Intérêts courus : définition, calcul et écritures comptables
Dernière mise à jour le 19/05/2026
- Les intérêts courus représentent des gains ou des dettes financières accumulés au jour le jour, mais non encore payés à la clôture ;
- Le principe d’indépendance des exercices impose de rattacher ces montants à la période où ils sont nés ;
- Les écritures comptables utilisent des comptes spécifiques pour les intérêts courus, comme les comptes 1688 ou 518 selon la nature de l’opération ;
- Ces opérations de régularisation font l’objet d’une contre-passation automatique dès l’ouverture de l’exercice suivant.
Évaluer les intérêts courus à la clôture de l’exercice comptable est indispensable pour rattacher vos charges financières à la bonne période et éviter de fausser votre bilan annuel. Que vous ayez un emprunt bancaire à rembourser ou un compte courant d’associé à rémunérer, il est important de bien les appliquer.
Qu’est-ce que les intérêts courus ?
Que signifie l’expression “intérêts courus” ? Dans la gestion d’entreprise, les intérêts courus sont des charges ou des produits financiers accumulés au jour le jour sur une période donnée. Leur particularité est qu’ils n’ont pas encore été payés ou reçus à la date de clôture de votre exercice comptable.
Intérêts courus : définition
Concernant l’ICNE, la définition de cet acronyme est : “intérêts courus non échus“. Cela représente des dettes ou des créances financières à régulariser en fin d’année. Ces intérêts courus se rapportent à l’exercice clos, mais leur règlement effectif n’interviendra qu’au cours de la période suivante. C’est le décalage temporel entre la génération de l’intérêt et son paiement contractuel qui crée cette situation comptable.
Intérêts courus vs intérêts échus
La distinction entre intérêts courus et intérêts échus repose sur l’exigibilité de la créance à une date précise. Pour les intérêts courus, la définition met l’accent sur une dette financière accumulée en cours de période, mais non encore réclamée par le créancier. Les intérêts courus échus désignent quant à eux des sommes dont la date de paiement est dépassée, sans que le règlement n’ait été constaté en banque. Cette nuance permet de séparer les charges d’inventaire des véritables retards de paiement de trésorerie.
Le principe comptable de rattachement à l’exercice de l’intérêt couru
Chaque exercice ne doit supporter que les charges et produits qui le concernent directement. Les intérêts courus constituent l’outil de régularisation idéal pour réaliser cet ajustement annuel de manière transparente. Cela évite d’impacter artificiellement le coût d’un emprunt sur la période suivante au détriment de l’image fidèle des comptes.
Quels sont les différents types d’intérêts courus ?
Dans le cadre d’un financement classique à moyen ou long terme, les intérêts courus sur emprunt représentent la dette financière accumulée par la société depuis le dernier prélèvement. L’établissement bancaire calcule cette somme au prorata du temps écoulé, en appliquant le taux nominal sur le capital restant dû jusqu’au jour de la clôture.
Les avances de fonds réalisées par les dirigeants (compte d’associés) font également l’objet d’une régularisation sous forme d’intérêts courus en fin d’exercice. Cette rémunération s’accumule au jour le jour en fonction des sommes laissées à la disposition de la trésorerie de l’entreprise. Pour ces intérêts courus, la déduction fiscale reste soumise au respect d’un taux d’intérêt réglementaire maximal publié chaque trimestre par l’administration.
Une obligation est un titre de dette qui verse un intérêt (le “coupon”) généralement une fois par an. Quand vous achetez ou vendez cette obligation au milieu de l’année, son prix affiché sur le marché est dit “au pied du coupon”, c’est-à-dire brut, hors intérêts. L’acheteur doit alors payer la part d’intérêts accumulés au jour le jour depuis le dernier versement, qui représentent les intérêts courus obligataires.
Pourquoi comptabiliser les intérêts courus ?
Enregistrer les intérêts courus à la clôture permet d’offrir une vision sincère du patrimoine de votre société. Les banquiers et les investisseurs scrutent la comptabilisation des intérêts courus pour évaluer l’endettement réel de votre structure. La régularisation des intérêts courus évite également de surévaluer votre bénéfice imposable de l’année.
Comment et quand calculer les intérêts courus ?
Le calcul des intérêts courus non échus se réalise généralement lors des travaux d’inventaire en fin d’année. Pour réussir cette opération, vous devez prendre en compte la date du dernier versement et la date de clôture. Le calcul des intérêts courus s’appuie sur le capital restant dû, le taux d’intérêt et le nombre de jours exacts écoulés. Cette étape permet d’obtenir un montant précis à intégrer dans vos écritures de clôture.
Calcul des intérêts courus sur un emprunt bancaire
Pour réussir le calcul sur un prêt classique, vous devez appliquer une formule de prorata temporis. La formule multiplie le capital restant dû par le taux d’intérêt, puis pondère le résultat par la fraction de l’année écoulée. Ce calcul des intérêts courus s’appuie sur le nombre de jours entre la dernière échéance et la clôture. C’est cette méthode rigoureuse qui garantit la justesse des intérêts courus enregistrés à l’inventaire.
Une entreprise possède un emprunt au taux annuel de 4 % dont la dernière mensualité a été payée le 15 décembre, pour une clôture au 31 décembre. Le capital restant dû s’élève à 100 000 €. Le calcul des intérêts courus pour les 16 jours restants s’écrit de la manière suivante.
ICNE = 100 000 x 0,04 x 16 / 365 = 175,34 €
Cet ajustement de l’intérêt couru permet de rattacher la charge exacte de 175,34 € à l’exercice clos.
Calcul des intérêts courus sur un compte courant d’associé
La rémunération des fonds déposés sur un compte courant d’associé répond à des règles de calcul similaires. Pour les intérêts courus, le calcul s’effectue au prorata du temps d’immobilisation des sommes sur l’année civile. Les intérêts courus d’un compte courant d’associé sont déductibles dans la limite d’un taux d’intérêt maximal fixé par l’administration. Cette opération d’intérêts courus doit être validée par une convention écrite préalable (ou une clause statutaire) fixant le taux et les modalités. Sans cet écrit, l’administration fiscale peut requalifier la charge en acte anormal de gestion.
L’administration fiscale encadre strictement la déductibilité fiscale pour éviter que les entreprises ne vident leurs bénéfices sous forme d’intérêts courus versés aux associés sans payer d’impôt sur les sociétés. Selon l’article 39 du Code général des impôts, la déduction des intérêts courus sur un compte courant d’associé est limitée par un taux plafond publié chaque trimestre. Si votre société calcule des intérêts courus avec un taux supérieur à cette limite légale, la fraction excédentaire doit obligatoirement être réintégrée de manière extra-comptable dans votre résultat imposable.
Ce taux de référence correspond à la moyenne des taux effectifs moyens pratiqués par les établissements de crédit pour des prêts à taux variable aux entreprises d’une durée initiale supérieure à deux ans. Par exemple, si vous calculez vos intérêts courus au taux de 5 % alors que le taux maximal publié par l’administration est de 4,5 % pour le trimestre concerné, la part de 0,5 % n’est pas déductible. L’entreprise devra réintégrer cet excédent d’intérêts courus dans son bénéfice taxable lors de l’établissement de sa liasse fiscale annuelle.
Comment comptabiliser les intérêts courus ?
L’enregistrement des intérêts courus demande de manipuler des comptes spécifiques pour équilibrer votre bilan. La méthode de comptabilisation des intérêts courus consiste à utiliser des subdivisions du Plan comptable général pour isoler les charges. Les intérêts courus d’un emprunt dans le bilan doivent apparaître distinctement pour informer les banques et les tiers par exemple.
La comptabilisation des intérêts courus non échus (ICNE) passifs
Pour enregistrer les intérêts courus liés à vos dettes, vous devez passer une écriture de régularisation en fin d’exercice. L’écriture comptable des intérêts courus consiste à imputer la charge financière au débit tout en constatant une dette au crédit. Les intérêts courus non échus apparaissent ainsi au passif de votre bilan annuel de manière transparente. Cette opération s’annule d’elle-même au premier jour de la période suivante.
Concernant les intérêts courus sur emprunt et leur comptabilisation, vous devez débiter le compte 6611 “Intérêts des emprunts et dettes” pour le montant calculé. En contrepartie, vous devez créditer le compte 1648 “Intérêts courus sur emprunts auprès des établissements de crédit” pour équilibrer l’écriture.
La comptabilisation des intérêts courus à recevoir (actifs)
Lorsqu’une entreprise détient un placement financier, elle doit comptabiliser les produits acquis non encore perçus. La comptabilisation des intérêts courus à recevoir s’enregistre à l’actif du bilan. Ils viennent alors augmenter le résultat financier de l’exercice au cours duquel ils ont couru.
Pour la comptabilisation des intérêts courus dans le compte à terme (placements de trésorerie de classe 5), vous devez débiter le compte 5188 “Intérêts à percevoir”. En contrepartie, vous devez créditer le compte 768 “Autres produits financiers” pour le montant des intérêts courus calculé à la clôture.
Pour un prêt accordé à une autre entreprise (créance financière à long terme de classe 2), l’écriture s’effectue différemment. Vous devez débiter le compte 2768 “Intérêts courus sur créances rattachées” (ou 2678 / 2688 selon la nature de la créance). En contrepartie, vous créditez le compte 768 (ou 762 pour les participations) pour enregistrer le produit financier d’intérêts courus acquis.
Il est également indispensable de traiter les créances commerciales lorsque vos clients accusent un retard de paiement. En cas de retard de règlement de facture, les intérêts courus contractuels ou les pénalités de retard dues doivent être comptabilisés en débitant le compte 4181 “Clients – Intérêts courus”. En contrepartie de ces intérêts courus, vous devez créditer le compte 7631 “Revenus des créances commerciales” pour matérialiser ce gain financier acquis au jour de la clôture.
Quels intérêts courus non échus (ICNE) selon le type de dette ?
Les intérêts courus ne se traitent pas de la même manière s’ils découlent d’un prêt, d’un découvert ou d’obligations. Le Plan comptable général propose des subdivisions pour les intérêts courus pour s’adapter à chaque situation.
| Type de dette ou créance | Compte de charges ou de produits | Compte de bilan | Règle des intérêts courus |
|---|---|---|---|
| Emprunt bancaire | Compte 6611 | Compte 1648 | Prorata temporis sur base 360 ou 365 jours |
| Découvert bancaire | Compte 6611 | Compte 5181 | Calcul des agios cumulés non encore prélevés |
| Compte courant d’associé | Compte 6615 | Compte 4558 | Rémunération au prorata de l’immobilisation |
| Obligations | Compte 66111 | Compte 16881 | Intérêts courus obligataires au pied du coupon |
| Créances clients | Compte 7631 | Compte 4181 | Intérêts de retard ou contractuels calculés à la clôture |
| Comptes à terme | Compte 768 | Compte 5188 | Produits financiers de trésorerie acquis à la clôture |
| Prêts accordés | Compte 768 | Compte 2768 | Créances financières long terme rattachées |
Pour calculer les intérêts, il existe deux façons de compter les jours dans une année.
- La base 360 (ou année commerciale) : on simplifie le calcul en partant du principe que tous les mois durent 30 jours et que l’année fait 360 jours. C’est la norme pour la plupart des emprunts bancaires d’entreprises ;
- La base 365 (ou année civile) : on utilise le calendrier réel (les vrais jours du mois divisés par 365). C’est ce qu’on applique plutôt sur les obligations ou l’épargne.
Les intérêts courus (ou ICNE pour “intérêts courus non échus”) sont des intérêts financièrement acquis sur la période écoulée, mais dont l’échéance de paiement n’est pas encore atteinte à la date de clôture de l’exercice. En application du principe de rattachement des charges à l’exercice, ils doivent être comptabilisés en charge (compte 6611) à la clôture, en contrepartie du compte de dette d’intérêts (compte 1648 pour les emprunts bancaires ou 1688 pour les autres emprunts et dettes assimilées). Ils sont ensuite contre-passés en début d’exercice suivant.
FAQ
Qu'est-ce que les intérêts courus sur un placement ?
Les intérêts courus payés sont-ils négatifs ?
Quelle différence entre ICNE et intérêts capitalisés ?
Quelle différence entre ICNE et charges constatées d'avance ?
Quel est le compte à utiliser pour les ICNE sur emprunt ?
Comment comptabiliser les intérêts courus sur un prêt inter-entreprises ?
Les intérêts courus sont-ils déductibles fiscalement ?
Doit-on calculer les intérêts courus sur un découvert bancaire ?
La contre-passation est-elle obligatoire ?
Comment traiter les intérêts courus dans une comptabilité de trésorerie ?
Dernière mise à jour le 19/05/2026
Sources de l'article
- Article 39 du Code général des impôts
- Article L123-14 du Code de commerce
- Bofip-Impôts BOI-BIC-PDSTK-10-20-20
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