités de licenciement qui lui sont allouées sont soumises aux mêmes règles de calcul :
- Ancienneté inférieure à 10 ans : ¼ de salaire moyen mensuel brut par année d’ancienneté
- Ancienneté supérieure à 10 ans : ¼ de salaire moyen mensuel brut par année d’ancienneté les 10 premières années de travail, puis ⅓ de salaire mensuel brut par année d‘ancienneté à compter de la 11e année de travail.
En cas d’année incomplète, les indemnités sont calculées proportionnellement au temps de travail effectif.
A titre d’exemple, si la femme de ménage perçoit un salaire mensuel de 1500€ bruts est congédiée après 6 ans et 3 mois, elle recevra des indemnités calculées comme suit :
[(1/4 x 1500) x 6] + [(1/4 x 1500) x (3/12)]
Qu’en est-il des indemnités compensatrices de congés payés ?
A son licenciement, la femme de ménage peut percevoir une indemnité dès lors qu’avant la rupture de son contrat, elle n’a pas eu l’opportunité de bénéficier de l’intégralité des congés payés auxquels elle avait droit.
L’allocation de ces indemnités dépend toutefois de si la femme de ménage est titulaire d’un contrat de travail ou si elle est rémunérée en CESU.
En présence d’un contrat de travail
Lorsque l’employeur particulier et la femme de ménage mettent fin au contrat de travail qu’ils ont conclu, le calcul des indemnités compensatrices de congés payés prend en compte :
- Le salaire de base
- La majoration de salaire (heures supplémentaires…)
- Les indemnités dues au titre des périodes assimilées à du travail effectif (congé maternité…)
- Les indemnités de congés payés de l’année précédente
- La prime d’ancienneté
- La prime d’assiduité
- Les avantages en nature
2 modes de calcul des indemnités compensatrices de congés payés sont disponibles, la plus favorable au salarié licencié devant être choisie :
- Méthode du 10e : l’indemnité correspond à 1/10 de la rémunération brute totale perçue par la femme de ménage au cours d’une période de référence, qui se définit comme l’intervalle de temps au cours duquel le salarié est censé avoir accompli un minimum de travail.
- Méthode du maintien de salaire : l’indemnité correspond au montant qu’aurait dû percevoir la femme de ménage en l’absence de rupture de la relation de travail.
En cas de rémunération par CESU
L’employeur particulier qui rémunère sa femme de ménage par CESU dispose de 2 manières différentes de rémunérer les congés payés de son salarié, qui influe sur le mode de calcul des indemnités compensatrices de congés payés en cas de licenciement :
- Méthode des 10% : lorsque la femme de ménage travaille moins de 32h par mois, l’employeur particulier doit impérativement ajouter chaque mois 10% de son salaire mensuel brut à sa rémunération, et ne pas la rémunérer lorsqu’elle prend ses congés.
- Méthode du maintien du salaire : lorsque l’employé à domicile travaille plus de 32h par mois, ou dans le cas contraire, lorsqu’il donne son accord, l’employeur particulier lui verse son salaire dans les conditions normales alors même qu’il ne travaille pas.
Chaque méthode emporte des conséquences différentes en cas de licenciement afin de procéder au versement des indemnités compensatrices de congés payés, notamment quant à leur calcul :
- En cas d’application de la méthode des 10% : l’employeur particulier n’est tenu de verser aucune indemnité au titre des congés payés, sauf si la femme de ménage n’a pas utilisé de congés pour enfant malade, qui sont alors versés au prorata du nombre d’enfants à charge et des jours de congés non acquis.
- En cas d’application de la méthode du maintien du salaire : l’employeur est tenu de verser à la femme de ménage des indemnités de congés payés, qui correspondent au montant du salaire qui aurait dû être versé pour chaque jour de congé non acquis.
Quand verser des indemnités compensatrices de préavis ?
En principe, la femme de ménage licenciée doit respecter une période de préavis avant son départ, dont la durée est proportionnelle à son ancienneté.
