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Contrat de travail : définition, types, clauses et modèles en 2026

Contrat de travail à durée indéterminée CDI

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A propos des contrats de travail

Contrat de travail

SOMMAIRE

Qu'est-ce qu'un contrat de travail ?
Quels sont les différents types de contrats de travail ?
Quelles sont les parties au contrat de travail ?
Quelles sont les obligations de l'employeur et du salarié ?
Comment rédiger un contrat de travail conforme ?
Quelles sont les mentions obligatoires d'un contrat de travail ?
Quelle est la durée de la période d'essai dans un contrat de travail ?
Quelles clauses peut-on insérer dans un contrat de travail ?
Qu'est-ce que la DPAE et comment l'effectuer ?
Comment modifier un contrat de travail en cours d'exécution ?
Faut-il un avenant au contrat de travail pour le télétravail ?
Comment le contrat de travail peut-il être suspendu ou rompu ?
FAQ

Le contrat de travail est le socle de toute relation entre un employeur et un salarié. Bien rédigé, il sécurise les deux parties, définit les droits et obligations de chacun, et prévient les litiges. Mal rédigé, un contrat de travail expose l’employeur à des risques de requalification, de nullité de clauses, voire de condamnation aux prud’hommes.

Qu’est-ce qu’un contrat de travail ?

Définition du contrat de travail : les 3 critères cumulatifs

Un contrat de travail est un accord par lequel une personne physique (le salarié) s’engage à effectuer un travail pour le compte d’un employeur, sous sa direction, en échange d’une rémunération.

Trois critères cumulatifs doivent impérativement être réunis pour que la qualification de contrat de travail s’applique : la réalisation d’une prestation de travail, l’octroi d’une rémunération, et l’existence d’un lien de subordination juridique (jurisprudence constante de la Chambre sociale de la Cour de cassation).

Le lien de subordination est le critère déterminant. Le lien de subordination est caractérisé par l’exécution d’un travail sous l’autorité d’un employeur qui a le pouvoir de donner des ordres et des directives, d’en contrôler l’exécution et d’en sanctionner les manquements. C’est le critère de la subordination à un employeur qui distingue le salarié du travailleur indépendant ou du prestataire de services.

Bon à savoir : la qualification de contrat de travail est indépendante de la dénomination choisie par les parties. Un contrat intitulé « contrat de prestation » peut être requalifié en contrat de travail si les trois critères sont réunis en pratique.

Contrat de travail vs contrat de prestation de services

Le contrat de prestation de services (ou contrat de mission) unit deux professionnels indépendants et n’implique pas de lien de subordination.

Le prestataire fixe ses méthodes de travail, gère son temps, utilise ses propres outils et supporte son propre risque économique. À l’inverse, si un donneur d’ordre intègre le prestataire dans son organisation (horaires imposés, matériel fourni, directives quotidiennes, exclusivité), les tribunaux peuvent requalifier la relation en contrat de travail.
Toute requalification en contrat de travail expose l’employeur à un rappel de salaires et cotisations sociales, majorés de pénalités.

Clément, développeur web, travaille 5 jours par semaine dans les locaux d’une start-up, suit les horaires de l’équipe et utilise les machines de l’entreprise. Malgré son statut d’auto-entrepreneur, un tribunal des prud’hommes peut requalifier sa relation en contrat de travail — avec effet rétroactif.

La présomption de contrat de travail

En l’absence d’écrit, la relation de travail entre un employeur et une personne physique est légalement présumée être un CDI à temps plein . Cette présomption par laquelle le contrat est un CDI en l’absence d’écrit est simple : l’employeur peut la renverser en prouvant l’existence d’un autre type de contrat, mais c’est à lui de le démontrer. En pratique donc, l’absence de contrat écrit fragilise systématiquement la position de l’employeur en cas de litige.

Quels sont les différents types de contrats de travail ?

Le CDI : contrat de droit commun

Le contrat à durée indéterminée (CDI) est la forme normale de la relation de travail (art. L1221-2 C.trav.). Il n’a pas de terme fixé. Seule une rupture du contrat de travail comme une démission, un licenciement, une rupture conventionnelle ou un départ à la retraite y met fin. Le CDI à temps plein peut être conclu verbalement, même si la rédaction d’un écrit est fortement recommandée pour des raisons probatoires.

Depuis le décret n°2023-1004 du 30 octobre 2023 (transposant la directive UE 2019/1152), l’employeur doit remettre au salarié, dans les 7 jours suivant l’embauche, un document écrit reprenant les informations essentielles : durée du travail, lieu, rémunération, congés, préavis, convention collective applicable (art. L1221-5-1 C.trav.). Cette obligation s’applique même lorsque le CDI n’est pas formalisé par un contrat écrit.

Le CDD : règles strictes et durée limitée

Le contrat à durée déterminée (CDD) est autorisé uniquement dans des cas strictement définis par le Code du travail (art. L1242-2 C.trav.) :

  • Remplacement d’un salarié absent ;
  • Accroissement temporaire d’activité ;
  • Emploi saisonnier ;
  • Contrat d’usage dans certains secteurs.

En dehors de ces cas, le recours au CDD est illégal et expose l’employeur à une requalification en CDI.

Le CDD est régit par des règles assez strictes. La durée maximale d’un CDD est de 18 mois (renouvellements compris), avec 2 renouvellements au maximum, et un délai de carence entre deux CDD sur le même poste (correspondant au tiers de la durée du contrat initial pour les CDD de 14 jours et plus). Au terme du CDD, le salarié perçoit une prime de précarité égale à 10 % du salaire brut total, sauf exceptions (apprentissage, contrats saisonniers, jeunes en vacances scolaires, proposition de CDI dans la même entreprise).

Le contrat à temps partiel : durée minimale et dérogations

Un contrat de travail à temps partiel est tout contrat prévoyant une durée de travail inférieure à la durée légale de 35 heures hebdomadaires (art. L3121-27 C.trav.). Le contrat de travail à temps partiel doit obligatoirement être établi par écrit et préciser la durée hebdomadaire ou mensuelle, la répartition des horaires et les conditions de modification.

La durée minimale de travail pour un contrat à temps partiel se détermine selon un principe à trois niveaux :

  1. Le seuil supplétif légal est de 24 heures par semaine ;
  2. Une convention ou un accord de branche étendu peut fixer un seuil différent, potentiellement inférieur ;
  3. Des dérogations individuelles permettent de descendre sous ce seuil à la demande du salarié pour contraintes personnelles, pour les moins de 26 ans en études, pour les CDD de moins de 7 jours ou en cas de remplacement d’un absent.

Les contrats de travail spéciaux

Le Code du travail prévoit plusieurs autres contrats spécifiques :

  • Le contrat d’apprentissage qui correspond à une formation en alternance, d’une durée de 6 mois à 3 ans, dès 15 ans révolus ;
  • Le contrat de professionnalisation vise un public adulte en insertion ou reconversion ;
  • Le contrat d’intérim mis en place par une tierce entreprise de travail temporaire (ETT), dans les mêmes cas de recours que le CDD ;
  • Le portage salarial qui est une activité indépendante avec statut salarié, conditionnée à l’obtention d’un chiffre d’affaires minimum.

Tableau comparatif des types de contrats de travail

Voici un tableau récapitulatif des différents contrats de travail et de leurs principales caractéristiques (durée, cas d’usage, octroi ou non de la prime de précarité, etc.).

Type Durée Cas d’usage Prime précarité À retenir
CDI Illimitée Contrat de droit commun

Concerne toute activité

Non Seule la rupture met fin au contrat
CDD 18 mois max Remplacement, accroissement activité, saisonnalité Oui (10 %) 2 renouvellements max
Temps partiel Variable < 35h/semaine

Tout type d’activité

Non Durée minimale de  24h/semaine (sauf dérogations)
Apprentissage 6 mois à 3 ans Formation en alternance, vise les 15-29 ans Non Suivi CFA obligatoire
Intérim 18 mois max Via ETT — même cas que CDD Oui (10 %) 3 parties : salarié, ETT, entreprise utilisatrice
Portage salarial Variable Activité indépendante avec statut salarié Non Obligation CA minimum portage

Quelles sont les parties au contrat de travail ?

L’employeur : personne physique ou morale

L’employeur peut être une personne physique (artisan, commerçant, professionnel libéral) ou une personne morale (société, association, collectivité). Dans les sociétés, le pouvoir de signer un contrat de travail appartient au représentant légal (gérant, directeur général, président) ou à toute personne disposant d’une délégation de pouvoirs valide.

Bon à savoir : Une délégation de pouvoirs pour l’embauche doit être expresse, précise et conférer au délégataire une autorité et des moyens suffisants pour exercer cette compétence. Une délégation imprécise peut être inopposable au salarié.

Le salarié : capacité juridique et restrictions pour les mineurs

Pour signer un contrat de travail, le salarié doit disposer de la capacité juridique.

Le droit du travail interdit l’emploi des moins de 16 ans (ce qui correspond à la fin de l’obligation scolaire). L’âge minimum pour travailler n’est donc pas fixée à 18 ans (majorité civile), des dérogations encadrées existent, telles que  :

  • L’autorisation de signer un contrat d’apprentissage dès 15 ans révolus ;
  • La réalisation de travaux légers dès 14 ans pendant les vacances scolaires ;
  • Mise en scène de spectacle avec autorisation préfectorale.

Les jeunes de 16 à 17 ans peuvent signer un contrat de travail avec l’autorisation d’un représentant légal (parent ou tuteur). Les majeurs sous tutelle peuvent également être salariés, mais le contrat de travail est soumis à l’autorisation du tuteur ou à l’accord du juge des tutelles selon les cas.

Le contrat de travail signé par procuration ou délégation

Un contrat de travail peut être signé par un mandataire si la procuration est valide. En cas de doute sur le pouvoir du signataire, le salarié peut invoquer la théorie du mandat apparent : si l’employeur a laissé croire à l’existence d’un pouvoir (signature de bulletins de paie, direction effective du salarié), le contrat est valide et opposable à la société.

Quelles sont les obligations de l’employeur et du salarié ?

Obligations de l’employeur

L’employeur a plusieurs obligations fondamentales à l’égard de son salarié :

  • Fournir le travail convenu et les moyens nécessaires à son exécution ;
  • Verser la rémunération aux échéances prévues (au minimum une fois par mois) ;
  • Respecter les durées légales de travail (35h hebdomadaires, 10h journalières max, 48h hebdomadaires max) ;
  • Accorder les congés payés (2,5 jours par mois de travail effectif, soit 5 semaines par an) ;
  • Assurer la formation et l’adaptation du salarié à son poste.

L’employeur est également tenu de respecter les obligations liées à la santé et à la sécurité au travail, d’affilier le salarié aux organismes de protection sociale, de lui remettre un bulletin de paie conforme et de tenir un registre du personnel.

Obligations du salarié

Le salarié est tenu d’exécuter personnellement et loyalement la prestation pour laquelle il a été recruté. L’obligation de loyauté inclut l’obligation de non-concurrence pendant l’exécution du contrat (même en l’absence de clause spécifique), l’obligation de discrétion sur les informations confidentielles, et l’obligation de respecter les règles et procédures de l’entreprise.

Le salarié doit respecter les horaires et les directives de l’employeur dans le cadre du lien de subordination. Tout salarié est responsable du matériel confié et doit signaler toute situation dangereuse. En cas d’arrêt maladie, le salarié doit en informer l’employeur dans les 48h et transmettre son arrêt de travail dans les délais fixés par la convention collective.

Quelles sont les mentions obligatoires d’un contrat de travail ?

Mentions communes à tous les contrats de travail

Tout contrat de travail écrit doit obligatoirement contenir les informations suivantes, conformément à la directive UE 2019/1152 transposée par le décret n°2023-1004 :

  • Identité et adresses de l’employeur et du salarié ;
  • Intitulé du poste, nature du travail et lieu d’exécution ;
  • Date de début du contrat (et date de fin pour les CDD) ;
  • Durée du travail (hebdomadaire ou mensuelle) ;
  • Rémunération (montant brut de base, éléments variables, périodicité de versement) ;
  • Durée des congés payés ou modalités de calcul ;
  • Durée du préavis en cas de rupture ;
  • Convention collective applicable ;
  • Organisme de retraite complémentaire et prévoyance.

Mentions spécifiques au CDD

Le CDD doit impérativement préciser le motif de recours parmi les cas légaux autorisés :

  • Remplacement (avec nom et qualification du salarié remplacé) ;
  • Accroissement temporaire d’activité ;
  • Emploi saisonnier ;
  • Contrat d’usage dans le secteur concerné.

L’absence de mention du motif de recours entraîne de plein droit la requalification du CDD en CDI.

Le CDD doit également préciser le terme exact (date de fin) ou, pour les contrats à terme imprécis, un événement certain (retour du salarié remplacé) et une durée minimale. La qualification et le niveau de rémunération du poste proposé en CDD doivent être équivalents à ceux des autres salariés occupant les mêmes fonctions dans l’entreprise.

Mentions spécifiques au contrat à temps partiel

Le contrat à temps partiel doit obligatoirement mentionner la durée hebdomadaire ou mensuelle contractuelle, la répartition de cette durée entre les jours de la semaine ou les semaines du mois, les conditions de modification de cette répartition, les cas dans lesquels des heures complémentaires peuvent être effectuées et leur limite, et les garanties accordées au salarié en cas de modification.

Attention : L’absence de l’une de ces mentions dans un contrat à temps partiel entraîne présomption de CDI à temps complet. L’employeur peut renverser cette présomption de CDI à temps plein, mais c’est à lui d’en apporter la preuve, ce qui est souvent difficile en l’absence de document écrit complet.

Quelles clauses peut-on insérer dans un contrat de travail ?

Clause de non-concurrence : conditions de validité

La clause de non-concurrence interdit au salarié, après la rupture de son contrat, d’exercer une activité concurrente. La clause de non concurrence n’est valide que si quatre conditions cumulatives sont réunies.
La clause de non-concurrence doit être indispensable à la protection des intérêts légitimes de l’entreprise, limitée dans le temps, limitée dans l’espace géographique, et assortie d’une contrepartie financière obligatoire versée au salarié après la rupture du contrat.

Sans contrepartie financière, la clause de non-concurrence est frappée de nullité absolue et le salarié peut l’ignorer librement. Le montant de la contrepartie est librement fixé par les parties (ou par la convention collective), mais ne doit pas être dérisoire au regard des restrictions imposées.

Attention : Une clause de non-concurrence sans contrepartie financière est nulle de plein droit. Le salarié peut travailler chez un concurrent sans aucune sanction, et peut même réclamer des dommages-intérêts si l’employeur a tenté de l’en empêcher.

Clause de mobilité, de confidentialité et d’exclusivité

La clause de mobilité autorise l’employeur à modifier le lieu de travail du salarié dans une zone géographique définie dans le contrat et doit préciser la zone géographique de mobilité. La clause de mobilité ne doit pas être utilisée de manière abusive (pour contourner un licenciement, par exemple). Le refus du salarié d’une mutation dans la zone contractuellement prévue peut constituer une faute.

La clause de confidentialité oblige le salarié à ne pas divulguer les informations confidentielles de l’entreprise, pendant et après le contrat. La clause de confidentialité s’applique de plein droit pour les informations relevant du secret des affaires (loi du 30 juillet 2018), mais sa formalisation dans le contrat renforce son opposabilité.

La clause d’exclusivité interdit au salarié d’exercer toute autre activité professionnelle pendant l’exécution de son contrat et n’est licite que si elle est indispensable à la protection des intérêts de l’entreprise, proportionnée au but recherché, et assortie d’une contrepartie (si elle est particulièrement restrictive).

Comment rédiger un contrat de travail conforme ?

Langue française et formalisme du contrat de travail

Tout contrat de travail exécuté en France doit être rédigé en langue française. Si le salarié est étranger, une traduction dans sa langue peut lui être remise à sa demande, sans que cela ne remette en cause la version française. Les clauses rédigées dans une langue étrangère sont inopposables au salarié francophone.

Le contrat doit être établi en autant d’originaux que de parties (au moins deux), chacune signant tous les exemplaires.

Bon à savoir : La signature électronique du contrat de travail est valable si elle répond aux exigences du règlement européen eIDAS (Règlement UE n°910/2014).

Mentions librement négociées dans les limites légales

Au-delà des mentions obligatoires du contrat de travail, les parties peuvent librement négocier des clauses dès lors qu’elles ne contreviennent pas à l’ordre public, aux dispositions légales impératives, ni aux droits fondamentaux du salarié. Il est possible d’insérer dans un contrat de travail des clauses de rémunération variable, d’objectifs, de représentation, d’astreinte ou de domiciliation professionnelle.

Toute clause du contrat de travail limitant les droits du salarié (mobilité, exclusivité, non-concurrence) doit être proportionnée à un intérêt légitime de l’entreprise et justifiée par la nature du poste. Un tribunal des prud’hommes peut annuler une clause manifestement déséquilibrée ou contraire à l’intérêt du salarié.

Le rôle de la convention collective dans la rédaction du contrat de travail

La convention collective applicable est déterminée par l’activité principale de l’entreprise et fixe des minima de salaire, des durées de période d’essai, des droits à congés et des règles spécifiques qui s’imposent au contrat de travail.

Attention : depuis les ordonnances Macron du 22 septembre 2017 (art. L2253-1 à L2253-3 C.trav.), les règles de hiérarchie des normes ont profondément évolué. Dans de nombreux domaines (durée du travail, congés, primes…), un accord d’entreprise peut désormais primer sur la convention de branche, même s’il est moins favorable au salarié. La loi organise 3 blocs de compétences : certains sujets restent réservés à la branche (salaires minima, classifications, mutualisation des fonds de formation), mais dans la plupart des matières, l’accord d’entreprise prévaut.

Quelle est la durée de la période d’essai dans un contrat de travail ?

Durée légale de la période d’essai CDI

La période d’essai d’un CDI permet à l’employeur d’évaluer les compétences du salarié et au salarié d’apprécier ses conditions de travail. Sa durée dépend de la catégorie professionnelle du salarié :

  • 2 mois pour les ouvriers et employés ;
  • 3 mois pour les agents de maîtrise et techniciens
  • 4 mois pour les cadres.

La convention collective ou le contrat peut prévoir des durées de période d’essai inférieures, mais pas supérieures aux maxima légaux (sauf dispositions conventionnelles de branche antérieures à la loi du 25 juin 2008). La période d’essai doit être expressément stipulée dans la lettre d’engagement ou le contrat car elle ne se présume pas.

Période d’essai CDD : calcul et règles spécifiques

Pour un CDD, la durée de la période d’essai est calculée à raison d’un jour par semaine de contrat, dans la limite de 2 semaines pour les CDD inférieurs à 6 mois, et de 1 mois pour les CDD de 6 mois et plus. Dans le cadre d’un CDD, la période d’essai ne peut être renouvelée. Si un CDD est suivi d’un CDI sur le même poste, la durée de la période d’essai du CDI est réduite de la durée du CDD déjà effectuée.

Renouvellement et rupture de la période d’essai

La période d’essai CDI peut être renouvelée une seule fois, sous deux conditions cumulatives : la convention collective applicable doit le prévoir expressément, et le salarié doit donner son accord exprès par écrit au moment du renouvellement (accord préalable insuffisant).

En cas de rupture de la période d’essai, un délai de prévenance doit être respecté :

  • 24h si la présence est inférieure à 8 jours ;
  • 48h entre 8 jours et 1 mois ;
  • 2 semaines après 1 mois de présence ;
  • 1 mois après 3 mois.

La rupture pendant la période d’essai n’est pas un licenciement, elle ne nécessite pas de motif, mais ne doit pas être abusive (discriminatoire ou vexatoire).

Tableau récapitulatif des durées de période d’essai

Catégorie professionnelle Durée initiale Renouvellement possible Durée totale max
Ouvriers / Employés 2 mois 2 mois (1 fois) 4 mois max
Agents de maîtrise / Techniciens 3 mois 3 mois (1 fois) 6 mois max
Cadres 4 mois 4 mois (1 fois) 8 mois max
CDD < 6 mois 1 jour/semaine (max 2 sem.)
CDD 6 mois et + 1 mois

Qu’est-ce que la DPAE et comment l’effectuer ?

La DPAE : définition et obligation légale

La Déclaration Préalable à l’Embauche (DPAE) est une formalité administrative obligatoire que tout employeur doit effectuer avant de recruter un salarié, quel que soit le type de contrat (CDI, CDD, intérim, apprentissage…). La DPAE permet à l’URSSAF d’enregistrer le salarié auprès des organismes de protection sociale (Sécurité sociale, assurance chômage, retraite complémentaire).

Bon à savoir : La DPAE remplace depuis 2008 plusieurs déclarations antérieures (déclaration d’embauche, déclaration nominative préalable) et déclenche automatiquement l’affiliation du salarié et la demande d’immatriculation à la Sécurité sociale si le salarié n’y est pas encore affilié.

Comment effectuer la DPAE en ligne

La DPAE s’effectue exclusivement en ligne via net-entreprises.fr (employeurs relevant du régime général), MSA.fr (secteur agricole), via le TESE (Titre Emploi Service Entreprise) pour les petits employeurs ou le Chèque Emploi Service Universel (CESU) pour les particuliers employeurs.

La DPAE contient les informations d’identification de l’employeur (SIRET), les informations du salarié (nom, prénom, date et lieu de naissance, numéro de sécurité sociale), la date et heure prévisibles d’embauche, la nature du contrat et la durée de la période d’essai.

Délai de transmission de la DPAE et sanctions en cas d’oubli

La DPAE doit être transmise au plus tard le dernier jour ouvrable précédant la prise de poste et peut être effectuée jusqu’à 8 jours avant l’embauche. Le récépissé de la DPAE doit être remis au salarié dès son arrivée.

L’absence de DPAE est une infraction de travail dissimulé, passible d’une amende de 1 625 € par salarié concerné (5ème classe de contravention), et potentiellement d’une requalification en travail illégal avec redressement URSSAF des cotisations sociales majorées de 25 %.

Bon à savoir : La DPAE lorsqu’elle est réalisée en ligne génère automatiquement un récépissé à conserver précieusement. En cas de contrôle de l’inspection du travail ou de l’URSSAF, ce document est la première preuve que l’embauche a été régulièrement déclarée. Son absence, même pour un salarié en CDD d’un jour, constitue une irrégularité constatée.

Faut-il un avenant au contrat de travail pour le télétravail ?

Télétravail et formalisme contractuel

Le télétravail est défini comme toute forme de travail réalisé hors des locaux de l’employeur, de façon volontaire, à l’aide des technologies de l’information. La mise en place du télétravail peut résulter d’un accord collectif, d’une charte unilatérale ou d’un accord individuel formalisé (par exemple par un avenant au contrat de travail).

L’avenant télétravail est recommandé pour préciser le nombre de jours de télétravail par semaine ou par mois, le lieu d’exercice du télétravail (domicile, tiers-lieu), les plages horaires de disponibilité, les équipements fournis par l’employeur ou remboursés, et les conditions de réversibilité. À défaut d’accord collectif ou de charte télétravail, un simple échange d’emails peut suffire à formaliser l’accord, mais un avenant écrit offre plus de sécurité juridique.

Droit à la déconnexion

Depuis la loi Travail du 8 août 2016, tout salarié dispose d’un droit à la déconnexion. L’employeur a l’obligation de définir les modalités d’exercice de ce droit, soit par accord collectif, soit par une charte. En l’absence d’accord, l’employeur doit à minima définir les heures pendant lesquelles il n’est pas attendu que le salarié réponde à ses emails ou appels professionnels.

Pour les salariés en télétravail régulier, l’avenant ou la charte doit préciser explicitement les plages de déconnexion et les conditions dans lesquelles le salarié peut être joint en dehors de ses horaires habituels. Le non-respect du droit à la déconnexion peut être invoqué en cas de litige sur des heures supplémentaires ou la charge de travail.

Comment modifier un contrat de travail en cours d’exécution ?

Modification des conditions de travail vs modification du contrat

Le droit du travail distingue deux situations de portée très différente.

Une modification des conditions de travail (changement d’horaires, de tâches dans la même qualification, de lieu dans le secteur géographique) peut être imposée unilatéralement par l’employeur dans le cadre de son pouvoir de direction, et alors le salarié qui refuse peut faire l’objet d’une sanction disciplinaire.

En revanche, une modification du contrat de travail (changement de rémunération, de qualification, de durée du travail, de lieu en dehors du secteur géographique) nécessite l’accord exprès du salarié. L’employeur doit soumettre la modification du contrat de travail à son employé par écrit ; le salarié dispose alors d’un délai d’un mois pour accepter ou refuser. Le refus du salarié ne constitue pas une faute et l’employeur peut alors choisir de maintenir le contrat ou d’engager une procédure de licenciement.

L’avenant au contrat de travail

Toute modification du contrat de travail acceptée par les deux parties se formalise par un avenant signé. L’avenant au contrat de travail doit alors préciser les dispositions modifiées, la date d’entrée en vigueur des nouvelles conditions, et reprendre les autres clauses inchangées du contrat initial (ou y faire expressément référence).

Attention : Un avenant est nul s’il est signé sous contrainte, ou s’il porte sur des droits auxquels le salarié ne peut pas renoncer (salaire minimum légal ou conventionnel, durée légale du travail, droits à congés). La signature d’un avenant défavorable sous la pression d’une menace de licenciement peut être annulée par les tribunaux.

Comment le contrat de travail peut-il être suspendu ou rompu ?

Les cas de suspension du contrat de travail

La suspension du contrat de travail est une interruption temporaire de l’exécution des obligations sans rupture du contrat. Pendant la suspension du contrat de travail, le salarié ne travaille pas mais reste salarié protégé. Les principaux cas de suspension sont les congés payés, le congé maternité (16 semaines minimum), le congé paternité (25 jours calendaires pour une naissance simple), l’arrêt maladie, le congé parental d’éducation (PrePare), la mise à pied conservatoire, et le chômage partiel (activité partielle).

La suspension du contrat ne rompt pas l’ancienneté : les périodes de suspension sont en règle générale prises en compte pour le calcul de l’ancienneté et des droits à congés (sauf exceptions comme le congé parental à temps plein après le 1er mois).

La rupture à l’initiative du salarié

Le salarié peut rompre son contrat de travail par démission (volonté claire et non équivoque, préavis à respecter selon la convention collective), ou par prise d’acte de la rupture (manquements suffisamment graves de l’employeur tels que des impayés de salaire, du harcèlement, ou une modification unilatérale du contrat). Si la prise d’acte est fondée, elle produit les effets d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse, avec indemnités.

