Skip to content
    • La comptabilité d’un auto-entrepreneur est allégée par rapport aux autres statuts, mais elle reste obligatoire.
    • En tant qu’auto-entrepreneur, votre comptabilité repose essentiellement sur la tenue d’un livre des recettes.
    • La comptabilité en micro-entreprise impose une déclaration régulière du chiffre d’affaires à l’URSSAF.
    • Gérer sa comptabilité d’auto-entrepreneur sans logiciel dédié expose à des erreurs et à des risques en cas de contrôle.
    • La comptabilité simplifiée de l’auto-entrepreneur ne dispense pas de conserver tous les justificatifs de recettes.

La comptabilité de l’auto-entrepreneur est volontairement simplifiée par rapport aux autres formes juridiques : pas de bilan comptable, pas de compte de résultat, pas de commissaire aux comptes.

Pour autant, elle n’est pas inexistante et en tant qu’auto-entrepreneur, vous avez des obligations précises à respecter : tenir un livre des recettes, émettre des factures conformes, déclarer votre chiffre d’affaires à l’URSSAF et conserver vos documents pendant plusieurs années.

Ce guide vous explique tout ce que vous devez savoir pour gérer votre comptabilité auto-entrepreneur sereinement en 2026.

Qu’est-ce que la comptabilité d’un auto-entrepreneur ?

La comptabilité d’un auto-entrepreneur se résume principalement à enregistrer les encaissements, émettre des factures conformes et déclarer son chiffre d’affaires à l’URSSAF, sans bilan ni plan comptable.

Définition de la comptabilité en micro-entreprise

La comptabilité d’un auto-entrepreneur désigne l’ensemble des obligations administratives et financières liées à la gestion de son activité dans le cadre du régime micro-entreprise.

Concrètement, il s’agit principalement d’enregistrer les encaissements, d’émettre des factures conformes et de déclarer son chiffre d’affaires à l’URSSAF.

Cette comptabilité est dite allégée car elle ne requiert ni bilan, ni compte de résultat, ni plan comptable général, contrairement aux entreprises soumises à un régime réel d’imposition.

Pourquoi est-elle simplifiée ?

La comptabilité de la micro-entreprise est simplifiée parce que le régime fiscal du micro-entrepreneur repose sur un abattement forfaitaire appliqué directement au chiffre d’affaires, qui remplace la déduction des charges réelles.

L’administration fiscale considère alors que vos charges représentent un pourcentage fixe de votre chiffre d’affaires (CA) :

  • 71 % pour le commerce ;
  • 50 % pour les services BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux) ;
  • 34 % pour les BNC (Bénéfices Non Commerciaux).

Qui est concerné ?

Cette comptabilité allégée du régime de la micro-entreprise concerne toute personne physique exerçant une activité commerciale, artisanale ou libérale à titre individuel sous le statut d’auto-entrepreneur, à condition de ne pas dépasser certains seuils de chiffre d’affaires annuels.

Voici les seuils applicables en 2026 :

Activité Seuil de chiffre d’affaires annuel
Vente de marchandises (BIC) 203 100 €
Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) 83 600 €
Professions libérales (BNC) 83 600 €
Au-delà des seuils, le micro-entrepreneur bascule automatiquement vers un régime réel, avec des obligations comptables bien plus lourdes.

Quelles sont les obligations comptables d’un auto-entrepreneur ?

Les obligations comptables de l’auto-entrepreneur sont la tenue d’un livre des recettes, la tenue d’un registre des achats dans certains cas, et la conservation des justificatifs. Leur non-respect peut entraîner des sanctions en cas de contrôle fiscal ou URSSAF.

Tenir un livre des recettes

La tenue du livre des recettes pour un auto-entrepreneur est une obligation légale, quelle que soit son activité.

Ce document, qui peut être un simple fichier Excel ou un registre papier, doit mentionner pour chaque encaissement :

  • La date ;
  • Le montant ;
  • L’origine (nom du client) ;
  • La nature de la prestation ou du bien vendu ;
  • Le mode de règlement (chèque, virement, espèces).

Les encaissements doivent être enregistrés au fur et à mesure, chronologiquement, sans blanc ni rature.

