Revenu fiscal de référence : définition, utilité et calcul
Dernière mise à jour le 25/09/2026
- Qu’est-ce que le revenu fiscal de référence ?
- Comment est calculé le revenu fiscal de référence ?
- À quoi sert le revenu fiscal de référence ?
- Quels sont les seuils de RFR à connaître en 2026 ?
- Comment le RFR varie-t-il selon la situation familiale ?
- Quels effets votre activité professionnelle a-t-elle sur votre RFR ?
- Comment vérifier et corriger son revenu fiscal de référence ?
- RFR N-1 ou N-2 : lequel retenir ?
- Le revenu fiscal de référence (RFR) est défini au IV de l’article 1417 du Code général des impôts. Il reprend le revenu net imposable du foyer et y ajoute des revenus exonérés, des revenus soumis à prélèvement libératoire et certains abattements.
- Le montant du RFR se lit en pages 1 et 3 de l’avis d’imposition, dans le cadre « Vos références ».
- Le RFR commande l’accès à de nombreux dispositifs. Par exemple, le livret d’épargne populaire est plafonné à 22 823 € pour une part en 2026, l’exonération de taxe foncière à 12 793 € et le versement libératoire en micro-entreprise à 29 315 € par part. Le taux de CSG des retraités, l’aide juridictionnelle et les aides de la CAF en dépendent également.
- Selon le dispositif, le RFR retenu est celui de l’année précédente ou celui de l’avant-dernière année. Le taux de CSG et le versement libératoire s’appuient en 2026 sur le RFR de 2024.
Le revenu fiscal de référence conditionne l’accès à une quarantaine de dispositifs, du livret d’épargne populaire aux aides de la CAF. Sa définition figure à l’article 1417 du Code général des impôts et son montant se lit directement sur votre avis d’imposition. Souvent confondu avec les notions de fiscalité entreprise, il relève pourtant de l’imposition des revenus du foyer et non de celle de l’activité.
Qu’est-ce que le revenu fiscal de référence ?
Le revenu fiscal de référence (RFR) sert à l’administration et aux organismes sociaux pour mesurer les ressources réelles d’un foyer. Ce montant, calculé chaque année à partir de votre déclaration de revenus, donne une vision plus large que celle retenue pour calculer votre impôt.
De ce fait, deux foyers qui paient le même impôt peuvent afficher des revenus fiscaux de référence très différents, parce que l’un perçoit des revenus que l’impôt ne taxe pas mais que le RFR, lui, comptabilise. Un foyer disposant de 10 000 € de dividendes soumis au prélèvement forfaitaire unique en fait l’expérience chaque année.
La définition légale du revenu fiscal de référence
L’article 1417 du Code général des impôts définit le revenu fiscal de référence comme le montant net des revenus et plus-values retenus pour l’établissement de l’impôt sur le revenu, majoré d’une liste limitative d’éléments.
Concrètement, l’administration part de votre revenu net imposable. Elle y réintègre ensuite certains revenus exonérés d’impôt, les revenus que vous avez soumis à un prélèvement forfaitaire libératoire, certains abattements dont vous avez bénéficié, certaines charges que vous avez déduites de votre revenu global, ainsi que vos plus-values immobilières imposables.
Le RFR se calcule toujours au niveau du foyer fiscal. Si vous déclarez vos revenus avec votre conjoint, vous avez un seul RFR pour deux. De même, les revenus d’un enfant rattaché à votre foyer viennent gonfler ce montant commun.
Revenu fiscal de référence, revenu brut global et revenu net imposable : quelles différences ?
Le revenu fiscal de référence, le revenu brut global et le revenu net imposable figurent sur le même avis d’imposition et se confondent facilement. Pourtant, ces trois montants ne correspondent pas à la même chose et n’ont pas la même utilité.
