Le licenciement pour inaptitude après 50 ans
Dernière mise à jour le 19/09/2024
On parle de licenciement pour inaptitude lorsque l’état de santé physique ou mental du salarié le rend incapable de poursuivre son contrat de travail. Même dans le cas d’un licenciement pour inaptitude après 50 ans, cette inaptitude doit être déclarée par le médecin du travail après un examen médical. Lorsque le salarié est déclaré inapte, son licenciement intervient après que l’employeur a mis tout en œuvre pour reclasser le salarié à un autre poste adapté à son état de santé. Le salarié doit percevoir des indemnités de licenciement et des allocations.
Quelles sont les indemnités en cas de licenciement pour inaptitude après 50 ans ?
Montant et calcul
Le calcul de l’indemnité de licenciement se fait suivant l’ancienneté du salarié et selon qu’il s’agisse d’une inaptitude non professionnelle ou professionnelle.
Dans le cas d’un licenciement pour inaptitude non professionnelle, c’est-à-dire que cette dernière n’a pas un lien avec l’activité du salarié au sein de l’entreprise, le montant de l’indemnité de licenciement est égal au montant de l’indemnité de rupture conventionnelle. La formule pour calculer le montant de l’indemnité de rupture conventionnelle est la suivante : 1/5 du salaire mensuel brut qu’on multiplie par le nombre d’années d’ancienneté (si l’ancienneté est inférieure à 10 ans). À partir de la 11e année d’ancienneté, on ajoute 2/15 du salaire mensuel brut multiplié par le nombre d’années au-delà des 10 ans d’ancienneté.
Dans le cas d’un licenciement pour inaptitude professionnelle, par exemple, un accident de travail ou une maladie professionnelle, le montant de l’indemnité est égal à 2 fois le montant de l’indemnité conventionnelle.
L’indemnité compensatrice de congés payés
Le licenciement pour inaptitude donne également au salarié le droit de percevoir une indemnité spécifique dont le montant équivaut au montant de l’indemnité compensatrice de congés payés. Le montant de cette indemnité est égal à la rémunération totale qu’aurait perçue le salarié s’il avait pu bénéficier de ses congés payés avant que n’intervienne le licenciement pour inaptitude.
Les indemnités compensatrices de préavis
De même que dans le cas d’un licenciement pour faute grave ou lourde, le licenciement pour inaptitude dispense automatiquement le salarié du délai de préavis. Ainsi, l’employeur n’a pas l’obligation de lui verser une indemnité compensatrice de préavis, sauf le cas où la convention collective le prévoit.
Par ailleurs, si le licenciement concerne une inaptitude non professionnelle, le salarié peut recevoir une indemnité compensatrice de préavis si :
- L’employeur n’a pas respecté l’obligation de rechercher par tous les moyens le reclassement du salarié à un autre poste de travail ;
- L’employeur n’a pas procédé au versement du salaire légal après le délai de 1 mois ;
- Le conseil de prud’hommes estime que le licenciement est injustifié ou sans cause réelle et sérieuse.
Si par contre, le licenciement est pour une inaptitude professionnelle, l’employeur peut avoir à verser au salarié une indemnité compensatrice de préavis et une indemnité supplémentaire, lorsqu’il est établi que, l’inaptitude professionnelle du salarié est causée par une erreur grave de l’employeur.
Quel droit au chômage après 50 ans ?
Dans tous les cas de licenciement, le salarié a toujours le droit à des allocations au chômage. Pour en bénéficier, le salarié doit remplir des conditions de droit commun. Au nombre de ces conditions, il faut que le salarié ait travaillé au moins 6 mois au cours des 24 derniers mois pour les salariés seniors de moins de 53 ans. Pour les seniors de plus de 53 ans, les 6 mois de travail doivent être effectués au cours des 36 derniers mois après le dernier contrat de travail.
Les salariés de plus de 50 ans, quant à eux, ont le droit de choisir l’allocation la plus avantageuse entre l’Allocation de Solidarité Spécifique (ASS) et l’Allocation d’Aide au Retour à l’Emploi (ARE). Ils peuvent aussi cumuler les allocations au chômage avec leur pension militaire ou leur pension de vieillesse jusqu’à la retraite.
En ce qui concerne la durée pendant laquelle seront versées les allocations au chômage, il ressort du droit commun que :
- Si le salarié a au moins 50 ans et moins de 53 ans, la durée de versement des allocations est de 2 ans ;
- Si le salarié a 53 ans ou 54 ans, la durée de versement des allocations est de 2 ans et demi ;
- Si le salarié a au moins 55 ans et plus, la durée de versement des allocations est de 3 ans.
Par ailleurs, afin d’encourager les seniors à se former, le droit commun prévoit que si le salarié a 53 ans au moins et 55 ans au plus, la durée de versement de ses allocations au chômage peut être prolongée à 6 mois, s’il suit les formations proposées par France Travail dans le cadre du PPAE (Projet Personnalisé d’Accès à l’Emploi). Pour cela, il faut qu’il ait travaillé au moins deux ans et demi au cours des 36 mois précédant son dernier contrat de travail.
Lire aussi : Licenciement après 60 ans : conséquences et motifs
Quelles sont les étapes du licenciement pour inaptitude ?
Le licenciement pour inaptitude n’est pas totalement différent des autres formes de renvoi. Les étapes restent les mêmes. Seulement, dans le cas du licenciement pour inaptitude, il y a un préalable à faire avant d’entamer la procédure du licenciement. Il s’agit de déclarer le salarié inapte à continuer le travail par le médecin du travail, puis il faut rechercher le reclassement du salarié à un autre poste.
Comment se déclare l’avis d’inaptitude ?
Depuis janvier 2017, une seule visite médicale peut suffire pour que l’avis d’inaptitude d’un salarié soit déclaré par le médecin du travail. Une deuxième visite peut toutefois être demandée par le médecin du travail s’il la juge nécessaire afin de faire des analyses complémentaires. Au cours de cette deuxième visite, le médecin du travail échange avec le salarié sur les possibilités d’adaptation du poste de travail, des mesures de réorganisation du lieu de travail ou la nécessité de mutation vers un autre poste. Cette deuxième visite permet en effet au médecin du travail de justifier sa décision avec des éléments objectifs.
Lorsque le médecin du travail demande une deuxième visite, celle-ci doit se faire au plus deux semaines suivant la première, et la déclaration de l’avis d’inaptitude doit se faire à la même date au plus tard.
Par ailleurs, il faut souligner que cette déclaration doit éviter d’être faite un jour où l’employé est en arrêt maladie. De plus, le médecin du travail ne peut décider de l’inaptitude du salarié qu’après un examen des conditions de travail et du poste de travail.
Lorsque le médecin du travail décide de l’inaptitude du salarié, les motifs invoqués doivent être mentionnés dans le dossier médical du salarié. Dès lors, pendant une période d’un mois, le salarié ne doit plus se présenter au travail et ne reçoit pas de salaire pour cette période. Passé ce délai, l’employeur doit procéder au versement du salaire légal au salarié.
Le reclassement du salarié
Suite à la déclaration de l’avis d’inaptitude, l’employeur a l’obligation de rechercher le reclassement du salarié à un autre poste équivalent et qui soit adapté à son état de santé.
La recherche du reclassement du salarié à un autre poste s’effectue en prenant en compte l’avis du médecin du travail et ses éventuelles propositions. Cette obligation de reclassement est très importante et le non-respect par l’employeur de cette étape peut être préjudiciable en cas de recours devant le conseil de prud’hommes.
Notons que le reclassement est une obligation de moyen et non de résultat. C’est pourquoi l’employeur doit prouver qu’il a fait l’effort de prendre en compte toutes les possibilités dans la recherche de reclassement du salarié à un poste ; y compris la mutation vers un autre établissement de l’entreprise ou la réorganisation du poste de travail.
Si après tous les efforts, le reclassement du salarié s’avère impossible, l’employeur doit informer le salarié en lui exposant les raisons de cette impossibilité. L’information doit parvenir au salarié par écrit avant que la convocation à l’entretien préalable du licenciement ne lui soit envoyée.
D’un autre côté, l’employeur peut avoir trouvé des possibilités de reclassement du salarié que celui-ci a le droit de refuser. À partir du moment où le salarié refuse les propositions de reclassement faites par l’employeur, la loi du Travail du 8 août 2016 autorise l’employeur à commencer la procédure de licenciement pour inaptitude.
Le licenciement effectif du salarié
Après avoir essayé de reclasser le salarié sans succès ou si le salarié a refusé toutes les propositions qui lui ont été faites ; l’employeur envoie alors au salarié une convocation à un entretien préalable de licenciement. La convocation à l’entretien est faite par courrier recommandé avec avis de réception ou remise en main propre contre décharge. La convocation à l’entretien doit obligatoirement mentionner l’objet de l’entretien, la date, le lieu et l’heure de l’entretien ainsi que la possibilité pour le salarié de se faire assister. Des délais précis en cas de licenciement pour inaptitude du salarié sont à respecter.
L’entretien doit se tenir au moins 5 jours après la réception de la convocation par le salarié. L’entretien préalable du licenciement pour inaptitude permet au salarié de vérifier si l’employeur a réellement recherché toutes les possibilités de reclassement. Il peut se faire assister par un autre salarié ou un conseiller du salarié figurant sur la liste départementale accessible à l’inspection du travail ou à la mairie.
Au cours de l’entretien, l’employeur, quant à lui, doit exposer au salarié les motifs du licenciement, notamment les conclusions du médecin du travail, l’impossibilité de reclassement ou le refus par le salarié des propositions de reclassement. Ensuite, l’employeur peut répondre aux éventuelles questions du salarié.
Après l’entretien préalable de licenciement, l’étape suivante est la notification de la décision au salarié. Elle doit se faire dans un délai minimum de 48 heures suivant l’entretien préalable. La notification du licenciement doit se faire par lettre recommandée avec avis de réception. Elle doit rappeler au salarié les motifs de son renvoi, sans oublier de mentionner tous les efforts qui ont été faits pour son reclassement, les motifs de l’impossibilité de reclassement ou son refus de toutes les propositions de reclassement faites par l’employeur.
La lettre de licenciement marque la fin du contrat de travail. Rappelons que dans ce cas de figure, le départ du salarié se fait sans préavis.
Quels sont les droits du salarié lors d’un licenciement pour inaptitude ?
Dans ce type de rupture de contrat, le salarié a droit à :
- Une visite médicale ou deux si nécessaire ;
- Un reclassement à un autre poste si cela est possible ;
- Un entretien préalable de licenciement ;
- Une lettre de licenciement exposant les motifs de la décision;
- Les documents de fin de contrat (l’attestation France Travail, le solde pour tout compte et l’attestation de travail) ;
- Une indemnité de licenciement ;
- Une indemnité compensatrice de congés payés ;
- Les allocations chômage.
Il va de l’intérêt de l’employeur de ne pas négliger un seul des droits du salarié, au risque que le renvoi soit reconsidéré devant le conseil de prud’homme en licenciement injustifié ou irrégulier.
FAQ
Quelles sont les indemnités en cas de licenciement pour inaptitude ?
Peut-on bénéficier du chômage après 50 ans ?
Quel est le délai pour un licenciement pour inaptitude ?
Dernière mise à jour le 19/09/2024
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Comment faire si mon employeur ne veut pas me mes 13mois et mes congés payés
Bonjour,
Le paiement du salaire et des accessoires de rémunération constitue une obligation de l’employeur (art. L3242-1 Code du travail). Le treizième mois et l’indemnité de congés payés sont dus lorsqu’ils résultent de la loi, d’une convention collective, d’un contrat de travail ou d’un usage (art. L3141-28 pour les congés payés). Les litiges relatifs au paiement relèvent du conseil de prud’hommes (art. L1411-1).
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.
Après avoir vu la mèdecine du travail qui m’aura mis en inaptitude est-ce que je dois prolonger mon arrêt de travail ?
Bonjour,
À titre général, l’inaptitude est constatée par le médecin du travail (art. L4624-4 Code du travail) et entraîne des obligations pour l’employeur, notamment en matière de reclassement ou de rupture. L’arrêt de travail relève d’un régime distinct.
Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat en droit du travail afin d’obtenir une analyse adaptée à votre situation personnelle.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée. L’équipe LegalPlace.
bonjour, j ai été licencié au mois de novembre 2026 pour inaptitude (médecin du travail) suite à un accident de travail à 59 ans . je me suis inscrit à france travail, à combien de temps j ai droit au chômage. je suis rqth 2eme catégorie reconnu par mdph . merci cordialement.
Bonjour,
L’allocation d’aide au retour à l’emploi est régie par les articles L5421-1 et suivants du Code du travail. La durée d’indemnisation dépend notamment de l’âge et de la durée d’affiliation antérieure (art. L5422-1 C. trav. et réglementation d’assurance chômage). Les situations d’inaptitude ou de handicap peuvent relever de dispositifs spécifiques prévus par les textes applicables.
Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat spécialisé en droit social afin d’obtenir une analyse adaptée à votre situation personnelle.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée. L’équipe LegalPlace.
Bonjour,
après la déclaration d inaptitude si l employé propose des postes. il possible d en choisir un mais si jamais les conditions font que ce nouveau poste s avère ne pas convenir est ce que la procédure d inaptitude court tjs et le licenciement aura lieu? Merci
Bonjour,
En principe, après une déclaration d’inaptitude, l’employeur est tenu de rechercher un reclassement. Si un poste est proposé et accepté par le salarié, mais que celui-ci ne s’avère finalement pas adapté, la situation peut être réévaluée. Une nouvelle constatation d’inaptitude peut alors être prononcée, et la procédure de licenciement fondée sur l’inaptitude pourra reprendre.
Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat spécialisé, qui saura vous renseigner davantage.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.
Bonjour je suis en arrêt pour maladie professionnelle et la medecine du travail me déclare inapte
mon employeur me propose un autre poste. Est-ce que je peux refuser ?
mon employeur est-il obligé de me licencier ?
Bonjour,
En principe, en cas d’inaptitude déclarée par la médecine du travail, l’employeur est tenu de rechercher un reclassement, conformément à l’article L1226-10 du Code du travail. Le salarié peut refuser la proposition si elle n’est pas adaptée à ses capacités ou ne respecte pas les prescriptions médicales. En l’absence de reclassement possible ou en cas de refus légitime, l’employeur doit engager une procédure de licenciement.
Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat spécialisé, qui saura vous renseigner davantage.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.
Bonjour
Je vais être déclarée inapte le 12 janvier
Puis je me remettre en arrêt maladie en attendant la lettre de licenciement
Bonjour, À la suite d’un avis d’inaptitude, l’employeur dispose d’un délai d’un mois pour procéder au reclassement ou au licenciement du salarié. Durant cette période, le contrat de travail est suspendu et le salaire n’est généralement pas maintenu. Si un nouvel arrêt de travail est prescrit pour une pathologie différente ou une prolongation avant la rupture effective du contrat, le versement d’indemnités journalières par la Sécurité sociale est possible, mais cela ne suspend pas le délai imparti à l’employeur pour mener la procédure de licenciement. Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat spécialisé, qui saura vous renseigner davantage.… Lire la suite »
Bonjour
Mon mari a été déclaré inapte sans reclassement possible le 04 juillet 2024.il a été convoqué par son employeur le 18 juillet pour l’informer de son licenciement.A ce jour aucune nouvelle aucun courrier. Quel est le dalaï apres l’entretien pour recevoir sa lettre de licenciement ? Merci
Bonjour je vais être licenciée pour inaptitude, mon employeur à dépassé le délai d’un mois pour la notification de mon licenciement donc il me verse mon salaire tous les mois, mais je voudrais savoir le délai maximum qu’il à pour me licencier et me faire parvenir mes papiers de fin de contrat.
Bonjour,
En effet, à l’issue du délai d’un mois, l’employeur doit reprendre le versement de votre salaire jusqu’au licenciement. Dans votre situation, nous vous invitons à prendre contact avec un avocat qui saura vous renseigner sur la procédure à suivre.
En vous souhaitant une agréable journée.
L’équipe LegalPlace