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A propos des contrats de travail
- Un contrat de travail est valide dès lors que trois critères sont réunis : une prestation de travail, une rémunération et un lien de subordination (jurisprudence Cass. soc., chambre sociale).
- Le CDI est la forme de droit commun. Un CDI peut être verbal à temps plein ; le CDD, le temps partiel et l’apprentissage nécessitent obligatoirement un écrit (art. L1221-1 C.trav.)
- Un CDD ne peut être renouvelé que 2 fois (pour une durée totale de 18 mois maximum) et ouvre droit à une prime de précarité de 10 % du salaire brut en fin de contrat (art. L1243-8 C.trav.)
- La période d’essai CDI dure 2 mois (ouvriers/employés), 3 mois (techniciens/AM) ou 4 mois (cadres) et est renouvelable une fois si la convention collective le prévoit (art. L1221-19 C.trav.)
- La DPAE (Déclaration Préalable à l’Embauche) doit être effectuée auprès de l’URSSAF au plus tard le dernier jour ouvrable avant la prise de poste, son absence est une infraction de travail dissimulé.
Le contrat de travail est le socle de toute relation entre un employeur et un salarié. Bien rédigé, il sécurise les deux parties, définit les droits et obligations de chacun, et prévient les litiges. Mal rédigé, un contrat de travail expose l’employeur à des risques de requalification, de nullité de clauses, voire de condamnation aux prud’hommes.
Qu’est-ce qu’un contrat de travail ?
Définition du contrat de travail : les 3 critères cumulatifs
Un contrat de travail est un accord par lequel une personne physique (le salarié) s’engage à effectuer un travail pour le compte d’un employeur, sous sa direction, en échange d’une rémunération.
Trois critères cumulatifs doivent impérativement être réunis pour que la qualification de contrat de travail s’applique : la réalisation d’une prestation de travail, l’octroi d’une rémunération, et l’existence d’un lien de subordination juridique (jurisprudence constante de la Chambre sociale de la Cour de cassation).
Le lien de subordination est le critère déterminant. Le lien de subordination est caractérisé par l’exécution d’un travail sous l’autorité d’un employeur qui a le pouvoir de donner des ordres et des directives, d’en contrôler l’exécution et d’en sanctionner les manquements. C’est le critère de la subordination à un employeur qui distingue le salarié du travailleur indépendant ou du prestataire de services.
Contrat de travail vs contrat de prestation de services
Le contrat de prestation de services (ou contrat de mission) unit deux professionnels indépendants et n’implique pas de lien de subordination.
Le prestataire fixe ses méthodes de travail, gère son temps, utilise ses propres outils et supporte son propre risque économique. À l’inverse, si un donneur d’ordre intègre le prestataire dans son organisation (horaires imposés, matériel fourni, directives quotidiennes, exclusivité), les tribunaux peuvent requalifier la relation en contrat de travail.
Toute requalification en contrat de travail expose l’employeur à un rappel de salaires et cotisations sociales, majorés de pénalités.
La présomption de contrat de travail
En l’absence d’écrit, la relation de travail entre un employeur et une personne physique est légalement présumée être un CDI à temps plein . Cette présomption par laquelle le contrat est un CDI en l’absence d’écrit est simple : l’employeur peut la renverser en prouvant l’existence d’un autre type de contrat, mais c’est à lui de le démontrer. En pratique donc, l’absence de contrat écrit fragilise systématiquement la position de l’employeur en cas de litige.
Quels sont les différents types de contrats de travail ?
Le CDI : contrat de droit commun
Le contrat à durée indéterminée (CDI) est la forme normale de la relation de travail (art. L1221-2 C.trav.). Il n’a pas de terme fixé. Seule une rupture du contrat de travail comme une démission, un licenciement, une rupture conventionnelle ou un départ à la retraite y met fin. Le CDI à temps plein peut être conclu verbalement, même si la rédaction d’un écrit est fortement recommandée pour des raisons probatoires.
Depuis le décret n°2023-1004 du 30 octobre 2023 (transposant la directive UE 2019/1152), l’employeur doit remettre au salarié, dans les 7 jours suivant l’embauche, un document écrit reprenant les informations essentielles : durée du travail, lieu, rémunération, congés, préavis, convention collective applicable (art. L1221-5-1 C.trav.). Cette obligation s’applique même lorsque le CDI n’est pas formalisé par un contrat écrit.