Le livre des recettes ne récapitule que les encaissements effectifs, pas les factures émises. Si un client paie en deux fois, chaque versement fait l’objet d’une ligne distincte.

Tenir un registre des achats (si nécessaire)

La tenue d’un registre des achats est obligatoire uniquement pour les auto-entrepreneurs exerçant une activité de vente de marchandises, de denrées alimentaires ou de fourniture de logement (chambres d’hôtes, meublés de tourisme).

Ce registre recense chronologiquement toutes les dépenses engagées pour l’achat de marchandises revendues, en précisant la date, le montant, la nature et le fournisseur.

Pour les prestataires de services (consultants, artisans, freelances…), ce registre n’est pas exigé, même s’il peut s’avérer utile pour le suivi de gestion.

Conserver les justificatifs

La conservation des justificatifs comptables est une obligation que tout auto-entrepreneur doit respecter scrupuleusement.

Chaque facture reçue ou émise, chaque reçu, chaque relevé bancaire lié à l’activité doit être archivé pendant une durée minimale de 10 ans pour les documents comptables, et 6 ans pour les pièces fiscales.

En cas de contrôle fiscal, l’absence de justificatifs peut entraîner un redressement, voire des pénalités.

Conserver des documents au format numérique est autorisé, à condition que le document numérisé soit identique à l’original et que la numérisation soit réalisée selon les règles définies par l’administration fiscale (article L102B du Livre des procédures fiscales).

Comment tenir une comptabilité pour un auto-entrepreneur ?

Tenir une comptabilité auto-entrepreneur au quotidien implique d’enregistrer chaque opération en temps réel.

Méthode simple au quotidien

La méthode la plus efficace pour tenir sa comptabilité en micro-entreprise consiste à enregistrer chaque encaissement le jour même de sa réception, en complétant le livre des recettes ligne par ligne.

Sophie, auto-entrepreneur en graphisme, adopte par exemple un rituel hebdomadaire : chaque lundi matin, elle vérifie son relevé bancaire, saisit les encaissements de la semaine dans son tableur et range les justificatifs dans un dossier mensuel. Cette discipline évite l’accumulation et réduit le risque d’erreur ou d’oubli.
Il n’est pas nécessaire d’y consacrer plus de 30 minutes par semaine pour une activité standard.

Outils et logiciels recommandés

Les outils disponibles pour gérer la comptabilité d’un auto-entrepreneur vont du simple tableur Excel jusqu’aux logiciels de facturation automatisés.

Un tableur bien structuré suffit pour débuter, mais il présente des limites : risque d’erreur de formule, absence d’alertes, pas de génération automatique de factures conformes.

Les logiciels spécialisés comme ceux proposés par LegalPlace, Indy ou Shine centralisent facturation, suivi des recettes et déclaration en un seul espace, avec des rappels intégrés pour les échéances URSSAF.

Bonnes pratiques de gestion

Les bonnes pratiques de gestion comptable pour un auto-entrepreneur reposent sur trois principes : la régularité, la séparation et l’anticipation.

  • La régularité signifie enregistrer les opérations sans délai, et non en fin d’année
  • La séparation consiste à ne jamais mélanger dépenses personnelles et professionnelles, d’où l’intérêt d’un compte bancaire professionnel dédié à sa micro-entreprise ;
  • L’anticipation, enfin, implique de provisionner chaque mois les cotisations sociales et l’impôt à payer.

Comment tenir correctement la comptabilité de sa micro-entreprise ?

Avec LegalPlace, ouvrez votre compte bancaire professionnel en ligne rapidement et sans démarches complexes. Une solution pensée pour les entrepreneurs qui veulent séparer leurs finances personnelles et professionnelles dès la création.

Comment faire la facturation en auto-entreprise ?

La facturation en auto-entreprise est encadrée est importante car une facture non conforme peut entraîner une amende pouvant aller jusqu’à 75 000 € pour une personne morale (article L441-9 du Code de commerce), et jusqu’à 15 000 € pour une personne physique.

