Skip to content
  • Les intérêts courus représentent des gains ou des dettes financières accumulés au jour le jour, mais non encore payés à la clôture ;
  • Le principe d’indépendance des exercices impose de rattacher ces montants à la période où ils sont nés ;
  • Les écritures comptables utilisent des comptes spécifiques pour les intérêts courus, comme les comptes 1688 ou 518 selon la nature de l’opération ;
  • Ces opérations de régularisation font l’objet d’une contre-passation automatique dès l’ouverture de l’exercice suivant.

Évaluer les intérêts courus à la clôture de l’exercice comptable est indispensable pour rattacher vos charges financières à la bonne période et éviter de fausser votre bilan annuel. Que vous ayez un emprunt bancaire à rembourser ou un compte courant d’associé à rémunérer, il est important de bien les appliquer.

Qu’est-ce que les intérêts courus ?

Que signifie l’expression “intérêts courus” ? Dans la gestion d’entreprise, les intérêts courus sont des charges ou des produits financiers accumulés au jour le jour sur une période donnée. Leur particularité est qu’ils n’ont pas encore été payés ou reçus à la date de clôture de votre exercice comptable.

Intérêts courus : définition

Concernant l’ICNE, la définition de cet acronyme est : “intérêts courus non échus“. Cela représente des dettes ou des créances financières à régulariser en fin d’année. Ces intérêts courus se rapportent à l’exercice clos, mais leur règlement effectif n’interviendra qu’au cours de la période suivante. C’est le décalage temporel entre la génération de l’intérêt et son paiement contractuel qui crée cette situation comptable.

Intérêts courus vs intérêts échus

La distinction entre intérêts courus et intérêts échus repose sur l’exigibilité de la créance à une date précise. Pour les intérêts courus, la définition met l’accent sur une dette financière accumulée en cours de période, mais non encore réclamée par le créancier. Les intérêts courus échus désignent quant à eux des sommes dont la date de paiement est dépassée, sans que le règlement n’ait été constaté en banque. Cette nuance permet de séparer les charges d’inventaire des véritables retards de paiement de trésorerie.

Le principe comptable de rattachement à l’exercice de l’intérêt couru

Chaque exercice ne doit supporter que les charges et produits qui le concernent directement. Les intérêts courus constituent l’outil de régularisation idéal pour réaliser cet ajustement annuel de manière transparente. Cela évite d’impacter artificiellement le coût d’un emprunt sur la période suivante au détriment de l’image fidèle des comptes.

Quels sont les différents types d’intérêts courus ?

Dans le cadre d’un financement classique à moyen ou long terme, les intérêts courus sur emprunt représentent la dette financière accumulée par la société depuis le dernier prélèvement. L’établissement bancaire calcule cette somme au prorata du temps écoulé, en appliquant le taux nominal sur le capital restant dû jusqu’au jour de la clôture.

Les avances de fonds réalisées par les dirigeants (compte d’associés) font également l’objet d’une régularisation sous forme d’intérêts courus en fin d’exercice. Cette rémunération s’accumule au jour le jour en fonction des sommes laissées à la disposition de la trésorerie de l’entreprise. Pour ces intérêts courus, la déduction fiscale reste soumise au respect d’un taux d’intérêt réglementaire maximal publié chaque trimestre par l’administration.

Une obligation est un titre de dette qui verse un intérêt (le “coupon”) généralement une fois par an. Quand vous achetez ou vendez cette obligation au milieu de l’année, son prix affiché sur le marché est dit “au pied du coupon”, c’est-à-dire brut, hors intérêts. L’acheteur doit alors payer la part d’intérêts accumulés au jour le jour depuis le dernier versement, qui représentent les intérêts courus obligataires.

Pourquoi comptabiliser les intérêts courus ?

Enregistrer les intérêts courus à la clôture permet d’offrir une vision sincère du patrimoine de votre société. Les banquiers et les investisseurs scrutent la comptabilisation des intérêts courus pour évaluer l’endettement réel de votre structure. La régularisation des intérêts courus évite également de surévaluer votre bénéfice imposable de l’année.

Comment et quand calculer les intérêts courus ?

Le calcul des intérêts courus non échus se réalise généralement lors des travaux d’inventaire en fin d’année. Pour réussir cette opération, vous devez prendre en compte la date du dernier versement et la date de clôture. Le calcul des intérêts courus s’appuie sur le capital restant dû, le taux d’intérêt et le nombre de jours exacts écoulés. Cette étape permet d’obtenir un montant précis à intégrer dans vos écritures de clôture.

Calcul des intérêts courus sur un emprunt bancaire

Pour réussir le calcul sur un prêt classique, vous devez appliquer une formule de prorata temporis. La formule multiplie le capital restant dû par le taux d’intérêt, puis pondère le résultat par la fraction de l’année écoulée. Ce calcul des intérêts courus s’appuie sur le nombre de jours entre la dernière échéance et la clôture. C’est cette méthode rigoureuse qui garantit la justesse des intérêts courus enregistrés à l’inventaire.

Une entreprise possède un emprunt au taux annuel de 4 % dont la dernière mensualité a été payée le 15 décembre, pour une clôture au 31 décembre. Le capital restant dû s’élève à 100 000 €. Le calcul des intérêts courus pour les 16 jours restants s’écrit de la manière suivante.

ICNE = 100 000 x 0,04 x 16 / 365 = 175,34 €

Cet ajustement de l’intérêt couru permet de rattacher la charge exacte de 175,34 € à l’exercice clos.

Calcul des intérêts courus sur un compte courant d’associé

La rémunération des fonds déposés sur un compte courant d’associé répond à des règles de calcul similaires. Pour les intérêts courus, le calcul s’effectue au prorata du temps d’immobilisation des sommes sur l’année civile. Les intérêts courus d’un compte courant d’associé sont déductibles dans la limite d’un taux d’intérêt maximal fixé par l’administration. Cette opération d’intérêts courus doit être validée par une convention écrite préalable (ou une clause statutaire) fixant le taux et les modalités. Sans cet écrit, l’administration fiscale peut requalifier la charge en acte anormal de gestion.

Prenons la situation d’un associé qui dépose 20 000 euros sur son compte courant d’associé le 1er septembre. L’exercice comptable de la société est clos le 31 décembre, ce qui représente un temps d’immobilisation de 122 jours sur l’année civile. Si la convention d’intérêts courus prévoit un taux de 3 % par an, la formule 20 000 euros x 3 % x (122 / 365) permet d’obtenir un montant de 200,55 euros. L’entreprise déduira ce montant de son bénéfice imposable après avoir vérifié le respect du taux d’intérêts courus maximal légal.

L’administration fiscale encadre strictement la déductibilité fiscale pour éviter que les entreprises ne vident leurs bénéfices sous forme d’intérêts courus versés aux associés sans payer d’impôt sur les sociétés. Selon l’article 39 du Code général des impôts, la déduction des intérêts courus sur un compte courant d’associé est limitée par un taux plafond publié chaque trimestre. Si votre société calcule des intérêts courus avec un taux supérieur à cette limite légale, la fraction excédentaire doit obligatoirement être réintégrée de manière extra-comptable dans votre résultat imposable.

Ce taux de référence correspond à la moyenne des taux effectifs moyens pratiqués par les établissements de crédit pour des prêts à taux variable aux entreprises d’une durée initiale supérieure à deux ans. Par exemple, si vous calculez vos intérêts courus au taux de 5 % alors que le taux maximal publié par l’administration est de 4,5 % pour le trimestre concerné, la part de 0,5 % n’est pas déductible. L’entreprise devra réintégrer cet excédent d’intérêts courus dans son bénéfice taxable lors de l’établissement de sa liasse fiscale annuelle.

Pour que vos intérêts courus soient déductibles, même sous le plafond fixé par l’État, le capital de votre entreprise doit être entièrement libéré. Si un associé n’a pas encore versé la totalité de son apport en capital, l’administration fiscale refusera tout bonnement la déduction de vos intérêts courus de l’année.

Comment comptabiliser les intérêts courus ?

L’enregistrement des intérêts courus demande de manipuler des comptes spécifiques pour équilibrer votre bilan. La méthode de comptabilisation des intérêts courus consiste à utiliser des subdivisions du Plan comptable général pour isoler les charges. Les intérêts courus d’un emprunt dans le bilan doivent apparaître distinctement pour informer les banques et les tiers par exemple.

