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Ouvrir un Food Truck

Ouvrir un Food Truck

Le succès des Food Trucks ces dernières années ne ralentit pas, bien au contraire. Les propriétaires ne manquent pas d’idées pour créer des concepts toujours plus originaux et la concurrence est rude. Les entrepreneurs à l’initiative de tels concepts ont créé leurs entreprises à l’aide de projets réalistes et solides, aussi petites soient-elles, à deux ou non et aux formes juridiques variées.

Comment devenir entrepreneur et mener à bien son projet de création d’un Food Truck ? Voici toutes les ficelles et formalités pour que votre projet prenne vie dans les meilleures conditions.

Les trois étapes préalables à l’ouverture d’un Food Truck

Avant de vous lancer dans cette aventure, une réflexion s’impose en amont pour bien cadrer le projet. Il faut trouver un concept original à même de capter la clientèle, se poser la question du véhicule adapté et de l’emplacement idéal. Pour valider la faisabilité de votre projet, il faut élaborer un business plan pour ne pas partir à l’aveugle et risquer de perdre son investissement.

Trouver le concept parfait

Aujourd’hui, le Food Truck fait vraiment partie des nouveaux modes de consommation des Français. On en trouve à chaque coin de rue et il y en a pour tous les goûts. La première étape de l’entrepreneur qui souhaite ouvrir un Food Truck est de trouver, face à cette concurrence, le concept qui va surprendre les clients. Il faut faire émerger la plus-value du projet qui va faire la différence avec les autres professionnels déjà en place sur le marché.

Autrement dit, il s’avère indispensable d’identifier la valeur ajoutée que l’on souhaite apporter à ses clients par rapport à ses concurrents. Pour cela, l’entrepreneur doit faire le point sur ces compétences culinaires et sur les tendances du marché. La nourriture biologique a le vent en poupe et se lancer sur ce marché peut séduire les clients de plus en plus soucieux du contenu de leur alimentation. Le tout est de trouver le bon compromis entre ses aptitudes et les attentes des clients.

Choisir le camion et les meilleurs emplacements

Une fois le concept arrêté, il est temps de s’attaquer à la logistique. Le camion constitue l’investissement le plus important du projet. Il y a lieu de s’appesantir un peu sur son choix, car il est également la vitrine de votre entreprise. Il peut être acheté neuf ou d’occasion et peut même être loué.

Une vigilance toute particulière doit être portée à la sécurité des installations gaz et électrique et des moyens de sécurité incendie. L’entrepreneur doit prendre le temps de comparer les différentes offres auprès de plusieurs fabricants. C’est une démarche longue et fastidieuse, mais indispensable pour trouver le camion qui correspond pleinement au projet de Food Truck.

Bon à savoir : à compter du 1er janvier 2018, tous les commerçants ont l’obligation d’utiliser un système d’enregistrement sécurisé certifié NF525. À défaut, le commerçant s’expose à une amende de 7500 €. Le créateur d’un Food Truck a tout intérêt à vérifier que les équipements du camion permettent l’installation de ce système.

Réaliser un business plan

Il n’y a pas de bon projet sans une bonne étude de marché. Lorsque l’on envisage d’ouvrir un Food Truck, il est essentiel d’élaborer un business plan précis et détaillé. Cela permet au créateur d’être rassuré sur la faisabilité de son projet. Cela s’avère également indispensable pour la recherche de financements auprès des banques. Cette étude prospective met en balance les dépenses engagées et les recettes présumées de l’activité.

Elle met ainsi en valeur le bénéfice qui peut être dégagé sur les premières années d’exercice. Il est bien évident que si le business plan ne fait apparaître aucun bénéfice sur le long terme, l’entrepreneur a tout intérêt à abandonner le projet en amont afin d’éviter de se mettre dans une situation financière délicate. Le business plan amène l’entrepreneur à se poser la question du coût de revient et du prix de vente. Ce dernier doit être capable de compenser le coût de revient et permettre à l’entrepreneur de se dégager une marge, sachant que le budget consacré à l’alimentation des ménages est restreint.

L’immatriculation de l’entreprise

Immatriculer son entreprise, cela implique notamment de sélectionner une forme juridique adaptée, mais aussi de réaliser toutes les démarches nécessaires en matière d’enregistrement des statuts et autres formalités administratives.

Choisir le statut juridique adapté

Une fois le projet validé vient l’heure du choix du statut juridique de l’entreprise. Plusieurs paramètres rentrent en ligne de compte dans ce choix. Un des premiers réflexes peut être de se tourner vers le statut de micro-entrepreneur pour bénéficier de son régime micro-social et micro-fiscal.

Cette solution doit être réfléchie au regard de plusieurs paramètres. L’ouverture d’un Food Truck n’est pas une activité comme une autre. Elle peut être considérée comme une activité artisanale ou commerciale ou être une activité commerciale et artisanale :

  • Le propriétaire exerce une activité artisanale s’il vend des plats réalisés à partir de produits frais à consommer à emporter ou à livrer ;
  • Le propriétaire sera commerçant si les plats peuvent être consommés sur place et s’il vend des boissons.

Il sera donc fréquent que le propriétaire d’un Food Truck possède à la fois le statut d’artisan et de commerçant, ce qui l’exposera à différents niveaux de cotisations sociales et ce qui peut compliquer la gestion administrative et financière de l’entreprise.

De plus, le propriétaire du Food Truck ne doit pas dépasser un certain chiffre d’affaires pour pouvoir bénéficier du régime juridique de micro-entrepreneur. Il existe deux seuils à ne pas dépasser dans le cadre d’activités d’achat-vente sont les suivants :

  • 82800 € : Jusqu’à ce seuil, l’entrepreneur n’est pas soumis à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) ;
  • 170 000 € : jusqu’à 170 000 €, l’entrepreneur peut rester sous le régime de la micro-entreprise mais doit facturer et reverser la TVA.

En fonction des prévisions de chiffre annuel contenues dans le business plan réalisé, l’entrepreneur optera donc pour la micro-entreprise ou un autre statut juridique, entreprise individuelle ou société. Il peut être utile de se faire accompagner pour déterminer la structure juridique la plus adaptée.

Accomplir les formalités nécessaires

Les formalités à accomplir diffèrent selon le statut juridique choisi.

Pour le régime juridique du micro-entrepreneur

L’immatriculation peut se faire en ligne ou par courrier. En ligne, cette démarche peut être effectuée sur le site de l’État du Guichet des Entreprises. Mais celle-ci est également réalisable sur le site des Chambres de Métiers et de l’Artisanat pour les activités artisanales ou celui d’Infogreffe pour les activités commerciales.

L’entrepreneur doit renseigner le formulaire P0 CMB micro-entrepreneur conçu pour la création des activités commerciales ou artisanales. Ce formulaire peut être complété par écrit et envoyé à la Chambre des Métiers et de l’Artisanat (CMA) ainsi qu’à la Chambre des Commerces et de l’Industrie (CCI) en cas de vente de produits non fabriqués, comme les boissons.

Pour la création d’une entreprise individuelle

Le formulaire P0 CMB est à renvoyer aux mêmes organismes cités plus hauts.

Pour la création d’une société

Dans le cas d’une société, tout dépend de la forme sociale adoptée. Pour constituer une SA ou une SAS, il faut utiliser le formulaire Cerfa n° 13959*06. Pour la création d’une SARL, le formulaire Cerfa n°11680*6 est le principal document à remplir et transmettre. La création peut se faire en ligne.

Le suivi de stages et de formations

Avant de lancer son activité de Food Truck, l’entrepreneur devra suivre des formations :

Une formation sur l’hygiène

Cette formation obligatoire doit être suivie auprès d’un organisme agréé et a une durée de 14 heures. Une liste est établie au niveau régional, comme c’est le cas pour la région Île-de-France.

Une formation pour vendre des boissons de 3e groupe

Tout exploitant d’un établissement qui propose la vente de boissons alcoolisées de 3e groupe doit être titulaire d’une licence l’autorisant à les commercialiser. Pour obtenir cette licence, il doit suivre une formation afin de se voir délivrer un permis d’exploitation.

Bon à savoir : Il est interdit aux propriétaires de Food Truck de commercialiser des boissons alcoolisées de 4e et 5e groupe depuis le 1er janvier 2016, comme l’ensemble des commerces ambulants.

 

Les autorisations et démarches nécessaires pour ouvrir un Food Truck

Avant d’ouvrir son Food Truck, l’entrepreneur doit obtenir un certain nombre d’autorisations et faire quelques démarches indispensables. Il doit déclarer son activité auprès de la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP), s’assurer du respect des règles de sécurité applicables pour les établissements recevant du public (ERP), disposer d’une autorisation d’occupation du domaine public et être titulaire d’une carte de commerçant ambulant.

Déclarer son activité auprès de la DDCSPP

Avant toute commercialisation de denrées alimentaires comportant des produits d’origine animale, il est impératif de faire une déclaration auprès de la Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection de la Population (DDCSPP). Cette déclaration se fait par l’intermédiaire du formulaire de déclaration de manipulation de denrées alimentaires d’origine animale, Cerfa n°13884*05. Ce formulaire peut être rempli en ligne ou envoyé par correspondance à la DDCSPP.

Respecter les règles de sécurité pour un ERP (Établissement Recevant du Public)

En tant que propriétaire et gestionnaire d’un établissement recevant du public (ERP), le créateur d’un Food Truck est tenu de respecter la réglementation relative aux ERP contenue dans le Code de la Construction et de l’Habitation. La prise en compte de cette réglementation est essentielle dès le choix du camion, afin de s’assurer dès l’origine qu’il est adapté aux normes en vigueur. Ce type de véhicule est un ERP de 5e catégorie.

Obtenir l’autorisation nécessaire pour occuper le domaine public

Le propriétaire d’un Food Truck doit obtenir une autorisation d’occupation temporaire (AOT) du domaine public pour s’installer sur un emplacement. Elle prend ici la forme d’un permis de stationnement qui valide une occupation sans emprise au sol. La demande doit être faite auprès de l’autorité administrative propriétaire de la voirie. Il s’agit souvent de la mairie, mais cela peut être la préfecture si l’emplacement est situé aux abords d’une route nationale ou départementale et dans certains emplacements communaux.

Le mieux reste de se renseigner auprès des services communaux, qui vous orienteront vers le bon interlocuteur. L’autorité administrative dispose d’ailleurs d’un délai de 2 mois pour donner sa réponse. En cas de silence de l’administration, l’autorisation est considérée comme refusée. L’autorisation n’est pas gratuite, elle donne lieu au paiement d’une redevance.

Bon à savoir : En cas d’installation sans permis de stationnement, l’entrepreneur s’expose à une amende de 1500 €.

Obtenir une carte de commerçant ambulant

Le propriétaire d’un Food Truck doit solliciter l’obtention d’une carte de commerçant ambulant auprès de la Chambre de commerce et d’Industrie (CCI). Pour cela, l’entrepreneur doit constituer un dossier et adresser le formulaire Cerfa n°14022*02 auprès du Centre de Formalités des Entreprises. Cette carte est délivrée pour 4 ans. La demande devra donc être renouvelée à l’issue de cette période.

Quelle fiscalité pour une activité de Food Truck ?

La fiscalité applicable à ce type de véhicule dépend de la forme juridique choisie par l’entrepreneur. Aucune disposition spécifique ne s’applique à ce type d’activité.

L’imposition des bénéfices

Si l’entrepreneur opte pour le régime juridique de la micro-entreprise, il est imposé à l’impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP) sur ses bénéfices personnels. S’il crée une entreprise individuelle à responsabilité limitée (EIRL) ou une entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL), il a le choix entre être soumis à l’IRPP ou choisir l’impôt sur les sociétés.

Dans le cas de la création d’une société (SAS, SASU, SA et SARL), le propriétaire du Food Truck est imposé sur ses bénéfices selon les règles de l’impôt sur les sociétés. À titre dérogatoire, il peut, pendant une durée de 5 ans maximum, déclarer les bénéfices réalisés par sa société à l’IRPP.

Quelle TVA faut-il appliquer ?

Le taux de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) varie selon le type de produits vendus dans le cadre de l’activité de Food Truck. L’entrepreneur doit être vigilant pour fixer les bons prix à sa carte et ne pas se retrouver avec des régularisations complexes et chronophages. Trois taux de TVA sont applicables :

  • Un taux de TVA à 10 % est appliqué sur la vente de plats et de desserts à consommer immédiatement ;
  • Ce même taux concerne aussi la vente de boissons non alcoolisées vendues dans des contenants ne permettant pas leur conservation ;
  • Un taux de TVA de 5,5% s’applique sur la vente de plats et desserts dans des contenants permettant une consommation différée ;
  • Ce même taux concerne la vente de boissons non alcoolisées vendues dans des contenants permettant leur conservation ;
  • Enfin, il est prévu l’application d’un taux de TVA normal à 20 % pour la vente de boissons alcoolisées.

Pour se lancer dans l’aventure de la « street food », mieux vaut en connaître au préalable tous les rouages. C’est une expérience entrepreneuriale passionnante, mais qui requiert une bonne préparation.

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Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L'ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

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