La procédure de licenciement d’un salarié : étapes et règles à respecter en 2026
Dernière mise à jour le 25/06/2026
- Qu’est-ce que la procédure de licenciement ?
- Quels sont les motifs de licenciement ?
- Quelles sont les étapes de la procédure de licenciement ?
- Quelles indemnités verser lors d’un licenciement ?
- Le salarié peut-il contester son licenciement ?
- Comment se déroule le licenciement d’un salarié protégé ?
- Pourquoi se faire accompagner pour un licenciement ?
- FAQ
- La procédure de licenciement comporte 5 étapes obligatoires : convocation, entretien préalable, notification, préavis et fin du contrat.
- Tout licenciement doit reposer sur une cause réelle et sérieuse, sinon l’employeur s’expose à verser des indemnités au salarié.
- Les délais sont stricts en matière de licenciement : 5 jours ouvrables minimum avant l’entretien, 2 jours ouvrables minimum avant l’envoi de la lettre.
- Un salarié dispose de 12 mois pour contester son licenciement devant le conseil de prud’hommes.
Licencier un salarié ne se résume pas à lui annoncer la fin de son contrat. L’employeur doit suivre une procédure précise, fixée par le Code du travail, qui varie selon le motif invoqué et la situation du salarié. Une erreur de forme ou de délai peut transformer un licenciement justifié en licenciement irrégulier, avec des indemnités à la clé. Voici comment se déroule la procédure de licenciement, étape par étape, et les points de vigilance pour la sécuriser.
Qu’est-ce que la procédure de licenciement ?
La procédure de licenciement est l’ensemble des démarches que l’employeur doit accomplir pour rompre le contrat de travail d’un salarié. Seul l’employeur peut l’engager, jamais le salarié.
Tout licenciement doit s’appuyer sur une cause réelle et sérieuse, c’est-à-dire un motif objectif, vérifiable et suffisamment grave pour justifier la rupture. Les articles L1232-1 et suivants du Code du travail encadrent cette exigence pour le motif personnel. De simples soupçons ou un désaccord passager ne suffisent pas.
Quels sont les motifs de licenciement ?
Un licenciement repose toujours sur un motif, qui détermine la procédure à suivre et les indemnités dues. On distingue deux grandes familles : le motif personnel, lié au salarié lui-même, et le motif économique, lié à la situation de l’entreprise.
Le licenciement pour motif personnel disciplinaire
Le licenciement disciplinaire sanctionne une faute commise par le salarié. La gravité de cette faute change les conséquences pour lui, notamment sur les indemnités.
On distingue trois degrés de faute :
- La faute simple justifie la rupture mais reste modérée. Le salarié effectue son préavis et perçoit son indemnité de licenciement ;
- La faute grave rend impossible le maintien du salarié dans l’entreprise. Elle prive le salarié de son préavis et de son indemnité de licenciement ;
- La faute lourde suppose une intention de nuire à l’employeur, par exemple une dégradation volontaire de matériel ou un détournement de clientèle. Elle entraîne les mêmes conséquences que la faute grave.
Le licenciement pour motif personnel non disciplinaire
Le licenciement pour motif personnel non disciplinaire ne sanctionne aucune faute. Il repose sur une situation propre au salarié qui empêche la poursuite normale du contrat.
Les cas les plus fréquents sont l’insuffisance professionnelle, le refus d’une modification du contrat de travail, ou encore l’inaptitude physique constatée par le médecin du travail. Dans ce dernier cas, l’employeur doit d’abord chercher à reclasser le salarié avant d’envisager la rupture.
La maladie elle-même n’est jamais un motif valable. En revanche, des absences répétées qui désorganisent l’entreprise et imposent un remplacement définitif peuvent justifier un licenciement pendant un arrêt maladie, à condition que ces absences ne résultent pas d’un manquement de l’employeur à son obligation de sécurité.
Le licenciement pour motif économique
Le licenciement économique n’est pas lié à la personne du salarié. Il découle de difficultés économiques, de mutations technologiques, d’une réorganisation nécessaire ou de la cessation d’activité de l’entreprise. Il se traduit le plus souvent par une suppression ou une transformation de poste.
L’employeur doit alors fixer l’ordre des licenciements selon des critères non discriminatoires comme l’ancienneté, les charges de famille ou l’âge. La procédure varie ensuite selon la taille de l’entreprise et le nombre de salariés concernés.
Quelles sont les étapes de la procédure de licenciement ?
La procédure de licenciement pour motif personnel se déroule en cinq étapes successives, chacune encadrée par des délais légaux :
- La convocation du salarié à un entretien préalable ;
- L’entretien préalable ;
- La notification du licenciement par lettre recommandée ;
- Le préavis ;
- La fin du contrat de travail et la remise des documents.
