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  • En micro-entreprise, vous ne bénéficiez d’aucun véhicule de fonction, car vous utilisez votre véhicule personnel pour vos trajets professionnels.
  • Vous ne pouvez pas déduire vos frais de voiture, car le régime micro-fiscal repose sur un abattement forfaitaire de 71 % pour le commerce, 50 % pour les services BIC, 34 % pour les prestations libérales.
  • Si vous êtes assujetti à la TVA, vous pouvez récupérer la TVA sur le carburant (80 % pour l’essence, 100 % pour le GPL et les véhicules électriques).
  • La LOA et le crédit-bail sont deux alternatives à l’achat comptant d’une voiture, mais sans avantage fiscal en micro-entreprise.

Il n’est pas possible d’acquérir une voiture de fonction en micro-entreprise : le régime ne dispose pas de personnalité morale distincte (loi du 14 février 2022) : l’entrepreneur et l’entreprise ne forment qu’une seule entité. Il est donc impossible d’acheter un véhicule au nom de l’entreprise. Vous pouvez utiliser votre véhicule personnel à des fins professionnelles, mais sans déduction possible des frais réels. Il existe cependant des alternatives à l’achat.

Peut-on avoir une voiture de fonction en auto-entrepreneur ?

Non, il n’est pas possible d’avoir une voiture de fonction si vous êtes micro-entrepreneur. Ce terme désigne un véhicule acheté par l’entreprise et mis à disposition d’un dirigeant ou d’un employé pour ses déplacements professionnels. Il s’agit d’un avantage en nature accordé par la société. Or, comme le précise la loi du 14 février 2022, une micro-entreprise ne possède pas de personne morale distincte. De fait, vous ne formez qu’une seule et même entité avec votre entreprise, à la différence d’une SASU ou d’une EURL.

Concrètement, cela signifie que vous ne pouvez pas acheter un véhicule professionnel en tant qu’auto-entrepreneur. En revanche, vous pouvez tout à fait utiliser votre voiture personnelle dans le cadre de votre activité indépendante. Dans ce cas, elle reste un bien privé. De fait, elle n’apparaît pas dans une comptabilité professionnelle (puisqu’il n’y en a pas une au sens classique dans une micro-entreprise).

Exemple : Marion est micro-entrepreneur et exerce une activité de coaching. Elle achète une voiture pour se déplacer chez ses clients. Cet achat reste personnel, même si elle utilise son véhicule pour son activité. Il n’est donc ni déductible, ni inscrit à l’actif de son entreprise.

Quels sont les impacts fiscaux d’un véhicule à usage mixte en auto-entreprise ?

En micro-entreprise, vous ne pouvez pas déduire vos frais réels, y compris ceux liés à votre véhicule. Des subtilités s’appliquent au niveau de la TVA.

Pourquoi vous ne pouvez pas déduire vos frais de voiture en auto-entreprise ?

En matière d’imposition, l’administration applique automatiquement un abattement forfaitaire sur votre chiffre d’affaires annuel lors de votre déclaration de revenus. Cet abattement est censé couvrir l’ensemble de vos charges, y compris vos frais de déplacement.

Il s’élève à :

  • 71 % du CA pour une activité commerciale et d’hébergement (BIC) ;
  • 50 % du CA pour une activité de prestation de services (BIC) ;
  • 34 % du CA pour une activité libérale (BNC).

En clair : vous ne déduisez rien, mais vous êtes imposé uniquement sur une partie de votre chiffre d’affaires.

Quel est l’impact sur vos cotisations sociales ?

L’utilisation d’un véhicule personnel ou professionnel n’a aucun impact sur vos cotisations sociales. Comme le précise l’article L133-6-8 du Code de la Sécurité sociale, le montant de ces cotisations se fonde sur le chiffre d’affaires que vous déclarez chaque mois ou chaque trimestre à l’URSSAF. Le taux appliqué dépend de votre catégorie d’activité, et non de vos charges. Pour rappel, le pourcentage de prélèvement des cotisations sociales est de :

  • 25,6 % pour une activité libérale ;
  • 21,2 % pour une activité de vente de prestation de services ;
  • 12,3 % pour une activité de vente de marchandises.

Pouvez-vous récupérer la TVA sur l’achat de votre véhicule ?

Comme le précise le Bulletin officiel des finances publiques dans le BOI-TVA-DED-30-30-20, il n’est pas possible de récupérer la TVA sur l’achat d’un véhicule destiné au transport de personne. De fait, même si vous êtes assujetti à la TVA, vous ne pouvez pas récupérer cette taxe sur l’achat de votre véhicule de tourisme. En revanche, la TVA est récupérable sur l’achat d’un véhicule utilitaire, à condition qu’il soit utilisé dans le cadre de votre activité professionnelle.

Emma achète un camion utilitaire pour transporter sa marchandise. Elle peut récupérer la TVA sur cet achat, dans la mesure où le véhicule est utilisé pour son activité professionnelle. Hector, quant à lui, achète une voiture de tourisme pour ses déplacements. Même s’il l’utilise dans un cadre professionnel, il ne peut pas récupérer la TVA.

Pouvez-vous récupérer la TVA sur le carburant ?

Oui, c’est possible de récupérer la TVA sur le carburant, si vous êtes assujetti à cette taxe, comme le précise le Bofip du 24 février 2021. Le tableau suivant détaille les coefficients de déductibilité sur l’achat de carburant :

Type de carburant Véhicule de tourisme Véhicule utilitaire
Essence 80 % 100 %
Gazole et super-éthanol E 85 80 % 100 %
GPL et GNV 100 % 100 %
Véhicule électrique 100 % 100 %
Vous pouvez déduire la TVA des frais de péage.

Existe-t-il des exceptions au sujet de la TVA sur l’achat des véhicules de tourisme ?

Les chauffeurs VTC et moniteurs d’auto-école en micro-entreprise assujettis à la TVA peuvent récupérer la TVA sur l’achat de leur véhicule de tourisme, contrairement à la règle générale. Cette exception s’explique par la qualification du véhicule en outil de travail principal (BOFiP, TVA – Droits à déduction). Cette exception s’applique aussi aux taxis et aux loueurs de véhicules. Toutefois, ces derniers sont généralement plutôt immatriculés en société.

En pratique, le régime de la micro-entreprise limite fortement les possibilités de déduction. Si vos frais de véhicule sont importants, vous pouvez toutefois envisager des solutions pour optimiser votre situation.

Comment optimiser vos frais de voiture en auto-entreprise ?

Facturer les frais de déplacement à vos clients

En micro-entreprise, vous ne pouvez pas déduire directement vos frais de voiture. En revanche, vous pouvez facturer des frais de déplacement à vos clients. Ils doivent alors faire l’objet d’une mention dédiée dans votre devis et votre facture. Leur montant doit être également intégré dans votre chiffre d’affaires annuel, car il ne peut pas être déduit. Notez que cela augmente mécaniquement votre CA et peut vous rapprocher des seuils de la micro-entreprise (203.100 euros pour les activités de commerce et 83.600 euros en prestations de services). Il faut donc prendre en compte cette situation dans votre prévisionnel financier.

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Passer au régime réel pour déduire vos frais

Pour optimiser ces dépenses, la seule possibilité d’optimisation est de sortir du régime de la micro-entreprise pour passer au régime réel. Vous pouvez le faire de deux manières :

  • En dépassant les seuils de la micro-entreprise deux années de suite (83.600 euros en prestations de services et 203.100 euros pour les activités de commerce). Dans ce cas, vous basculez automatiquement au régime réel à compter du 1er janvier de l’année suivante.
  • En choisissant volontairement de passer au réel. Vous devez le demander au maximum le 31 décembre de l’année précédant celle à laquelle vous voulez sortir du régime micro-fiscal. Les entrepreneurs choisissent fréquemment cette option lorsque le montant total de leurs charges dépasse l’abattement forfaitaire du régime fiscal de la micro-entreprise.

Quelles sont les méthodes pour déduire vos frais au régime réel ?

Une fois au régime réel, vous pouvez déduire vos frais de voiture selon deux méthodes :

  • Aux frais réels. Vous déduisez les dépenses réellement engagées, au prorata de l’usage professionnel. Cela concerne notamment vos frais d’assurance, d’entretien ou encore de réparation de votre véhicule. Vous devez conserver tous les justificatifs de vos dépenses.
  • Au barème kilométrique. C’est un forfait qui inclut à la fois le carburant, l’entretien, l’assurance et l’amortissement du véhicule. Son taux est révisé chaque année (mais il n’a pas augmenté en 2025). Il dépend de la puissance fiscale du véhicule et du nombre de kilomètres parcourus.
Avec un véhicule de 5 CV parcourant 15 000 km, vous pouvez déduire environ 6 750 € (15.000 x 0,357 + 1395) selon le barème 2026 applicable.

En pratique, le barème kilométrique est souvent plus simple et plus avantageux. Il limite les contraintes administratives et évite la taxation d’une éventuelle plus-value lors de la revente du véhicule.

Quelles sont les alternatives à l’achat d’une voiture : LOA, crédit-bail, VTC ?

Vous ne souhaitez pas acheter un véhicule ? Plusieurs solutions existent pour vous déplacer dans le cadre de votre activité. Chaque option présente des avantages, mais aussi des limites, notamment en micro-entreprise.

La LOA (location avec option d’achat)

La LOA vous permet d’utiliser une voiture pendant une durée déterminée, avec la possibilité de l’acheter à la fin du contrat. Vous signez un contrat avec un premier loyer majoré ou un apport, des mensualités fixes et une option d’achat à la fin. Le montant de l’apport est généralement compris entre 15 et 20 % du tarif final du véhicule, mais il peut monter parfois jusqu’à 30 %.

L’un des principaux avantages de la LOA réside dans ses mensualités souvent plus faibles que celles d’un crédit-bail professionnel pour les indépendants. Cela s’explique par le fait que vous payez uniquement l’usage du véhicule pendant la durée du contrat. En revanche, le coût total est généralement plus élevé qu’un achat comptant, surtout si vous décidez de lever l’option d’achat. La LOA reste donc une option intéressante si vous souhaitez renouveler régulièrement votre véhicule sans immobiliser trop de trésorerie.

Le crédit-bail

Le crédit-bail auto est un contrat de location de voiture à destination des professionnels. Il fonctionne sur un principe proche de celui de la LOA : vous louez un véhicule avec une option d’achat à la fin. Les contrats durent en moyenne entre 36 et 60 mois. Comme pour la LOA, aucun avantage fiscal n’existe en micro-entreprise (à la différence du régime réel où les loyers sont déductibles).

Cependant, la structure financière du crédit-bail varie de celui de la location avec option d’achat sur deux points :

  • Vous n’avez généralement pas d’apport ou de loyer majoré ;
  • Les loyers sont plus élevés, puisqu’ils intègrent davantage la valeur du véhicule.

Le covoiturage

Vous pouvez également recourir au covoiturage pour vos déplacements professionnels. Cette solution permet de réduire vos frais (carburant, péages). Elle reste cependant contraignante : vous restez dépendant de l’offre de trajets disponibles, qui s’applique surtout aux axes routiers principaux. En pratique, le covoiturage convient davantage à des besoins ponctuels qu’à une activité nécessitant des déplacements réguliers. Vous pouvez passer par des plateformes spécifiques pour vous mettre en relation avec d’autres conducteurs.

Léa habite à Bordeaux et doit se rendre sur Toulouse une fois par semaine pour son travail. N’ayant pas de voiture, elle fait du covoiturage en passant par une plateforme spécialisée. L’aller-retour lui coûte en moyenne entre 30 et 40 euros selon les offres proposées.

Le tableau suivant résume les avantages et inconvénients de chaque option :

Option Avantages Inconvénients
Achat comptant Vous êtes propriétaire
Vous n’avez pas de loyer à régler
Impact important sur votre trésorerie
LOA Possibilité d’acheter le véhicule au terme du contrat
Mensualités plus basses qu’en crédit-bail
Prix d’achat final plus élevé que l’achat comptant
Versement d’un 1er loyer majoré ou d’un apport au début du contrat
Kilométrage mensuel limité
Crédit-bail Vous devenez propriétaire au terme du contrat
Généralement pas de loyer majoré ou d’apport
Prix d’achat final plus élevé qu’un achat comptant
Mensualités plus élevées qu’en LOA
Covoiturage Vous ne payez que les frais de covoiturage à l’unité Dépendance à l’offre

Comment protéger votre véhicule en cas de difficultés ?

Depuis la réforme du statut de l’entrepreneur individuel (loi du 14 février 2022), votre patrimoine personnel et votre patrimoine professionnel sont automatiquement séparés. Concrètement, vos créanciers professionnels ne peuvent saisir que les biens utiles à votre activité professionnelle. Cependant, cette protection connaît des limites. L’administration fiscale et les organismes sociaux ont la possibilité d’engager des poursuites sur votre patrimoine personnel en cas de fraude ou de manquements graves et répétés à vos obligations. Dans ce cas, seule votre résidence principale reste protégée, comme le souligne l’article L.526-1 du Code de commerce.

Si vous souhaitez protéger également votre voiture, vous devez alors réaliser une déclaration d’insaisissabilité auprès d’un notaire. Cet acte est à publier au service de publicité foncière ainsi que dans un registre de publicité légale. Pour le faire, vous devez réaliser une déclaration sur le site du Guichet unique. Elle est à mener avant que des difficultés ne surviennent.

En micro-entreprise, une voiture n’est pas directement déductible (l’abattement forfaitaire couvre les charges). Vous pouvez l’acheter à titre personnel ou via LOA/crédit-bail. Pour l’optimiser, passez en régime réel et utilisez le barème kilométrique. Protégez votre véhicule via une déclaration d’affectation.

FAQ

Quelle est la différence entre la micro-entreprise et le régime réel pour la déduction des frais de voiture ?

En micro-entreprise, vous ne pouvez pas déduire vos frais réels. L'administration applique en contre-partie un abattement forfaitaire sur votre chiffre d'affaires annuel. Au régime réel, vous pouvez déduire vos dépenses professionnelles, y compris celles liées à votre véhicule (carburant, entretien, assurance, etc.).

Puis-je récupérer la TVA sur l'achat d'une voiture de tourisme ?

Le barème kilométrique 2026 s'applique-t-il à ma micro-entreprise ?

Le barème kilométrique ne concerne pas les auto-entrepreneurs, puisque ces derniers bénéficient déjà d'un abattement fiscal sur leur chiffre d'affaires annuel. En revanche, il s'applique aux entreprises individuelles au régime réel. Ces dernières peuvent déduire des charges, et notamment leurs frais de transport. Le barème prend alors en compte à la fois la distance parcourue et la puissance fiscale de leur véhicule.

LOA ou achat : qu'est-ce qui est plus avantageux fiscalement ?

En micro-entreprise, aucune des deux options ne permet de déduire vos frais. Le choix dépend donc surtout de votre trésorerie et de votre besoin de flexibilité, et non d'un avantage fiscal.

Comment protéger ma voiture en cas de difficultés ?

En micro-entreprise, il est possible de remplir une déclaration d'insaisissabilité auprès d'un notaire pour protéger vos biens professionnels, tels que votre véhicule. Cette démarche doit être anticipée, avant toute difficulté financière. En revanche, votre domicile est automatiquement protégé.

Puis-je déduire l'essence en micro-entreprise ?

Non, le carburant n'est pas déductible en micro-entreprise, car vos charges sont déjà prises en compte dans l'abattement forfaitaire annuel. En revanche, si vous êtes assujetti à la TVA, vous pouvez récupérer le montant de cette taxe selon certaines conditions.

Quel est le barème kilométrique 2026 exact ?

Le barème kilométrique est publié chaque année par l'administration fiscale. Il se compose de plusieurs tableaux (voitures, motos, cyclomoteurs) avec des montants qui varient selon la puissance fiscale du véhicule et la distance accomplie dans le cadre des déplacements professionnels. Une majoration de 20 % aux taux en vigueur est appliquée aux véhicules électriques. Pour utiliser ce barème, vous devez être au régime réel.
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Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L’ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

Dernière mise à jour le 29/04/2026

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Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L'ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris