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  • La garantie décennale couvre pendant 10 ans les dommages qui compromettent la solidité d’un ouvrage ou le rendent impropre à sa destination.
  • La garantie décennale est obligatoire pour tout constructeur avant l’ouverture du chantier, micro-entrepreneur compris.
  • Exercer sans garantie décennale expose à 75 000 € d’amende et jusqu’à 6 mois d’emprisonnement.
  • La responsabilité civile professionnelle protège contre les dommages causés aux tiers pendant l’activité, tandis que la garantie décennale répond des défauts de l’ouvrage livré.

Vous démarrez une activité dans le bâtiment ou vous confiez des travaux à un artisan. Deux assurances reviennent sans cesse dans les devis et les contrats, la responsabilité civile professionnelle et la garantie décennale. Elles se ressemblent sur le papier, mais elles ne couvrent pas les mêmes risques et ne jouent pas au même moment. Confondre les deux peut coûter très cher, au professionnel comme au client.

Qu’est ce que la responsabilité civile professionnelle et garantie décennale ?

La responsabilité civile professionnelle et la garantie décennale protègent des situations différentes. La première intervient quand votre activité cause un dommage à quelqu’un. La seconde intervient quand un ouvrage que vous avez construit présente un défaut grave après la livraison.

Définition de la garantie décennale

La responsabilité décennale engage le constructeur pendant 10 ans sur les dommages sérieux qui touchent un ouvrage qu’il a réalisé.

L’article 1792 du Code civil pose une présomption de responsabilité à sa charge pour tout désordre qui compromet la solidité de la construction ou qui la rend impropre à l’usage prévu. Une fissure structurelle, un affaissement de fondation ou une infiltration qui rend une pièce inhabitable relèvent de cette garantie.

Pour couvrir cette responsabilité, le professionnel souscrit une assurance de garantie décennale en assurance construction. C’est cette assurance qui prend en charge les réparations si un sinistre survient dans le délai de dix ans.

Thomas, couvreur, signe un procès-verbal de réception le 15 mars 2026. Sa garantie décennale couvre l’ouvrage jusqu’au 16 mars 2036. Si une infiltration liée à sa pose survient en 2035, le client peut encore l’actionner. Passé mars 2036, la garantie ne joue plus.

Définition de la responsabilité civile professionnelle

La responsabilité civile professionnelle, souvent appelée RC pro, couvre les dommages que vous causez à un tiers dans le cadre de votre travail. Un client qui glisse sur votre chantier, un dégât d’eau chez le voisin pendant une intervention, un outil qui abîme un meuble.

Certaines activités imposent une assurance professionnelle obligatoire (RC Pro, décennale…). LegalPlace vous aide à identifier la couverture adaptée à votre secteur pour protéger votre entreprise dès sa création.

La RC pro répare ces préjudices, qu’ils soient matériels, corporels ou immatériels.

La RC pro joue pendant toute la durée de l’activité, pas seulement après la réception d’un ouvrage. Son objet est donc plus large que celui de la garantie décennale, mais la RC pro s’arrête là où commence le défaut de construction.

Beaucoup d’artisans pensent qu’une seule assurance suffit. En réalité, une entreprise du bâtiment a besoin à la fois de la RC pro et de la garantie décennale, car ces deux assurances ne couvrent jamais les mêmes situations.

Quelle est la différence entre responsabilité civile professionnelle et garantie décennale ?

La garantie décennale et la responsabilité civile professionnelle ne prennent pas en charge les mêmes dommages. La garantie décennale couvre les dommages qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou qui le rendent impropre à sa destination, pas les défauts esthétiques ou d’usure normale. La responsabilité civile professionnelle répond pour sa part des dommages causés aux tiers pendant l’activité.

Critère RC professionnelle Garantie décennale
Ce qu’elle couvre Dommages causés aux tiers pendant l’activité Désordres graves affectant l’ouvrage livré
Moment Pendant l’exécution des travaux Après la réception des travaux
Durée Durée du contrat, activité en cours 10 ans à compter de la réception
Bénéficiaire Le tiers lésé (client, voisin, passant) Le maître d’ouvrage et les propriétaires successifs
Obligation Selon la profession Obligatoire pour tout constructeur
Base légale Code des assurances Articles 1792 et suivants du Code civil
La RC pro ne prend jamais en charge un désordre décennal, et la garantie décennale ne couvre jamais un dommage causé à un tiers pendant le chantier. Une entreprise couverte seulement en RC pro reste personnellement responsable des défauts graves de ses ouvrages pendant dix ans.

Les dommages couverts par la garantie décennale

Entrent dans le champ de la garantie décennale les désordres suivants :

  • Les atteintes à la solidité de la structure (fissures importantes, affaissement, effondrement partiel) ;
  • Les défauts d’étanchéité qui rendent le logement inhabitable (infiltrations en toiture, remontées d’humidité) ;
  • Les dommages aux éléments d’équipement indissociables de l’ouvrage, quand ils affectent son usage (chauffage encastré, canalisations noyées dans la dalle) ;
  • Les vices du sol qui menacent la construction.
Kahina Perraud Experte en assurance des professionnels, directrice de LegalPlace Assurances Kahina Perraud

La question de la décennale arrive rarement au moment où l’entreprise se crée. On la voit surtout surgir le jour où un maître d’ouvrage réclame l’attestation avant de signer, et là tout doit aller vite. Les entrepreneurs qui ont anticipé cette demande abordent leur premier gros chantier beaucoup plus sereinement que ceux qui la découvrent au dernier moment.

Ce que la garantie décennale ne couvre pas

Certains désordres échappent à la garantie décennale :

  • Les dommages esthétiques sans gravité, l’usure normale ;
  • Le défaut d’entretien et les dommages causés par le maître d’ouvrage lui-même ne sont pas pris en charge ;
  • Les désordres apparents au moment de la réception, s’ils n’ont pas été signalés, relèvent d’autres garanties ;
  • Les éléments d’équipement dissociables, que l’on peut retirer sans abîmer l’ouvrage, relèvent quant à eux de la garantie biennale.
La présomption de responsabilité pesant sur le constructeur inverse la charge de la preuve. Le maître d’ouvrage n’a pas à démontrer une faute. C’est au professionnel de prouver que le dommage vient d’une cause étrangère, comme un cas de force majeure ou une faute du client, pour espérer s’exonérer.

En parallèle, la responsabilité civile professionnelle couvre un tout autre champ. Elle ne répond pas des défauts de l’ouvrage, mais des dommages causés aux tiers pendant les travaux, comme un dégât provoqué chez un voisin ou une blessure sur le chantier. Les deux assurances se complètent donc, chacune sur son périmètre.

L’assurance responsabilité civile professionnelle et la garantie décennale sont-elles obligatoires ?

La garantie décennale est obligatoire pour tout constructeur, alors que la responsabilité civile professionnelle ne l’est pas pour tout le monde. L’article L241-1 du Code des assurances impose la garantie décennale avant l’ouverture du chantier, quelle que soit la taille de l’entreprise ou son statut juridique. La responsabilité civile professionnelle n’est rendue obligatoire que pour certaines professions réglementées, mais elle protège l’entreprise sur un terrain que la décennale ne couvre pas, les dommages causés aux tiers.

Les professionnels concernés par la garantie décennale

L’obligation de garantie décennale vise toute personne dont la responsabilité peut être engagée au titre d’un contrat de louage d’ouvrage, c’est-à-dire le contrat qui lie un professionnel à son client pour la réalisation de travaux. Sont notamment concernés :

  • Les entrepreneurs et artisans du bâtiment (maçons, charpentiers, couvreurs, plombiers, électriciens) ;
  • Les architectes, techniciens et bureaux d’études liés au maître d’ouvrage par contrat ;
  • Les constructeurs de maisons individuelles ;
  • Les promoteurs et lotisseurs qui vendent des ouvrages après achèvement.

Un micro-entrepreneur qui réalise des travaux relevant de la garantie décennale est soumis à la même obligation qu’une grande entreprise. Le régime de la micro-entreprise ne change rien à ce point. L’assurance du micro-entrepreneur en bâtiment doit donc inclure une décennale dès lors que l’activité touche au gros œuvre ou aux éléments qui engagent la solidité du bâti.

Les activités concernés par l’assurance responsabilité civile professionnelle

La responsabilité civile professionnelle n’est pas obligatoire pour toutes les activités, à la différence de la garantie décennale. La loi la rend obligatoire surtout pour des professions réglementées, parmi lesquelles :

  • Les professionnels de santé (médecins, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes) ;
  • Les professions du droit (avocats, notaires, commissaires de justice) ;
  • Les experts-comptables ;
  • Les architectes et maîtres d’œuvre ;
  • Les agents immobiliers ;
  • Les intermédiaires en assurance et les agents de voyage.