Mentions obligatoires sur les factures

Les mentions obligatoires sur une facture d’un auto-entrepreneur sont les suivantes :

  • Le numéro SIREN/SIRET ;
  • La mention “Dispensé d’immatriculation au registre du commerce et des sociétés” (pour les commerçants en dessous du seuil) ;
  • La date d’émission ;
  • Le numéro de facture ;
  • Les coordonnées complètes du client ;
  • La description précise de la prestation ou du produit ;
  • Le montant HT ;
  • Et, si applicable, le montant de TVA.
Depuis le 1er janvier 2026, la facturation électronique est progressivement généralisée en France. Les auto-entrepreneurs qui travaillent avec des entreprises assujetties à la TVA doivent anticiper cette transition.

Une facture non conforme peut entraîner une amende de 75 000 € pour une société (article L441-9 du Code de commerce). LegalPlace garantit des documents toujours à jour des obligations légales en vigueur, y compris les mentions obligatoires.

Numérotation et conservation

La numérotation des factures doit suivre une séquence chronologique et continue, sans rupture ni doublon.

Un numéro de facture peut suivre le format “AAAA-MM-001” (ex : 2026-04-001), mais tout système logique et cohérent est accepté, du moment qu’il est appliqué de façon permanente.

Cas de la TVA

Si vous bénéficiez de la franchise en base de TVA, la mention “TVA non applicable – article 293 B du CGI” est obligatoire sur la facture de votre micro-entreprise.

Comment déclarer son chiffre d’affaires en auto-entreprise ?

La déclaration du chiffre d’affaires est l’obligation centrale du régime auto-entrepreneur. Elle conditionne le calcul et le paiement des cotisations sociales auprès de l’URSSAF, ainsi que l’imposition sur le revenu.

Déclaration à l’URSSAF

La déclaration du chiffre d’affaires de l’auto-entrepreneur s’effectue en ligne, directement sur le site autoentrepreneur.urssaf.fr, dans l’espace personnel.

Elle doit mentionner le chiffre d’affaires encaissé (et non facturé) sur la période concernée.

Même en l’absence de recettes, la déclaration reste obligatoire : il faut déclarer un chiffre d’affaires “zéro”. L’absence de déclaration du chiffre d’affaires pour un auto-entrepreneur entraîne une taxation forfaitaire et peut générer des pénalités.

Activez les rappels par e-mail ou SMS proposés par l’URSSAF pour ne pas manquer les échéances.

Périodicité (mensuelle ou trimestrielle)

La périodicité de la déclaration de chiffre d’affaires dépend du choix effectué lors de la création de la micro-entreprise.

L’auto-entrepreneur peut opter pour une déclaration mensuelle ou trimestrielle.

La déclaration mensuelle est à effectuer avant le dernier jour du mois suivant.

Par exemple, le chiffre d’affaires du mois de mars doit être déclaré avant le 30 avril.

La déclaration trimestrielle est à effectuer avant la fin du mois suivant chaque trimestre civil.

Par exemple, le chiffre d’affaires du 1er trimestre doit être déclaré avant le 30 avril.
Le choix trimestriel est souvent retenu pour sa simplicité, mais la fréquence mensuelle offre une meilleure visibilité sur la trésorerie.

Paiement des cotisations

Le paiement des cotisations sociales de l’auto-entrepreneur est directement calculé par l’URSSAF sur la base du chiffre d’affaires déclaré, en appliquant un taux forfaitaire selon l’activité.

Voici un tableau comparatif des taux de cotisations sociales pour ces deux statuts en 2026 : 

Type d’activité Taux micro-entrepreneur (% du CA)
Vente de marchandises 12,3 %
Prestations de services (BIC) 21,2 %
Prestations de services (BNC) 25,6 %
Activités libérales CIPAV 23,2 %
Si vous bénéficiez de l’ACRE en tant que micro-entrepreneur, vos taux de cotisations sociales sont réduits de 50% ou de 25 % durant vos quatre premiers trimestres d’activité. C’est une économie substantielle à ne pas négliger lors de votre immatriculation sur le Guichet Unique de l’INPI.

à partir du 1er juillet 2026, le taux d'exonération ACRE passera de 50% à 25%. Les créateurs d'entreprise ne seront donc plus exonérés que de 25% de leurs cotisations sociales et devront s'acquitter de 75% du montant, contre 50% actuellement.

Quelle fiscalité pour un auto-entrepreneur ?

La fiscalité de l’auto-entrepreneur repose sur deux mécanismes principaux : l’imposition sur le revenu via le barème progressif ou le prélèvement libératoire, et la franchise en base de TVA. Ces règles conditionnent directement la rentabilité du statut selon votre niveau de revenus.

Impôt sur le revenu

L’imposition sur le revenu de l’auto-entrepreneur se fait, par défaut, via le barème progressif de l’impôt sur le revenu.

Le chiffre d’affaires déclaré est intégré à la déclaration annuelle de revenus (formulaire 2042 C PRO), après application d’un abattement forfaitaire pour charges (71 %, 50 % ou 34 % selon l’activité).

Le résultat imposable est ensuite soumis au barème de l’IR applicable à votre foyer fiscal.

Par exemple, Thomas, auto-entrepreneur en conseil informatique, déclare 50 000 € de CA. Après abattement de 34 %, son revenu imposable est de 33 000 €, soumis au barème progressif.

Prélèvement libératoire

Le prélèvement libératoire de l’impôt est une option fiscale permettant à l’auto-entrepreneur de payer son impôt sur le revenu en même temps que ses cotisations sociales, de façon forfaitaire et définitive.

L’impôt est alors calculé directement sur le chiffre d’affaires brut à un taux fixe :

  • 1 % pour la vente de marchandises ;
  • 1,7 % pour les prestations de services ;
  • 2,2 % pour les activités libérales.

Cette option est avantageuse si votre taux marginal d’imposition est élevé, mais elle ne peut être choisie que si le revenu fiscal de référence de votre foyer ne dépasse pas certains seuils.

Le prélèvement libératoire doit être demandé lors de la création de la micro-entreprise ou au plus tard le 30 septembre de l’année précédente pour s’appliquer à l’année suivante. L’option peut être reconduite ou abandonnée chaque année.

Franchise en base de TVA

La TVA en micro-entreprise est généralement non applicable grâce au régime de franchise en base, tant que le chiffre d’affaires reste sous certains seuils.

En 2026, ces seuils de franchise sont les suivants :

Activité Seuil de franchise de TVA Seuil majoré (tolérance)
Vente de marchandises 85 000 € 93 500 €
Prestations de services (BIC/BNC) 37 500 € 41 250 € €

Tant que vous restez sous les seuils, vous êtes en franchise de TVA.

Si vous dépassez uniquement le seuil de base, la TVA s’applique à partir du 1er janvier de l’année suivante.

Les seuils majorés permettent de conserver la franchise la première année de dépassement. Au-delà, la TVA s’applique de plein droit.

Quels outils pour gérer sa comptabilité en tant qu’auto-entrepreneur ?

Le choix des outils pour gérer la comptabilité d’un auto-entrepreneur dépend principalement du volume d’activité, du budget disponible et du temps que l’auto-entrepreneur souhaite y consacrer.

Logiciels de facturation

Les logiciels de facturation dédiés aux auto-entrepreneurs permettent d’automatiser la création de devis et de factures conformes, de suivre les encaissements et de générer le livre des recettes.

Parmi les solutions populaires en 2026 : LegalPlace, Indy, Shine, Freebe ou encore Tiime.

Ces outils intègrent généralement les mentions légales obligatoires, la numérotation automatique et un tableau de bord pour suivre son CA en temps réel.

Tableurs vs solutions automatisées

Le choix entre un tableur et une solution automatisée pour gérer la comptabilité auto-entrepreneur dépend surtout du volume de transactions.

Un tableur Excel ou Google Sheets suffit amplement pour un auto-entrepreneur qui émet moins de 5 à 10 factures par mois : c’est gratuit, flexible et suffisamment structuré.

En revanche, au-delà de ce volume, les risques d’erreur augmentent et le temps de gestion devient significatif.

Critère Tableur (Excel/Google Sheets) Logiciel dédié
Coût Gratuit 9 à 25 €/mois
Facilité d’utilisation Moyenne Élevée
Conformité automatique Non Oui
Alertes URSSAF Non Oui
Génération du livre des recettes Manuelle Automatique
Adapté pour Faible volume Volume moyen à élevé

Plateformes d’accompagnement

Les plateformes d’accompagnement pour auto-entrepreneurs proposent des services qui vont au-delà de la simple facturation : suivi de trésorerie, simulateurs de charges, alertes de dépassement de seuils, et parfois accès à des formalistes pour les questions administratives.

Ces plateformes sont particulièrement utiles pour les auto-entrepreneurs qui développent leur activité et souhaitent anticiper un éventuel changement de statut vers la SASU ou l’EURL.

ComptaPlace simplifie votre comptabilité d'entreprise avec des outils adaptés à votre statut : micro-entrepreneur, SAS, SARL, EURL… Un accompagnement sur-mesure pour tenir vos compte.

Quelles erreurs éviter en comptabilité pour un auto-entrepreneur ?

Les erreurs en comptabilité auto-entrepreneur sont fréquentes, notamment chez les personnes qui débutent. Certaines peuvent avoir des conséquences financières importantes, notamment en cas de contrôle fiscal ou de redressement URSSAF.

Oublier des déclarations

L’oubli de déclaration de chiffre d’affaires est l’erreur la plus répandue chez les auto-entrepreneurs.

En l’absence de déclaration à la date prévue, l’URSSAF applique une pénalité forfaitaire de 58 € par déclaration manquante (en 2026), et peut procéder à une régularisation d’office basée sur un CA estimé.

Concrètement, l’administration fiscale peut vous taxer sur un montant supérieur à votre CA réel si vous n’avez pas déclaré.

Mauvaise tenue des documents

La mauvaise tenue des documents comptables (livre des recettes incomplet, justificatifs manquants, factures non conformes) expose l’auto-entrepreneur à des risques importants lors d’un contrôle.

L’URSSAF et l’administration fiscale peuvent demander à consulter l’ensemble des pièces justificatives sur une période pouvant aller jusqu’à 3 ans en arrière pour un contrôle fiscal standard, et jusqu’à 6 ans en cas de fraude présumée.

Si les documents sont absents ou insuffisants, le contrôleur peut reconstituer le CA de manière forfaitaire, souvent défavorable au micro-entrepreneur.

Dépassement des seuils

Le dépassement des seuils de chiffre d’affaires du régime micro-entreprise est une erreur fréquente liée à une mauvaise anticipation de la croissance de l’activité.

Ce changement implique des obligations comptables bien plus lourdes : bilan, compte de résultat, liasse fiscale.

Il est donc indispensable de surveiller son CA mensuel pour anticiper ce passage et s’y préparer.

Le dépassement du seuil de TVA entraîne une assujettissement immédiat à la TVA, dès le 1er jour du mois de dépassement.

Faut-il un expert-comptable pour gérer la comptabilité d’un auto-entrepreneur ?

Recourir à un expert-comptable en tant qu’auto-entrepreneur est une question légitime, mais dans la grande majorité des cas, ce n’est pas indispensable.

Cas où il est utile

Un expert-comptable peut être utile à un auto-entrepreneur dans des situations spécifiques :

  • Dépassement imminent des seuils de CA avec envisagement d’un changement de statut (SASU, EURL) ;
  • Activité mixte combinant vente et prestation (calcul des seuils plus complexe) ;
  • Ou encore déclaration de revenus complexe avec plusieurs sources de revenus.

Dans ces cas, une consultation ponctuelle suffit généralement, sans qu’il soit nécessaire de signer un contrat annuel.

Le coût d’une telle prestation varie entre 500 € et 1 500 € par an selon les missions confiées.

Cas où il n’est pas nécessaire

Un expert-comptable n’est pas nécessaire pour la grande majorité des auto-entrepreneurs dont l’activité est simple et le volume de transactions limité.

Un consultant en marketing digital qui réalise 30 000 € de CA par an, par exemple, n’a pas besoin d’un expert-comptable pour tenir son livre des recettes, émettre ses factures et déclarer son CA à l’URSSAF.

Ces tâches peuvent être réalisées en quelques heures par mois avec un bon outil de gestion.

Alternatives digitales

Les alternatives digitales à l’expert-comptable sont nombreuses et adaptées aux besoins des auto-entrepreneurs.

Des plateformes comme Indy, Freebe ou LegalPlace proposent des fonctionnalités de suivi comptable automatisé, de simulation de charges et de génération du livre des recettes, à un coût bien inférieur à celui d’un cabinet comptable.

Ces solutions permettent à l’auto-entrepreneur de garder la maîtrise de sa comptabilité tout en bénéficiant d’une assistance digitale.

La comptabilité d’un auto-entrepreneur est simplifiée mais encadrée par des obligations légales précises. Elle repose essentiellement sur la tenue d’un livre des recettes, l’émission de factures conformes, la déclaration régulière du chiffre d’affaires à l’URSSAF et la conservation des justificatifs pendant 10 ans. La fiscalité du micro-entrepreneur combine franchise en base de TVA sous certains seuils et imposition sur le revenu selon le barème progressif ou par prélèvement libératoire. Des outils digitaux (tableurs ou logiciels dédiés) permettent de gérer ces obligations de façon autonome, sans recours systématique à un expert-comptable. L’essentiel est d’adopter de bonnes habitudes dès le début : régularité dans les enregistrements, séparation des flux financiers et vigilance sur les seuils de CA.

FAQ

Comment gérer la comptabilité d'un auto-entrepreneur facilement ?

Gérer facilement la comptabilité d'un auto-entrepreneur repose sur quatre réflexes simples à adopter dès le lancement de l'activité. Ouvrez un compte bancaire dédié pour isoler vos flux professionnels. Enregistrez chaque encaissement dans votre livre des recettes le jour même. Activez les rappels de déclaration URSSAF depuis votre espace personnel. Enfin, utilisez un logiciel de facturation qui génère automatiquement vos factures conformes et votre livre des recettes. Avec ces habitudes, la comptabilité d'une micro-entreprise standard se gère en moins de 2 heures par mois.

Un auto-entrepreneur doit-il tenir un bilan comptable ?

L'auto-entrepreneur n'a pas l'obligation de tenir un bilan comptable, contrairement aux entreprises soumises au régime réel d'imposition. La comptabilité du micro-entrepreneur se limite à un livre des recettes (et un registre des achats dans certains cas), sans plan comptable, bilan ni compte de résultat. Cette dispense est l'un des principaux avantages du statut, qui permet de gérer son activité de façon autonome et sans expert-comptable obligatoire.

Quelle différence entre livre des recettes et registre des achats ?

Le livre des recettes et le registre des achats sont deux documents comptables distincts. Le livre des recettes enregistre tous les encaissements perçus par l'auto-entrepreneur, quelle que soit son activité : il est obligatoire pour tous. Le registre des achats, lui, recense les dépenses engagées pour acheter les marchandises revendues : il est obligatoire uniquement pour les auto-entrepreneurs exerçant une activité de vente de marchandises, de denrées ou de fourniture de logement.

Peut-on faire sa comptabilité seul en micro-entreprise ?

Un auto-entrepreneur peut tout à fait gérer sa comptabilité de façon totalement autonome. Les obligations du régime micro-entreprise sont conçues pour être accessibles sans formation comptable : tenir un livre des recettes, émettre des factures, déclarer son CA à l'URSSAF. Avec un logiciel de facturation ou un tableur bien structuré, la gestion comptable d'une micro-entreprise représente rarement plus de 2 heures par mois pour une activité standard.

Combien de temps conserver ses documents comptables ?

Un auto-entrepreneur doit conserver ses documents comptables pendant 10 ans à compter de la clôture de l'exercice concerné. Cette durée s'applique au livre des recettes, aux factures émises et aux pièces justificatives des recettes. Pour les documents fiscaux (déclarations de revenus, avis d'imposition), le délai de conservation est de 3 ans minimum, mais il est fortement recommandé de conserver l'ensemble des documents comptables et fiscaux pendant 10 ans par sécurité.

Faut-il ouvrir un compte bancaire dédié ?

L'ouverture d'un compte bancaire dédié à l'activité professionnelle est obligatoire pour les auto-entrepreneurs dont le chiffre d'affaires dépasse 10 000 € sur deux années civiles consécutives (article L613-10 du Code de la sécurité sociale). En dessous de ce seuil, elle reste facultative, mais fortement recommandée pour simplifier le suivi comptable, isoler les flux professionnels des dépenses personnelles et faciliter les justifications en cas de contrôle.

Peut-on déduire ses charges en auto-entrepreneur ?

Un auto-entrepreneur ne peut pas déduire ses charges réelles dans le cadre du régime micro-entreprise. L'administration fiscale applique un abattement forfaitaire pour charges sur le chiffre d'affaires déclaré (71 % pour la vente, 50 % pour les services BIC, 34 % pour les BNC en 2026). Cet abattement est censé couvrir l'ensemble des frais professionnels. Si vos charges réelles sont supérieures à cet abattement, le régime réel d'imposition peut être plus avantageux.

Que se passe-t-il en cas de contrôle fiscal ?

En cas de contrôle fiscal, l'auto-entrepreneur doit être en mesure de présenter l'ensemble de ses documents comptables : livre des recettes, factures émises, justificatifs des encaissements. L'administration fiscale peut contrôler les 3 dernières années d'activité (délai de reprise général), voire 6 ans en cas de fraude présumée. Si les documents sont absents ou insuffisants, le contrôleur peut reconstituer le chiffre d'affaires de façon forfaitaire, souvent défavorable. Un archivage rigoureux est la meilleure protection.

Quels sont les seuils de TVA en micro-entreprise ?

Les seuils de TVA en micro-entreprise conditionnent l'application de la franchise en base. En 2026, ces seuils sont fixés à 85 000 € pour les activités de vente de marchandises et 37 500 € pour les prestations de services. Des seuils majorés de tolérance existent : 93 500 € (vente) et 41 250 € (services). Tant que le CA reste sous le seuil de base, la franchise s'applique automatiquement. En cas de dépassement du seuil majoré, l'assujettissement à la TVA est immédiat, dès le 1er jour du mois de dépassement.

Peut-on changer de régime fiscal facilement ?

Un auto-entrepreneur peut changer de régime fiscal, mais les modalités varient selon le type de changement. Pour passer du barème progressif de l'IR au prélèvement libératoire (ou inversement), la demande doit être effectuée avant le 31 décembre de l'année en cours pour application l'année suivante. Pour quitter le régime micro-entreprise et basculer vers un régime réel (EURL, SASU…), les formalités sont plus importantes et impliquent une nouvelle immatriculation. Il est recommandé d'anticiper ce type de changement plusieurs mois à l'avance.

Quel est le plafond de chiffre d'affaires en micro-entreprise ?

Le plafond de chiffre d'affaires de la micro-entreprise est fixé en 2026 à 203 100 € pour les activités de vente de marchandises, de denrées alimentaires et de fourniture de logement, et à 83 600 € pour les prestations de services et les professions libérales. Si ces seuils sont dépassés deux années consécutives, l'auto-entrepreneur perd automatiquement le bénéfice du régime micro-entreprise et bascule vers un régime réel d'imposition dès le 1er janvier de l'année suivante.

Devis d’expertise comptable

Expert-comptable inscrit à l’Ordre Xavier est spécialisé dans l’accompagnement des petites entreprises et entreprises à forte croissance. Il a accompagné plus de 3000 entrepreneurs dans la création et gestion de leur entreprise en tant qu’expert comptable. Il est président de ComptaPlace, la filiale d’expertise comptable de LegalPlace.

Dernière mise à jour le 03/04/2026

Sources de l'article

12 Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien
Commentaires en ligne
Afficher toutes les questions

Bonjour,
je suis medecin remplacant (profession liberale) et j’ai dépassé 2 années consécutives le microBNC, je passe donc en BNC.
J’ai fais des devis pour avoir un comptable et on me propose des montants entre 150-300€/mois ce qui me semble exorbitant sachant qu’en tant que remplaçant je n’ai pas de local/appareil, je perçois juste des honoraires et quelques frais de deplacements.
si j’en crois votre article je peux faire ma comptabilité tout seul avec un logiciel / application de comptabilité?

Bonjour,

En tant que médecin remplaçant passé au régime réel BNC, vous pouvez gérer votre comptabilité seul en utilisant un logiciel certifié conforme aux exigences fiscales (article 99 du CGI). Cette option est adaptée si vos recettes et dépenses sont simples. Faire appel à un comptable ou une AGA reste utile pour optimiser votre fiscalité.

En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.

Bonjour, il me semble en tant qu’auto-entrepreneur on a obligation de déclarer les chiffres de l’activité tous les 3 mois : à quel organisme on doit envoyer les chiffres?
Merci.

Bonjour,

En effet, l’auto-entrepreneur doit déclarer mensuellement ou trimestriellement son chiffre d’affaires auprès de l’URSSAF.
Il est possible de le faire en ligne ou sur l’appli mobile.
En espérant avoir su répondre à vos interrogations.
L’équipe LegalPlace

Bonjour
Je souhaite créer une micro entreprise (auto entrepreneur) de transport poids lourds. Je travaille à mon compte
Est ce que j ai besoin de la capacité professionnelle ?
Merci de votre réponse
Cordialement

Bonjour,

En effet, la création d’une auto-entreprise de transport poids lourd nécessite d’avoir la capacité professionnelle de transport routier.
En espérant avoir su répondre à vos interrogations.
L’équipe LegalPlace

Bonjour,
Je rencontre un problème conséquent…
J’ai commencé ma micro-entreprise il y a tout juste 1 an avec un C.A inférieurs à 10 000€ par an.
Malheureusement, j’ai mal compris mes droits en ce qui concerne mon compte bancaire ; tout est viré sur mon compte courant.
Je tiens bien à jour ma comptabilité mais je ne sais pas comment rectifier le tir.
Que dois-je faire d’après vous ?
Cordialement.

Bonjour,

Les entrepreneurs individuels (micro-entrepreneurs compris) sont soumis à l’obligation de détenir un compte bancaire dédié à l’activité professionnelle uniquement si leur chiffre d’affaires a dépassé 10 000 € durant 2 années civiles consécutives.

Si vous n’êtes pas dans cette situation, vous pouvez tout à fait conserver uniquement votre compte personnel.

En espérant que notre réponse vous sera utile.
L’équipe LegalPlace

Bonjour, Article très détaillé et réponses intéressantes, merci beaucoup ! J’ai une question à ajouter concernant la procédure pour commencer à récupérer la TVA en tant qu’autoentrepreneur. Dans mon cas, j’opte pour récupérer la TVA (je ne dépasse pas encore les seuils, mais l’année prochaine surement. Je n’ai que des clients B2B, et cela me permettra de faire des achats importants et récupérer la TVA dessus). Alors, j’ai créé et activé mon compte en ligne aux impôts des entreprises, j’ai mon numéro de TVA, et maintenant quoi… Faire la première déclaration ? Ne dois-je pas informer quelqu’un de mon souhait… Lire la suite »

Bonjour,

Votre situation nécessite l’avis d’un professionnel.
Nous vous invitons à prendre contact avec l’un de nos avocats partenaires, par le biais de notre page contact : https://www.legalplace.fr/contact/
Pour cela, sélectionnez « Parler à un avocat » dans la section « Objet de votre demande », choisissez le produit concerné puis expliquez en détail votre situation dans la partie « Votre message ».
N’oubliez pas de préciser votre numéro de téléphone dans le corps du texte, afin d’être contacté plus rapidement.

En vous souhaitant une belle journée,
L’équipe LegalPlace

j’ai fait ce changement l’année dernière il m’a suffit d’appeler le centre des impots des entreprises dont je dépend et de leur indiquer la date du changement.

Bonjour,

Effectivement, pour un changement d’adresse de l’entreprise, il est possible de le signaler directement au service des impôts des entreprises (SIE) dont l’on dépend.

Toutefois, depuis 2023, toutes les formalités de modification (y compris l’adresse) doivent obligatoirement être effectuées via le guichet unique de l’INPI (article 1er de la loi PACTE et décret n° 2021-300 du 18 mars 2021).

En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.

L’équipe LegalPlace.

Rédigé par

Expert-comptable inscrit à l'Ordre Xavier est spécialisé dans l'accompagnement des petites entreprises et entreprises à forte croissance. Il a accompagné plus de 3000 entrepreneurs dans la création et gestion de leur entreprise en tant qu'expert comptable. Il est président de ComptaPlace, la filiale d'expertise comptable de LegalPlace.