Skip to content

La résiliation anticipée d’un bail professionnel est-elle envisageable et prévue par la Loi ? Si de son côté un propriétaire n’est en droit de rompre un bail professionnel qu’une fois son terme dépassé (sauf exceptions), le locataire peut mettre fin au bail à tout moment en respectant certaines démarches et sous préavis.

Une réforme du droit des contrats spéciaux (contrat de bail, de vente, de prêt, etc.) est en cours. Le droit en vigueur n’est pas modifié actuellement mais des changements sont à prévoir. Restez connectés !

Rappels sur les grandes lignes du bail professionnel

L’administration publique française définit le bail professionnel comme le contrat utilisé pour la location de locaux n’ayant pour but d’être exploités que pour des usages professionnels et non pour des activités commerciales, industrielles, agricoles ou artisanales, contrairement au bail commercial qui inclut toutes ces situations. Le bail professionnel est moins contraignant et plus simple juridiquement que le bail commercial ou celui à usage d’habitation, bien que certaines règles et obligations s’y appliquent.

Sont ainsi concernés par ce type de contrat de location tous les professionnels dont les revenus de leur activité principale sont comptabilisés parmi les bénéfices non commerciaux (ou BNC). Il s’agit surtout des professions libérales règlementées comme les avocats, vétérinaires, architectes ou encore médecins ainsi que celles non réglementées, notamment les consultants dans divers domaines : marketing, gestion, etc.

L’usage du local loué dans le cadre du bail professionnel se doit d’être strictement professionnel sous peine de passer en bail mixte (devant être signé) incluant la possibilité d’habiter le local en plus de l’occuper pour ses activités professionnelles.

Concernant la durée du bail professionnel, ce dernier est encadré par un régime légal à la fois plus souple mais moins protecteur du preneur. On observe ainsi moins de contraintes concernant la durée et le renouvellement du bail professionnel, celui-ci étant conclu pour 6 années au minimum et reconduit tacitement pour la même durée.

Le principe de résiliation d’un bail professionnel

Comme indiqué plus haut, le bail professionnel offre une plus grande souplesse et moins de contraintes pour les parties signataires que les autres types de baux notamment commerciaux. Le principe de résiliation est donc lui aussi plus simple d’un point de vue légal. Le principe est alors le suivant : S’il s’agit d’un bail professionnel, le bailleur n’est en mesure de mettre fin au contrat que dans deux situations : la première, la plus commune, est l’échéance de celui-ci, dans ce cas le bailleur doit notifier le locataire 6 mois avant la fin du contrat par préavis, la seconde est un manquement du locataire envers ses obligations. Le locataire, pour sa part, peut décider de rompre le bail à tout moment sous réserve d’un préavis de 6 mois et du respect de la procédure décrite plus bas. Aucune compensation financière n’est due dans ce dernier cas et la décision du locataire n’a pas à être justifiée.

Les principales spécificités de la fin d’un bail professionnelles sont alors les suivantes :

  • La demande de congé n’a pas à être motivé par la partie qui en fait la demande, dans la mesure où le locataire du local faisant l’objet du bail professionnel n’est pas bénéficiaire du même droit au renouvellement que les locataires d’un bail commercial.
  • Aucune indemnité d’éviction ne peut être réclamée au propriétaire par le locataire si toutes les démarches et délais de préavis ont bien été respectés.
  • Dans la situation où le local est récupéré par le bailleur dans l’optique d’être vendu, le locataire ne bénéficie d’aucun droit de préemption, excepté si le bail originel est un bail mixte, mêlant l’exercice d’activités professionnelles et habitation.

Bon à savoir : Dans certains cas, le locataire peut bénéficier d’un préavis réduit en matière de bail professionnel. Il ets necéssaire de

Les principaux motifs de résiliation d’un bail professionnel autres que son terme

Les obligations du locataire n’ont pas été respectées

Le bailleur ne peut donner congé au locataire pendant toute la durée bail à une exception près : dans le cas où le locataire n’a pas respecté ses obligations, ou a commis des fautes ou des manquements. Dès lors, le propriétaire peut poursuivre en justice la résiliation du bail professionnel. Il peut également invoquer la clause résolutoire contenue dans le bail. L’inexécution des obligations du locataire précisées dans le contrat d’origine est donc un motif d’éviction : le bailleur dispose alors d’un recours et ses modalités varient en fonction de la présence ou de l’absence d’une clause résolutoire dans le bail professionnel.

Si le contrat ne dispose pas d’une clause résolutoire

Dans le cas où rien n’a été rien prévu dans le bail pour faire face à cette situation, c’est en justice que le bailleur devra tenter d’obtenir la résiliation du contrat. La demande doit être réalisée devant le tribunal d’instance du lieu de situation des locaux. Au final, c’est le juge qui dispose du pouvoir d’appréciation souverain sur les éventuels manquements du preneur vis-à-vis de ses obligations contractuelles. Il se prononce alors sur la légitimité et la possibilité de la résiliation ainsi que sur d’éventuels dommages et intérêts pouvant être accordés au bailleur. A titre d’exemples, les principaux motifs pouvant être considérés comme légitimes pour une rupture du bail professionnel sont le défaut répété du paiement du loyer, un changement de la destination des locaux sans accord du propriétaire, la mise en sous-location si celle-ci est explicitement interdite, la cession si le contrat ne le prévoit pas, ainsi que le refus de mener les travaux et réparations essentiels.

Si le contrat dispose d’une clause résolutoire

Si une clause résolutoire est présente dans le contrat de bail professionnel, ce dernier peut alors être résilié facilement et en toute légalité si un manquement est observé de la part du locataire quant à ses obligations contractuelles. Le plus souvent, c’est le défaut de paiement du loyer qui entraîne l’éviction lorsqu’une clause résolutoire existe dans le contrat.

Cette clause impose en général une mise en demeure préalable réalisée par un commissaire de justice. La résiliation du bail professionnel est subordonnée communément à l’expiration d’un délai d’un mois suivant la mise en demeure infructueuse. Le juge des référés devra alors être saisi afin de constater le jeu de la clause résolutoire dans le but d’utiliser un titre exécutoire pour expulser le locataire tout en récupérant le montant des loyers impayés. Cette clause restreint cependant le pouvoir d’appréciation du juge qui ne peut alors que vérifier la véracité des manquements et prononcer la résiliation du bail professionnel si l’infraction est bien constatée.

Le locataire décide de rompre le bail

Dans le cas de la résiliation du bail professionnel par le locataire, le processus et les conditions sont plus simples. Le principe est le suivant : le locataire peut à tout moment décider de mettre fin au contrat, du moment qu’il informe le propriétaire de son intention en respectant le préavis de 6 mois prévu par la Loi dans ce cas de figure. Cela peut par exemple être son souhait si le propriétaire essaie de réviser le loyer du bail professionnel. En aucun cas la demande de congé doit être motivée ou justifiée. Ce congé anticipé se doit d’être cependant délivré via une lettre recommandée avec accusé de réception ou en faisant appel à un huissier.

Dans la mesure où cette règle est d’ordre public, il n’existe aucun cas où elle peut ne pas être respectée, c’est à dire que le locataire ne peut pas être privé de ce droit par une clause du contrat ou tout autre moyen. Cette impossibilité d’interdiction n’est pas un détail et doit faire l’objet d’une contestation si elle est avancée par le propriétaire lors de la rédaction du bail ou si la clause est découverte une fois le bail déjà en cours. Après la résiliation du bail, il est nécessaire de procéder à un état des lieux de sortie du bail professionnel.Modèle de bail professionnel

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L’ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

Dernière mise à jour le 30/06/2025

36 Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien
Commentaires en ligne
Afficher toutes les questions

Bonjour,
J’ai énormément de mal à communiquer avec ma locataire depuis un moment déjà et elle arrive à la fin de son bail professionnel en 2027. Je peux le résilier sans avoir de problème? Elle est très procédurière du coup je crains qu’elle trouve une excuse pour ne pas quitter les lieux.

Bonjour, Le régime juridique du bail professionnel prévoit que le contrat prend fin au terme de la durée convenue, sous réserve de la délivrance d’un congé par l’une des parties. Le bailleur ne bénéficie pas d’un droit de résiliation en cours de bail, contrairement au locataire qui peut partir à tout moment avec un préavis de six mois. Pour l’échéance de 2027, la fin du contrat nécessite la notification d’un congé au moins six mois à l’avance par lettre recommandée avec accusé de réception ou acte de commissaire de justice. À défaut de congé régulier, le bail est en principe… Lire la suite »

Bonjour, j’ai résilié mon contrat de bail professionel en juin 2025 pour sortir de mon local fin décembre 2025. De commun accord (oral) je suis restée un peu plus longtemps et aimerai lui remettre les clés fin mars 2026. Cependant le propriétaire me met de la pression me disant que comme je suis restée plus longtemps, la résiliation est caduque et me demande de résilier le bail à nouveau en bonne et due forme (6 mois). Est-ce légal?
Merci pour votre aide

Bonjour,
Le bail professionnel est régi par l’article 57 A de la loi n°86-1290 du 23 décembre 1986. Il peut être résilié par le locataire avec un préavis de six mois. Le contrat fait la loi des parties (art. 1103 C. civ.). Le maintien dans les lieux après échéance peut produire des effets juridiques selon les circonstances et les accords intervenus.
Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat spécialisé en droit immobilier afin d’obtenir une analyse adaptée à votre situation personnelle.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée. L’équipe LegalPlace.

Bonjour, j’ai actuellement un bail 3 6 9 signé le 01 decembre 2025 et je souhaiterais fermer mon fonds de commerce comment dois je faire pour résilier le bail qui appartient a une mairie. il n’y a aucunes clauses résolutoires dans ce bail

Bonjour,
En principe, un locataire titulaire d’un bail commercial peut y mettre fin à l’expiration de chaque période triennale, en respectant un préavis de six mois notifié par acte extrajudiciaire, conformément à l’article L145-4 du Code de commerce. En l’absence de clause résolutoire, la résiliation anticipée en dehors de ces périodes reste possible uniquement en cas d’accord amiable ou de circonstances graves reconnues par le juge.

Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat spécialisé, qui saura vous renseigner davantage.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.

Bonjour,
Je suis propriétaire d’un local loué avec un bail professionnel. Je dois faire des travaux dans ce local qui le rendra inutilisable (changement d’isolation, changement de vitrine,…) Est-ce une raison pour rompre le bail avec le locataire avant la fin des 6 ans?
Merci à vous.

Bonjour, Légalement, le bail professionnel est régi par l’article 57 A de la loi du 23 décembre 1986. Il est conclu pour une durée minimale de 6 ans et ne peut être résilié de manière anticipée par le bailleur qu’avec l’accord du locataire ou en cas de clause résolutoire applicable (ex. : manquement contractuel). La réalisation de travaux, même lourds, ne constitue pas en soi un motif de résiliation unilatérale anticipée. Il est toutefois possible de proposer une résiliation amiable ou d’envisager une suspension temporaire avec l’accord du locataire. Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat spécialisé, qui… Lire la suite »

Bonjour J’ai fait un bail professionnel à une association en juillet 2024 (location de ma maison avec 6 hectares de terrain) qui me paye les loyers souvent en retard malgré une clause résolutoire qui stipule qu’en cas de non-exécution par le preneur le paiement à échéance de tout ou partie d’un terme de loyer, le bailleur aura la faculté de résilier de son plein droit le bail après une mise en demeure restée sans effet. (les paiements doivent se faire le cinq du mois.). Mes locataires me mettent dans une position délicate car je paye mon crédit en retard est j’ai… Lire la suite »

Bonjour,

En principe, si les loyers sont payés en retard de manière répétée, la clause résolutoire prévue dans le bail professionnel peut être mise en œuvre, conformément à l’article L. 145-41 du Code de commerce, applicable par analogie. Une mise en demeure doit être adressée par acte d’huissier, et si aucun paiement n’intervient dans le délai d’un mois, la résiliation peut être judiciairement constatée.

En cas d’insultes ou menaces, des dépôts de plainte peuvent également être envisagés, indépendamment du litige contractuel.

En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée. L’équipe LegalPlace.

Bonjour
Je suis locataire d’un bien en bail professionnel (je suis assistante maternelle en MAM). La propriétaire qui est aussi ma collègue rencontre une situation difficile (divorce) et souhaite récupérer la maison pour s’y installer. Elle invoque un motif légitime et sérieux pour urgence. Est ce possible ?

Bonjour,

En bail professionnel la reprise pour habiter n’est pas prévue par la loi.

Le bailleur ne peut donner congé qu’à l’échéance du bail, avec un préavis de six mois et sans obligation de justification.

Le motif invoqué n’est donc pas recevable en cours de bail.

En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.

L’équipe LegalPlace.

Bonjour, Nous louons un local professionnel sous contrat de location professionnel. Le 24/07/2025 nous avons envoyé une lettre en recommandé pour résilié notre contrat de location avec un préavis de 6 mois, nous avons mentionné qu’on partirai le 26/01/2026. Ce jour ( 11/08/2025), nous avons reçu une LR de la part du proprio en disant ” nous vous informons avoir pris acte de votre décision qui prendra effet passé le délai de préavis de 6 mois à compter de ce jour, soit le 5/02/2026″. Alors que nous avons écris le 24/07/2025 et voulions arrêter 6 mois après soit le 24… Lire la suite »

Bonjour, En bail professionnel, le préavis est en principe de six mois prévu pour une résiliation par le locataire se calcule, sauf clause contraire, à partir de la date de réception par le bailleur de la lettre recommandée. Ainsi, si la notification a été reçue quelques jours après son envoi, la date de fin de bail est repoussée d’autant. C’est souvent cette différence entre date d’envoi et date de réception qui explique un décalage dans la date retenue par le bailleur. La vérification du contrat et de l’accusé de réception permet de confirmer le point de départ exact du préavis.… Lire la suite »

Bonjour
Je souhaite quitter le local que je loue pour diverses raisons.
Quelles sont les clauses qui rendent un contrat de location professionnel caduc ?
En vous remerciant

Bonjour,

Un bail professionnel devient caduc lorsqu’une clause résolutoire prévoit sa résiliation de plein droit en cas de manquement (loyer impayé, usage non conforme, etc.). En dehors de cette clause, le locataire peut y mettre fin à tout moment avec un préavis de 6 mois (article 57 A de la loi 86-1290 du 23 décembre 1986).

En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.

Rédigé par

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L'ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris