Un salarié a-t-il droit aux allocations chômage s’il démissionne de son contrat de travail ?
Dernière mise à jour le 01/04/2026
Le salarié qui démissionne de son emploi ne bénéficie pas en principe des allocations chômage. Cependant, il existe des situations dans lesquelles le salarié peut avoir droit au chômage même en cas de démission. Il s’agit de situations exceptionnelles car l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) est versée aux personnes privées involontaire d’emploi.
La démission d’un salarié ouvre-t-elle le droit au chômage ?
En général, dans le cadre d’une démission, le salarié n’a pas droit aux allocations chômage.
En effet, le salarié démissionnaire n’est pas considéré comme privé involontairement d’emploi. L’ARE est versée aux personnes qui ont été privé involontairement d’emploi. La démission correspond à une rupture du contrat de travail à l’initiative du salarié.
Toutefois, il existe des cas dans lesquels le salarié démissionnaire peut tout de même bénéficier du chômage.
Dans quelles situations le salarié démissionnaire peut-il bénéficier du chômage ?
Il existe différentes situations dans lesquelles les salariés démissionnaires peuvent prétendre à l’allocation chômage. Il faut alors distinguer les démissions :
- Considérées comme légitimes ;
- Dans le cadre d’une reconversion professionnelle ;
- En cours d’indemnisation ;
- Après réexamen par l’instance paritaire régionale.
Les démissions légitimes
La démission considérée comme légitime permet au salarié de bénéficier de l’allocation chômage. Ainsi, le salarié doit se trouver dans l’une des situations suivantes :
- Déménagement du salarié (suite à un mariage ou à un PACS, suite à des violences conjugales, etc.) ;
- Rupture d’un contrat de couple ou indivisible (cas d’un couple embauché par le même employeur) ;
- Démission d’un nouvel emploi dans les 65 jours : le nouveau contrat ne doit pas avoir duré plus de 65 jours et il doit faire suite à un licenciement, à une rupture conventionnelle ou à une fin de CDD ;
- Échec dans la création ou la reprise d’entreprise ;
- Démission du salarié après 3 ans d’affiliation sans interruption suivie de la signature d’un contrat en CDI rompu par l’employeur dans les 65 premiers jours de travail ;
- Rupture du contrat par le salarié du fait de l’employeur (non versement du salaire ou encore faute de l’employeur) ;
- Fin d’un contrat d’insertion par l’activité pour commencer un nouvel emploi ou intégrer une formation ;
- Fin d’un contrat unique d’insertion pour démarrer un emploi en CDI ou CDD d’au moins 6 mois ou pour intégrer une formation qualifiante ;
- Fin d’un contrat de service civique ou de volontariat de solidarité internationale, ou encore de volontariat associatif pour minimum un an ;
- Démission d’un journaliste (article L7112-5 du code du travail) en raison de problèmes de conscience professionnelle ou d’orientation politique.
Les démissions dans le cadre d’une reconversion professionnelle
Le salarié peut également bénéficier du droit au chômage lorsque sa démission intervient dans le cadre d’un projet de reconversion professionnelle.
Dans ce cas, le salarié doit respecter 4 conditions cumulatives :
- La démission du contrat de travail à durée indéterminée (CDI) doit avoir eu lieu après le 31 Octobre 2019 ;
- Le projet de reconversion doit être réel et sérieux ;
- La demande de conseil en évolution professionnelle (CEP) doit être faite avant la démission du salarié ;
- Le salarié démissionnaire doit avoir exercé une activité salariée continue durant 5 ans (soit 1300 jours travaillés) dans les 60 mois précédant la rupture du contrat. L’activité peut être exercée chez un même employeur ou avec plusieurs employeurs différents.
Les démissions en cours d’indemnisation
Lorsque la démission intervient alors que le salarié était en cours d’indemnisation, il peut continuer de bénéficier de l’ARE lorsque les conditions suivantes sont remplies :
- Le contrat rompu a duré moins de 8 jours ;
- Le contrat rompu représentait moins de 17 heures par semaine ;
- L’allocataire justifie de moins de 65 jours (455 heures) travaillés depuis l’ouverture de ses droits.
Les démissions après réexamen par l’instance paritaire régionale
Enfin, le salarié démissionnaire peut demander un réexamen de sa situation et le versement de l’ARE à l’instance paritaire régionale (IPR).
La demande de réexamen ne peut être effectuée qu’à l’issue d’un délai de 4 mois (soit 121 jours) sans versement de l’allocation chômage.
Par ailleurs, le démissionnaire devra démontrer qu’il recherche activement du travail depuis la rupture de son contrat. En cas d’acceptation du dossier par l’IPR, le bénéficiaire perçoit l’allocation à partir du 5ème mois qui suit la démission.
Quelles sont les conditions pour bénéficier de l’allocation chômage après une démission ?
Afin de bénéficier de l’allocation d’aide au retour à l’emploi, le salarié doit remplir certaines conditions et réaliser certaines démarches.