Le CDD : règles strictes et durée limitée
Le contrat à durée déterminée (CDD) est autorisé uniquement dans des cas strictement définis par le Code du travail (art. L1242-2 C.trav.) :
- Remplacement d’un salarié absent ;
- Accroissement temporaire d’activité ;
- Emploi saisonnier ;
- Contrat d’usage dans certains secteurs.
En dehors de ces cas, le recours au CDD est illégal et expose l’employeur à une requalification en CDI.
Le CDD est régit par des règles assez strictes. La durée maximale d’un CDD est de 18 mois (renouvellements compris), avec 2 renouvellements au maximum, et un délai de carence entre deux CDD sur le même poste (correspondant au tiers de la durée du contrat initial pour les CDD de 14 jours et plus). Au terme du CDD, le salarié perçoit une prime de précarité égale à 10 % du salaire brut total, sauf exceptions (apprentissage, contrats saisonniers, jeunes en vacances scolaires, proposition de CDI dans la même entreprise).
Le contrat à temps partiel : durée minimale et dérogations
Un contrat de travail à temps partiel est tout contrat prévoyant une durée de travail inférieure à la durée légale de 35 heures hebdomadaires (art. L3121-27 C.trav.). Le contrat de travail à temps partiel doit obligatoirement être établi par écrit et préciser la durée hebdomadaire ou mensuelle, la répartition des horaires et les conditions de modification.
La durée minimale de travail pour un contrat à temps partiel se détermine selon un principe à trois niveaux :
- Le seuil supplétif légal est de 24 heures par semaine ;
- Une convention ou un accord de branche étendu peut fixer un seuil différent, potentiellement inférieur ;
- Des dérogations individuelles permettent de descendre sous ce seuil à la demande du salarié pour contraintes personnelles, pour les moins de 26 ans en études, pour les CDD de moins de 7 jours ou en cas de remplacement d’un absent.
Les contrats de travail spéciaux
Le Code du travail prévoit plusieurs autres contrats spécifiques :
- Le contrat d’apprentissage qui correspond à une formation en alternance, d’une durée de 6 mois à 3 ans, dès 15 ans révolus ;
- Le contrat de professionnalisation vise un public adulte en insertion ou reconversion ;
- Le contrat d’intérim mis en place par une tierce entreprise de travail temporaire (ETT), dans les mêmes cas de recours que le CDD ;
- Le portage salarial qui est une activité indépendante avec statut salarié, conditionnée à l’obtention d’un chiffre d’affaires minimum.
Tableau comparatif des types de contrats de travail
Voici un tableau récapitulatif des différents contrats de travail et de leurs principales caractéristiques (durée, cas d’usage, octroi ou non de la prime de précarité, etc.).
| Type | Durée | Cas d’usage | Prime précarité | À retenir |
| CDI | Illimitée | Contrat de droit commun
Concerne toute activité |
Non | Seule la rupture met fin au contrat |
| CDD | 18 mois max | Remplacement, accroissement activité, saisonnalité | Oui (10 %) | 2 renouvellements max |
| Temps partiel | Variable | < 35h/semaine
Tout type d’activité |
Non | Durée minimale de 24h/semaine (sauf dérogations) |
| Apprentissage | 6 mois à 3 ans | Formation en alternance, vise les 15-29 ans | Non | Suivi CFA obligatoire |
| Intérim | 18 mois max | Via ETT — même cas que CDD | Oui (10 %) | 3 parties : salarié, ETT, entreprise utilisatrice |
| Portage salarial | Variable | Activité indépendante avec statut salarié | Non | Obligation CA minimum portage |
Quelles sont les parties au contrat de travail ?
L’employeur : personne physique ou morale
L’employeur peut être une personne physique (artisan, commerçant, professionnel libéral) ou une personne morale (société, association, collectivité). Dans les sociétés, le pouvoir de signer un contrat de travail appartient au représentant légal (gérant, directeur général, président) ou à toute personne disposant d’une délégation de pouvoirs valide.
Le salarié : capacité juridique et restrictions pour les mineurs
Pour signer un contrat de travail, le salarié doit disposer de la capacité juridique.
Le droit du travail interdit l’emploi des moins de 16 ans (ce qui correspond à la fin de l’obligation scolaire). L’âge minimum pour travailler n’est donc pas fixée à 18 ans (majorité civile), des dérogations encadrées existent, telles que :
- L’autorisation de signer un contrat d’apprentissage dès 15 ans révolus ;
- La réalisation de travaux légers dès 14 ans pendant les vacances scolaires ;
- Mise en scène de spectacle avec autorisation préfectorale.
Les jeunes de 16 à 17 ans peuvent signer un contrat de travail avec l’autorisation d’un représentant légal (parent ou tuteur). Les majeurs sous tutelle peuvent également être salariés, mais le contrat de travail est soumis à l’autorisation du tuteur ou à l’accord du juge des tutelles selon les cas.
Le contrat de travail signé par procuration ou délégation
Un contrat de travail peut être signé par un mandataire si la procuration est valide. En cas de doute sur le pouvoir du signataire, le salarié peut invoquer la théorie du mandat apparent : si l’employeur a laissé croire à l’existence d’un pouvoir (signature de bulletins de paie, direction effective du salarié), le contrat est valide et opposable à la société.
Quelles sont les obligations de l’employeur et du salarié ?
Obligations de l’employeur
L’employeur a plusieurs obligations fondamentales à l’égard de son salarié :
- Fournir le travail convenu et les moyens nécessaires à son exécution ;
- Verser la rémunération aux échéances prévues (au minimum une fois par mois) ;
- Respecter les durées légales de travail (35h hebdomadaires, 10h journalières max, 48h hebdomadaires max) ;
- Accorder les congés payés (2,5 jours par mois de travail effectif, soit 5 semaines par an) ;
- Assurer la formation et l’adaptation du salarié à son poste.
L’employeur est également tenu de respecter les obligations liées à la santé et à la sécurité au travail, d’affilier le salarié aux organismes de protection sociale, de lui remettre un bulletin de paie conforme et de tenir un registre du personnel.
Obligations du salarié
Le salarié est tenu d’exécuter personnellement et loyalement la prestation pour laquelle il a été recruté. L’obligation de loyauté inclut l’obligation de non-concurrence pendant l’exécution du contrat (même en l’absence de clause spécifique), l’obligation de discrétion sur les informations confidentielles, et l’obligation de respecter les règles et procédures de l’entreprise.
Le salarié doit respecter les horaires et les directives de l’employeur dans le cadre du lien de subordination. Tout salarié est responsable du matériel confié et doit signaler toute situation dangereuse. En cas d’arrêt maladie, le salarié doit en informer l’employeur dans les 48h et transmettre son arrêt de travail dans les délais fixés par la convention collective.
Quelles sont les mentions obligatoires d’un contrat de travail ?
Mentions communes à tous les contrats de travail
Tout contrat de travail écrit doit obligatoirement contenir les informations suivantes, conformément à la directive UE 2019/1152 transposée par le décret n°2023-1004 :
- Identité et adresses de l’employeur et du salarié ;
- Intitulé du poste, nature du travail et lieu d’exécution ;
- Date de début du contrat (et date de fin pour les CDD) ;
- Durée du travail (hebdomadaire ou mensuelle) ;
- Rémunération (montant brut de base, éléments variables, périodicité de versement) ;
- Durée des congés payés ou modalités de calcul ;
- Durée du préavis en cas de rupture ;
- Convention collective applicable ;
- Organisme de retraite complémentaire et prévoyance.
Mentions spécifiques au CDD
Le CDD doit impérativement préciser le motif de recours parmi les cas légaux autorisés :
- Remplacement (avec nom et qualification du salarié remplacé) ;
- Accroissement temporaire d’activité ;
- Emploi saisonnier ;
- Contrat d’usage dans le secteur concerné.
L’absence de mention du motif de recours entraîne de plein droit la requalification du CDD en CDI.
Le CDD doit également préciser le terme exact (date de fin) ou, pour les contrats à terme imprécis, un événement certain (retour du salarié remplacé) et une durée minimale. La qualification et le niveau de rémunération du poste proposé en CDD doivent être équivalents à ceux des autres salariés occupant les mêmes fonctions dans l’entreprise.
Mentions spécifiques au contrat à temps partiel
Le contrat à temps partiel doit obligatoirement mentionner la durée hebdomadaire ou mensuelle contractuelle, la répartition de cette durée entre les jours de la semaine ou les semaines du mois, les conditions de modification de cette répartition, les cas dans lesquels des heures complémentaires peuvent être effectuées et leur limite, et les garanties accordées au salarié en cas de modification.