La résiliation judiciaire est une autre option. Pour une résiliation judiciaire, le salarié doit saisir le Conseil de prud’hommes pour obtenir la résiliation aux torts de l’employeur sans démissionner (il continue à travailler pendant la procédure, qui peut durer plusieurs mois).

La rupture à l’initiative de l’employeur et la rupture conventionnelle

L’employeur peut rompre un CDI par licenciement (motif personnel ou économique), qui doit reposer sur une cause réelle et sérieuse, suivre une procédure précise (convocation, entretien préalable, notification écrite) et respecter les délais de préavis. Un licenciement sans cause réelle et sérieuse expose l’employeur à des indemnités dont le montant est encadré par le barème Macron (art. L1235-3 C.trav.).

La rupture conventionnelle homologuée est un accord mutuel entre l’employeur et le salarié pour mettre fin au CDI qui ouvre droit aux allocations chômage et à une indemnité spécifique de rupture (au moins égale à l’indemnité légale de licenciement). La rupture conventionnelle, pour être effective, nécessite une homologation par la DREETS dans un délai de 15 jours ouvrables.

Le contrat de travail est valide dès lors que trois critères sont réunis : prestation de travail, rémunération et lien de subordination. Le CDI est la forme de droit commun. Le CDD, le temps partiel et l’apprentissage nécessitent un écrit obligatoire. La période d’essai CDI dure 2 à 4 mois selon la catégorie professionnelle, renouvelable une fois si la convention collective le prévoit. Toute embauche doit être précédée d’une DPAE auprès de l’URSSAF et son absence est une infraction de travail dissimulé. La clause de non-concurrence n’est valide qu’avec une contrepartie financière. Depuis les ordonnances Macron de 2017, un accord d’entreprise peut primer sur la convention collective, même de façon moins favorable au salarié, dans la plupart des matières.

FAQ

Le CDI peut-il être conclu sans écrit ?

Oui, un CDI à temps plein peut être conclu verbalement.

Quelle est la durée maximale d'un CDD ?

Un CDD ne peut pas dépasser 18 mois, renouvellements compris, dans les cas généraux et ne peut être renouvelé que 2 fois au maximum. Des durées réduites de CDD s'appliquent dans certains cas : 9 mois pour attendre l'entrée en fonction d'un salarié recruté en CDI, 24 mois pour des commandes exceptionnelles à l'exportation. Au-delà, le CDD est automatiquement requalifié en CDI.

La période d'essai est-elle obligatoire dans un contrat de travail ?

Non, la période d'essai n'est jamais obligatoire, elle résulte d'un accord entre les parties.

Un employeur peut-il modifier un contrat de travail sans l'accord du salarié ?

L'employeur peut modifier les conditions de travail (horaires, tâches accessoires, lieu dans le périmètre géographique) dans le cadre de son pouvoir de direction, sans l'accord du salarié. En revanche, toute modification du contrat de travail lui-même (rémunération, qualification, durée du travail, lieu hors secteur géographique) nécessite l'accord exprès et écrit du salarié.

Que risque un employeur en cas d'oubli de la DPAE ?

L'absence de DPAE est une infraction de travail dissimulé, passible d'une amende de 1 625 € par salarié (5ème classe de contravention).

Peut-on signer un contrat de travail pour du télétravail à l'étranger ?

Un contrat de travail exécuté partiellement ou totalement depuis l'étranger soulève des questions complexes. Il est conseillé de consulter un expert avant de formaliser ce type de contrat.

Quelle est la différence entre rupture conventionnelle et démission ?

La démission est un acte unilatéral du salarié, librement décidé, qui ne donne droit ni à l'indemnité de rupture ni aux allocations chômage. La rupture conventionnelle est un accord mutuel entre employeur et salarié, soumis à homologation par la DREETS : elle ouvre droit à une indemnité spécifique (au moins égale à l'indemnité légale de licenciement) et aux allocations chômage.