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Comptabilité de l’auto-entrepreneur

Comptabilité de l’auto-entrepreneur

La comptabilité d’un auto-entrepreneur est un outil efficace mais également obligatoire puisqu’il participe au bon fonctionnement de l’entreprise. Bien que les obligations comptables du régime de la micro-entreprise soient allégées et relativement simples, il convient de les connaître parfaitement afin d’appréhender au mieux votre gestion entrepreneuriale.

Pourquoi tenir la comptabilité de sa micro-entreprise ?

Une comptabilité bien tenue est une des clés de la réussite et de la pérennité de votre auto-entreprise. En effet, régulièrement et correctement tenu, cet outil permet tout d’abord à l’entreprise de se protéger dans différents domaines :

  • En matière juridique, la compatibilité est ​un moyen de preuve recevable en justice en cas de litige entre commerçants ;
  • En matière fiscale, elle permet ​d’éviter à l’entreprise d’être soumise d’office à une procédure d’imposition calculée sur des bases imposées par l’administration.

Elle présente également un intérêt non négligeable pour l’entrepreneur en donnant une visibilité sur les finances et la gestion de son entreprise. Elle permet effectivement de visualiser rapidement sa rentabilité, ses faiblesses et les améliorations de trésorerie.

La tenue de votre compatibilité est aussi un moyen pour l’administration fiscale de vérifier les comptes d’une entreprise afin de s’assurer de la justesse des déclarations réalisées. ​Elle joue donc un rôle dans le calcul de vos impôts et dans l’établissement des documents comptables reflétant la santé de votre société.

À noter : la comptabilité du régime micro-entrepreneur est un avantage dans beaucoup de cas, cependant​ cela peut être pénalisant pour certaines activités qui ne peuvent alors pas déduire les charges pour leur montant réel (les amortissements et les dépenses d’exploitation notamment).

Nos conseils pour tenir sa comptabilité en tant qu’auto-entrepreneur

Bien que vous n’ayez pas à réaliser un bilan chaque fin d’année comptable ni à travailler obligatoirement avec un expert-comptable contrairement aux entreprises classiques, il vous faudra tout de même faire preuve de rigueur et d’organisation afin que votre comptabilité ne devienne pas compliquée à gérer ​et qu’elle ne se retourne pas contre vous en cas de contrôle fiscal.

Voici nos conseils pour tenir une compatibilité claire et précise.

Gérer sa comptabilité en AE

1. Choisissez des outils nécessaires à la comptabilité

Sachez tous d’abord que la loi antifraude entrée en vigueur le 1er janvier 2018  qui instaure l’obligation pour les commerçants et autres professionnels assujettis à la TVA d’enregistrer les paiements de leurs clients au moyen d’un ​logiciel de comptabilité, ne s’applique pas aux auto-entrepreneurs.

Néanmoins, cela peut être très pratique de centraliser votre comptabilité au sein d’un logiciel de facturation qui pourra vous aider à assurer la bonne mise en place et tenue de vos devis, factures et de vos suivis de paiements.

2. Faites des duplicatas et stockez vos documents

Il n’est pas impossible que vous perdiez un document, une facture ou un devis auto-entrepreneur. Cela peut causer une incohérence dans votre comptabilité au moment du bilan. N’hésitez donc pas à avoir des duplicatas de vos documents en version papier ou numérisée​.

D’autre part, il est vivement recommandé d’enregistrer vos documents comptables sur des solutions de stockage distants dans la mesure où toute facture produite doit être ​conservée dix ans après sa date d’émission. Il est donc important de pouvoir retrouver vos documents comptables.

Enfin, conservez également vos ​preuves d’achats professionnels, ​ même si vous n’êtes actuellement pas redevable de la TVA, vous pourriez avoir besoin de justifier vos dépenses afin de récupérer la TVA en cas de ​dépassement du seuil de franchise.

À noter : pensez à toujours demander une facture au-delà de la somme de 150€.

3. Suivez votre comptabilité de manière assidue et régulière

La déclaration du chiffre d’affaires intervient mensuellement ou trimestriellement en fonction du régime choisi, n’attendez donc pas le dernier moment pour mettre de l’ordre dans vos documents comptables. ​Prévoyez du temps fréquemment afin d’effectuer vos calculs lors de l’émission de vos factures ou de la déclaration de votre chiffre d’affaires. ​Une organisation régulière vous permettra d’éviter les oublis ou les erreurs​, qui peuvent vous porter préjudice par la suite.

4. Gardez les chiffres en tête

Afin de ne pas perdre de vue vos objectifs et​ de ne pas vous retrouver en difficulté, il est important d’anticiper les décalages de flux de trésorerie et d’opter pour le besoin en fond de roulement aussi appelé ​BFR. Cet indicateur vous permet d’estimer vos besoins de financement à court terme et de vous assurer de toujours ​avoir les fonds nécessaires entre les encaissements et décaissements.

D’autre part, gardez à l’esprit les seuils de chiffre d’affaires propres au régime l’auto-entreprise d’une part et de sa franchise en base de TVA d’autre part afin d’éviter une requalification de régime non désirée.

Les seuils de chiffres d’affaires et de franchise de la TVA pour 2020 sont les suivants :

Nature de l’activité Plafond de Chiffre d’Affaires 2020 Plafond de franchise de TVA 2020
Activités libérales 72 500 € 34 400 €
Prestations de services 72 500 € 34 400 €
Activités commerciales 176 200 € 85 800 €
Activités de logement 176 200 € 85 800 €

Quelles sont les obligations comptables de l’auto-entrepreneur ?

La comptabilité d’un auto-entrepreneur est certes allégée mais nécessite tout de même une tenue régulière et claire.

Cela ne se limite pas à la simple tenue d’un livre de recettes, d’un registre des achats (dans certains cas), et à la conservation des justificatifs appuyant les enregistrements qui y sont pré-inscrits. Le micro-entrepreneur est soumis à ​plusieurs obligations telles que la délivrance de factures conformes à ces clients ou encore l’ouverture d’un compte bancaire dédié à son activité.

La tenue du livre de recettes

Les auto-entrepreneurs doivent tenir à jour ​un livre des recettes ordonné de façon chronologique.

Celui-ci doit reporter toutes les recettes encaissées et doit mentionner les éléments suivants :

  • Date de l’encaissement de la recette ;
  • Montant de la recette ;
  • Nom du client ;
  • Origine de la recette ;
  • Mode de règlement utilisé par le client ;
  • Référence au document justificatif qui appuie l’enregistrement.
À noter : si l’auto-entrepreneur encaisse des recettes inférieures à 76€ et qu’elles font l’objet d’un paiement comptant, il peut les comptabiliser de manière globale en fin de journée.

La tenue du registre des achats

En parallèle du livre des recettes, le registre des achats est également obligatoire lorsque l’activité de l’auto-entrepreneur consiste principalement à vendre des marchandises, fournitures et denrées à consommer sur place ou à emporter ou à fournir des prestations d’hébergement.

Il permet de ​récapituler les achats engagés chaque année et comme pour le ​livre des recettes​, il doit être présenté chronologiquement et indiquer :

  • Le mode de règlement ;
  • Les références des pièces justificatives (factures, notes).

Les justificatifs associés à chaque vente ou achat doivent être conservés car ils seront demandés en cas de contrôle fiscal.

Attention : sachez que le règlement par espèce est plafonné à la somme de 1000 euros.

L’obligation de facturation

Parmi les obligations comptables du micro-entrepreneur se trouvent notamment celle d’émettre des facture. L’émission d’une facture doit respecter des règles strictes afin d’en assurer la conformité et la valeur légale.

Les règles générales de facturation

Comme pour tout professionnel, l’auto-entrepreneur doit ​établir une facture comprenant des mentions obligatoires​ :

  • A des particuliers pour toute vente supérieure à 25 € ;
  • À des professionnels : quel que soit le montant de la vente ou du service ;
  • Dans le cadre d’une vente à distance ;
  • Dans le cas où le client en fait la demande.

Lorsqu’il émet une ​facture​, il doit la fournir à son client mais également en conserver un exemplaire, pour son suivi comptable et permettre à l’administration fiscale d’effectuer ses contrôles.

Les factures d’un auto-entrepreneur ​sont soumises à des règles de formes strictes comportant certaines mentions obligatoires, notamment :

  • Nom de l’auto-entrepreneur ;
  • Adresse ;
  • Numéro de la facture et mention “facture” ;​
  • Date de son établissement ;
  • Identité et adresse de l’acheteur ;
  • Prix unitaire ;
  • Dénomination précise et quantité des produits ou services rendus, ainsi que date de livraison ;
  • Mention “TVA non applicable, art. 293B du CGI”, tant que vous n’êtes pas assujetti à la TVA.

Si vous facturez à un professionnel, des mentions supplémentaires sont à ajouter :

  • Date limite de paiement ;
  • Taux des pénalités de retard ;
  • Conditions d’escompte commercial (si vous en pratiquez) ;
  • Indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 €.
Attention : en cas d’absence de mention sur l’indemnité forfaitaire, vous vous exposez à une amende de 15 000 €.

Quid en cas d’assujettissement de l’entrepreneur à la TVA ?

Lorsque l’auto-entrepreneur ne bénéficie pas de la franchise en base de TVA, les mentions de facturations resteront les mêmes sauf trois exceptions:

  • La mention sur la franchise de TVA à l’article 293B du CGI ne devra évidemment par figurer sur la facture ;
  • Votre numéro de TVA intracommunautaire sera à renseigner ;
  • Vous appliquerez le taux de TVA propre à votre activité.
Activité taxée Taux de TVA applicable
Majorité des ventes de biens et de services Taux normal : 20%
Restauration, transports de voyageurs, droits d’entrée de monuments, prestations de logement et de camping… Taux réduit : 10%
Produits alimentaires ou de protection hygiénique féminine, équipes et services pour handicapés, livres, abonnements gaz et électricité, repas de cantine scolaire, billets de spectacle et cinéma… Taux réduit : 5.5%
Médicaments remboursables par la Sécurité sociale, vente d’animaux vivants de boucherie et de charcuterie à des non assujettis… Taux particulier : 2.1%

 

À noter : les activités de e-commerce se voient appliquer le taux normal de 20%.

L’ouverture d’un compte bancaire dédié

La loi du 22 décembre 2014 (Loi n°2014-1554) sur le financement de la sécurité dispose qu’à compter du 1er janvier 2015 tout micro-entrepreneur se doit d’ouvrir auprès d’un établissement de crédit ou bien d’une banque de chèque postaux, un compte bancaire dédié à son activité. ​Ce compte bancaire doit justifier toutes les transactions bancaires liées à l’auto-entreprise, et uniquement celles-ci.

Ce compte bancaire peut être ouvert à titre particulier afin ​d’éviter de payer des frais bancaires élevés ou professionnel. ​Il doit être détenu au plus tard 12 mois après la déclaration de la création de l’activité.

À noter : pour les indépendants dont le chiffre d’affaire annuel sur deux années consécutives ne dépasse pas le montant de 10 000 €, la loi PACTE rend facultative l’ouverture d’un compte bancaire dédié à l’activité de la micro-entreprise.

FAQ

Quelle comptabilité pour l’auto-entrepreneur ?

La comptabilité de l’auto-entrepreneur se limite à la tenue d’un livre de recettes, d’un registre des achats (dans certains cas), et à la conservation des justificatifs appuyant les enregistrements qui y sont pré-inscrits. Le micro-entrepreneur doit également délivrer des factures conformes à ses clients à l’occasion de chaque vente ou prestation réalisée et détenir un compte bancaire dédié à son activité.

Quel compte bancaire pour le micro-entrepreneur ?

A compter du 1er janvier 2015 tout micro-entrepreneur se doit d’ouvrir auprès d’un établissement de crédit ou bien d’une banque de chèque postaux, un compte bancaire dédié à son activité. Ce compte bancaire peut être ouvert à titre particulier afin d’éviter de payer des frais bancaires élevés ou professionnel. Il doit être détenu au plus tard 12 mois après la déclaration de la création de l’activité.

Est-il obligatoire d’avoir un compte bancaire pour sa micro-entreprise ?

Pour les indépendants dont le chiffre d’affaire annuel sur deux années consécutives ne dépasse pas le montant de 10 000 €, la loi PACTE rend facultative l’ouverture d’un compte bancaire dédié à l’activité de la micro-entreprise.

Quels sont les plafonds de chiffres d’affaires en 2020 ?

Pour les activités libérales et prestations de service, le plafond est de 72 500 euros HT tandis que pour les activités commerciales et de logement, il est de 176 200 euros HT par an.

Quels sont les seuils de franchise de la TVA en 2020 ?

Pour les activités libérales et de prestations de service, le seuil de franchise est de 34 400 euros HT et le seuil majoré de 36 500 euros HT tandis que pour les activités commerciales et de logement, le seuil de franchise est de 85 800 euros HT et le seuil majoré est de 94 300 euros HT.

Pourquoi choisir le régime de la micro-entreprise ?

Ce régime permet des démarches de création simplifié, une imposition forfaitaire des bénéfices, un calcul simplifié des charges sociales (12,80 % pour les activités de commerce et de fourniture d’hébergement, 22 % pour les activités de prestations de services relevant des BIC et des BNC, ainsi que pour les professions libérales non réglementées et enfin 22 % pour les activités libérales relevant de la CIPAV). La micro-entreprise bénéficie également d'une exonération de la TVA jusqu'à un certain seuil ainsi que d'un allègement des obligations comptables et administratives.

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Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L’ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

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