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  • Après un achat sur internet, vous disposez de 14 jours pour changer d’avis, sans avoir à vous justifier (sauf exception).
  • Le vendeur doit vous rembourser toutes les sommes versées, frais de livraison standard compris, dans un délai de 14 jours.
  • Certains achats ne donnent pas droit à rétractation, comme les biens sur mesure, les produits descellés ou les contenus numériques déjà téléchargés.
  • Depuis le 19 juin 2026, les sites de vente en ligne doivent proposer une fonctionnalité de rétractation directement accessible, signalée par la mention « renoncer au contrat ici ».

Vous avez commandé un produit sur internet et vous le regrettez déjà ? Bonne nouvelle, la loi vous laisse le temps de revenir sur votre décision. C’est le droit de rétractation. Il vous permet d’annuler un achat à distance pendant 14 jours et d’être remboursé. Le délai exact, la marche à suivre pour être remboursé, les achats exclus et la réforme du 19 juin 2026 méritent toutefois quelques précisions.

Qu’est-ce que le droit de rétractation sur internet ?

Le droit de rétractation est la possibilité d’annuler un achat réalisé à distance pendant un délai de 14 jours, sans avoir à donner de motif ni à payer de pénalité. L’article L221-18 du Code de la consommation pose ce principe pour tous les contrats conclus à distance entre un professionnel et un consommateur.

Concrètement, vous achetez un article en ligne, vous le recevez, et vous estimez finalement qu’il ne vous convient pas. Vous pouvez le renvoyer et récupérer votre argent, même si le produit n’a aucun défaut. Ce droit existe parce que vous n’avez pas pu voir ni essayer le produit avant de l’acheter, contrairement à un achat en magasin.

Le vendeur doit vous informer de l’existence de ce droit avant que vous ne validiez votre commande. Cette information figure le plus souvent dans les conditions générales de vente du site. Elle doit être claire et accessible avant votre engagement. Ce droit a été renforcé en France par la loi Hamon de 2014, qui a notamment allongé le délai de 7 à 14 jours.

Le droit de rétractation s’applique aussi aux produits soldés, d’occasion ou déstockés, dès lors que l’achat est réalisé à distance. En revanche, un achat effectué lors d’une foire ou d’un salon n’ouvre aucun droit de rétractation, car ces lieux sont assimilés à un magasin.

Quels achats sont concernés par le droit de rétractation sur internet ?

Le droit de rétractation concerne les achats réalisés à distance, c’est-à-dire sans rencontre physique entre vous et le vendeur. L’achat sur un site internet en est le cas le plus courant, mais la règle vaut aussi pour les commandes passées par téléphone ou par correspondance (vente sur catalogue).

Le contrat doit être conclu entre un professionnel et un consommateur. Un consommateur est une personne qui achète pour un usage personnel, en dehors de toute activité professionnelle. Si vous commandez un bien pour vos besoins privés, vous êtes couvert. La nature du produit importe peu, qu’il s’agisse de vêtements, d’électroménager, de meubles ou d’un abonnement.

Si vous passez commande au nom de votre entreprise et pour son activité, vous n’êtes en principe pas considéré comme un consommateur. Le droit de rétractation ne joue alors pas automatiquement, sauf si votre entreprise emploie 5 salariés ou moins et que l’achat est étranger à votre domaine d’activité.

Quelles sont les exceptions au droit de rétractation ?

Tous les achats à distance n’ouvrent pas droit à rétractation. L’article L221-28 du Code de la consommation dresse la liste précise de ces exceptions. Elle est d’interprétation stricte, ce qui signifie qu’en cas de doute, la règle penche en faveur du consommateur.

Voici un tableau récapitulatif des principaux achats exclus du droit de rétractation :

Type d’achat exclu Pourquoi il n’y a pas de droit de rétractation
Bien fabriqué sur mesure ou personnalisé Il ne peut pas être revendu en l’état (meuble aux dimensions précises, vêtement sur mesure)
Produit périssable Il se détériore vite (denrées alimentaires, fleurs)
Produit descellé pour des raisons d’hygiène ou de santé Il ne peut plus être remis en vente (cosmétiques ouverts, sous-vêtements)
CD, DVD ou logiciel descellé La protection a été retirée par le client
Contenu numérique déjà téléchargé Le téléchargement a commencé avec votre accord et votre renonciation expresse
Service entièrement réalisé avant la fin du délai La prestation a été exécutée à votre demande expresse
Hébergement, transport, location de voiture, loisirs à une date précise Billets de train, réservation d’hôtel, place de concert
Journaux et magazines à l’unité Hors contrat d’abonnement
Pour un contenu numérique comme un film ou un logiciel à télécharger, vous perdez votre droit de rétractation uniquement si vous avez donné votre accord pour un démarrage immédiat et que vous avez renoncé expressément à ce droit. Une case pré-cochée par le vendeur ne suffit pas. Ce mécanisme de renonciation expresse au droit de rétractation doit résulter d’une action volontaire de votre part.

Qui peut se rétracter en cas d’achat sur internet ?

Le droit de rétractation est réservé au consommateur, c’est-à-dire à la personne qui achète pour un usage privé. Si vous commandez un produit pour vous-même ou votre foyer, vous bénéficiez du délai de 14 jours.

Un professionnel qui achète pour son activité n’a en principe pas ce droit. La loi prévoit toutefois une exception. L’article L221-3 du Code de la consommation accorde le droit de rétractation au professionnel qui emploie 5 salariés ou moins, à condition que l’objet du contrat n’entre pas dans son domaine d’activité principal.

Un plombier qui exerce seul et commande en ligne un logiciel de comptabilité peut se rétracter, car ce logiciel n’a rien à voir avec son métier de plombier. En revanche, s’il commande de la tuyauterie, l’achat relève de son activité et le droit de rétractation ne s’applique pas.

Le vendeur, lui, ne dispose d’aucun droit de rétractation. Une fois la commande acceptée, il est tenu de livrer le produit.

Quel est le délai de rétractation pour un achat sur internet ?

Vous disposez de 14 jours calendaires pour vous rétracter. Ce délai compte tous les jours de la semaine, week-ends et jours fériés inclus. Il s’agit d’un minimum légal, le vendeur peut décider d’accorder un délai plus long à ses clients.

Julien commande un appareil photo sur un site de vente en ligne et le reçoit le mardi 3 juin. Son délai de rétractation démarre le lendemain, le 4 juin, et court jusqu’au 17 juin à minuit. Il peut donc envoyer sa demande de rétractation à tout moment jusqu’à cette date, sans avoir à expliquer pourquoi il change d’avis.

Le décompte commence le lendemain de la réception du bien, jamais le jour même. Si le dernier jour tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié, le délai est prolongé jusqu’au premier jour ouvrable suivant.

Quand commence le délai de 14 jours ?

Le point de départ dépend de ce que vous avez acheté. Pour l’achat d’un bien, le délai court à partir du lendemain de la réception du produit. Pour un service, comme un abonnement, il court à partir du lendemain de la signature du contrat.

Si votre commande contient plusieurs articles livrés séparément, le délai démarre à la réception du dernier article. Pour un abonnement prévoyant des livraisons régulières, comme un magazine, il commence à la réception du premier numéro.

Que se passe-t-il si le vendeur ne vous a pas informé du droit à rétractation ?

Si le vendeur a oublié de vous informer de votre droit de rétractation, le délai est prolongé de 12 mois. L’article L221-20 du Code de la consommation prévoit cette sanction pour pousser les professionnels à respecter leur obligation d’information.

Si le vendeur finit par vous transmettre cette information pendant la période de prolongation, un nouveau délai de 14 jours démarre à compter du jour où vous la recevez.

Comment exercer son droit de rétractation sur internet ?

Pour vous rétracter, vous devez informer clairement le vendeur de votre décision avant la fin du délai de 14 jours. Deux solutions existent. Vous pouvez utiliser le formulaire type de rétractation que le vendeur doit joindre au contrat, ou rédiger vous-même une déclaration exprimant votre volonté d’annuler l’achat. Un courriel ou une lettre suffisent, du moment que votre intention est sans ambiguïté.

Vous n’avez aucun motif à donner. Le vendeur ne peut pas vous imposer de conditions particulières, comme l’envoi obligatoire d’une lettre recommandée.

Renvoyer le colis sans aucun message, ou refuser la livraison, ne vaut pas rétractation. Vous devez exprimer votre décision par écrit. Pensez à conserver une preuve de votre démarche, car en cas de litige, c’est à vous de prouver que vous avez respecté le délai. Toute clause d’un contrat qui vous ferait renoncer à votre droit de rétractation est nulle.

Droit de rétractation : qu’est-ce qui change au 19 juin 2026 ?

Depuis le 19 juin 2026, les sites de vente en ligne doivent proposer une fonctionnalité permettant de se rétracter directement en ligne, sans frais. Cette nouveauté vient de l’ordonnance n° 2026-2 du 5 janvier 2026 et de son décret d’application n° 2026-3, qui transposent la directive européenne 2023/2673 et modifient les articles L221-21 et D221-5 du Code de la consommation.

L’objectif est de rendre la rétractation aussi simple que l’achat. Avant cette réforme, le consommateur devait souvent rédiger une lettre ou retrouver un formulaire. Désormais, quelques clics suffisent.

Cette fonctionnalité de rétractation ne doit pas être confondue avec la résiliation « en trois clics », en place depuis le 1er juin 2023. La résiliation en trois clics sert à mettre fin à un abonnement en cours (assurance, téléphonie, streaming). La fonctionnalité de rétractation, elle, sert à annuler un achat à distance récent pendant le délai de 14 jours.

Qui est concerné par cette obligation ?

L’obligation de mettre en place un “bouton de rétractation” vise tous les professionnels qui vendent à distance à des consommateurs via une interface en ligne, quel que soit leur secteur. Une boutique en ligne de vêtements, un site d’électronique ou une plateforme d’abonnement sont concernés de la même façon, dès lors qu’un droit de rétractation s’applique à leurs ventes.

Le point important tient au périmètre géographique. L’obligation, issue de la directive européenne 2023/2673, s’applique à toute boutique en ligne qui s’adresse à des consommateurs situés dans l’Union européenne, peu importe que le vendeur soit lui-même établi dans l’UE ou ailleurs dans le monde. Un site basé hors d’Europe mais qui vend à des clients français doit donc s’y conformer.

En quoi consiste la fonctionnalité de rétractation ?

La loi impose un bouton ou un lien, signalé de manière lisible par la mention « renoncer au contrat ici » ou une formule équivalente sans ambiguïté. Cette fonctionnalité doit rester visible et facilement accessible pendant toute la durée du délai de rétractation.

En pratique, les sites placent souvent ce lien dans le pied de page (footer), qui apparaît sur toutes les pages. Le consommateur le retrouve ainsi facilement, quel que soit l’endroit où il se trouve sur le site. Cette solution n’est pas imposée par la loi, mais elle répond bien à l’exigence d’accessibilité permanente.

Les 3 étapes de la rétractation en ligne

La rétractation en ligne se déroule en trois temps :

  1. Le consommateur clique sur le bouton « renoncer au contrat ici » accessible depuis le site ;
  2. Il remplit un formulaire en ligne avec ses informations (nom, contrat concerné) puis valide sa décision grâce à un bouton « confirmer la rétractation » ;
  3. Le vendeur lui adresse un accusé de réception sur un support durable, par exemple un courriel de confirmation indiquant la date et l’heure de sa demande.

Quelles sanctions en cas de non-respect ?

Un professionnel qui ne met pas en place cette fonctionnalité s’expose à une amende administrative prononcée par la DGCCRF. Le montant peut atteindre 15 000 € pour un entrepreneur individuel et 75 000 € pour une société. De plus, les consommateurs bénéficient alors d’un délai de rétractation allongé à 1 an et 14 jours.

Les sites de vente en ligne ont donc tout intérêt à mettre leurs conditions générales de vente et leur interface en conformité.

Comment se faire rembourser un achat sur internet ?

Le remboursement d’un achat en ligne intervient automatiquement dès lors que vous vous êtes rétracté dans les délais. Une fois votre rétractation envoyée, le vendeur doit vous rembourser la totalité des sommes versées, prix du produit et frais de livraison standard compris. L’article L221-24 du Code de la consommation fixe le délai de remboursement à 14 jours maximum à compter du moment où le vendeur est informé de votre décision.

Le remboursement se fait par le même moyen de paiement que celui utilisé lors de l’achat, sauf si vous acceptez un autre mode sans frais supplémentaires. Pour la vente d’un bien, le vendeur peut attendre d’avoir récupéré le produit ou d’avoir une preuve de son expédition avant de vous rembourser.

Qui paie les frais de retour ?

Les frais de renvoi du produit sont en principe à la charge du client. Le vendeur peut toutefois décider de les prendre en charge. Surtout, s’il a oublié de vous prévenir que ces frais vous incombaient, c’est à lui de les supporter.

Les frais de livraison initiaux, eux, vous sont remboursés. Si vous aviez choisi un mode de livraison plus cher que l’option standard proposée, le vendeur ne rembourse que le coût de la livraison standard.

Que faire si le vendeur ne rembourse pas ?

Si le vendeur tarde à vous rembourser, contactez d’abord son service client, puis envoyez une lettre recommandée de mise en demeure. Le retard de remboursement suite à l’exercice du droit de rétractation est sanctionné par des majorations automatiques prévues par l’article L242-4 du Code de la consommation :

Retard de remboursement Majoration appliquée
Jusqu’à 10 jours Taux d’intérêt légal
Entre 10 et 20 jours 5 %
Entre 20 et 30 jours 10 %
Entre 30 et 60 jours 20 %
Entre 60 et 90 jours 50 %
Par mois supplémentaire + 5 points (dans la limite du doublement du prix)

Si le vendeur refuse toujours de rembourser, vous pouvez signaler le litige sur la plateforme SignalConso ou saisir une association de consommateurs ou la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad).

Un professionnel peut-il annuler une commande passée sur internet ?

Le vendeur ne dispose pas d’un droit de rétractation équivalent à celui du consommateur. Dès qu’il accepte votre commande, le contrat est formé et il doit en principe la livrer.

Il existe cependant des situations où le professionnel peut annuler une commande. C’est le cas en cas de rupture de stock, lorsque le produit n’est plus disponible. C’est aussi possible en présence d’une erreur manifeste, par exemple un prix affiché par erreur de façon dérisoire (un téléviseur vendu 5 € au lieu de 500 €). Dans ces hypothèses, le vendeur doit vous informer rapidement et vous rembourser intégralement si vous avez déjà payé.

Les conditions d’annulation par le vendeur figurent normalement dans les conditions générales de vente du site. Pensez à les consulter avant de commander pour connaître vos droits en cas d’indisponibilité.

Le droit de rétractation vous permet d’annuler un achat sur internet pendant 14 jours, sans justification, et d’obtenir le remboursement de toutes les sommes versées sous 14 jours, frais de livraison standard compris. Quelques achats y échappent, comme les biens sur mesure, les produits descellés ou les contenus numériques déjà téléchargés. Depuis le 19 juin 2026, les sites de vente en ligne doivent en plus proposer une fonctionnalité de rétractation accessible en ligne, sous peine d’amende. Côté vendeur, l’annulation d’une commande reste limitée à des cas précis comme la rupture de stock ou l’erreur manifeste de prix.

FAQ

Quel est le délai de rétractation pour un achat sur internet ?

Le délai est de 14 jours calendaires minimum. Il court à partir du lendemain de la réception du bien pour un achat de produit, ou du lendemain de la signature du contrat pour un service. Le vendeur peut proposer un délai plus long.

Comment se faire rembourser un achat sur internet ?

Envoyez votre demande de rétractation au vendeur avant la fin du délai de 14 jours, par formulaire type ou par une déclaration écrite claire. Le vendeur doit alors vous rembourser la totalité des sommes versées, frais de livraison standard inclus, dans un délai de 14 jours.

Quelles sont les exceptions au droit de rétractation ?

Le droit de rétractation ne s'applique pas aux biens sur mesure, aux produits périssables, aux articles descellés pour des raisons d'hygiène, aux CD, DVD et logiciels ouverts, aux contenus numériques déjà téléchargés avec renonciation expresse, ainsi qu'aux réservations d'hébergement, de transport ou de loisirs à une date précise.

Un professionnel peut-il annuler une commande ?

Le vendeur n'a pas de droit de rétractation et doit en principe livrer la commande qu'il a acceptée. Il peut toutefois l'annuler en cas de rupture de stock ou d'erreur manifeste, comme un prix affiché par erreur, à condition de vous rembourser intégralement.

Qui paie les frais de retour en cas de rétractation ?

Les frais de renvoi du produit sont en principe à la charge du consommateur. Ils reviennent au vendeur s'il a accepté de les prendre en charge ou s'il a omis de vous informer que ces frais vous incombaient.

Le droit de rétractation s'applique-t-il aux contenus numériques ?

Oui, sauf si vous avez accepté le téléchargement immédiat et renoncé expressément à votre droit de rétractation. Une simple case pré-cochée par le vendeur ne suffit pas à vous faire perdre ce droit.

Que change la réforme du 19 juin 2026 sur le droit de rétractation ?

Depuis le 19 juin 2026, les sites de vente en ligne doivent proposer une fonctionnalité de rétractation accessible directement en ligne, signalée par la mention « renoncer au contrat ici ». Elle concerne toutes les boutiques s'adressant à des consommateurs de l'Union européenne, sous peine d'une amende pouvant atteindre 75 000 € pour une société.

Le droit de rétractation existe-t-il pour un achat en magasin ?

Non. Le droit de rétractation est réservé aux achats à distance et hors établissement. Un achat réalisé en magasin n'ouvre aucun droit de rétractation légal, même si de nombreuses enseignes accordent un geste commercial de retour ou d'échange.
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Marion Cluptil

Juriste de formation et experte SEO, Marion Cluptil fait le lien entre la rigueur du droit et les exigences du référencement naturel pour que les contenus de LegalPlace soient aussi fiables qu’accessibles.

Dernière mise à jour le 22/06/2026

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Marion Cluptil

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