Étape 1 : la convocation à l’entretien préalable
L’employeur convoque le salarié à un entretien préalable au licenciement, par lettre recommandée avec accusé de réception ou par lettre remise en main propre contre décharge.
La lettre de convocation doit obligatoirement préciser :
- L’objet de l’entretien, c’est-à-dire le projet de licenciement ;
- La date, l’heure et le lieu de l’entretien ;
- La possibilité pour le salarié de se faire assister par un collègue ou par un conseiller du salarié extérieur à l’entreprise.
Étape 2 : l’entretien préalable
L’entretien préalable ne peut pas se tenir moins de 5 jours ouvrables après la présentation de la lettre de convocation. Ce délai est posé par l’article L1232-2 du Code du travail. Le jour de présentation de la lettre ne compte pas, et si le délai expire un samedi, un dimanche ou un jour férié, il est reporté au jour ouvrable suivant.
Par exemple, si le salarié reçoit sa convocation un jeudi, l’entretien ne pourra se tenir qu’à partir du vendredi de la semaine suivante, le dimanche n’étant pas un jour ouvrable.
Pendant l’entretien préalable, l’employeur expose les motifs de sa décision de procéder au licenciement et recueille les explications du salarié. Ce moment reste un échange. Le salarié peut se défendre, et l’employeur peut décider de renoncer au licenciement à l’issue de la discussion.
Étape 3 : la notification du licenciement
La notification du licenciement intervient après l’entretien, par lettre recommandée avec accusé de réception. Cette lettre ne peut pas être envoyée moins de 2 jours ouvrables après l’entretien. Pour un licenciement disciplinaire, elle doit partir dans le mois suivant l’entretien au plus tard, sinon le licenciement perd sa cause réelle et sérieuse.
La lettre de notification du licenciement doit exposer précisément chaque motif du licenciement. Ces motifs fixent les limites du litige en cas de contestation, d’où l’importance de les rédiger avec soin.
Étape 4 : le préavis
Le préavis est la période de travail que le salarié effectue après la notification de son licenciement, avant la rupture effective du contrat. Sa durée dépend de l’ancienneté du salarié dans l’entreprise.
| Ancienneté du salarié | Durée du préavis |
|---|---|
| Moins de 6 mois | Fixée par la convention collective ou les usages |
| Entre 6 mois et 2 ans | 1 mois |
| Plus de 2 ans | 2 mois |
Le préavis ne s’applique pas dans certains cas, notamment lorsque l’employeur en dispense le salarié, en cas de faute grave ou lourde, ou de licenciement pour inaptitude. Les délais à respecter dans le cadre d’un licenciement varient donc selon la situation.
Étape 5 : la fin du contrat et les documents à remettre
À la fin du contrat, le salarié perçoit son dernier salaire ainsi que les sommes auxquelles il a droit : indemnité de licenciement, indemnité compensatrice de préavis et de congés payés, et le cas échéant la contrepartie d’une clause de non-concurrence.
L’employeur lui remet également plusieurs documents obligatoires :
- Un certificat de travail ;
- Une attestation France Travail (ex-Pôle emploi) ;
- Un solde de tout compte ;
- Le récapitulatif des dispositifs d’épargne salariale, s’il en existe dans l’entreprise.
Quelles indemnités verser lors d’un licenciement ?
L’indemnité légale de licenciement
L’indemnité légale de licenciement est due à tout salarié en CDI licencié pour un motif personnel non fautif ou économique, dès lors qu’il compte au moins 8 mois d’ancienneté. La faute grave et la faute lourde en privent le salarié.
Son montant suit la formule fixée par l’article R1234-2 du Code du travail, à savoir : un quart de mois de salaire par année d’ancienneté pour les dix premières années, puis un tiers de mois par année au-delà. Le salaire de référence retenu est le plus favorable au salarié entre la moyenne de ses 12 derniers mois et celle de ses 3 derniers mois.
Combien coûte un licenciement à l’employeur ?
Le coût d’un licenciement dépend du motif, de l’ancienneté et du salaire du salarié. Au-delà de l’indemnité légale, l’employeur doit anticiper plusieurs postes de dépense :
- L’indemnité compensatrice de préavis si le salarié est dispensé de l’effectuer ;
- L’indemnité compensatrice de congés payés ;
- La contrepartie financière d’une éventuelle clause de non-concurrence ;
- Le risque d’indemnités supplémentaires si la procédure est contestée et jugée irrégulière.
Une convention collective peut prévoir une indemnité plus élevée que le minimum légal. Il faut donc toujours la vérifier avant de chiffrer le coût total d’un licenciement.
Le salarié peut-il contester son licenciement ?
Un salarié qui estime son licenciement injustifié peut le contester devant le conseil de prud’hommes. Il dispose pour cela d’un délai de 12 mois, prévu par l’article L1471-1 du Code du travail. Ce délai court à compter de la réception de la lettre de notification.