Toutefois, lorsque l’employeur particulier accorde de sa propre initiative une dispense de préavis à son salarié, il sera tenu de lui verser une indemnité compensatrice de préavis dont le montant correspond à l’intégralité de la rémunération que la femme de ménage aurait perçu si elle avait continué à travailler au cours de cette période.
Bon à savoir : l’indemnité compensatrice de préavis est allouée dans des cas limités :
- Dispense de préavis décidée par l’employeur
- Démission du salarié
- Licenciement pour inaptitude d’origine professionnelle
Le respect de la procédure de licenciement
Afin de licencier un salarié employé à domicile en CESU ou titulaire d’un contrat de travail, il est essentiel que l’employeur particulier respecte une procédure précise :
- Détermination du motif du licenciement : la femme de ménage ne peut percevoir d’indemnités qu’en cas de licenciement pour cause réelle et sérieuse, ou en cas de son inaptitude à exercer ses fonctions du fait de son état de santé, sans qu’il ne soit possible de la reclasser dans un emploi différent. L’employeur doit donc apporter la preuve d’un comportement constaté pendant le temps de travail de la femme de ménage qui, à son sens, justifie le licenciement, ou démontrer qu’elle ne peut exercer correctement son travail du fait de son état de santé.
- Organisation d’un entretien préalable au licenciement : l’employeur particulier convoque le salarié par lettre recommandée avec accusé de réception à un entretien préalable, afin de lui donner l’opportunité d’apporter des justifications aux remarques émises à son encontre.
- Prise de décision : l’employeur communique sa décision à la femme de ménage par lettre recommandée avec accusé de réception dans un délai d’1 jour franc suite à l’entretien préalable.
Lire aussi : La majoration des indemnités de licenciement pour les personnes de plus de 50 ansModèle lettre de licenciement
Dernière mise à jour le 01/04/2026
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Bonjour
j’ai employé une femme de ménage sans contrat mais déclaré par le cesu 4mois 1semaine sur 2 en 2024. Elle est partie 18mois pour congés maternité + congés parentales. Elle me demande aujourd’hui en 2026 de la licencier.
quelles indemnités dois je lui verser?
Bonjour,
Votre situation est complexe et nécessite l’avis d’un professionnel.
Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat spécialisé, qui saura vous renseigner.
En vous souhaitant une belle journée,
L’équipe LegalPlace.
Bonjour,
ma mère a employé une femme de ménage pendant plusieurs années.
En juin 2022 elle est rentrée en Ehpad.
La femme de ménage est passée une ou deux fois la voir à l’Ehpad au tout début.
Elle n’est jamais repassée dans le logement de ma mère dont elle possédait la clé (je le sais j’habite dans cette maison).
Le jour du décés de ma mère elle a appelé.
Une semaine après elle nous réclame 3 ans de salaires.
Que dois-je faire?
Cordialement
Thierry
Bonjour,
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bonjour, nous employons une femme de ménage 4h/semaine déclarée au CESU depuis 2019. nous avions aussi une garde a domicile pour notre fille mais qui rentre a l’école. nous allons donc la licencier. pas de problème la dessus. je voudrais aussi licencier ma femme de ménage pour prendre quelqu’un qui me ferait le ménage et la garde périscolaire de mes enfants ( ma garde a domicile ne veut pas continuer car trop petit contrat et je ne veux, pas proposer à ma femme de ménage car ce ne sont pas dans ses compétences que de garder des enfants) puis je… Lire la suite »
Bonjour,
Le licenciement du salarié doit reposer sur un motif réel et sérieux. Le motif peut reposer sur un changement dans votre situation personnelle, il est nécessaire dans ce cas d’apporter des précisions sur la situation. Par ailleurs, vous devrez suivre la procédure de licenciement : convocation du salarié à un entretien préalable, déroulement de l’entretien, notification du préavis, respect du préavis, remise des documents de fin de contrat. En cas de doute, nous vous invitons à prendre contact avec un avocat qui saura vous renseigner sur la procédure à suivre.
En vous souhaitant une agréable journée.
L’équipe LegalPlace
Bonjour,
En effet, si vous estimez que le licenciement n’est pas justifié, vous avez la possibilité de contester la décision de votre employeur en saisissant le conseil de prud’hommes. Dans votre situation, nous vous invitons à prendre contact avec un avocat qui saura vous renseigner sur la procédure à suivre.
En vous souhaitant une agréable journée,
L’équipe LegalPlace
Bonjour,
Ma mère retraitée emploie une femme de ménage depuis novembre 2023. Mais elle se rend compte que les tarifs sont trop élevés et qu’elle ne peut pas continuer avec elle.
Quelles sont les démarches pour enclencher un licenciement et doit elle payer des indemnités ?
Bonjour,
Pour licencier l’employée, vous devez respecter la procédure de licenciement : convocation de l’employée à un entretien préalable, tenue de l’entretien préalable, rédaction et envoi de la lettre de licenciement dans les délais, remise des documents de fin de contrat. L’indemnité de licenciement est due pour les salariés ayant au moins 8 mois d’ancienneté chez le particulier employeur. Par ailleurs, en cas de congés payés non pris, l’employeur doit verser une indemnité compensatrice de congés payés.
En vous souhaitant une agréable journée,
L’équipe LegalPlace
Bonjour
Notre employée de maison est actuellement en arrêt maladie, depuis le mois de mars 2022. Elle ne semble pas en mesure de retravailler les prochains mois, or nous allons déménager au mois de janvier 2023 et elle ne souhaite pas venir travailler dans notre nouveau logement, situé en périphérie de la ville car trop éloigné de chez elle. Je pense que nous devons la licencier, mais cela ne pose-t-il pas un problème du fait de son arrêt maladie?
Comment procéder: pouvons-nous organiser un entretien préalable alors qu’elle est en arrêt?
Cordialement
Bonjour, Le code du travail français prévoit qu’il est discriminatoire de licencier un salarié en raison de son état de santé (article L1132-1 du code du travail). Un critère est jugé discriminatoire s’il fait partie de la liste des 25 critères reconnus comme tels : le sexe, l’état de santé, ou la religion… Toutefois, le licenciement d’un salarié pendant un arrêt maladie est possible dans certaines hypothèses comme dans le cas d’une perturbation de l’entreprise ou une faute du salarié. Les règles sont différentes pour un salarié ayant des fonctions représentatives dans l’entreprise. A titre dérogatoire, si l’état de santé… Lire la suite »
Bonjour, j’emploi actuellement une personne en CESU pour le ménage. Initialement employée par ma mère, c’est moi qui ai repris la gestion de cet emploi (virements et déclarations urssaf). Lorsque ma maman a du entrer en EHPAD j’ai maintenu l’emploi pour la gestion du linge et visites de compagnie. Après le décès de ma maman, j’ai maintenu l’emploi de cette personne pour l’entretenir de la maison. Je suis maintenant installée à la retraite dans cette même maison et continue d’employer la même personne. Cette personne me dit qu’il aurait fallu faire une rupture de contrat suite au décès et lui… Lire la suite »
Bonjour,
Votre situation est complexe et nécessite l’avis d’un professionnel.
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bonjour je m’occupe d’une tante âgée de 83 ans veuve sans enfant qui vient de partir en ehpad. Elle employait depuis 8 ans une aide à domicile en Cesu . Du fait de son départ en maison de retraite une procédure de licenciement est mis en route . J’ai un problème pour le calcul de son indemnité de licenciement : en effet les heures de présence par mois de cette personne ont évolué en augmentant tout au long de ces 8ans ,commençant par 9 h par mois jusqu’a 35 heures les derniers temps . Les simulateurs ne prennent en compte… Lire la suite »
Bonjour,
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