Skip to content
  • Une société de recouvrement réclame une créance impayée pour le compte d’un créancier (entreprise ou particulier).
  • La société de recouvrement agit uniquement à l’amiable par courriers, appels et visites, sans pouvoir saisir les biens du débiteur.
  • La rémunération d’une société de recouvrement est principalement au pourcentage, entre 10 et 15 % du montant recouvré.
  • Si l’amiable échoue, le créancier peut basculer vers une procédure judiciaire avec un commissaire de justice.

Vous avez une facture qui traîne depuis plusieurs semaines, vos relances restent sans réponse, et votre trésorerie commence à en pâtir ainsi que la gestion de votre entreprise. Faire appel à une société de recouvrement peut accélérer la récupération de votre argent sans avoir à gérer vous-même un dossier qui s’enlise.
Encore faut-il comprendre comment fonctionne ce type d’entreprise, ce qu’elle peut faire (ou ne peut pas), combien elle coûte, et à quel moment passer le relais à la justice. Vous découvrirez aussi ce que doit contenir un courrier de relance pour être conforme, les vraies différences avec un commissaire de justice, et les bons réflexes si vous êtes vous-même contacté par une société de recouvrement en tant que débiteur.

Qu’est-ce qu’une société de recouvrement ?

Définition de la société de recouvrement

Une société de recouvrement, aussi appelée cabinet de recouvrement ou agence de recouvrement, est une entreprise privée dont l’activité consiste à réclamer le paiement d’une créance impayée pour le compte d’un créancier. Elle joue le rôle d’intermédiaire entre vous (le créancier) et votre client qui n’a pas réglé sa facture (le débiteur).

Cette activité de recouvrement amiable est encadrée par l’article L124-1 du Code des procédures civiles d’exécution. Le créancier qui mandate une société de recouvrement peut être une entreprise, quelle que soit sa forme juridique (SARL, SAS, EURL, micro-entreprise), ou une personne physique. La société de recouvrement agit toujours sur la base d’un mandat écrit qui définit le périmètre de son intervention, le mode de rémunération et les conditions de reversement des fonds.

Quelles sont ses missions principales ?

La société de recouvrement intervient sur quatre missions distinctes pour le compte du créancier qui la mandate :

  • Réclamer le paiement de la dette au débiteur par courrier, téléphone, email ou visite à domicile ;
  • Encaisser les sommes versées par le débiteur sur un compte bancaire dédié réservé à cette activité ;
  • Reverser ces sommes au créancier dans le délai prévu par la convention, ou à défaut dans un délai d’un mois après l’encaissement ;
  • Assister le créancier dans une procédure judiciaire si le recouvrement amiable échoue.

La société de recouvrement n’a pas le pouvoir d’imposer le paiement. Elle ne peut pas non plus saisir les biens du débiteur ni bloquer son compte bancaire. Ses actions se limitent à la persuasion et à la formalisation juridique des relances.

Quel cadre légal encadre son activité ?

L’activité des sociétés de recouvrement est encadrée par le Code des procédures civiles d’exécution. Ces textes imposent à la société de recouvrement de signer une convention écrite avec le créancier avant toute intervention.
Cette convention doit préciser le fondement et le montant de la créance, les conditions de rémunération de la société, les conditions de reversement des fonds encaissés et les conditions de la garantie de responsabilité civile professionnelle. Sans ce mandat écrit, la société exerce son activité de manière irrégulière et s’expose à des sanctions, notamment en cas de plainte du débiteur ou de signalement à la DGCCRF.

Avant de signer une convention de recouvrement, vérifiez que tous les éléments obligatoires figurent au contrat (objet, rémunération, reversement, garantie de responsabilité civile professionnelle). Un mandat incomplet expose la société à des sanctions et peut compromettre vos chances de récupération.

Société de recouvrement ou commissaire de justice : quelles différences ?

Beaucoup de créanciers confondent société de recouvrement et commissaire de justice (l’ancien huissier de justice). Pourtant, leurs pouvoirs sont radicalement différents.
Le commissaire de justice est un officier public ministériel qui signifie des actes officiels, procède à des saisies et exécute les décisions de justice. Une société de recouvrement, à l’inverse, est une entreprise privée qui agit uniquement à l’amiable, sans pouvoir coercitif.

Critères  Société de recouvrement Commissaire de justice
Statut Entreprise privée Officier public ministériel
Mandat Convention écrite obligatoire avec le créancier Aucun mandat préalable pour les actes officiels
Recouvrement amiable Oui Oui
Pouvoir de saisie Aucun Saisie des biens, du salaire, du compte bancaire
Tarifs Libres (commission + frais) Réglementés pour les actes officiels
Exécution forcée Non Oui, sur la base d’un titre exécutoire
Depuis le 1er juillet 2022, la profession d’huissier de justice a fusionné avec celle de commissaire-priseur judiciaire pour devenir le commissaire de justice. Les termes “huissier de justice” et “commissaire de justice” restent encore utilisés indifféremment dans la pratique.

Pourquoi faire appel à une société de recouvrement ?

Confier vos impayés à une société de recouvrement permet de gagner du temps tout en augmentant vos chances de récupérer votre argent. Trois bénéfices pèsent dans la balance avant de signer une convention.

Gagner du temps et déléguer

Relancer un client qui ne paie pas demande du temps, de la rigueur et une bonne connaissance des règles à respecter. Une société de recouvrement prend en charge l’ensemble du processus, depuis la première relance jusqu’au reversement des fonds.

Pour un dirigeant ou un chef d’entreprise, cela représente plusieurs heures de travail économisées par dossier (appels, relances écrites, suivi des paiements partiels, négociation des échéanciers). Vous restez concentré sur votre activité pendant que le dossier avance entre des mains spécialisées.

Augmenter les chances de récupérer la créance

Les sociétés de recouvrement disposent de méthodes éprouvées et d’une connaissance fine du cadre légal. Elles savent quels arguments avancer, à quel rythme relancer, et comment formaliser leurs courriers pour qu’ils aient un poids juridique.

Recevoir une lettre d’une société de recouvrement déclenche souvent un paiement rapide, parce que le débiteur perçoit la démarche comme la dernière étape avant le judiciaire. La majorité des dossiers de recouvrement amiable aboutissent ainsi sans recours au juge.

Préserver la relation commerciale avec le client débiteur

Externaliser le recouvrement vous évite des échanges tendus avec votre client. La société de recouvrement joue le rôle de médiateur, ce qui permet de proposer des solutions souples (échelonnement, délai supplémentaire) sans dégrader la relation commerciale.

Si le débiteur règle suite à l’intervention, vous pouvez continuer à travailler avec lui ensuite. Cette dimension compte particulièrement en B2B, où les relations long terme avec les clients représentent souvent une part importante du chiffre d’affaires.

Comment se déroule une procédure de recouvrement ?

Le recouvrement par une société spécialisée suit toujours le même schéma. Une phase amiable structurée précède une bascule vers la justice si l’amiable échoue.

Étape 1 : le recouvrement amiable et les premières relances

Le recouvrement amiable commence par un contact non contraignant avec le débiteur. La société de recouvrement envoie un premier courrier ou un email rappelant la dette et invitant au paiement. Si la première relance reste sans effet, une deuxième relance plus formelle est envoyée, parfois doublée d’un appel téléphonique.

Cette phase dure en moyenne deux à six semaines selon la réactivité du débiteur. Lorsque le débiteur règle, la société de recouvrement encaisse les fonds sur son compte dédié et vous les reverse dans le délai prévu au contrat. À défaut de précision dans la convention, le délai légal de reversement est d’un mois après l’encaissement.

Étape 2 : la mise en demeure

Si les relances simples ne suffisent pas, la société passe à l’étape supérieure avec une mise en demeure. Ce courrier formel précise le montant dû, les délais de paiement exigés et les conséquences juridiques en cas de non-règlement.

La mise en demeure peut être envoyée par la société de recouvrement, ou par vous-même avant même de mandater un professionnel. Beaucoup de débiteurs s’exécutent dès la réception d’un courrier formel, ce qui évite la commission de la société de recouvrement. La mise en demeure fait également courir les intérêts de retard et constitue une preuve juridique en cas de procédure ultérieure.

Vous pouvez tenter une mise en demeure avant de faire appel à une société de recouvrement. Si elle n’aboutit pas, le courrier servira de preuve dans la suite de la procédure.

Étape 3 : la bascule vers le recouvrement judiciaire

Si le débiteur ne réagit toujours pas, le recouvrement amiable touche à ses limites. La société de recouvrement n’a aucun pouvoir pour saisir les biens du débiteur ni le contraindre à payer. Vous devez alors choisir d’abandonner ou de basculer en justice.

La voie la plus courante est l’injonction de payer, une procédure rapide et peu coûteuse qui permet d’obtenir un titre exécutoire en quelques semaines. Le coût de la requête varie entre 35 et 70 euros selon le tribunal. Avec ce titre, un commissaire de justice peut alors procéder à des saisies (compte bancaire, salaire, biens) pour récupérer la somme due.

Quelles mentions obligatoires doit contenir le courrier de relance ?

Tout courrier envoyé par une société de recouvrement à un débiteur doit comporter des informations précises, sous peine d’irrégularité. Cette obligation est prévue par le Code des procédures civiles d’exécution.

Le premier courrier doit indiquer :

  • La dénomination sociale, l’adresse du siège et les coordonnées de la société de recouvrement ;
  • Le nom et l’adresse ou le siège social du créancier qui la mandate ;
  • La précision qu’il s’agit d’un recouvrement amiable ;
  • L’origine et le montant de la dette (principal, intérêts, sommes accessoires) ;
  • Les modalités de paiement exigées ;
  • La reproduction des alinéas 2 et 3 de l’article L111-8 du Code des procédures civiles d’exécution, qui rappelle que les frais de recouvrement sans titre exécutoire restent à la charge du créancier.

À chaque échange ultérieur, la société de recouvrement doit rappeler la référence et la date d’envoi de ce premier courrier.

Le débiteur n’a pas à supporter les frais de rédaction et d’envoi des courriers de la société de recouvrement. Ces frais sont à votre charge en tant que créancier, sauf si le juge en décide autrement en cas de mauvaise foi avérée du débiteur.

Combien coûte le recours à une société de recouvrement ?

Faire appel à une société de recouvrement représente plusieurs types de frais. Le coût total dépend du montant de la créance, de la complexité du dossier et du fait que le recouvrement reste amiable ou bascule en judiciaire.

La rémunération au pourcentage des sommes recouvrées

La rémunération d’une société de recouvrement se fait majoritairement à la commission. Vous payez uniquement si la société récupère effectivement votre argent. Le taux moyen se situe entre 10 et 15 % du montant recouvré.

Pour les petites créances (moins de 2 500 euros), ce pourcentage peut grimper à 20 ou 25 %, parce que les démarches sont aussi longues que pour une grosse créance. À l’inverse, plus le montant à recouvrer est important, plus le taux baisse. Sur une créance de plus de 50 000 euros, certains cabinets proposent un taux dégressif autour de 5 à 8 %.

Les frais de relance fixes

Certaines sociétés de recouvrement facturent un forfait par relance, en plus de la commission au succès. Comptez en moyenne 30 euros par relance écrite ou téléphonique.
Si trois ou quatre relances sont nécessaires avant le paiement, ces frais s’ajoutent rapidement à la commission finale. Demandez le détail tarifaire avant de signer la convention, et privilégiez les sociétés qui plafonnent ces frais ou qui s’engagent sur un nombre limité de relances forfaitaires.

Les honoraires d’avocat

Quand le dossier nécessite la rédaction d’actes juridiques spécifiques ou une assistance contentieuse, l’intervention d’un avocat partenaire devient nécessaire. Les honoraires d’avocat démarrent généralement autour de 150 euros et peuvent augmenter selon la complexité du dossier.

Ces honoraires viennent s’ajouter à la commission de la société de recouvrement. Vérifiez bien dans la convention initiale qui prend en charge ces frais et dans quelles conditions, certains cabinets les intégrant à leur forfait, d’autres les facturant en plus.

Les coûts d’une procédure judiciaire

Si le recouvrement amiable échoue et que vous engagez une action en justice, les frais grimpent. Comptez les frais de greffe, le coût de l’injonction de payer (entre 35 et 70 euros selon la juridiction), et les honoraires du commissaire de justice pour les saisies éventuelles.

Ces coûts peuvent atteindre plusieurs centaines d’euros au total selon la nature de la procédure et le nombre d’actes nécessaires. Une saisie sur compte bancaire coûte environ 100 euros, une saisie sur salaire entre 30 et 60 euros, et une saisie-vente plusieurs centaines d’euros si elle nécessite un déplacement et un inventaire.

Exemple chiffré : recouvrement d’une créance de 5 000 euros

Vous êtes prestataire de services et un client refuse de payer une facture de 5 000 euros. Vous mandatez une société de recouvrement. Voici une estimation des coûts dans un scénario amiable abouti :

Type de frais Montant estimé
Commission au succès (12 %) 600 €
Frais pour 2 relances forfaitaires 60 €
Total à votre charge 660 €
Somme nette récupérée 4 340 €

Si l’amiable échoue et que vous engagez une injonction de payer, ajoutez environ 50 euros de frais de greffe, et 200 à 400 euros d’honoraires de commissaire de justice pour la signification du titre exécutoire et la saisie. En règle générale, prévoyez un budget de 12 à 15 % du montant à recouvrer pour un recouvrement amiable abouti, et 5 à 10 % supplémentaires si une procédure judiciaire devient nécessaire.

Comment choisir une société de recouvrement ?

Le choix d’une société de recouvrement conditionne directement votre taux de récupération et l’image que vous renvoyez à votre client débiteur. Quatre critères vous permettent de comparer les offres en quelques minutes.

Vérifier l’expérience et la réputation

Une société de recouvrement bien établie a déjà traité des milliers de dossiers et maîtrise les bonnes pratiques. Consultez les avis clients sur Google ou Trustpilot, demandez des références à des clients similaires au vôtre, et vérifiez l’ancienneté de l’entreprise sur Infogreffe.

Une activité de moins de deux ans peut être un signal d’alerte, surtout sur un marché aussi réglementé. Vérifiez aussi que la société est inscrite au registre des entreprises de recouvrement amiable, condition légale pour exercer cette activité en France.

Évaluer la spécialisation par secteur

Toutes les créances ne se traitent pas de la même façon. Les créances B2B (entre professionnels) suivent une logique différente des créances B2C (envers des particuliers), notamment au niveau du délai de prescription (5 ans en B2B, 2 ans en B2C).

Certaines sociétés de recouvrement se spécialisent par secteur (médical, immobilier, e-commerce, BTP). Une expertise sectorielle augmente sensiblement le taux de récupération, parce que la société connaît les pratiques du marché, les usages contractuels et les arguments qui font mouche auprès des débiteurs concernés.

Comparer les tarifs et modalités de rémunération

Demandez systématiquement deux ou trois devis avant de mandater une société de recouvrement. Au-delà du pourcentage de commission, examinez les frais fixes facturés, les modalités de reversement des fonds, et les conditions de résiliation de la convention.

Une rémunération exclusivement au succès limite votre risque financier si la créance n’est jamais récupérée. À l’inverse, des frais fixes élevés vous engagent même en cas d’échec. Lisez attentivement les clauses sur les frais d’avocat, les frais de procédure et les éventuels honoraires complémentaires en cas de bascule judiciaire.

Examiner la transparence des méthodes

Une société de recouvrement sérieuse vous explique clairement sa méthodologie. Elle précise le nombre de relances prévu, les canaux utilisés, la fréquence des échanges et les modalités de reporting.
Méfiez-vous des prestataires qui restent vagues sur leurs pratiques. Les méthodes agressives ou irrégulières (appels en horaires interdits, intimidation, fausse qualité) peuvent nuire à votre image et exposer le créancier à des poursuites pour pratiques commerciales déloyales.

Vous avez reçu un courrier d’une société de recouvrement : que faire ?

Si vous êtes vous-même contacté par une société de recouvrement, plusieurs réflexes s’imposent. Votre situation détermine la marche à suivre.

Vérifier la légitimité de la créance

Avant tout paiement, contrôlez que le courrier contient bien toutes les mentions obligatoires (nom du créancier, montant détaillé, origine de la dette). Demandez aussi au créancier une copie de la facture initiale pour vérifier la cohérence du montant réclamé. Toute facture conforme doit respecter les mentions obligatoires imposées par la loi.
Vérifiez aussi que la dette n’est pas prescrite. Le délai de prescription est de 2 ans pour une créance entre un professionnel et un particulier, et de 5 ans entre professionnels.

Vous devez bien la somme : comment réagir ?

Plusieurs options s’offrent à vous si vous reconnaissez la dette. Vous pouvez régler la totalité de la somme directement au créancier ou à la société de recouvrement. Si vous payez à la société de recouvrement, elle doit vous remettre une quittance gratuite et reverser les fonds au créancier dans le délai prévu, à défaut un mois après l’encaissement.

Si vous ne pouvez pas tout payer, demandez un échelonnement par écrit, soit auprès du créancier, soit auprès de la société. Conservez systématiquement une trace écrite de tout accord obtenu, idéalement par lettre recommandée avec accusé de réception.

Vous contestez la dette : quels recours ?

Vous estimez que la dette n’est pas due ou que le montant réclamé est erroné. Adressez une contestation écrite à la société de recouvrement par lettre recommandée avec accusé de réception, en exposant précisément vos motifs et en joignant les pièces justificatives (facture acquittée, contrat, échanges).

Vous pouvez aussi consulter gratuitement un commissaire de justice ou un avocat dans un point justice ou en mairie. La société de recouvrement ne peut pas poursuivre les démarches tant que la contestation n’a pas été examinée. En cas de désaccord persistant, le litige se règle devant le juge.

Que faire en cas d’abus ou de harcèlement ?

Une société de recouvrement n’a pas le droit de vous appeler avant 8 heures, après 20 heures, ni les dimanches et jours fériés. Elle ne peut ni vous menacer, ni vous intimider, ni se présenter sous une fausse qualité (avocat, commissaire de justice). Le harcèlement par appels téléphoniques malveillants est puni par l’article 222-16 du Code pénal.

En cas de pratiques abusives, vous pouvez signaler la société à la DGCCRF via le site signal.conso.gouv.fr, saisir le médiateur de la consommation, ou porter plainte au commissariat. Ces démarches sont gratuites et n’éteignent pas votre obligation de payer si la dette est légitime.

Une bonne gestion de la facturation réduit fortement le risque d’impayés. Avec un suivi automatique des relances, des factures conformes aux mentions légales et un accès en temps réel à votre encours client, vous gardez la main sur votre trésorerie sans dépendre d’un prestataire extérieur.
    En tant que créancier, faire appel à une société de recouvrement vous fait gagner du temps mais ses pouvoirs s’arrêtent à l’amiable. Comptez 10 à 15 % de commission sur les sommes recouvrées, parfois 30 € par relance en plus. Si l’amiable n’aboutit pas, vous pouvez basculer vers une procédure judiciaire avec un commissaire de justice pour engager des saisies. En tant que débiteur, vous pouvez contester la dette et refuser de payer les frais de relance, qui restent à la charge du créancier.

FAQ

Une société de recouvrement peut-elle me poursuivre en justice ?

Non, une société de recouvrement ne peut pas engager directement une procédure judiciaire en son nom. C'est le créancier qui doit saisir le tribunal, généralement via une demande d'injonction de payer. La société peut uniquement assister le créancier dans cette démarche.

Une société de recouvrement peut-elle saisir mes biens ?

Non. Une société de recouvrement ne dispose d'aucun pouvoir coercitif. Elle ne peut ni saisir vos biens, ni bloquer votre compte bancaire, ni prélever sur votre salaire. Seul un commissaire de justice peut exécuter une saisie, sur la base d'un titre exécutoire délivré par un juge.

Qui paie la société de recouvrement ?

C'est le créancier qui rémunère la société de recouvrement, soit par un pourcentage sur les sommes récupérées, soit par un forfait. Les frais de relance ne peuvent pas être facturés au débiteur, sauf décision contraire du juge en cas de mauvaise foi avérée.

Combien coûte une société de recouvrement en moyenne ?

La commission moyenne se situe entre 10 et 15 % du montant recouvré. Pour des créances inférieures à 2 500 euros, le pourcentage peut atteindre 20 à 25 %. Certaines sociétés ajoutent des frais fixes de relance (autour de 30 € par relance) et des honoraires d'avocat à partir de 150 € si le dossier devient contentieux.

Une société de recouvrement peut-elle se présenter à mon domicile ?

Oui, la loi autorise une société de recouvrement à se rendre au domicile du débiteur. Elle ne peut toutefois pas y entrer sans votre accord, ni vous contraindre à payer sur place. Tout comportement intimidant ou répété est illégal et signalable à la DGCCRF.

Quelle est la prescription d'une dette réclamée par une société de recouvrement ?

Le délai dépend de la nature de la dette. Il est de 2 ans pour une créance entre un professionnel et un particulier, et de 5 ans entre professionnels. Une fois la prescription acquise, le débiteur n'est plus tenu de payer. Vous pouvez invoquer la prescription par lettre recommandée à la société.

Le débiteur doit-il payer les frais de la société de recouvrement ?

Non. Les frais de rédaction et d'envoi des courriers de la société de recouvrement restent à la charge du créancier. Si la société les facture au débiteur, ce dernier peut refuser le paiement en s'appuyant sur le Code des procédures civiles d'exécution.

Quelle est la durée moyenne d'une procédure de recouvrement ?

Une procédure amiable prend en moyenne 2 à 6 semaines, selon la réactivité du débiteur. Si le dossier bascule en judiciaire, comptez 2 à 4 mois supplémentaires pour obtenir une injonction de payer, puis quelques semaines pour son exécution par un commissaire de justice.
Générer ma lettre de mise en demeure

Co-fondateur LegalPlace, Mehdi est diplômé du magistère DJCE et avocat. Il a exercé plus de 12 ans au sein de cabinets anglo-saxons et français en droit des sociétés, fusions-acquisition et capital investissement.

Dernière mise à jour le 06/05/2026

Sources de l'article

2 Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien
Commentaires en ligne
Afficher toutes les questions

A mon avis le recouvrement amiable s’est un art

Bonjour,

En effet, le recouvrement amiable est souvent considéré comme un art, car il repose sur la négociation, la psychologie et une parfaite connaissance du cadre légal pour obtenir le paiement sans conflit ni procédure judiciaire.

En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.

L’équipe LegalPlace.

Rédigé par

Co-fondateur LegalPlace, Mehdi est diplômé du magistère DJCE et avocat. Il a exercé plus de 12 ans au sein de cabinets anglo-saxons et français en droit des sociétés, fusions-acquisition et capital investissement.