La plupart des artisans du bâtiment souscrivent toutefois une responsabilité civile professionnelle sans y être légalement tenus, parce qu’elle couvre les dommages causés aux tiers pendant les chantiers. Un maître d’ouvrage ou un donneur d’ordre peut d’ailleurs l’exiger avant de confier des travaux, ce qui la rend en pratique difficile à éviter.

Quel est le prix de la responsabilité civile professionnelle et de la garantie décennale ?

Le coût d’une garantie décennale varie fortement d’un professionnel à l’autre. Il se situe le plus souvent entre 1 % et 5 % du chiffre d’affaires annuel, mais cette fourchette dépend de nombreux paramètres propres à chaque entreprise.

Plusieurs facteurs pèsent sur le tarif :

  • L’activité exercée, un couvreur ou un maçon présentant plus de risques qu’un peintre ;
  • Le chiffre d’affaires et le volume de chantiers réalisés ;
  • L’ancienneté de l’entreprise et l’expérience du dirigeant ;
  • Les antécédents de sinistres, un historique chargé faisant grimper la prime ;
  • La zone géographique d’intervention.

Pour un micro-entrepreneur qui débute, le budget se calcule différemment d’une société installée. Le tarif d’une décennale pour micro-entrepreneur reste souvent plus accessible, car le chiffre d’affaires plafonné limite la prime, mais l’activité déclarée reste le critère déterminant.

Marc, électricien, déclare un chiffre d’affaires de 80 000 € pour sa première année. Sa prime de garantie décennale représente environ 3 % de son chiffre d’affaires, soit près de 2 400 € par an. En choisissant une activité bien délimitée dans son contrat, il évite les surcoûts liés à des travaux qu’il ne réalise pas.

La responsabilité civile professionnelle représente elle aussi un coût à prévoir, nettement plus modéré que celui de la garantie décennale. Pour un artisan du bâtiment, la prime annuelle se situe souvent entre 100 € et 400 €, selon l’activité exercée, le chiffre d’affaires et le niveau de garantie choisi. Les plafonds d’indemnisation et les franchises retenus au contrat pèsent aussi sur le tarif, une franchise plus élevée faisant baisser la prime.

De nombreux professionnels du bâtiment regroupent la responsabilité civile professionnelle et la garantie décennale dans un même contrat. Ce regroupement simplifie la gestion et permet souvent d’obtenir un tarif global plus avantageux que deux contrats souscrits séparément.

Que risque-t-on sans responsabilité civile professionnelle ni garantie décennale ?

Travailler sans garantie décennale expose à des sanctions lourdes. L’article L243-3 du Code des assurances punit le défaut d’assurance obligatoire de construction de 75 000 € d’amende et jusqu’à 6 mois d’emprisonnement. Une exception existe pour la personne physique qui fait construire un logement pour elle-même ou sa famille, mais cette exception ne s’applique jamais aux professionnels.

Au-delà de la sanction pénale, le risque financier est considérable. Sans garantie décennale, le constructeur répond des réparations sur son patrimoine personnel pendant dix ans. Un sinistre sérieux peut représenter des dizaines de milliers d’euros, voire davantage, à sortir de sa poche.

Un client peut réclamer l’attestation de garantie décennale avant de signer un devis. Un professionnel qui ne peut pas la fournir perd des chantiers et engage sa crédibilité. Cette attestation est aussi souvent exigée par les maîtres d’ouvrage publics et les particuliers avertis.

L’absence de responsabilité civile professionnelle emporte un risque différent mais tout aussi réel. Sans elle, l’entreprise règle de sa poche les dommages qu’elle cause à des tiers pendant ses chantiers, qui atteignent vite des montants élevés. Les deux couvertures laissent donc, chacune à sa manière, un trou dans la protection de l’entreprise quand elles manquent.

La responsabilité civile professionnelle et la garantie décennale sont deux protections complémentaires, jamais interchangeables. La RC pro couvre les dommages causés aux tiers pendant l’activité, tandis que la garantie décennale répond des défauts graves de l’ouvrage pendant dix ans après la réception. Obligatoire pour tout constructeur avant l’ouverture d’un chantier, micro-entrepreneur compris, la garantie décennale s’inscrit dans une chaîne de garanties légales aux côtés du parfait achèvement et de la biennale. Négliger cette obligation expose à de lourdes sanctions pénales et à une responsabilité personnelle sur plusieurs années.

Assurance : demander mon devis

Camille

Juriste spécialisée en droit des affaires, Camille Rougeau transforme des notions juridiques complexes en contenus clairs et accessibles chez LegalPlace, pour que chaque entrepreneur puisse comprendre ses droits.

Dernière mise à jour le 21/10/2026

FAQ

La garantie décennale se transmet-elle aux propriétaires suivants ?

Oui. La garantie décennale suit l’ouvrage, pas le premier client. Si le bien est revendu avant la fin des 10 ans, le nouveau propriétaire bénéficie de la garantie pour la durée restante. Il peut actionner l’assurance du constructeur en cas de désordre relevant de la décennale.

Que faire si un assureur refuse une garantie décennale ?

Un professionnel confronté à un refus de garantie décennale peut saisir le Bureau central de tarification. Cet organisme peut imposer à l’assureur de couvrir le demandeur, en fixant lui-même le montant de la prime. Le droit à l’assurance obligatoire est ainsi garanti, même après plusieurs refus.

Peut-on cumuler responsabilité civile professionnelle et garantie décennale dans un seul contrat ?

Oui. De nombreux assureurs proposent des contrats qui regroupent la responsabilité civile professionnelle et la garantie décennale dans une même offre destinée aux professionnels du bâtiment. Ce regroupement facilite la gestion, mais chaque garantie conserve son objet et ses conditions propres.

La garantie décennale couvre-t-elle les travaux de rénovation ?

Oui, dès lors que les travaux de rénovation touchent au gros œuvre ou à des éléments qui engagent la solidité du bâti. La garantie décennale s’applique alors comme pour une construction neuve. De simples travaux de décoration ou de finition, sans incidence sur la structure, n’entrent pas dans son champ.

Le sous-traitant est-il soumis à l'obligation de garantie décennale ?

Non. Le sous-traitant n’a pas de lien contractuel direct avec le maître d’ouvrage, il n’est donc pas soumis à l’obligation de garantie décennale. Sa responsabilité peut néanmoins être recherchée sur d’autres fondements, ce qui rend une couverture adaptée utile dans le cadre d’un contrat de sous-traitance en BTP.

Comment vérifier l'attestation de garantie décennale d'un professionnel ?

Pour vérifier la garantie décennale d’un professionnel, demandez son attestation d’assurance avant le début des travaux. Ce document mentionne l’assureur, la période de validité et les activités couvertes. Vérifiez que l’activité prévue pour votre chantier figure bien dans la liste, car une décennale ne couvre que les travaux déclarés.

Quelle différence entre garantie décennale et assurance dommages-ouvrage ?

La garantie décennale est souscrite par le constructeur et couvre sa responsabilité. L’assurance dommages-ouvrage est souscrite par le maître d’ouvrage et sert à financer rapidement les réparations sans attendre une décision de justice. Les deux assurances portent sur les mêmes désordres, mais elles n’ont ni le même souscripteur ni le même rôle.

Sources de l'article

6 Commentaires
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Bonjour
Je suis un auto-entrepreneur, bureau d’études j’interviens sur des petits projets, j’ai une assurance qui couvre jusqu’à 500000€.
Comme je suis en début d’activité, imaginons j’aurais qu’ un seul projet qui dépasse cette couverture, est ce possible chez vous d’adapter la cotisation en fin d’année?
Si oui, est ce possible aussi de réadapter la cotisation de base si n’y aura pas de dépassement de la couverture.
Merci

Bonjour,
pour un bureau d’études qui fait simplement du conseil, des audit patrimoniaux faut il une assurance décennale. Sachant que l’on intervient sur de l’existant?

Bonjour,

La garantie décennale est obligatoire pour tous les constructeurs (particuliers et professionnels) qui œuvrent sur des constructions nouvelles, mais également sur des travaux d’extension et de rénovation du bâtiment existant.
En espérant avoir su répondre à vos interrogations.
L’équipe LegalPlace

Bonjour,
A partir de quels travaux l’assurance responsabilité décennale est-elle obligatoire ? Le petit bricolage proposé par les “hommes à tout faire” (peintures, tapisserie, remplacement luminaire…) est-il aussi concerné ?
Bien cordialement
David

Bonjour,

Pour les petits travaux de bricolage ou de réparation, la garantie décennale n’est pas obligatoire.
Néanmoins, il est toutefois vivement conseillé de justifier d’une assurance professionnelle.
En espérant avoir su répondre à vos interrogations.
L’équipe LegalPlace

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Rédigé par

Camille

Juriste spécialisée en droit des affaires, Camille Rougeau transforme des notions juridiques complexes en contenus clairs et accessibles chez LegalPlace, pour que chaque entrepreneur puisse comprendre ses droits.

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