Les conditions pour bénéficier du chômage
Tout d’abord, le salarié doit respecter les conditions suivantes :
- Être involontairement privé d’emploi sauf cas exceptionnels de démission ;
- S’inscrire comme demandeur d’emploi (auprès de Pôle emploi) dans un délai de 12 mois après la fin du contrat de travail ;
- Résider sur le territoire français ;
- Rechercher activement un emploi et posséder les capacités physiques nécessaires à l’exercice d’un emploi ;
- Respecter les durées minimales de travail : au moins 6 mois (soit 130 jours ou 910 heures travaillés) dans les 24 derniers mois s’il a moins de 53 ans, ou dans les 36 derniers mois s’il a 53 ans ou plus.
De plus, le salarié ne doit pas pouvoir prétendre à la retraite à taux plein ou avoir liquidé une retraite anticipée à taux plein.
Par ailleurs, concernant le calcul des jours travaillés, l’administration prend en compte l’ensemble des emplois. Cependant, seuls 5 jours travaillés par semaine entrent dans ce calcul. Les jours de formation sont pris en compte uniquement à hauteur de maximum 2/3 du nombre de jours ou d’heures travaillés.
Les étapes à suivre après la démission
Ainsi, lorsque le salarié démissionnaire remplit les conditions pour bénéficier du chômage, il doit suivre les étapes suivantes :
- S’inscrire à Pôle emploi dans les 12 mois qui suivent la rupture du contrat de travail ;
- Joindre les pièces justificatives nécessaires pour le traitement du dossier ;
- Se présenter à la convocation de son conseiller.

En outre, le bénéficiaire doit impérativement actualiser sa situation tous les mois sur le site de Pôle emploi. En l’absence d’actualisation de sa situation, il risque d’être radié. Cette radiation l’empêche de bénéficier de son droit au chômage après avoir démissionné.
Comment le salarié peut-il rompre son contrat de travail ?
Le salarié qui souhaite démissionner doit respecter certaines règles. En effet, les règles diffèrent selon que le salarié est en contrat de travail à durée indéterminée (CDI) ou en contrat de travail à durée déterminée (CDD).
La démission d’un CDI
Lorsque le salarié est en CDI, il peut mettre fin à son contrat de travail à tout moment sans avoir à se justifier.
Pour cela, il doit exprimer de façon claire et non équivoque sa volonté de rompre le contrat à son employeur. En principe, il n’y a pas de forme particulière à respecter pour communiquer une démission sauf si le contrat prévoit une clause spécifique.
Il est, toutefois, recommandé au salarié de rédiger une lettre de démission en CDI et de la transmettre à l’employeur par courrier recommandé avec accusé de réception ou remise en main propre.
Par ailleurs, le salarié ne quitte pas immédiatement l’entreprise, il doit respecter un délai de préavis en CDI. Dans certains cas exceptionnels, le salarié peut être dispensé d’exécuter un préavis.
Le contrat de travail prend fin à l’issue du délai de préavis. L’employeur doit ensuite lui remettre les documents de fin de CDI tels que :
- Le certificat de travail ;
- Le solde de tout compte ;
- L’attestation France Travail ;
- Les dispositifs de participation, d’intéressement, plans d’épargne salariale, état récapitulatif de l’ensemble des sommes et valeurs mobilières épargnées.
Seuls les cas de démission exceptionnelle permettent au salarié de bénéficier de l’allocation chômage.
La démission d’un CDD
Dans le cadre d’un contrat de travail à durée déterminée (CDD), le salarié ne peut pas, en principe, rompre le contrat avant la date de fin.
Toutefois, la rupture anticipée du CDD est possible uniquement dans les cas suivants :
- Rupture d’un commun accord entre l’employeur et le salarié ;
- Faute grave ou lourde ;
- Force majeure ;
- Embauche du salarié en CDI ;
- Inaptitude du salarié.
Au même titre que pour le CDI, le salarié doit exprimer sa volonté de rompre le contrat de façon claire et non équivoque. La loi ne prévoit pas non plus de règle de forme pour avertir son employeur. Toutefois, il est toujours recommandé de rédiger une lettre de démission.
Le contrat prend fin à l’issue de la période de préavis. Celui-ci dépend de la durée totale du contrat. Il faut compter, en principe, 1 jour ouvré par semaine.
En outre, le salarié qui démissionne d’un CDD reçoit les mêmes documents de fin de contrat que le salarié qui démissionne d’un CDI.
FAQ
Comment quitter un CDI sans perdre ses droits France travail ?
Combien de jours travaillés pour toucher l'ARE après une démission ?
Quelle différence entre démission et abandon de poste ?
Dernière mise à jour le 01/04/2026
Connexion
Bonjour je suis actuellement contractuelle de droit privée en travaillant dans la fonction publique ( la Poste en l’occurrence) . Puis je bénéficier du dispositif démission reconversion ? Mon assistante sociale le dit que non ?
Bonjour,
Le dispositif de démission pour reconversion est régi notamment par les articles L5422-1 et L5422-1-1 du Code du travail ainsi que par la réglementation d’assurance chômage. Son bénéfice dépend du statut du salarié, de son affiliation au régime d’assurance chômage et des conditions légales d’éligibilité. Les règles applicables peuvent différer selon que l’employeur relève du secteur privé ou d’un employeur public.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.
Après ma démission j’ai été puni de 4 mois , à la suite je me suis inscrit a pole emploi et je nai pas eu d’allocations chômage,il faut que je travail aux moins 4 mois .pourquoi.
Bonjour,
L’allocation d’aide au retour à l’emploi est réservée aux personnes involontairement privées d’emploi (art. L5422-1 Code du travail). En cas de démission, l’ouverture des droits au chômage est soumise à des conditions particulières prévues par la réglementation d’assurance chômage. Un réexamen de la situation peut intervenir après une période d’activité professionnelle ou dans certains cas spécifiques.
Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat en droit social afin d’obtenir une analyse adaptée à votre situation personnelle.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée. L’équipe LegalPlace.
Bonjour,
Je souhaite démissionner d’un contrat d’apprentissage. Comment cela va-t-il se passer ? Vais-je devoir payer ma formation ? Est-ce que je vais avoir le droit au chômage ?
Est-ce que le droit au chômage revient après 3 mois ?
Merci beaucoup
Bonjour,
Le contrat d’apprentissage peut être rompu selon des modalités encadrées (art. L6222-18 Code du travail), notamment d’un commun accord ou après la période probatoire. Les conséquences financières et l’éventuel coût de la formation dépendent des règles applicables au contrat. Les droits au chômage relèvent des articles L5422-1 et suivants du Code du travail et dépendent des conditions d’ouverture.
Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat en droit du travail afin d’obtenir une analyse adaptée à votre situation personnelle.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée. L’équipe LegalPlace.
Bonjour,
je souhaite démissionner d un cdi, pour déménager et changer de département afin de rejoindre mon conjoint. J ai déjà un projet de cdd début septembre. Puis je prétendre aux indemnités chômage entre ces 2 laps de temps ?
Bonjour,
L’allocation d’aide au retour à l’emploi est ouverte en cas de privation involontaire d’emploi (art. L5422-1 Code du travail). La démission n’ouvre en principe pas droit au chômage, sauf cas limitativement prévus, notamment pour suivre un conjoint changeant de résidence (réglementation d’assurance chômage). Les conditions d’indemnisation entre deux contrats dépendent de ces règles.
Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat en droit social afin d’obtenir une analyse adaptée à votre situation personnelle.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée. L’équipe LegalPlace.
Bonjour,
Je démissionne pour créer mon entreprise puis je toucher le chômage ?
Sachant que j’ai mon cdi depuis octobre 2025 et que avant j’étais travailleur indépendant.
Merci
Bonjour, En principe, une démission n’ouvre pas droit aux allocations chômage, sauf si elle s’inscrit dans le dispositif spécifique de la « démission pour reconversion professionnelle » en vue de créer une entreprise. Pour en bénéficier, la loi impose toutefois des conditions d’éligibilité très strictes, notamment l’obligation de justifier d’une activité salariée continue de 5 ans (soit au moins 1 300 jours travaillés) au cours des 60 mois précédant la fin de votre contrat de travail. Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat spécialisé, qui saura vous renseigner davantage. En espérant que notre réponse vous sera utile, nous… Lire la suite »
Bonjour, je souhaiterais démissionner afin de m’installer à mon compte en ouvrant un gîte. Aurais-je le droit à l’ARE ?
Bonjour, Depuis la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel, un salarié démissionnaire peut en principe bénéficier de l’Allocation de retour à l’emploi (ARE) pour poursuivre un projet de création ou de reprise d’entreprise, tel que l’ouverture d’un gîte. En 2026, cette ouverture de droits est conditionnée à une durée d’activité salariée continue d’au moins cinq ans (soit 1 300 jours travaillés) précédant la démission. Le caractère réel et sérieux du projet doit être validé par une commission paritaire régionale avant la rupture du contrat de travail pour que le versement des allocations par France Travail soit possible.… Lire la suite »
Bonjour je voudrais démission de mon travail et ce que j ai droit un chômage
Bonjour,
La démission constitue une rupture volontaire du contrat de travail (art. L1231-1 Code du travail). En principe, elle n’ouvre pas droit à l’allocation d’aide au retour à l’emploi, sauf cas limitativement prévus par la réglementation d’assurance chômage. Les droits au chômage sont régis par les articles L5422-1 et suivants du Code du travail.
Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat en droit social afin d’obtenir une analyse adaptée à votre situation personnelle.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée. L’équipe LegalPlace.
Bonjour, je veux demissioner et puis je mettre mon employeur aux tribunal des prud’hommes après ma démission suite un harcèlement
Bonjour,
À titre général, la démission est un mode de rupture volontaire (art. L1231-1 Code du travail) et le harcèlement moral est prohibé (art. L1152-1). Les litiges individuels relèvent du conseil de prud’hommes (art. L1411-1).
Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat en droit du travail afin d’obtenir une analyse adaptée à votre situation personnelle.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.