Quelles clauses peut-on insérer dans un contrat de travail ?
Clause de non-concurrence : conditions de validité
La clause de non-concurrence interdit au salarié, après la rupture de son contrat, d’exercer une activité concurrente. La clause de non concurrence n’est valide que si quatre conditions cumulatives sont réunies.
La clause de non-concurrence doit être indispensable à la protection des intérêts légitimes de l’entreprise, limitée dans le temps, limitée dans l’espace géographique, et assortie d’une contrepartie financière obligatoire versée au salarié après la rupture du contrat.
Sans contrepartie financière, la clause de non-concurrence est frappée de nullité absolue et le salarié peut l’ignorer librement. Le montant de la contrepartie est librement fixé par les parties (ou par la convention collective), mais ne doit pas être dérisoire au regard des restrictions imposées.
Clause de mobilité, de confidentialité et d’exclusivité
La clause de mobilité autorise l’employeur à modifier le lieu de travail du salarié dans une zone géographique définie dans le contrat et doit préciser la zone géographique de mobilité. La clause de mobilité ne doit pas être utilisée de manière abusive (pour contourner un licenciement, par exemple). Le refus du salarié d’une mutation dans la zone contractuellement prévue peut constituer une faute.
La clause de confidentialité oblige le salarié à ne pas divulguer les informations confidentielles de l’entreprise, pendant et après le contrat. La clause de confidentialité s’applique de plein droit pour les informations relevant du secret des affaires (loi du 30 juillet 2018), mais sa formalisation dans le contrat renforce son opposabilité.
La clause d’exclusivité interdit au salarié d’exercer toute autre activité professionnelle pendant l’exécution de son contrat et n’est licite que si elle est indispensable à la protection des intérêts de l’entreprise, proportionnée au but recherché, et assortie d’une contrepartie (si elle est particulièrement restrictive).
Comment rédiger un contrat de travail conforme ?
Langue française et formalisme du contrat de travail
Tout contrat de travail exécuté en France doit être rédigé en langue française. Si le salarié est étranger, une traduction dans sa langue peut lui être remise à sa demande, sans que cela ne remette en cause la version française. Les clauses rédigées dans une langue étrangère sont inopposables au salarié francophone.
Le contrat doit être établi en autant d’originaux que de parties (au moins deux), chacune signant tous les exemplaires.
Mentions librement négociées dans les limites légales
Au-delà des mentions obligatoires du contrat de travail, les parties peuvent librement négocier des clauses dès lors qu’elles ne contreviennent pas à l’ordre public, aux dispositions légales impératives, ni aux droits fondamentaux du salarié. Il est possible d’insérer dans un contrat de travail des clauses de rémunération variable, d’objectifs, de représentation, d’astreinte ou de domiciliation professionnelle.
Toute clause du contrat de travail limitant les droits du salarié (mobilité, exclusivité, non-concurrence) doit être proportionnée à un intérêt légitime de l’entreprise et justifiée par la nature du poste. Un tribunal des prud’hommes peut annuler une clause manifestement déséquilibrée ou contraire à l’intérêt du salarié.
Le rôle de la convention collective dans la rédaction du contrat de travail
La convention collective applicable est déterminée par l’activité principale de l’entreprise et fixe des minima de salaire, des durées de période d’essai, des droits à congés et des règles spécifiques qui s’imposent au contrat de travail.
Quelle est la durée de la période d’essai dans un contrat de travail ?
Durée légale de la période d’essai CDI
La période d’essai d’un CDI permet à l’employeur d’évaluer les compétences du salarié et au salarié d’apprécier ses conditions de travail. Sa durée dépend de la catégorie professionnelle du salarié :
- 2 mois pour les ouvriers et employés ;
- 3 mois pour les agents de maîtrise et techniciens
- 4 mois pour les cadres.
La convention collective ou le contrat peut prévoir des durées de période d’essai inférieures, mais pas supérieures aux maxima légaux (sauf dispositions conventionnelles de branche antérieures à la loi du 25 juin 2008). La période d’essai doit être expressément stipulée dans la lettre d’engagement ou le contrat car elle ne se présume pas.
Période d’essai CDD : calcul et règles spécifiques
Pour un CDD, la durée de la période d’essai est calculée à raison d’un jour par semaine de contrat, dans la limite de 2 semaines pour les CDD inférieurs à 6 mois, et de 1 mois pour les CDD de 6 mois et plus. Dans le cadre d’un CDD, la période d’essai ne peut être renouvelée. Si un CDD est suivi d’un CDI sur le même poste, la durée de la période d’essai du CDI est réduite de la durée du CDD déjà effectuée.
Renouvellement et rupture de la période d’essai
La période d’essai CDI peut être renouvelée une seule fois, sous deux conditions cumulatives : la convention collective applicable doit le prévoir expressément, et le salarié doit donner son accord exprès par écrit au moment du renouvellement (accord préalable insuffisant).
En cas de rupture de la période d’essai, un délai de prévenance doit être respecté :
- 24h si la présence est inférieure à 8 jours ;
- 48h entre 8 jours et 1 mois ;
- 2 semaines après 1 mois de présence ;
- 1 mois après 3 mois.
La rupture pendant la période d’essai n’est pas un licenciement, elle ne nécessite pas de motif, mais ne doit pas être abusive (discriminatoire ou vexatoire).
Tableau récapitulatif des durées de période d’essai
| Catégorie professionnelle | Durée initiale | Renouvellement possible | Durée totale max |
| Ouvriers / Employés | 2 mois | 2 mois (1 fois) | 4 mois max |
| Agents de maîtrise / Techniciens | 3 mois | 3 mois (1 fois) | 6 mois max |
| Cadres | 4 mois | 4 mois (1 fois) | 8 mois max |
| CDD < 6 mois | 1 jour/semaine (max 2 sem.) | — | — |
| CDD 6 mois et + | 1 mois | — | — |
Qu’est-ce que la DPAE et comment l’effectuer ?
La DPAE : définition et obligation légale
La Déclaration Préalable à l’Embauche (DPAE) est une formalité administrative obligatoire que tout employeur doit effectuer avant de recruter un salarié, quel que soit le type de contrat (CDI, CDD, intérim, apprentissage…). La DPAE permet à l’URSSAF d’enregistrer le salarié auprès des organismes de protection sociale (Sécurité sociale, assurance chômage, retraite complémentaire).
Comment effectuer la DPAE en ligne
La DPAE s’effectue exclusivement en ligne via net-entreprises.fr (employeurs relevant du régime général), MSA.fr (secteur agricole), via le TESE (Titre Emploi Service Entreprise) pour les petits employeurs ou le Chèque Emploi Service Universel (CESU) pour les particuliers employeurs.
La DPAE contient les informations d’identification de l’employeur (SIRET), les informations du salarié (nom, prénom, date et lieu de naissance, numéro de sécurité sociale), la date et heure prévisibles d’embauche, la nature du contrat et la durée de la période d’essai.
Délai de transmission de la DPAE et sanctions en cas d’oubli
La DPAE doit être transmise au plus tard le dernier jour ouvrable précédant la prise de poste et peut être effectuée jusqu’à 8 jours avant l’embauche. Le récépissé de la DPAE doit être remis au salarié dès son arrivée.
L’absence de DPAE est une infraction de travail dissimulé, passible d’une amende de 1 625 € par salarié concerné (5ème classe de contravention), et potentiellement d’une requalification en travail illégal avec redressement URSSAF des cotisations sociales majorées de 25 %.
Faut-il un avenant au contrat de travail pour le télétravail ?
Télétravail et formalisme contractuel
Le télétravail est défini comme toute forme de travail réalisé hors des locaux de l’employeur, de façon volontaire, à l’aide des technologies de l’information. La mise en place du télétravail peut résulter d’un accord collectif, d’une charte unilatérale ou d’un accord individuel formalisé (par exemple par un avenant au contrat de travail).
L’avenant télétravail est recommandé pour préciser le nombre de jours de télétravail par semaine ou par mois, le lieu d’exercice du télétravail (domicile, tiers-lieu), les plages horaires de disponibilité, les équipements fournis par l’employeur ou remboursés, et les conditions de réversibilité. À défaut d’accord collectif ou de charte télétravail, un simple échange d’emails peut suffire à formaliser l’accord, mais un avenant écrit offre plus de sécurité juridique.
Droit à la déconnexion
Depuis la loi Travail du 8 août 2016, tout salarié dispose d’un droit à la déconnexion. L’employeur a l’obligation de définir les modalités d’exercice de ce droit, soit par accord collectif, soit par une charte. En l’absence d’accord, l’employeur doit à minima définir les heures pendant lesquelles il n’est pas attendu que le salarié réponde à ses emails ou appels professionnels.
Pour les salariés en télétravail régulier, l’avenant ou la charte doit préciser explicitement les plages de déconnexion et les conditions dans lesquelles le salarié peut être joint en dehors de ses horaires habituels. Le non-respect du droit à la déconnexion peut être invoqué en cas de litige sur des heures supplémentaires ou la charge de travail.
Comment modifier un contrat de travail en cours d’exécution ?
Modification des conditions de travail vs modification du contrat
Le droit du travail distingue deux situations de portée très différente.
Une modification des conditions de travail (changement d’horaires, de tâches dans la même qualification, de lieu dans le secteur géographique) peut être imposée unilatéralement par l’employeur dans le cadre de son pouvoir de direction, et alors le salarié qui refuse peut faire l’objet d’une sanction disciplinaire.
En revanche, une modification du contrat de travail (changement de rémunération, de qualification, de durée du travail, de lieu en dehors du secteur géographique) nécessite l’accord exprès du salarié. L’employeur doit soumettre la modification du contrat de travail à son employé par écrit ; le salarié dispose alors d’un délai d’un mois pour accepter ou refuser. Le refus du salarié ne constitue pas une faute et l’employeur peut alors choisir de maintenir le contrat ou d’engager une procédure de licenciement.
L’avenant au contrat de travail
Toute modification du contrat de travail acceptée par les deux parties se formalise par un avenant signé. L’avenant au contrat de travail doit alors préciser les dispositions modifiées, la date d’entrée en vigueur des nouvelles conditions, et reprendre les autres clauses inchangées du contrat initial (ou y faire expressément référence).
Comment le contrat de travail peut-il être suspendu ou rompu ?
Les cas de suspension du contrat de travail
La suspension du contrat de travail est une interruption temporaire de l’exécution des obligations sans rupture du contrat. Pendant la suspension du contrat de travail, le salarié ne travaille pas mais reste salarié protégé. Les principaux cas de suspension sont les congés payés, le congé maternité (16 semaines minimum), le congé paternité (25 jours calendaires pour une naissance simple), l’arrêt maladie, le congé parental d’éducation (PrePare), la mise à pied conservatoire, et le chômage partiel (activité partielle).
La suspension du contrat ne rompt pas l’ancienneté : les périodes de suspension sont en règle générale prises en compte pour le calcul de l’ancienneté et des droits à congés (sauf exceptions comme le congé parental à temps plein après le 1er mois).
La rupture à l’initiative du salarié
Le salarié peut rompre son contrat de travail par démission (volonté claire et non équivoque, préavis à respecter selon la convention collective), ou par prise d’acte de la rupture (manquements suffisamment graves de l’employeur tels que des impayés de salaire, du harcèlement, ou une modification unilatérale du contrat). Si la prise d’acte est fondée, elle produit les effets d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse, avec indemnités.
La résiliation judiciaire est une autre option. Pour une résiliation judiciaire, le salarié doit saisir le Conseil de prud’hommes pour obtenir la résiliation aux torts de l’employeur sans démissionner (il continue à travailler pendant la procédure, qui peut durer plusieurs mois).
La rupture à l’initiative de l’employeur et la rupture conventionnelle
L’employeur peut rompre un CDI par licenciement (motif personnel ou économique), qui doit reposer sur une cause réelle et sérieuse, suivre une procédure précise (convocation, entretien préalable, notification écrite) et respecter les délais de préavis. Un licenciement sans cause réelle et sérieuse expose l’employeur à des indemnités dont le montant est encadré par le barème Macron (art. L1235-3 C.trav.).
La rupture conventionnelle homologuée est un accord mutuel entre l’employeur et le salarié pour mettre fin au CDI qui ouvre droit aux allocations chômage et à une indemnité spécifique de rupture (au moins égale à l’indemnité légale de licenciement). La rupture conventionnelle, pour être effective, nécessite une homologation par la DREETS dans un délai de 15 jours ouvrables.
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