Le revenu brut global additionne l’ensemble de vos revenus après les abattements propres à chaque catégorie, comme l’abattement de 10 % sur les salaires. Le revenu net imposable s’obtient en retranchant de ce total les charges déductibles du revenu global. C’est lui qui sert de base au barème progressif. Le RFR, enfin, repart de ce revenu net imposable et le majore.
| Élément | Revenu brut global | Revenu net imposable | Revenu fiscal de référence |
|---|---|---|---|
| Salaires après abattement de 10 % | Compté | Compté | Compté |
| Charges déductibles du revenu global | Non déduites | Déduites | Réintégrées pour certaines d’entre elles |
| Dividendes après abattement de 40 % | Comptés | Comptés | Abattement réintégré |
| Revenus soumis au prélèvement forfaitaire libératoire | Non comptés | Non comptés | Comptés |
| Revenus exonérés d’impôt visés par le texte | Non comptés | Non comptés | Comptés |
| Plus-values immobilières imposables | Non comptées | Non comptées | Comptées |
Le RFR est donc, dans la très grande majorité des cas, supérieur ou égal au revenu net imposable. Les deux montants sont rigoureusement égaux quand le foyer ne perçoit que des salaires et aucun revenu du patrimoine.
Où trouver son revenu fiscal de référence ?
Sur votre avis d’imposition, le revenu fiscal de référence figure aux pages 1 et 3, dans le cadre intitulé « Vos références ». Pour le retrouver en quelques minutes :
- Connectez-vous à votre espace particulier sur impots.gouv.fr avec votre numéro fiscal ;
- Ouvrez la rubrique « Documents » puis « Avis d’impôt sur les revenus » ;
- Sélectionnez l’année qui vous intéresse et ouvrez le document au format PDF ;
- Repérez le cadre « Vos références » en haut de la première page.
Le montant est précédé de la mention « Revenu fiscal de référence » et suivi de l’année des revenus concernés. L’année indiquée mérite toute votre attention, car elle seule permet de savoir si vous consultez le bon millésime.
Comment est calculé le revenu fiscal de référence ?
Le calcul du RFR se déroule en deux temps. L’administration détermine d’abord votre revenu net imposable, puis y ajoute les éléments que la loi impose de réintégrer.
Le revenu net imposable, base de calcul du RFR
Le revenu net imposable constitue le point de départ du RFR. Il correspond à la somme de vos revenus de l’année, catégorie par catégorie, après application des abattements et déduction des charges admises.
Les salaires y entrent après l’abattement forfaitaire de 10 % pour frais professionnels, ou après déduction des frais réels si vous avez choisi cette option. Les revenus fonciers y entrent après déduction des charges. Les bénéfices d’une activité indépendante y entrent après application du régime fiscal dont vous relevez. Ce montant sert de base au barème progressif, dont la première tranche est taxée à 0 % jusqu'à 11 600 € par part pour les revenus 2025. Il apparaît lui aussi sur l’avis d’imposition, quelques lignes au-dessus du RFR.
Les revenus et abattements réintégrés dans le RFR
L’administration ajoute au revenu net imposable une série d’éléments limitativement énumérés pour obtenir le RFR :
- Certains revenus exonérés d’impôt sur le revenu, notamment les indemnités et primes versées aux salariés impatriés ;
- Les revenus que vous avez soumis à un prélèvement forfaitaire libératoire plutôt qu’au barème ;
- L’abattement de 40 % appliqué aux dividendes lorsque vous avez opté pour le barème progressif ;
- Certaines charges déduites de votre revenu global, dont les cotisations versées sur un plan d’épargne retraite ;
- Les plus-values immobilières soumises à imposition.
Cette mécanique de réintégration surprend souvent les contribuables. Vous pouvez réduire votre impôt grâce à un abattement ou une déduction, et voir malgré tout votre RFR rester au même niveau. Le législateur a voulu que les aides sous conditions de ressources tiennent compte de la capacité contributive réelle du foyer, indépendamment des choix fiscaux de chacun.
À quoi sert le revenu fiscal de référence ?
L’État s’appuie sur le revenu fiscal de référence pour apprécier les ressources d’un foyer. Dès qu’un dispositif est réservé aux revenus modestes ou intermédiaires, c’est presque toujours le RFR qui sert de filtre.
Les usages du RFR se répartissent en six familles :
- L’épargne réglementée, avec l’ouverture et la conservation du livret d’épargne populaire ;
- La fiscalité locale, avec les exonérations et dégrèvements de taxe foncière et de taxe d’habitation sur les résidences secondaires ;
- Les prélèvements sociaux, avec le taux de CSG appliqué aux pensions de retraite et d’invalidité ;
- L’accès au droit, avec l’aide juridictionnelle qui prend en charge tout ou partie des frais de justice ;
- Les aides sociales et au logement, avec les allocations versées par la CAF et les dispositifs d’aide à la rénovation énergétique ;
- Les régimes applicables aux entreprises, avec le versement libératoire réservé aux micro-entrepreneurs.
Des usages moins connus du RFR existent également, comme les bourses de l’enseignement supérieur, l’accès au logement social ou l’éligibilité à certains dispositifs d’investissement locatif. Par ailleurs, de nombreux organismes privés réclament désormais un avis d’imposition et lisent ce montant pour apprécier une capacité financière.
Quels sont les seuils de RFR à connaître en 2026 ?
Chaque dispositif conditionné au RFR fixe son propre plafond, revalorisé chaque année. Les montants ci-dessous s’appliquent en 2026 et concernent la France métropolitaine, des barèmes distincts existant pour la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, La Réunion et Mayotte.
Le seuil de RFR pour ouvrir un livret d’épargne populaire
L’ouverture d’un livret d’épargne populaire dépend directement du RFR du foyer. Le livret est rémunéré à 2,5 % depuis le 1er août 2026, avec un plafond de dépôt de 10 000 € et un versement minimum de 30 € à l’ouverture.
| Nombre de parts fiscales | Plafond de RFR 2026 |
|---|---|
| 1 part | 22 823 € |
| 1,5 part | 28 918 € |
| 2 parts | 35 013 € |
| 2,5 parts | 41 108 € |
| 3 parts | 47 203 € |
Chaque demi-part supplémentaire relève le plafond de 6 095 €, et chaque quart de part de 3 048 €. Un dépassement isolé n’entraîne pas la fermeture du livret. En revanche, deux années consécutives au-dessus du seuil provoquent une clôture automatique.
Les seuils de RFR pour l’exonération de taxe foncière
Plusieurs allègements de taxe foncière sont réservés aux foyers dont le RFR reste sous un plafond. Les montants applicables en 2026 ont été publiés fin juin 2026.
| Dispositif | Plafond pour la première part | Majoration par demi-part supplémentaire |
|---|---|---|
| Exonération totale | 12 793 € | 3 416 € |
| Plafonnement et dégrèvement partiel | 30 083 € | 7 029 € pour la première demi-part |
L’exonération totale de taxe foncière bénéficie notamment aux personnes âgées de plus de 75 ans au 1er janvier. Les personnes de 65 à 75 ans dont le RFR reste sous le premier plafond obtiennent quant à elles un dégrèvement automatique de 100 €.
Les seuils de RFR qui déterminent le taux de CSG des retraités
Le taux de CSG prélevé sur une pension de retraite dépend du RFR de l’avant-dernière année. En 2026, c’est donc le RFR de 2024 qui s’applique.
| RFR 2024 pour une part | Taux de CSG |
|---|---|
| Moins de 13 048 € | Exonération |
| De 13 049 € à 17 057 € | 3,8 % |
| De 17 058 € à 26 471 € | 6,6 % |
| À partir de 26 472 € | 8,3 % |
Une règle de lissage protège les retraités contre les hausses brutales de CSG. Le passage à un taux supérieur ne s’applique qu’après deux années consécutives de dépassement du seuil. À l’inverse, une baisse de revenus fait redescendre le taux dès l’année suivante. Une partie de cette contribution reste par ailleurs déductible du revenu imposable.
Les plafonds de RFR pour l’aide juridictionnelle
L’aide juridictionnelle prend en charge tout ou partie des honoraires d’avocat et des frais de procédure. Depuis la réforme issue de la loi de finances pour 2020, c’est le RFR qui sert de critère d’accès, et non plus les ressources mensuelles du demandeur.
| Nombre de personnes au foyer | Plafond pour l’aide totale | Plafond pour l’aide à 55 % | Plafond pour l’aide à 25 % |
|---|---|---|---|
| 1 personne | 12 957 € | 15 316 € | 19 433 € |
| 2 personnes | 15 289 € | 17 648 € | 21 765 € |
Au-delà de deux personnes, le plafond de l’aide totale monte à 17 621 € pour trois personnes, 19 095 € pour quatre et 20 568 € pour cinq. Deux autres conditions s’ajoutent toutefois au critère de revenus. Le patrimoine mobilier ne doit pas dépasser 12 957 € pour une personne seule, et le patrimoine immobilier hors résidence principale 38 866 €.
Les plafonds de RFR pour les aides sociales
La CAF et les autres organismes sociaux s’appuient sur le RFR pour attribuer leurs prestations, avec des barèmes propres à chaque aide et révisés en cours d’année. Les dispositifs concernés sont principalement les suivants :
- L’aide personnalisée au logement et les autres aides au logement ;
- Les allocations familiales, dont le montant varie par tranche de ressources ;
- L’allocation de rentrée scolaire ;
- Le revenu de solidarité active, porté à 651,69 € par mois pour une personne seule après la revalorisation de 0,8 % intervenue en 2026 ;
- La prime d’activité ;
- Le chèque énergie et les aides à la rénovation énergétique.
Ces barèmes propres à chaque aide évoluant plus souvent que les seuils fiscaux, vérifiez le montant en vigueur auprès de l’organisme concerné avant de monter votre dossier.
Comment le RFR varie-t-il selon la situation familiale ?
La composition du foyer agit sur le RFR de deux façons à la fois. Elle modifie le montant du RFR, puisque les revenus de chacun s’y additionnent. Elle modifie aussi les plafonds applicables, qui montent avec le nombre de parts fiscales.
Le rôle des parts fiscales et du quotient familial sur les plafonds de RFR
Le nombre de parts fiscales détermine le plafond de RFR qui vous est applicable. Ce nombre découle de votre situation familiale et du nombre de personnes à votre charge. Un célibataire sans enfant compte une part. Un couple marié ou pacsé en compte deux. Chacun des deux premiers enfants ajoute une demi-part, le troisième et les suivants une part entière.
La plupart des dispositifs majorent leur plafond de 50 % par demi-part supplémentaire et de 25 % par quart de part. Le seuil du versement libératoire en micro-entreprise illustre bien ce mécanisme.
| Nombre de parts fiscales | Majoration appliquée | Plafond de RFR |
|---|---|---|
| 1 part | Aucune | 29 315 € |
| 1,5 part | 50 % | 43 973 € |
| 2 parts | 100 % | 58 630 € |
| 2,5 parts | 150 % | 73 288 € |
| 3 parts | 200 % | 87 945 € |
Un couple avec deux enfants dispose donc d’un plafond trois fois supérieur à celui d’un célibataire. Le système corrige ainsi l’effet mécanique du cumul des revenus au sein d’un même foyer.
RFR du foyer et RFR par part
Certains organismes raisonnent en RFR total du foyer, d’autres en RFR par part. La confusion entre ces deux montants conduit à des erreurs d’appréciation dans les deux sens.
Le RFR par part s’obtient en divisant le RFR du foyer par le nombre de parts fiscales. Un couple avec deux enfants déclarant 60 000 € pour trois parts présente ainsi un RFR par part de 20 000 €. Le premier chiffre semble élevé, le second beaucoup moins. Lisez donc systématiquement quel montant l’organisme vous réclame avant de conclure que vous dépassez un plafond.
Le rattachement d’un enfant majeur au foyer fiscal appelle la même vigilance. Ce rattachement augmente le nombre de parts, mais fait aussi entrer les revenus de l’enfant dans le RFR du foyer. Un étudiant qui travaille l’été et reste rattaché au foyer fiscal de ses parents peut donc faire basculer le foyer au-dessus d’un seuil, alors même que le rattachement procure un avantage fiscal.
Quels effets votre activité professionnelle a-t-elle sur votre RFR ?
Le mode d’exercice de votre activité pèse fortement sur le montant de votre RFR. À revenu disponible équivalent, un micro-entrepreneur, un dirigeant de société et un salarié n’affichent pas le même RFR.
Le RFR du micro-entrepreneur et le versement libératoire
En micro-entreprise, le RFR ne retient pas le chiffre d’affaires mais le bénéfice après abattement forfaitaire. Cet abattement s’élève à 71 % pour l’achat-revente, 50 % pour les prestations de services commerciales et artisanales, et 34 % pour les activités libérales.
Exemple : Un micro-entrepreneur en prestations de services réalisant 40 000 € de chiffre d’affaires voit donc 20 000 € entrer dans son RFR.
La bénéfice après abattement forfaitaire conditionne ensuite l’accès au versement libératoire, qui permet de régler l’impôt sur le revenu en même temps que les cotisations sociales, sous forme d’un pourcentage du chiffre d’affaires. L’article 151-0 du Code général des impôts réserve cette option aux foyers dont le RFR de l’avant-dernière année ne dépasse pas 29 315 € par part de quotient familial. Pour une option exercée en 2026, c’est donc le RFR de 2024 qui est examiné.
Les taux appliqués s’élèvent à 1 % pour la vente de marchandises et les prestations d’hébergement, 1,7 % pour les prestations de services relevant des bénéfices industriels et commerciaux, et 2,2 % pour les activités libérales. Le choix entre versement libératoire et imposition classique au barème dépend de la situation globale du foyer, et notamment de ses autres revenus.
Le RFR du dirigeant de société
Un dirigeant de société combine généralement deux sources de revenus, qui ne pèsent pas de la même façon sur son RFR qui sont :
- Sa rémunération entre dans le calcul comme un salaire, après l’abattement de 10 % ;
- Ses dividendes, eux, suivent un traitement à double détente.
Si le dirigeant laisse ses dividendes soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, ils échappent au barème progressif mais réintègrent intégralement le RFR. S’il opte au contraire pour le barème progressif, l’abattement de 40 % réduit son impôt mais se retrouve réintégré dans le RFR. Dans les deux cas, la totalité du dividende brut finit donc par y figurer.
La réintégration systématique des dividendes explique une situation fréquente. Un président de SASU ou un gérant de SARL qui privilégie les dividendes plutôt que la rémunération peut se retrouver exclu de dispositifs sous conditions de ressources auxquels un salarié au revenu comparable aurait droit. L’arbitrage entre rémunération et dividendes mérite donc d’intégrer cette dimension, au-delà de la seule comparaison des charges sociales et fiscales.
Le RFR des hauts revenus : CEHR et CDHR
Deux contributions spécifiques prennent directement appui sur le RFR au-delà de certains montants qui sont la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et la contribution différentielle sur les hauts revenus.
La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, prévue à l’article 223 sexies du Code général des impôts, s’applique aux foyers dont le RFR dépasse 250 000 € pour une personne seule et 500 000 € pour un couple soumis à imposition commune. Son taux varie de 3 à 4 % selon la tranche.
La contribution différentielle sur les hauts revenus, créée par l’article 224 du même code et reconduite par la loi de finances pour 2026, poursuit un autre objectif. Elle garantit aux mêmes seuils de RFR une imposition minimale de 20 % des revenus. Lorsque l’addition de l’impôt sur le revenu et de la contribution exceptionnelle reste sous ce taux, la différence est réclamée au contribuable.
Comment vérifier et corriger son revenu fiscal de référence ?
Une erreur sur le RFR se répercute sur tous les dispositifs qui s’y réfèrent, du livret d’épargne populaire à l’aide juridictionnelle. Un contrôle rapide à la réception de l’avis d’imposition évite bien des démarches ultérieures, d’autant que le délai de réclamation court jusqu’au 31 décembre de la deuxième année suivant la mise en recouvrement.
Vérifier la cohérence de son RFR
Cinq points de contrôle suffisent à repérer une anomalie sur le RFR :
- Comparez le RFR au revenu net imposable et cherchez l’origine de l’écart, qui doit correspondre à un revenu réintégré que vous identifiez ;
- Vérifiez que le nombre de parts retenu correspond bien à votre situation familiale au 1er janvier de l’année d’imposition ;
- Contrôlez que les revenus de chaque membre du foyer figurent une seule fois ;
- Assurez-vous qu’aucun revenu exceptionnel d’une année antérieure n’a été reporté par erreur ;
- Confirmez que l’année indiquée à côté du montant est bien celle que vous cherchez.
Un écart inexpliqué de plusieurs milliers d’euros entre le revenu net imposable et le RFR justifie une vérification ligne à ligne de la déclaration.
Rectifier une erreur de RFR sur son avis d’imposition
La rectification d’un RFR erroné passe par une réclamation auprès de l’administration fiscale. La démarche se déroule en quatre temps :
- Connectez-vous à votre espace particulier sur impots.gouv.fr et ouvrez la messagerie sécurisée ;
- Sélectionnez le motif « Je signale une erreur sur le calcul de mon impôt » ;
- Décrivez précisément l’anomalie constatée et joignez les justificatifs correspondants ;
- Conservez l’accusé de réception, qui fait courir le délai de traitement.
Le délai de réclamation court jusqu’au 31 décembre de la deuxième année suivant celle de la mise en recouvrement de l’impôt. L’administration dispose ensuite de six mois pour répondre. En l’absence de réponse dans ce délai, la réclamation est réputée rejetée, ce qui ouvre la voie d’un recours devant le tribunal administratif.
Les leviers légaux pour agir sur son RFR
Les marges de manœuvre sur le RFR sont réelles mais étroites, car le RFR a précisément été conçu pour résister aux montages qui réduisent l’impôt. Les réductions et crédits d’impôt n’ont aucun effet sur lui, puisqu’ils interviennent après son calcul. Les déficits reportables et certains dispositifs de défiscalisation immobilière, à l’inverse, peuvent le diminuer.
Pour un dirigeant, l’arbitrage entre rémunération et dividendes reste le levier le plus significatif, tout comme le choix du régime fiscal de la société. Ces décisions engagent toutefois bien au-delà de la seule question du RFR, et méritent d’être examinées avec votre expert-comptable au regard de la situation d’ensemble.
RFR N-1 ou N-2 : lequel retenir ?
Un même foyer possède plusieurs RFR en circulation à un instant donné, et les organismes ne réclament pas tous le même millésime. C’est de loin la source d’erreur la plus fréquente.
Le partage obéit à une logique de calendrier. Les dispositifs qui statuent en début d’année, avant que l’avis d’imposition de l’année en cours ne soit disponible, se rabattent sur le RFR de l’avant-dernière année. Ceux qui interviennent plus tard dans l’année utilisent le millésime le plus récent.
| Dispositif | RFR retenu en 2026 | Avis d’imposition à fournir |
|---|---|---|
| Taux de CSG sur les pensions | RFR 2024 | Avis reçu en 2025 |
| Versement libératoire en micro-entreprise | RFR 2024 | Avis reçu en 2025 |
| Exonération de taxe foncière | RFR 2025 | Avis reçu en 2026 |
| Aide juridictionnelle | RFR 2025 | Avis reçu en 2026 |
| Livret d’épargne populaire | RFR 2025 | Avis reçu en 2026 |
Le RFR de l’année N devient disponible à la fin de l’été, au moment de la réception de l’avis d’imposition. Jusque-là, seul le millésime précédent circule. Cette temporalité explique qu’un changement de situation mette jusqu’à deux ans à produire ses effets sur certains dispositifs.
Dernière mise à jour le 25/09/2026
FAQ
Quel revenu fiscal de référence pour ne pas être imposable ?
Aucun seuil légal de non-imposition n’est exprimé en RFR. L’impôt se calcule sur le revenu net imposable, à partir du barème progressif dont la première tranche est taxée à 0 % jusqu'à 11 600 € par part pour les revenus 2025. La décote et le seuil de mise en recouvrement peuvent ensuite annuler un impôt pourtant calculé. Un foyer non imposable dispose malgré tout d’un revenu fiscal de référence.
Quel revenu fiscal de référence faut-il pour ouvrir un LEP en 2026 ?
Le plafond de RFR pour ouvrir un livret d’épargne populaire s’élève à 22 823 € pour une part fiscale en 2026, majoré de 6 095 € par demi-part supplémentaire et de 3 048 € par quart de part. Un couple sans enfant peut donc ouvrir un LEP jusqu’à 35 013 € de RFR. Un dépassement isolé ne ferme pas le livret, mais deux années consécutives au-dessus du plafond entraînent sa clôture.
Le revenu fiscal de référence retenu est-il celui de l'année précédente ou de l'avant-dernière année ?
Le millésime de RFR retenu dépend du dispositif. Le taux de CSG sur les pensions et le versement libératoire en micro-entreprise s’appuient sur le RFR de l’avant-dernière année, soit le RFR 2024 en 2026. L’exonération de taxe foncière, l’aide juridictionnelle et le livret d’épargne populaire retiennent le millésime le plus récent, soit le RFR 2025. Vérifiez toujours quelle année l’organisme demande avant de transmettre un avis d’imposition.
Comment obtenir son revenu fiscal de référence quand on n'est pas imposable ?
L’administration fiscale délivre un avis de situation déclarative à l’impôt sur le revenu aux foyers non imposables. Ce document porte le revenu fiscal de référence au même titre qu’un avis d’imposition et possède la même valeur auprès des organismes. Il se télécharge depuis l’espace particulier sur impots.gouv.fr, à condition d’avoir déposé une déclaration de revenus.
Un micro-entrepreneur peut-il opter pour le versement libératoire avec un revenu fiscal de référence élevé ?
Non. Le versement libératoire est réservé aux foyers dont le RFR de l’avant-dernière année ne dépasse pas 29 315 € par part de quotient familial, soit 58 630 € pour un couple sans enfant et 87 945 € pour un couple avec deux enfants. Le RFR retenu est celui du foyer entier, et non celui du seul micro-entrepreneur. Les revenus du conjoint peuvent donc faire perdre le bénéfice de l’option.
Les dividendes augmentent-ils le revenu fiscal de référence ?
Les dividendes augmentent le RFR dans tous les cas de figure. Soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, ils y sont réintégrés au titre des revenus soumis à prélèvement libératoire. Soumis au barème progressif, c’est leur abattement de 40 % qui est réintégré. Le montant brut du dividende finit donc par figurer intégralement dans le RFR.
Un enfant rattaché au foyer fiscal fait-il monter le revenu fiscal de référence ?
Le rattachement d’un enfant majeur ajoute ses revenus à ceux du foyer, donc au RFR commun. Ce rattachement augmente parallèlement le nombre de parts fiscales, ce qui relève les plafonds applicables de 50 % par demi-part. Le résultat net dépend du rapport entre les revenus de l’enfant et la majoration de plafond obtenue, et mérite d’être calculé avant de décider du rattachement.
Peut-on faire corriger un revenu fiscal de référence erroné ?
La correction d’un RFR erroné s’obtient par une réclamation déposée depuis la messagerie sécurisée de l’espace particulier sur impots.gouv.fr, en sélectionnant le motif relatif à une erreur de calcul et en joignant les justificatifs. Le délai court jusqu’au 31 décembre de la deuxième année suivant la mise en recouvrement. L’administration dispose de six mois pour répondre, son silence valant rejet et ouvrant la voie d’un recours devant le tribunal administratif.
Sources de l'article
- Article 1417 du Code général des impôts
- Article 151-0 du Code général des impôts
- Article 223 sexies du Code général des impôts
- Article 224 du Code général des impôts
- Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026
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