La contestation du licenciement commence par une phase de conciliation. Employeur et salarié tentent de s’accorder sur une indemnité forfaitaire, calculée selon l’ancienneté et comprise entre 2 et 24 mois de salaire. Sans accord, l’affaire est jugée.
Si le licenciement est reconnu sans cause réelle et sérieuse, l’employeur verse une indemnité encadrée par le barème des indemnités en cas de licenciement abusif, dit barème Macron. Ce barème fixe un minimum et un maximum en mois de salaire selon l’ancienneté du salarié et la taille de l’entreprise.
Comment se déroule le licenciement d’un salarié protégé ?
Certains salariés bénéficient d’une protection renforcée contre le licenciement en raison de leur mandat. Il s’agit notamment des délégués syndicaux, des membres élus du comité social et économique et des représentants de proximité. La liste figure à l’article L2411-1 du Code du travail.
Pour ces salariés protégés, la procédure classique de convocation et d’entretien s’applique, mais deux étapes supplémentaires s’ajoutent.
L’employeur doit d’abord consulter le comité social et économique, qui recueille les explications du salarié et rend un avis. Si le salarié a fait l’objet d’une mise à pied conservatoire, cette consultation intervient dans les 10 jours.
L’employeur doit ensuite obtenir l’autorisation de l’inspecteur du travail. La demande est envoyée par lettre recommandée dans les 15 jours suivant l’avis du CSE. L’inspecteur vérifie le bien-fondé du motif de licenciement et la régularité de la procédure, puis rend sa décision dans un délai de 2 mois. Sans cette autorisation, le licenciement d’un salarié protégé est nul.
Pourquoi se faire accompagner pour un licenciement ?
La procédure de licenciement laisse peu de place à l’erreur. Un délai mal calculé, une lettre imprécise ou un motif mal formulé peuvent suffire à fragiliser la rupture et à exposer l’employeur à des indemnités.
La procédure de licenciement suit cinq étapes obligatoires : la convocation à l’entretien préalable, l’entretien lui-même, la notification par lettre recommandée, le préavis puis la fin du contrat. Chaque étape obéit à des délais stricts, et tout licenciement doit reposer sur une cause réelle et sérieuse. À défaut, le salarié dispose de 12 mois pour saisir les prud’hommes et l’employeur risque des indemnités fixées par le barème Macron. Bien préparer chaque document et respecter les délais reste le meilleur moyen de sécuriser la rupture.
FAQ
Quelles sont les 5 étapes d'un licenciement ?
Quel délai respecter entre la convocation et l'entretien préalable ?
Quel délai entre l'entretien et la lettre de licenciement ?
Peut-on licencier une salariée enceinte ?
Peut-on être licencié pour cause de dépression ?
Quel est le type de licenciement le plus avantageux pour le salarié ?
Que risque l'employeur en cas de procédure irrégulière ?
Combien coûte un licenciement pour l'employeur ?
Dernière mise à jour le 25/06/2026
Connexion
J’emploie une assistante de vie pour ma maman depuis quatre mois. Ma maman de 95 ans a fait une chute avec fracture elle se trouve en centre de soins pour minimum 6 mois (9 mois pour la chute précédente il y a deux ans) il est certain que cette dernière ne rentrera pas chez elle et qu’elle sera dirigée vers une structure médicalisée. Je dois donc licencier cette assistante de vie ! Quel est le motif du licenciement ? D’autant que cette personne jusqu’alors charmante me menace si je ne suis pas la voie légale…merci par avance pour votre aide.… Lire la suite »
Bonjour, Pour un particulier employeur, tout licenciement doit en principe reposer sur un motif réel et sérieux et respecter une procédure précise : convocation à un entretien préalable, entretien, puis notification par lettre recommandée avec accusé de réception. Lorsque l’emploi ne peut plus se poursuivre en raison de circonstances tenant à la personne aidée, comme une hospitalisation durable ou une entrée définitive en structure médicalisée, cette situation est généralement analysée comme un motif tenant à la personne du salarié rendant la poursuite du contrat impossible, et non comme un motif économique. Le salarié conserve alors ses droits : préavis, indemnité… Lire la suite »
S’agissant du licenciement d’une assistante maternelle, désigné par l’expression droit de retrait, l’entretien préalable n’est pas requis selon le site Service Public ou l’arrêt de la Cour de Cassation du 16 juin 1998, N°3050P, Mme F. H. contre Mme M;V.
Bonjour,
En droit positif, la cessation de l’accueil d’un enfant par un particulier employeur, souvent qualifiée de « retrait de l’enfant », ne constitue pas en principe un licenciement au sens du droit commun. Conformément à l’article L.423-24 du Code de l’action sociale et des familles, cette rupture obéit à un régime spécifique.
Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat spécialisé en droit du travail afin d’obtenir une analyse adaptée à votre situation personnelle.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.