ComptaPlace simplifie votre comptabilité d'entreprise avec des outils adaptés à votre statut : micro-entrepreneur, SAS, SARL, EURL… Un accompagnement sur-mesure pour tenir vos compte.

La comptabilisation des intérêts courus non échus (ICNE) passifs

Pour enregistrer les intérêts courus liés à vos dettes, vous devez passer une écriture de régularisation en fin d’exercice. L’écriture comptable des intérêts courus consiste à imputer la charge financière au débit tout en constatant une dette au crédit. Les intérêts courus non échus apparaissent ainsi au passif de votre bilan annuel de manière transparente. Cette opération s’annule d’elle-même au premier jour de la période suivante.

Concernant les intérêts courus sur emprunt et leur comptabilisation, vous devez débiter le compte 6611 “Intérêts des emprunts et dettes” pour le montant calculé. En contrepartie, vous devez créditer le compte 1648 “Intérêts courus sur emprunts auprès des établissements de crédit” pour équilibrer l’écriture.

La comptabilisation des intérêts courus à recevoir (actifs)

Lorsqu’une entreprise détient un placement financier, elle doit comptabiliser les produits acquis non encore perçus. La comptabilisation des intérêts courus à recevoir s’enregistre à l’actif du bilan. Ils viennent alors augmenter le résultat financier de l’exercice au cours duquel ils ont couru.

Pour la comptabilisation des intérêts courus dans le compte à terme (placements de trésorerie de classe 5), vous devez débiter le compte 5188 “Intérêts à percevoir”. En contrepartie, vous devez créditer le compte 768 “Autres produits financiers” pour le montant des intérêts courus calculé à la clôture.

Pour un prêt accordé à une autre entreprise (créance financière à long terme de classe 2), l’écriture s’effectue différemment. Vous devez débiter le compte 2768 “Intérêts courus sur créances rattachées” (ou 2678 / 2688 selon la nature de la créance). En contrepartie, vous créditez le compte 768 (ou 762 pour les participations) pour enregistrer le produit financier d’intérêts courus acquis.

Il est également indispensable de traiter les créances commerciales lorsque vos clients accusent un retard de paiement. En cas de retard de règlement de facture, les intérêts courus contractuels ou les pénalités de retard dues doivent être comptabilisés en débitant le compte 4181 “Clients – Intérêts courus”. En contrepartie de ces intérêts courus, vous devez créditer le compte 7631 “Revenus des créances commerciales” pour matérialiser ce gain financier acquis au jour de la clôture.

Que signifie “intérêts courus et non échus à percevoir” ? Cette formule désigne les produits financiers générés par vos placements entre la dernière date de versement et la clôture des comptes.

Quels intérêts courus non échus (ICNE) selon le type de dette ?

Les intérêts courus ne se traitent pas de la même manière s’ils découlent d’un prêt, d’un découvert ou d’obligations. Le Plan comptable général propose des subdivisions pour les intérêts courus pour s’adapter à chaque situation.

Type de dette ou créance Compte de charges ou de produits Compte de bilan Règle des intérêts courus
Emprunt bancaire Compte 6611 Compte 1648 Prorata temporis sur base 360 ou 365 jours
Découvert bancaire Compte 6611 Compte 5181 Calcul des agios cumulés non encore prélevés
Compte courant d’associé Compte 6615 Compte 4558 Rémunération au prorata de l’immobilisation
Obligations Compte 66111 Compte 16881 Intérêts courus obligataires au pied du coupon
Créances clients Compte 7631 Compte 4181 Intérêts de retard ou contractuels calculés à la clôture
Comptes à terme Compte 768 Compte 5188 Produits financiers de trésorerie acquis à la clôture
Prêts accordés Compte 768 Compte 2768 Créances financières long terme rattachées

Pour calculer les intérêts, il existe deux façons de compter les jours dans une année.

  • La base 360 (ou année commerciale) : on simplifie le calcul en partant du principe que tous les mois durent 30 jours et que l’année fait 360 jours. C’est la norme pour la plupart des emprunts bancaires d’entreprises ;
  • La base 365 (ou année civile) : on utilise le calendrier réel (les vrais jours du mois divisés par 365). C’est ce qu’on applique plutôt sur les obligations ou l’épargne.

Les intérêts courus (ou ICNE pour “intérêts courus non échus”) sont des intérêts financièrement acquis sur la période écoulée, mais dont l’échéance de paiement n’est pas encore atteinte à la date de clôture de l’exercice. En application du principe de rattachement des charges à l’exercice, ils doivent être comptabilisés en charge (compte 6611) à la clôture, en contrepartie du compte de dette d’intérêts (compte 1648 pour les emprunts bancaires ou 1688 pour les autres emprunts et dettes assimilées). Ils sont ensuite contre-passés en début d’exercice suivant.

FAQ

Qu'est-ce que les intérêts courus sur un placement ?

Ce sont des produits financiers acquis au jour le jour sur un compte à terme ou un titre de créance, mais encore non-versés par l'organisme bancaire. À la clôture des comptes, ils doivent être enregistrés en produits financiers.

Les intérêts courus payés sont-ils négatifs ?

Non, les intérêts courus désignent simplement une régularisation de charge. Lors de l'achat d'une obligation, l'acquéreur verse les intérêts courus au vendeur pour la période écoulée, ce qui représente un versement compensé lors du paiement du prochain coupon annuel.

Quelle différence entre ICNE et intérêts capitalisés ?

Les intérêts courus non échus (ICNE) correspondent à une charge financière transitoire à payer à la prochaine échéance contractuelle. Les intérêts capitalisés sont directement intégrés au montant du capital restant dû pour générer de nouveaux intérêts sur le long terme.

Quelle différence entre ICNE et charges constatées d'avance ?

Les ICNE enregistrent une charge financière déjà consommée sur la période, mais dont la facture interviendra plus tard. Les charges constatées d'avance décrivent un paiement déjà effectué pour une prestation qui sera exécutée sur l'exercice suivant.

Quel est le compte à utiliser pour les ICNE sur emprunt ?

Pour un emprunt auprès d'un établissement de crédit, l'enregistrement des intérêts courus s'effectue en créditant le compte 1648 au passif du bilan (depuis la réforme PCG applicable aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2025). La contrepartie s'inscrit au débit du compte de charges 6611 pour garantir le rattachement de la charge à l'exercice.

Comment comptabiliser les intérêts courus sur un prêt inter-entreprises ?

À la clôture, le prêteur doit débiter le compte 2678 ou 2768 pour constater sa créance d'intérêts courus à recevoir. Il crédite en contrepartie le compte de produits 762 ou 768 pour enregistrer le produit financier d'intérêts courus acquis sur l'exercice.

Les intérêts courus sont-ils déductibles fiscalement ?

Oui, les charges d'intérêts courus (ICNE) sur emprunt ou compte courant d'associé sont déductibles de votre résultat fiscal. Pour valider cette déduction d'intérêts courus en cas de contrôle de l'administration, l'entreprise doit présenter l'échéancier officiel du contrat.

Doit-on calculer les intérêts courus sur un découvert bancaire ?

Oui, les agios accumulés depuis la date du dernier relevé de banque jusqu'au 31 décembre doivent être régularisés. Le comptable utilise le compte 5181 au crédit pour enregistrer cette dette d'intérêts courus à payer à court terme.

La contre-passation est-elle obligatoire ?

Oui, cette opération consiste à annuler l'écriture d'intérêts courus d'inventaire au premier jour de l'exercice suivant (en N+1). Elle permet d'accueillir la future facture globale de la banque sans double comptabilisation de la charge d'intérêts courus.

Comment traiter les intérêts courus dans une comptabilité de trésorerie ?

En comptabilité de trésorerie, les intérêts courus ne font l'objet d'aucune écriture d'inventaire en cours d'année. Ils sont enregistrés uniquement au moment de leur débit ou de leur crédit effectif sur le relevé de banque.
Devis d’expertise comptable

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L’ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

Dernière mise à jour le 19/05/2026

Sources de l'article

0 Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien
Commentaires en ligne
Afficher toutes les questions

Rédigé par

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L'ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris