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À moins d’être exclu dans les conditions statutaires prévues lors de la constitution de la société (clause d’exclusion), la sortie d’un associé d’une Société civile immobilière (SCI) est permise dans certaines limites strictes : en aucun cas les associés ne peuvent se défaire de leurs engagements et responsabilités en totale liberté. Si la loi et le juge peuvent l’autoriser à sortir d’une SCI, l’associé est souvent tenu par les dispositions applicables figurant dans les statuts de la SCI. Une telle démarche peut parfois entraîner une transformation de la SCI, notamment si la structure ou l’objet de la société évolue suite à ce départ.

Mésentente avec les autres associés, séparation du couple propriétaire des parts sociales de la société, besoin de récupérer ses apports dans le cadre d’un projet distinct ou encore volonté de transmettre le patrimoine constitué : les raisons qui incitent à quitter une SCI sont nombreuses.

Quelles sont les principaux moyens pour sortir d’une SCI ?

Il existe plusieurs moyens permettant à un associé de quitter une SCI :

  • Donner ses parts sociales à ses héritiers : la donation de parts sociales aux enfants à hauteur de 100 000€ tous les 15 ans permet à l’associé de quitter progressivement la SCI tout en conférant à ses héritiers la propriété d’un bien immobilier. En respectant le seuil de 100 000€ dans le cadre de donations parents-enfants, l’associé exonère ses enfants du paiement de droits de mutation.
  • Céder ses parts sociales : la cession de parts sociales de la SCI est le moyen le plus simple de sortir de la société. Le cessionnaire peut être un autre associé, la société elle-même ou bien un tiers, auquel cas il est nécessaire d’obtenir l’agrément de l’assemblée générale des associés.
  • Exercer son droit de retrait : l’exercice du droit de retrait permet à un associé de sortir de la SCI en récupérant les apports effectués au capital de la société au moment de sa création. L’exercice de ce droit est subordonné à l’agrément de l’assemblée générale des associés.
  • Dissoudre la SCI : la dissolution de la SCI permet la sortie conjointe de l’ensemble des associés de la société. Elle met toutefois un terme à son existence juridique.

Comment sortir de la SCI en donnant ses parts à ses héritiers ?

Outil de prédilection pour constituer, gérer puis transmettre un patrimoine immobilier, la SCI poursuit souvent comme but ultime la transmission des immeubles aux héritiers dans les meilleures conditions fiscales.

La sortie de l’associé de SCI est généralement planifiée de manière progressive, en vue de bénéficier du mécanisme des abattements successifs : elle vise à transmettre un bien immobilier de son vivant, pour économiser aux héritiers le paiement de droits de succession dans la SCI et sans verser de droits de donation.

Bon à savoir : dans ce cadre, il est utile de rappeler que les donations sont exonérées de droits de mutation dans la limite de 100 000 € par enfant et par parent, exonération renouvelable tous les 15 ans. Il existe par ailleurs plusieurs cas de figure en cas de succession dans une SCI tel que la succession d’une SCI familiale.

Une fois l’ensemble des parts sociales donné aux héritiers, le donateur n’est plus associé dans la société civile immobilière. Il n’a plus l’obligation d’administrer les biens immobiliers ni d’être présent aux assemblées générales, il n’est plus responsable de ses dettes et ne participe plus aux bénéfices réalisés.

Certains parents conservent toutefois la gérance de la société jusqu’à leur décès, afin d’en contrôler la gestion et d’assurer la préservation du patrimoine. La sortie d’un associé de la SCI n’est en effet pas incompatible avec l’exercice de la fonction de gérant de la société.

Attention : la donation à un tiers, lorsqu’elle est envisagée comme issue ultime par l’associé qui veut quitter la SCI, est soumise à des droits de mutation d’un montant d’autant plus élevé que le lien de parenté est éloigné. Dans ce cas de figure, sortir de SCI peut coûter très cher.

Comment quitter une SCI en cédant ses parts sociales ?

Pour sortir d’une SCI, l’associé peut envisager de céder ses parts. Mais attention, la cession de parts sociales de société civile immobilière est strictement encadrée par la loi d’une part, par les statuts d’autre part (notamment par la clause d’agrément).

A défaut de disposition statutaire contraire et en application des articles 1861 et suivants du Code civil, la cession de parts pour sortir de la SCI nécessite l’agrément préalable obligatoire du nouvel associé, par décision unanime de l’assemblée générale des associés.

Les statuts peuvent prévoir des conditions de majorité plus souples ou le seul accord du gérant pour agréer un nouvel associé dans le cadre d’une cession de parts. Toutefois, en aucun cas les statuts ne peuvent autoriser l’entrée d’un nouvel associé à la sortie du cédant sans aucun agrément préalable de la part de la SCI.

Sauf clause statutaire contraire, la cession de parts sociales n’est pas soumise à agrément lorsque le cessionnaire est un associé déjà présent dans la SCI, un conjoint, un descendant ou un ascendant.

A défaut d’agrément par l’assemblée générale, l’associé peut néanmoins sortir de la SCI : les associés qui refusent l’entrée du nouvel associé ont l’obligation de proposer un autre cessionnaire ou d’acheter eux-mêmes les parts sociales pour permettre au cédant de quitter la SCI.

La sortie de société civile immobilière conséquente à la vente des parts sociales permet à l’associé sortant de se faire payer le montant du prix de vente de la cession.

Bon à savoir : en cas de difficulté dans la fixation du prix de vente des parts de SCI, un expert peut être désigné à cet effet.

Comment exercer son droit de retrait pour sortir d’une SCI ?

La loi accorde à l’associé qui souhaite quitter la SCI, le droit de s’en retirer en récupérant la valeur de ses apports. Cette option peut être utile lorsque le prix de vente fixé par expert, le cas échéant, est jugé trop bas par l’associé qui sort de la société.

Se retirer est également une solution privilégiée lorsqu’il n’est pas trouvé d’acquéreur dans le cadre du projet de cession : dans une SCI familiale propriétaire d’un bien occupé à titre gratuit, peu de tiers peuvent s’avérer intéressés, par exemple.

L’exercice du droit de retrait est toutefois soumis à conditions. En effet, à défaut de mention dans les statuts, l’associé, pour sortir de la SCI en récupérant son investissement initial, doit obtenir l’autorisation des associés à l’unanimité. Les statuts peuvent prévoir une majorité plus souple – accord des 2/3 des associés, par exemple.

Lorsque l’exercice de son droit de retrait porte préjudice aux tiers, la sortie de l’associé est compromise. Le préjudice peut résulter de la récupération de son apport en nature, par exemple, qui empêche la société de percevoir des revenus locatifs pour rembourser l’emprunt contracté.

A défaut d’accord en assemblée générale, l’associé peut demander une autorisation de se retirer auprès du tribunal sur la base de justes motifs. Constitue notamment un juste motif la mésentente de nature à créer une situation de blocage empêchant la poursuite des activités de la SCI. Le juge considère également l’instance de divorce et l’abus de majorité comme de justes motifs de retrait.

Comment dissoudre la SCI pour permettre la sortie conjointe des associés ?

En cas de mésentente grave entre les associés, l’un d’entre eux peut solliciter le juge afin d’obtenir la dissolution de la SCI. L’article 1844-7 du Code civil permet de demander la dissolution anticipée de la société pour justes motifs. Dans ce cadre, l’associé doit pouvoir justifier des conséquences néfastes de la mésentente observée au sein de la structure.
Lorsque la volonté de quitter la SCI émane de la totalité des associés, ils peuvent provoquer sa dissolution anticipée par décision prise en AG dans le respect des règles statutaires – des règles légales, à défaut.

? Zoom : en choisissant de dissoudre votre SCI avec LegalPlace pour sortir de la société, vous pourrez vous décharger de cette tâche contraignante tout en bénéficiant de l’accompagnement de nos experts et de nos formalistes. Il vous suffit de remplir un questionnaire rapide en ligne puis de nous communiquer les documents requis.

Quelles sont les conséquences et les formalités de la sortie d’un associé de la SCI ?

Les conséquences et les formalités de sortie de SCI sont différentes selon les modalités de départ de l’associé.

La SCI n’a plus qu’un seul associé

La SCI doit obligatoirement être constituée par 2 associés au minimum. Lorsque le départ de l’associé, par retrait ou par cession interne, implique la réunion des parts de SCI en une seule main, l’associé unique dispose d’un délai de 1 an pour régulariser la situation en faisant entrer un nouvel associé. A défaut, la société risque la dissolution, bien que l’administration fasse souvent preuve d’une certaine tolérance.

Bon à savoir : il est impossible de créer une SCI seul.

Le retrait de l’associé implique une diminution de fait du capital social de SCI

Lorsqu’un associé se retire, il peut récupérer la valeur de ses apports en numéraire ou en nature. Sauf au sein d’une SCI à capital variable, la société est contrainte de mettre les statuts en conformité avec la réalité en officialisant la réduction de capital : la réduction du capital social de SCI fait l’objet d’une modification des statuts. Dans ce contexte, la procédure implique des formalités de publicité et d’enregistrement des nouveaux statuts mis à jour.

La cession de parts pour sortir de SCI doit être enregistrée

Lorsque l’associé qui souhaite quitter la SCI parvient à céder ses parts sociales, l’acte de cession doit non seulement être enregistré aux impôts, mais aussi faire l’objet de formalités au greffe du tribunal. En revanche, l’AG n’a pas l’obligation de procéder à la modification des statuts.

La SCI dissoute doit être liquidée

Les formalités conséquentes à la dissolution d’une SCI consistent en la liquidation et la radiation de la société.

FAQ

Comment sortir d'une SCI familiale ?

Les modalités de sortie d'une SCI familiale sont identiques à celles d'une SCI classique : Donation progressive des parts sociales Cession de l'ensemble des parts sociales Exercice sous condition du droit de retrait

Comment racheter les parts sociales d'une SCI ?

Afin de racheter les parts sociales d'une SCI, il convient d'abord d'adresser une offre de rachat à l'un des associés. Cette offre doit faire l'objet d'un agrément par l'assemblée générale des associés. Dans le cas contraire, l'offre de rachat sera rejetée.

Comment forcer un associé à vendre ses parts ?

Un associé ne peut être contraint de vendre ses parts sociales, à moins de faire jouer la clause d'exclusion éventuellement incluse dans les statuts.
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Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L’ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

Dernière mise à jour le 20/11/2025

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Comment sortir d’une sci? 
je suis pacsée avec mon conjoint je souhaite quitter la sci afin de pourvoir racheter une part de succession.

Cette sci est financé par un prêt immobilier, elle s auto finance 

Sci à 50/50 comment obtenir ma part?

Bonjour,
Un associé peut sortir d’une SCI par cession de ses parts, sous réserve des conditions prévues par les statuts et de l’agrément des associés (art. 1861 C. civ.). La valeur des parts est librement fixée ou déterminée selon les modalités prévues (art. 1843-4 C. civ.). L’associé cédant récupère le prix de cession, distinct des biens détenus par la société.
Nous vous invitons à prendre contact avec un notaire afin d’obtenir une analyse adaptée à votre situation personnelle.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée. L’équipe LegalPlace.

Bonjour
Je vais sortir d’une sci en reprenant mon apport initial uniquement.
Y a t-il des impôts ou taxes à prévoir ?
Je vous remercie

Bonjour, Lors de la sortie d’une SCI par rachat de vos parts sociales, la fiscalité dépend de l’existence d’une plus-value immobilière. Si vous ne récupérez que votre apport initial sans aucune valorisation supplémentaire, il n’y a théoriquement pas de gain imposable au titre des plus-values. En revanche, le retrait peut entraîner des droits d’enregistrement à la charge de la société ou des associés restants. Des frais d’actes et de formalités au Registre du commerce et des sociétés sont également à prévoir pour acter la modification des statuts. Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat spécialisé, qui saura vous… Lire la suite »

Bonjour je vous écris pour mon fils qui a 1 part dans une SCI, 99 à 1 autre associé. Il a demandé son retrait par lettre recommandée il y a 2 ans sans réponse de l’autre associé. Il veut en sortir pour conflit entre associés. Par quel recours peut-il obtenir son retrait sachant que l’autre associé ne répond à aucun courrier? Peut-il me céder sa part?

Bonjour, Le retrait d’un associé d’une Société Civile Immobilière (SCI) est strictement encadré par les statuts ou, à défaut, par les dispositions du Code civil. En l’absence de réponse de l’autre associé et si les statuts ne prévoient pas de clause de retrait spécifique, le retrait peut être autorisé par une décision de justice pour motifs justifiés, tels que l’existence d’une mésentente paralysant le fonctionnement de la société. Par ailleurs, la cession de la part sociale à un tiers, y compris à un ascendant, nécessite généralement l’agrément des autres associés selon les modalités prévues par les statuts ou par la… Lire la suite »

Bonjour j ai créé une sci en 2000 avec mon ex femme aujourd’hui Nous avons fait estimer les biens ( 7 lots) et elle récupère 4 lots en sortant de la SCI; Jusque la aucun souci , par contre moi je reste dans cette SCI ou je vais plus tard donner les parts de mon ex femme à mes enfants , le notaire me dis que je dois payer minimum 4% de plus value Je comprend pas car je récupère mes bien et je n ai nullement l’intention de les vendre pour l ‘instant Pouvez vous m’aider Merci a vous… Lire la suite »

Bonjour, En principe, la sortie d’un associé d’une SCI avec attribution de biens en nature constitue une opération taxable, même sans vente. Fiscalement, cela est assimilé à une cession des parts contre des actifs, déclenchant l’imposition de la plus-value sur les biens attribués (article 150 U, I du CGI). Ainsi, si votre ex-épouse reçoit 4 lots en échange de la cession de ses parts, la SCI est réputée avoir « vendu » ces biens. Une plus-value peut donc être calculée et taxée, notamment si les biens ont pris de la valeur depuis leur acquisition. Les 4 % évoqués correspondent probablement aux… Lire la suite »

Bonjour,
Le pere de mes enfants et moi-même avons 1 sci familiale, il est gérant et avons 50% de parts chacun. Je souhaiterais en sortir sachant que je n’ai mis aucun argent dedans. Le bien lui appartient. Quelles solutions existent ?? Est ce que je peux céder mes parts à mes enfants mineurs ?? Et si c’est n’est pas possible, est ce que je peux exercer mon droit de retrait?? Doit-on passer devant 1 notaire ou autre afin de finaliser tout cela?? Merci à vous

Bonjour , je suis en SCI avec mon conjoint pour un bien en nue-propriété pour lequel la SCI a souscrit un prêt dont je suis co-solidaire . Puis je me défaire du prêt en quittant la SCI?

Bonjour,
Quitter une SCI ne met pas automatiquement fin aux obligations personnelles liées à un prêt. Si vous vous êtes porté co-emprunteur ou caution solidaire, vous restez engagé envers la banque, même après votre retrait de la SCI, sauf accord exprès de l’établissement prêteur. Cette situation est distincte de votre qualité d’associé au sein de la société.

En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.

Bonjour, nous avons une maison en sci depuis très longtemps – nous avons 90 % mais les impossibles de trouver les actionnaires des 10%restant et le tribunal refuse de dissoudre la sci – Que faire ?
mille mercis cordialement

Bonjour, Si le tribunal refuse la dissolution de la SCI en raison de l’absence des associés minoritaires, vous pouvez envisager une procédure en déshérence ou tenter de les exclure en justice pour inexécution de leurs obligations. Vous pouvez également demander la désignation d’un mandataire ad hoc pour les représenter. Enfin, la prescription extinctive de leurs droits sociaux après 30 ans peut être une solution si aucune manifestation de leur part n’a eu lieu. Il est conseillé de consulter un avocat pour engager la procédure la plus appropriée. En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle… Lire la suite »

Bonjour,
Je suis dans une sci familiale qui n’est plus en activité depuis 2017 ,nous sommes trois et j’aimerais sortir de cette sci qui est sans activité
Quelles sont les démarches à suivre

Merci

Bonjour, Pour sortir d’une SCI familiale, même sans activité, vous devez céder vos parts sociales conformément aux statuts de la société. Cette cession nécessite généralement l’accord unanime des autres associés, sauf clause contraire des statuts (article 1861 du Code civil). Une fois l’accord obtenu, la cession doit être constatée par un acte sous seing privé ou notarié, puis enregistrée auprès du service des impôts dans un délai d’un mois. Enfin, une modification des statuts doit être réalisée et publiée dans un journal d’annonces légales, suivie d’une inscription modificative au Registre du commerce et des sociétés. Vous pouvez également envisager la… Lire la suite »

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Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L'ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris