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Souvent considérés comme un véritable casse-tête lorsque le moment fatidique approche et même lors de la négociation du contrat, les travaux dans le cadre d’un bail commercial entraînent souvent des doutes et des conflits sur la répartition des coûts entre le propriétaire et le locataire du local commercial.

En temps normal, le bail commercial prévoit pourtant habituellement diverses clauses et règles pour régler une fois pour toute la difficulté de la répartition dans le cas des travaux. Ces derniers doivent faire l’objet de plusieurs clauses essentielles. Attention aux propriétaires qui ont souvent tendance à se décharger de leurs obligations sur leur locataire !

Une réforme du droit des contrats spéciaux (contrat de bail, de vente, de prêt, etc.) est en cours. Le droit en vigueur n’est pas modifié actuellement mais des changements sont à prévoir. Restez connectés !

Rappels sur les charges relatives aux travaux des deux parties d’un bail commercial

Les travaux amenés à être réaliser dans les locaux faisant l’objet du bail commercial sont nombreux : Remise à neuf de la toiture, ravalement de la devanture, achat d’une nouvelle chaudière, travaux d’entretien, remplacement des fenêtres, réhabilitation des infrastructures électriques, création de nouvelles pièces, travaux d’embellissement et d’amélioration, et bien d’autres encore.
Si ces travaux n’ont qu’une faible importance et se situent dans une maison individuelle, une déclaration préalable de travaux (CERFA 13703) suffira. Le bail commercial est censé prévoir la répartition entre les deux parties du contrat, mais tout n’est pas toujours clair bien que l’on puisse distinguer des traits stables.

Les travaux à la charge du propriétaire sont essentiellement les plus importants

Comme le stipule l’article 1719, 2° du Code civil, le propriétaire est censé entretenir son bien « en état de servir à l’usage pour lequel il a été loué ». Durant toute la durée du bail commercial, charge à lui également de mener l’ensemble des réparations (autres que locatives), considérées comme nécessaires (article 1720, alinéa 2, du Code civil). En clair, il s’agirait essentiellement des travaux d’entretien et des réparations d’ampleur, ainsi que les travaux obligatoires pouvant être prescrits par l’administration.

Or, il n’est pas rare que le bail commercial indique explicitement que « le bailleur n’assure que les grosses réparations et les travaux de mise en norme dans un bail commercial ». Ce sont les articles  605 et  606 du Code civil qui sont pris pour références dans ce cadre et qui indiquent donc que seules les charges du bail commercial importantes sont à la charge du bailleur. On peut y lire que « les grosses réparations sont celles des gros murs et des voûtes, le rétablissement des poutres et des couvertures entières.

Celui des digues et des murs de soutènement et de clôture aussi en entier. » En particulier, le bailleur a l’obligation de mettre les locaux aux normes électriques.

Les travaux à la charge du locataire

De son côté, le locataire est tenu de prendre à sa charge la plupart des dépenses de travaux, souvent d’ordre locatifs. Excepté dans le cas où le bail stipule des conditions particulières, l’article 1754 du Code civil indique que les réparations locatives doivent être prises en charge.

Il existe une exception à cette règle, mais elle est rarement appliquée : les travaux rendus nécessaires par la vétusté ou les cas de force majeure devraient être assurés par le propriétaire, cependant le principe fonctionne rarement en raison de la présence fréquente d’une clause dégageant le propriétaire de son obligation.

Les charges engendrées par un usage normal sur la durée ainsi que celles rendues impératives par une urgence sont donc dans les faits souvent supportées par le locataire, on retrouve souvent le remplacement d’un équipement de chauffage notamment de type chaudière et l’installation de nouvelles canalisations pour le tout-à-l’égout.

Une autre exception se produit parfois, elle concerne les travaux obligatoires prescrits par l’administration. Normalement assurés par le propriétaire, elles sont parfois mises à la charge du locataire. Cela est alors indiqué par stipulation expresse du bail commercial. Il peut s’agir de certaines normes devant être respectées si le lieu est destiné à accueillir du public, ou alors une opération de désamiantage plus que nécessaire suite à un diagnostic.

Il existe certains cas spéciaux (une sous-location du bail commercial par exemple).

La répartition contractuelle des travaux

Afin d’éviter les litiges qui surviennent de manière quasi systématique lorsque les clauses dédiées aux travaux n’ont pas été rédigées avec suffisamment de clarté dans le bail commercial, il est important de prendre le temps pour préciser la répartition contractuelle des charges liées aux travaux des locaux commerciaux.

Il est désormais prouvé qu’une rédaction soignée du bail commercial au niveau des clauses a pour effet d’aplanir considérablement la fréquence des conflits. Les dépenses engendrées par les travaux influent également parfois directement sur le montant du loyer.

L’article L. 145-40-2 du Code de Commerce instauré récemment par la loi Pinel indique que « tout contrat de location doit comporter un inventaire précis et limitatif des catégories de charges liées au bail ». Cela signifie que des dispositions claires et réfléchies sont censées conduire le propriétaire comme le locataire à être plus précis dans la répartition contractuelle des travaux, limitant ainsi les litiges et conflits.

Comme précisé plus haut, le propriétaire prend en charge les « grosses » réparations. Il faut alors définir un montant précis au-delà duquel tout travaux nécessaire et considéré comme tel, sera pris en charge par le propriétaire. Les tribunaux jugent en général lors des litiges en se basant essentiellement sur deux critères : le critère matériel, c’est à dire l’importance de la réparation nécessaire, et le critère financier, qui sous-entend plus exactement le caractère exceptionnel des dépenses.

Etant donné que les réparations importantes représentent en général des coûts tout aussi importants, les propriétaires ont parfois tendance à chercher à prévoir dans le bail commercial que les grosses réparations doivent être prises en charge par le locataire. Une clause licite, bien qu’elle se doive d’entrer en compte dans la fixation du montant du loyer. Une fois n’est pas coutume, les réparations que le locataire doit assurer comme celles portant sur les équipements doivent être spécifiées de manière explicite dans le contrat.

Les travaux d’adaptation devant être effectués au moment de la prise à bail

Les « travaux d’adaptation » sont l’ensemble des réparations, habilitations, réhabilitations ou autres travaux qui doivent absolument être exécutés au moment de la prise à bail et avant l’entrée dans les lieux. Cela est nécessaire pour que le locataire puisse exercer en toute légalité son activité commerciale en respectant les prescriptions réglementaires qui peuvent s’appliquer à son champ d’activité.

L’achat, l’installation et la mise en route d’un système de ventilation spécifique et adapté à un certain type d’activité ou la mise aux normes de l’accessibilité aux personnes handicapées sont des exemples fréquents.

Dans ce type de cas, le propriétaire ne peut pas se décharger grâce à une clause dans le bail commercial obligeant le locataire à prendre à sa charge les travaux d’adaptation. Le local doit être fourni mais également entretenu dans le but de servir au mieux et en toute légalité à l’usage pour lequel le locataire le loue.

Encore une fois, c’est l’article 1719 du Code civil qui le rappelle. Enfin, le propriétaire est aussi dans l’obligation de s’assurer que son bien est conforme en tous points aux exigences réglementaires qui sont en vigueur au moment précis de la signature du bail commercial. En d’autres termes, tant que le contrat de bail commercial n’est pas signé, le propriétaire ne sera pas sanctionné dans le cas de non respect des normes de sécurité relatives aux incendies par exemple dans cette catégorie.

Vous rencontrez des problèmes liés aux travaux de votre location ? Pas de problème, LegalPlace vous accompagne tout au long du processus de location ainsi que pendant les travaux qui auront lieu. Pour encadrer les relations entre les parties, il est nécessaire de signer un bail commercial. Celui-ci prévoit les clauses relatives à la répartition des travaux. Pour le rédiger minutieusement, LegalPlace vous propose un modèle de bail commercial en ligne, à signer puis à télécharger.

En résumé, qui doit payer les travaux et réparations dans un bail commercial ?

Pour conclure, rappelons que c’est le bailleur qui doit prendre en charge les travaux importants, dont le montant doit être défini dans le bail commercial. Il ne peut déroger aux travaux d’adaptation mais se décharger des travaux d’entretien liés à l’usure naturelle, c’est pourquoi les clauses relatives aux charges des deux parties doivent être négociées habillement lors de la conclusion du contrat, sans oublier que le montant du loyer peut en être affecté. Dans le cadre des travaux, tout est donc question de négociation au moment de la rédaction du bail commercial et de vigilance vis-à-vis des clauses du contrat.

Bon à savoir : L’obligation de travaux impute également au bailleur dans le cadre d’un contrat de location. À cet effet, une clause de travaux d’amélioration peut être prévue.

Modèle de bail commercial

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L’ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

Dernière mise à jour le 31/05/2025

83 Commentaires
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Bonjour,
Dans le cadre de ERP la charge des travaux coupe feu du plafond sont à la charge de qui
du propriétaire bailleur ou du locataire
Merci j

Bonjour,
La répartition des travaux en bail commercial dépend des stipulations contractuelles (art. 1103 C. civ.). Toutefois, l’article R145-35 du Code de commerce exclut certaines dépenses du transfert au locataire, notamment les grosses réparations de l’article 606 du Code civil. Les travaux liés à la conformité réglementaire d’un ERP peuvent relever de ces règles selon leur nature.
Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat spécialisé en droit immobilier afin d’obtenir une analyse adaptée à votre situation personnelle.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée. L’équipe LegalPlace.

Bonjour, je susi copropritetaire dans une residence de tourisme en lmnp. Les gardes corps des balcons n’etaient à priori plus dans les normes d esécurité et on été changé sans que j’en sois avertit. Dans le bail commerciaux, il est stipulé que le preneur devait s’ocupper des travaus hormis ceux prévu dans l’article 606. Est-ce que les gardes corps sont à la charge du bailleur ou du preneur?

Bonjour,

En principe, le remplacement des gardes-corps peut relever du preneur si c’est une mise aux normes, mais s’il s’agit d’un élément structurel (article 606), ce serait au bailleur. Tout dépend du bail et de la nature des travaux.

Dans ce type de situation, il est conseillé de consulter un avocat spécialisé en baux commerciaux ou un notaire, qui pourra examiner les clauses du bail et la nature des travaux.

En espérant que notre réponse vous sera utile,
L’équipe LegalPlace.

Bonjour. Je loue un local commercial depuis 2 ans et j’ai des odeurs d’égouts récurrentes et meme des inondations car les canalisationsse se bouchent malgré toutes nos précautions (sachant que nos toilettes ne sont pas accessibles au public). Mon propriétaire s’est blindé dans le bail en mettant tout ce qu’il pouvait pour se décharger : entretien des canalisations notamment. J’ai fait appel à un professionnel pour un diagnostic qui me dit qu’il faut casser une cloison pour voir comment ont été montés les tuyaux d’évacuation… Qui doit payer pour cela SVP ?

Bonjour, Même si le bail commercial prévoit que l’entretien des canalisations est à la charge du locataire, le propriétaire reste responsable des réparations liées à la structure et à la conformité du local, notamment lorsque les problèmes proviennent d’un vice de construction ou d’une malfaçon affectant l’évacuation des eaux usées. Les travaux d’investigation lourds, comme la démolition d’une cloison pour accéder aux tuyaux, relèvent donc généralement de la responsabilité du bailleur, sauf preuve que le dysfonctionnement résulte d’une mauvaise utilisation par le locataire. Si le diagnostic indique un défaut d’installation, le propriétaire devra en supporter le coût et remettre le… Lire la suite »

Bonjour mon ancien locataire a fait des dégâts considérables , ne chauffant pas le bar , pour être régulièrement ferme , utilisant un chauffage d appoint ZIBRO, et ne déclarant pas aux assurances les dégâts des eaux. Nous l avons stipulé dans la cession de bail , le nouveau locataire était au courant de tout ces faits , mais se retourne contre moi aujourd hui .

Bonjour. Je loue un local commercial depuis 5 ans. Un salon de coiffure. Le local a beaucoup de moisissures mais n’ayant pas de thermostat sur la chaudiere je ne peux pas la réglé je suis donc obligé de l’éteindre le soir car sinon je me retrouve avec des factures de gaz exorbitantes. La vitrine n’est un simple vitrage et bouge avec un simple pressions dessus elle tremble quznd un camion passe. Et l’air passe entre.. est ce a la propriétaire de faire changer la vitrine si elle ne permet pas une bonne isolation? Ainsi que l’installation d’un thermostat?

Bonjour,

Le propriétaire d’un local commercial doit assurer un bien conforme et en bon état (article 1719 du Code civil). Le remplacement d’une vitrine vétuste ou l’installation d’un thermostat nécessaire relèvent donc de sa responsabilité, sauf clause contraire expresse du bail. Les petites réparations restent à votre charge.

Vous pouvez exiger ces travaux par écrit et, en cas de refus, saisir le tribunal.

En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.

L’équipe LegalPlace.

Bonjour
je loue une boutique centre ville
ma devanture est entrain se s’abîmer
qui doit payer les réparations
ma propriétaire ou moi
merci de votre réponse

Bonjour,

En principe, selon l’article 606 du Code civil, les grosses réparations, touchant à la structure et à la solidité de l’immeuble (dont la façade), incombent au propriétaire, sauf clause contraire dans le bail commercial. Le locataire n’est tenu qu’aux réparations d’entretien courant (article 1754 du Code civil).

En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.

Bonjour,
je loue un local commercial et il y a besoin de faire installer une VMC.
je souhaiterais savoir qui doit prendre en charge les travaux le locataire (moi) ou le propriétaire ??
Merci d’avance

Bonjour,

En principe, la prise en charge des travaux d’installation d’une VMC dans un local commercial dépend de la nature des travaux et de ce qui est prévu dans le bail commercial. Si votre bail prévoit que l’entretien ou l’installation de certains équipements techniques est à votre charge, cela pourrait inclure la VMC. À défaut de clause claire, la charge incombe au bailleur. Il convient donc de relire attentivement votre bail commercial, notamment les articles relatifs à la répartition des charges, des travaux et des obligations d’entretien.

En vous souhaitant une agréable journée.

L’équipe LegalPlace

Bonjour lors d’une visite pour établir un devis de maintenance des installations électriques du local commercial que nous louons, le technicien m’a indiqué que pour les pro une vanne de coupure gaz doit être installée à l’extérieur au niveau du mur (soit entre le compteur extérieur et la chaudière à gaz).
Est ce le cas ? Car le propriétaire nous a dit avoir mis en conformité cette ancienne maison de particulier louée avec un bail commercial. Merci de votre retour avec un texte de loi qui l’indique dans l’idéal svp

Bonjour, En matière d’installation de gaz dans des locaux à usage professionnel, la réglementation applicable est principalement issue de l’arrêté du 23 février 2018 relatif aux règles techniques et de sécurité applicables aux installations de gaz combustible. Pour les établissements recevant du public ou les locaux professionnels, cet arrêté impose notamment la présence d’un organe de coupure accessible et situé à l’extérieur ou dans un local facilement accessible, permettant d’isoler rapidement l’alimentation en gaz en cas d’urgence. Cette exigence vise à garantir la sécurité des occupants et des intervenants. La conformité aux normes dépend également des caractéristiques précises du local… Lire la suite »

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Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L'ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris