EURL et LMNP : gérer sa location meublée en société unipersonnelle
Dernière mise à jour le 29/06/2026
- Qu’est-ce qu’une EURL ?
- Pourquoi louer en LMNP à travers une EURL ?
- Quel est l’intérêt de gérer sa location meublée en EURL plutôt qu’en nom propre ?
- Quelle différence entre société classique et EURL pour la location meublée ?
- Quelle fiscalité pour une location meublée en EURL ?
- Est-il intéressant de passer par une SCI pour louer en meublé ?
- L’EURL relève par défaut de l’impôt sur le revenu. L’associé unique déclare les loyers en BIC et conserve le régime LMNP, avec déduction des amortissements.
- Le statut LMNP suppose des recettes locatives meublées inférieures à 23 000 € par an ou inférieures aux autres revenus d’activité du foyer fiscal. Au-delà, le loueur bascule en LMP.
- Depuis le 1er janvier 2025, les amortissements déduits en LMNP sont réintégrés dans le calcul de la plus-value à la revente, ce qui augmente l’imposition.
L’EURL LMNP est un montage qui offre maints avantages à ceux qui s’y lancent. En voici quelques exemples :
- Optimisation de la fiscalité relative aux biens immobiliers ;
- Distinction claire entre la détention de l’immeuble et la gestion de la location ;
- Meilleur contrôle de la transmission du patrimoine.
Procéder à une location meublée non professionnelle (LMNP) en constituant une société unipersonnelle peut se révéler judicieux pour ceux qui veulent en faire une activité commerciale.
Qu’est-ce qu’une EURL ?
Exerçant une activité industrielle, agricole ou commerciale, l’entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) est possédée par un seul associé. C’est ce qui la différencie de la société à responsabilité limitée (SARL). Le gérant en question peut être une enseigne ou une personne physique.
Pareille à la détention en nom propre, l’EURL est comparable au régime de la microentreprise. D’ailleurs, depuis le 1er janvier 2023, le loueur en meublé déclare son activité sur le guichet unique de l’INPI, qui transmet les informations aux organismes concernés (Insee, service des impôts, Urssaf).
En se basant sur la réglementation en vigueur, une entreprise unipersonnelle peut tout à fait être créée pour mettre des appartements meublés en location. Cette solution EURL LMNP convient tout particulièrement à ceux qui :
- Démarrent seuls ;
- Sont prêts à passer au stade supérieur.
Il ne sera plus question de confier un petit studio à titre occasionnel.
Pourquoi louer en LMNP à travers une EURL ?
Nombre de loueurs en meublé fondent une entreprise pour transmettre leurs biens immobiliers à leurs héritiers dans des conditions avantageuses. D’autres ressentent davantage le besoin de structurer leur patrimoine.
Encore faut-il que les équipements installés dans les appartements permettent de se loger dans des conditions décentes. Le mobilier doit donc être suffisant, en plus d’être qualitatif.
Concernant la LMNP, les recettes peuvent dépasser 23 000 euros par an. Mais pour conserver le statut non professionnel, elles ne doivent pas, dans le même temps, excéder le montant total des autres revenus d’activité du foyer fiscal (salaires, autres bénéfices industriels et commerciaux, etc.). Si ces deux conditions sont réunies, le loueur relève au contraire du statut professionnel (LMP).
Quel est l’intérêt de gérer sa location meublée en EURL plutôt qu’en nom propre ?
Qu’il soit question de location meublée gérée en nom propre ou à travers une EURL, les amortissements, de la même manière que pour d’autres dépenses, seront déduits des loyers. De cette façon, le loueur espère ne pas débourser d’impôts auprès du fisc, le résultat fiscal pouvant être négatif, lorsqu’il n’est pas nul.
En revanche, l’intérêt de passer par une entreprise unipersonnelle réside dans le maintien du privilège fiscal issu de l’amortissement, après la transmission des biens. Les bénéficiaires peuvent être des amis ou des membres d’une même famille. Les héritiers recevront également des parts de sociétés plutôt que des bâtiments indivisibles.
Quelle différence entre société classique et EURL pour la location meublée ?
En optant pour la création d’une EURL et donc pour le montage EURL LMNP, le propriétaire sécurise son investissement immobilier, en plus de l’optimiser, et ce, à toutes les étapes de l’opération. Il en est autant avec d’autres formes de sociétés classiques, dont la SARL de famille , sous la forme de SARL LMNP, imposable à l’impôt sur le revenu (IR). Cette dernière permet de :
- Payer l’impôt sur le revenu sans limitation dans le temps ;
- Ne pas être doublement imposé sur les bénéfices.
Dans tous les cas, il est conseillé de réaliser au préalable un diagnostic de la situation patrimoniale de chaque famille concernée.
Quelle fiscalité pour une location meublée en EURL ?
Le choix du régime d’imposition de l’EURL détermine si vous pouvez réellement bénéficier du statut LMNP. Deux options existent : l’impôt sur le revenu, appliqué par défaut, et l’impôt sur les sociétés, choisi sur option.
EURL à l’impôt sur le revenu : le régime LMNP au réel
Lorsque l’associé unique est une personne physique, l’EURL relève par défaut de l’impôt sur le revenu. Les loyers sont alors imposés dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), au nom de l’associé. C’est ce régime qui permet de conserver le statut LMNP, tant que les recettes restent inférieures à 23 000 euros par an ou aux autres revenus d’activité du foyer fiscal. Au régime réel, vous déduisez les charges et les amortissements du bien, ce qui réduit voire annule l’impôt. Pensez à anticiper votre déclaration LMNP chaque année.
EURL à l’impôt sur les sociétés : une sortie du régime LMNP
L’EURL peut opter pour l’impôt sur les sociétés (article 239 du Code général des impôts). La société amortit alors elle-même le bien et paie l’impôt sur ses bénéfices, au taux normal de 25 % (taux réduit de 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfices, sous conditions). Mais cette option fait sortir la location du régime LMNP, réservé aux personnes physiques imposées à l’IR. À la revente, la plus-value est calculée sur la valeur nette comptable du bien : les amortissements déjà déduits viennent gonfler la plus-value imposable. L’option pour l’IS devient en principe irrévocable au bout de cinq ans.
Amortissements en EURL LMNP : ce que la réforme de 2025 a changé
L’amortissement, le principal levier d’optimisation au réel
Au régime réel, le loueur en meublé déduit chaque année une fraction du prix du logement (hors terrain) et du mobilier : ce sont les amortissements. Ils diminuent le résultat imposable, souvent jusqu’à le ramener à zéro pendant plusieurs années. C’est l’un des grands atouts de la location meublée par rapport à la location nue.
La réintégration des amortissements dans la plus-value depuis 2025
La loi de finances pour 2025 a modifié l’article 150 VB du Code général des impôts. Depuis le 1er janvier 2025, les amortissements déduits en LMNP sont réintégrés dans le calcul de la plus-value lors de la revente : le prix d’acquisition est minoré du montant des amortissements pratiqués, ce qui augmente la plus-value imposable et l’impôt dû. Concrètement, l’avantage obtenu pendant l’exploitation est en partie repris au moment de la vente. Ce point mérite d’être anticipé dès le choix du montage, car il modifie le rendement global d’un investissement en EURL LMNP au réel.
Est-il intéressant de passer par une SCI pour louer en meublé ?
La société civile immobilière (SCI), dont l’objet porte sur les investissements immobiliers, ne peut pas s’accorder avec le statut LMNP. La nature de ce dernier est commerciale sur le plan fiscal.
En clair, la SCI devra changer de régime fiscal (impôt sur le revenu vers impôts sur les sociétés) en cas d’exercice d’une activité de location meublée.
Louer en meublé non professionnel reste tout de même envisageable, d’autant plus que la SCI est soumise à l’impôt sur le revenu, dans certaines circonstances :
- Activité de courte durée qui n’est pas censée se renouveler dans le temps ;
- Somme hors taxes des recettes découlant de l’activité commerciale inférieure à 10 % du montant des gains amassés au total.
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- L’EURL permet de loger une activité de location meublée dans une société à associé unique, tout en restant au régime LMNP tant qu’elle est imposée à l’impôt sur le revenu. Ce montage facilite la transmission du patrimoine et la déduction des amortissements, mais il demande de bien arbitrer entre l’impôt sur le revenu et l’impôt sur les sociétés, et de tenir compte de la réforme 2025, qui alourdit la plus-value à la revente en réintégrant les amortissements déduits. Avant de vous lancer, un diagnostic de votre situation patrimoniale et fiscale reste indispensable.
Dernière mise à jour le 29/06/2026
FAQ
Quels sont les types de logements concernés par la LMNP ?
Lorsqu’un appartement meublé est mis en location de façon saisonnière ou régulière, il est question d’une LMNP. Il peut accueillir des locataires ou des touristes, tant qu’il inclut des mobiliers et des équipements apportant aux occupants le confort nécessaire. Hormis les équipements électroménagers et les meubles du quotidien, la cuisine doit compter suffisamment d’ustensiles. Il faut que les fenêtres des chambres soient couvertes par des rideaux et le lit enveloppé d’une couette, sur laquelle peut être posée la couverture.
Quel est le régime fiscal idéal pour réussir une activité de LMNP ?
Les loyers perçus sont imposés dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Le loueur peut relever du régime de la micro-entreprise, tant que ses recettes ne dépassent pas 203 100 € pour une location meublée classique (15 000 euros pour un meublé de tourisme non classé) ou du régime réel, applicable de plein droit au-delà de ces seuils ou sur option. Dans ce dernier cas, les charges liées à l’acquisition du logement meublé, ainsi que les dépenses d’entretien, peuvent être déduites des loyers encaissés.
Que faut-il savoir sur la LMNP touristique ?
Parmi les appartements meublés destinés aux touristes figurent les locations de gîtes ruraux et de chambres d’hôtes. Les locations saisonnières mentionnées dans les sites d’annonces immobilières en font également partie. Pour s’engager dans une telle activité, le propriétaire effectue une déclaration en mairie (formulaire dédié aux meublés de tourisme). Il doit également déclarer son activité sur le guichet unique de l’INPI.
Quelles sont les démarches pour devenir loueur meublé non professionnel ?
Dans les 15 jours suivant le début de la location, le loueur doit déclarer son activité sur le guichet unique de l’INPI (formalites.entreprises.gouv.fr). Cette démarche lui permet de choisir son régime fiscal et obtenir un numéro SIRET.
Connexion
Bonjour,
Je suis en entreprise individuelle dont l’activité principale est la prestation de service de transport et mon CA est de 75 000 €.
Je suis assujetti à l’IR et mon régime fiscal est celui du réel simplifié.
Je viens d’acquérir un immeuble pour en tirer un revenu locatif en le louant meublé.
Ma question est de savoir quel est l’intérêt de l’inscrire à l’actif du bilan de mon patrimoine professionnel et s’agissant de l’immatriculation de cette activité doit-elle faire l’objet d’une inscription accessoire à celle principale au RCS ?
Cordialement
Bonjour, L’inscription d’un bien immobilier à l’actif du bilan professionnel lors de son acquisition présente essentiellement un avantage d’un point de vue fiscal. En effet, en inscrivant le bien à l’actif de l’entreprise individuelle, le chef d’entreprise pourra déduire l’ensemble des charges de propriété et charges locatives. Concernant l’adjonction de cette nouvelle activité, il vous suffit de remplir le formulaire P2 – Déclaration de modification d’une entreprise (disponible sur le site Service Public : https://www.service-public.fr/professionnels-entreprises/vosdroits/R17341), en cochant la case “adjonction d’activité”, et de le transmettre au Centre de formalités des entreprises (CFE) compétent, accompagné d’une copie de l’acte d’achat du… Lire la suite »
Bonjour Valérie,
Je vous remercie de votre contribution.
Cela étant, je relève que l’option d’une structure en EURL plutôt qu’en nom propre (EI) reposerait dans le maintien du privilège fiscal issu de l’amortissement après la transmission du bien.
Ma question est alors de savoir à quoi correspond ledit privilège fiscal lors de la transmission alors même que la déduction des amortissements dans une EI est déjà un avantage fiscal tiré de la fiscalité des entreprises ?
Cordialement.