Le droit au chômage et licenciement pour faute grave ou lourde
Dernière mise à jour le 12/09/2025
Lors de la rupture d’un contrat de travail, le salarié a droit aux allocations chômage, même dans le cas d’un licenciement pour faute grave ou lourde (à condition qu’il remplisse certaines conditions de durée d’affiliation, d’âge et de localisation). Le licenciement pour faute grave ou lourde est une rupture de contrat de travail pour motif personnel. Ici, le motif du licenciement est une faute importante commise par le salarié et ayant des conséquences négatives sur le bon fonctionnement de l’entreprise. Le montant de l’allocation est déterminé en fonction du Salaire Journalier de Référence.
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Avez-vous le droit au chômage après un licenciement pour faute grave ou lourde ?
Lorsque vous êtes licencié pour faute grave ou lourde, vous avez le droit de bénéficier des allocations chômage. Il s’agit en fait de l’Aide au Retour à l’Emploi (ARE), plus connue sous l’appellation « chômage ». En revanche, le salarié licencié pour ce même type de faute n’a pas droit aux indemnités de préavis. Cela s’explique par le fait que ce type de faute (grave ou lourde) empêche le maintien dans l’entreprise de l’employé fautif. Il ne bénéficie pas non plus d’une période de préavis.
Délai d’attente
En règle générale, en cas de licenciement, le délai d’attente pour commencer à percevoir l’ARE est de 7 jours au minimum. Ce délai court à partir du jour où vous avez fait votre inscription à France Travail (anciennement pôle emploi). Par exemple, si votre contrat prend fin le 31 mai et que vous vous inscrivez au chômage à France travail le 2 juillet, le versement de l’ARE ne commencera qu’à partir du 9 juillet.
Dans certains cas, le délai d’attente peut être différé. Premièrement, le délai est différé lorsque le salarié bénéficie d’une indemnité de congés payés lors du licenciement. Le différé est illimité et correspond au nombre de jours de congés qui doivent être normalement payés.
Deuxièmement, le délai peut être différé de 150 jours si le salarié touche les indemnités de licenciement. Dans le cas d’un licenciement pour faute grave ou lourde, ce différé ne s’applique pas car le salarié n’a pas droit aux indemnités de licenciement.
En cas d’abandon de poste ?
Le cas de l’abandon de poste est une situation ou le salarié ne se présente plus à son poste de travail sans motif et sur une longue période. L’abandon de poste diffère d’un licenciement ou d’une démission, car ce n’est pas une rupture de contrat.
L’employeur a un délai de 6 semaines pour constater l’abandon de poste et entamer la procédure de licenciement. S’il ne le fait pas, le contrat reste valide. Ainsi, le salarié n’a pas le droit ni aux indemnités de rupture de contrat ni aux allocations chômage (ARE).
En cas de faute lourde ?
En cas de faute lourde, l’employeur doit constater la faute et lancer des enquêtes si nécessaire. Il a également un délai de 2 mois pour entamer la procédure de licenciement. La faute lourde suppose que le salarié a commis volontairement un acte qui nuit à l’entreprise. De ce fait, le maintien du salarié dans l’entreprise devient impossible. L’employeur peut choisir de procéder à une mise à pied conservatoire du salarié. Si la procédure de licenciement aboutit au licenciement du salarié pour faute lourde, cela ouvre à ce dernier le droit au chômage. Le délai d’attente pour toucher le chômage dans le cas d’un licenciement pour faute lourde est aussi de 7 jours après l’inscription à France travail.
Les conditions pour bénéficier de l’allocation chômage
En général, toute rupture de contrat de travail, pour quelque motif que ce soit, donne le droit à l’allocation chômage. Il suffit pour le salarié de s’inscrire à France travail.
Perte involontaire de l’emploi
La principale condition pour bénéficier de l’allocation chômage est d’avoir perdu involontairement son emploi. Il peut donc s’agir :
- D’un licenciement économique ;
- D’un licenciement pour motif personnel (faute simple, faute grave ou lourde) ;
- Du non-renouvellement d’un contrat à durée déterminée (CDD) ;
- D’une rupture conventionnelle de contrat de travail ;
- D’une démission légitime.
Durée
Il existe une durée d’affiliation à respecter pour pouvoir bénéficier de l’allocation. Pour avoir droit à l’ARE, il faut avoir effectué 6 mois de travail au moins. Cette durée d’affiliation est vérifiée par France travail sur une période de 12 mois à compter du dernier contrat de travail jusqu’à l’inscription à France travail.
La durée prend aussi en compte les formations pendant la période de chômage, car elles sont considérées comme des heures de travail. Les formations payées par la région ou l’État ne sont pas comptées dans la durée d’affiliation.
En outre, les périodes d’absence au travail pour cause de maladie professionnelle, congé maternité ou accident professionnel sont incluses dans la durée d’affiliation.
Autres conditions
Les autres conditions donnant droit à l’allocation chômage sont les suivantes :
- Avoir travaillé pendant au moins 6 mois au cours des 2 dernières années ou des 3 dernières années si vous avez plus de 53 ans au moment du précédent contrat de travail ;
- S’inscrire à France travail dans l’année suivant la fin du dernier contrat de travail ;
- Justifier d’une recherche active d’un emploi ;
- Suivre les programmes de formation de reclassement offerts par France Travail dans le cadre du PPAE (Projet Personnalisé d’Accès à l’Emploi) ;
- Être en bonne condition physique pour retravailler ;
- Ne pas être à l’âge de la retraite.
Quelle est la durée de versement de l’ARE après un licenciement ?
La durée de versement de l’ARE est liée au temps pendant lequel vous avez eu à travailler dans l’entreprise. Elle dépend également de votre âge au moment du licenciement. Des réformes ont été également introduites à partir de 2017, par conséquent, la durée du versement de l’ARE varie selon que vous ayez perdu votre emploi avant le 1er novembre 2017 ou après.
Avant le 1er novembre 2017
Si vous aviez moins de 50 ans lors de la rupture du contrat, l’ARE dépend du temps de travail que vous avez effectué au cours des 28 derniers mois. Chaque année de travail donne droit à un an d’ARE. En dessous de 6 mois de travail au cours de ces 28 mois, vous n’avez pas droit à l’ARE.
Si vous avez bénéficié d’une formation payée par l’État, la durée de l’ARE est réduite de moitié pour la durée de la formation. Soulignons que la durée de versement de l’ARE ne peut être en aucun cas inférieure à 30 jours.
Si vous aviez entre 50 ans et 62 ans lors de la perte de l’emploi, c’est la période d’affiliation qui diffère. En effet, vous devez avoir accumulé au moins 6 mois de travail au cours des 36 derniers mois.
Après le 1er novembre 2017
La durée de versement de l’ARE se présente de la façon suivante :
- 24 mois pour un salarié qui a moins de 53 ans au moment de la rupture du contrat ;
- 30 mois pour un salarié qui a 53 ans ou 54 ans au moment de la rupture du contrat ;
- 36 mois pour un salarié qui a au moins 55 ans au moment de la rupture du contrat.
Par ailleurs, le versement de l’aide au retour à l’emploi peut être arrêté si :
- Vous quittez le territoire français ;
- Vous commencez à percevoir votre retraite à taux plein ;
- Vous trouvez un nouvel emploi ;
- Vous optez pour l’aide à la reprise ou à la création d’entreprise (ARCE) ;
- Vous obtenez l’indemnité journalière de la sécurité sociale ;
- Vous vous engagez dans le service civique ;
- Vous avez déclaré de fausses informations lors de la demande de l’aide au retour à l’emploi ;
- Vous ne suivez pas les formations de reclassement offertes par France Travail ;
- Vous ne recherchez pas activement un autre emploi, ou vous avez rejeté à plusieurs reprises des offres raisonnables d’emploi.
Comment calculer le montant de l’ARE ?
L’allocation est calculée sur la base du Salaire Journalier de Référence (SJR). Ce salaire repose sur l’ensemble des salaires bruts en plus des primes versées au salarié sur les 12 mois précédant la perte de l’emploi. Le montant journalier minimum de l’allocation est de 29,26 euros suite à un emploi à temps plein. Le maximum journalier de 256,96 euros.
Montant brut
Le montant brut de l’aide au retour à l’emploi est composé d’une part fixe et d’une part variable.
- La part fixe est égale à 12 euros ;
- La part variable est égale à 40,4 % du SJR (Salaire Journalier de Référence).
Le montant brut journalier de l’allocation est donc égal à 12 euros + 40,4 % du SJR. Le résultat doit être au moins égal à 29,26 euros. Dans le cas contraire, France travail retiendra 57 % du SJR. Si le salarié a suivi une formation rémunérée par France travail, le minimum du montant de l’allocation est de 20,96 euros. Il faut noter que le montant maximum est 75 % du SJR.
Montant net
Le montant brut de l’allocation à verser au salarié est diminué de certaines retenues au titre de la CRDS et de la CSG ou pour le financement de la retraite complémentaire. Cette retenue est 3 % du Salaire Journalier de Référence. En revanche, d’une part, la retenue pour financer la retraite complémentaire peut être supprimée si le prélèvement porte l’ARE en dessous de 29,26 euros. D’autre part, c’est la retenue pour la CSG et la CRDS qui est supprimée lorsque l’ARE net n’est pas au moins égale à 51 euros.Guide gratuit licenciement
Dernière mise à jour le 12/09/2025
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Bonjour pour quitter mon poste mon employeur me propose de ne pas venir à 2 reprises pour me licencier pour faute grave afin que je puisse bénéficier de l’ are. J’ ai vu que depuis 2023 les conditions ont un peu changé….
Si les choses se passent ainsi, aurais je droit à l’ are?
Bonjour,
Un licenciement pour faute grave donne droit à l’ARE.
Mais si l’on provoque volontairement ce licenciement avec l’accord de l’employeur, Pôle emploi peut considérer cela comme une fraude et refuser les droits.
La solution la plus sûre reste la rupture conventionnelle.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.
Bonjour
ma patronne elle m’a mis en mise à pied conservatoire car j ai pousser un collègue à moi est ce que quand elle me va licencier j ai le droit de l allocation de chômage ?
Bonjour, Il est possible de percevoir l’allocation chômage (ARE) même en cas de licenciement pour faute grave, y compris s’il est précédé d’une mise à pied conservatoire. L’article L. 5422-1 du Code du travail prévoit que toute personne involontairement privée d’emploi peut bénéficier de l’allocation chômage, ce qui inclut les licenciements pour faute grave. Ce droit est maintenu sauf en cas de licenciement pour faute lourde, ce qui est très rare et suppose une intention de nuire. En pratique, Pôle emploi examinera le dossier après le licenciement. Si la lettre de licenciement ne mentionne que la faute grave, il sera… Lire la suite »
Bonjour,
J’aimerais quitter mon emploi actuel pour créer une entreprise, mais elle ne veut pas me licencier.
J’envisage alors de démissionner et de retrouver un autre contrat temporaire (CDD ou CDI), dans le but de réactiver mes droits chomage. Combien de temps dois-je travailler pour les réactiver?
Merci.
Bonjour, Pour retrouver vos droits au chômage après une démission, il est nécessaire de remplir une certaine durée d’affiliation à l’assurance chômage. Selon la réglementation actuelle de Pôle emploi, vous devez avoir travaillé au minimum 88 jours ou 610 heures au cours des 24 derniers mois pour les salariés de moins de 53 ans, ou au cours des 36 derniers mois pour les 53 ans et plus. Cette durée peut être cumulée lors de plusieurs contrats de travail. En cas de démission, vos droits à l’assurance chômage ne seront pas ouverts immédiatement, sauf s’il s’agit d’une démission “légitime”, comme celle… Lire la suite »
Bonjour mon patron perd des contrats il me demande de démissionner vais-je avoir droit au chômage dans les mois à venir
Bonjour, Si vous démissionnez de votre poste, vous n’aurez généralement pas droit à l’allocation chômage, sauf dans certains cas particuliers, comme une démission pour motif légitime (par exemple, pour suivre un conjoint muté ou un projet professionnel clairement défini). Cependant, si votre employeur vous demande de démissionner en raison de la perte de contrats, vous pouvez envisager de négocier une rupture conventionnelle, qui vous permettrait de percevoir des indemnités chômage. Il est important de vérifier si les conditions de cette rupture sont respectées afin de bénéficier des droits liés au chômage. En espérant que notre réponse vous sera utile, nous… Lire la suite »
Bonjour,
J’ai négocié avec mon employeur un licenciement pour faute grave (cause absence injustifié)
Est-ce que j’ai le droit au chômage ?
Merci
Bonjour, j’aimerai quitter l’entreprise là où je travaille, car mon patron ne veux pas reconnaître mon accident de travail. Comment la quitter, pour bénéficier les allocations chômages? Il ne veux pas signer une rupture conventionnelle, ni un licenciement économique. Que puis-je faire? En vous remerciant.
Je suis en mise à pied jusqu’à au 16 octobre ils m’ont fait le test j étais positif à la cannabis !! Dans ce cas c’est ce passe quoi ? Et j aurais droit au chômage ou pas ?
Bonjour,
Je suis actuellement apprenti. Je voudrai savoir si en cas de licenciement pour absences injustifiées répétées, j’aurai le droit l’ARE chômage? Merci pour votre réponse
Bonjour,
En cas de rupture du contrat d’apprentissage à l’initiative de l’employeur, vous pouvez bénéficier des allocations chômage dès lors que vous avez travaillé pendant au moins 6 mois au cours des 24 derniers mois.
En vous souhaitant une agréable journée.
L’équipe LegalPlace