Le non renouvellement du bail pour motif légitime et sérieux
Dernière mise à jour le 27/11/2024
S’il est souvent question de « motif légitime et sérieux » de non renouvellement du bail, les cas concrets ne sont pas précisés clairement par la Loi et sont donc variés.
Le propriétaire d’un bien immobilier faisant l’objet d’un bail commercial ou d’habitation est en droit de refuser que la location par le preneur à bail actuel se poursuive. Pour ce faire, il doit faire une lettre de résiliation de bail pour motif légitime et sérieux en respectant certaines règles.
La loi n’explicite pas plus en détails les termes de « légitime et sérieux ». En cas de contestation par le locataire, ce qui est possible dès réception de la lettre de congé, c’est à un juge de trancher.
Ainsi, c’est le juge du tribunal d’instance dont dépend le logement loué qui décide en fonction des éléments qui lui sont apportés si le motif invoqué par le propriétaire pour rompre le bail est bien qualifiable de légitime et sérieux.
Parmi les motifs qui entrent dans cette catégorie, on trouve par exemple les résiliations de baux pour troubles de voisinage, la sous-location interdite, ou encore des retards répétés et avérés du paiement du loyer.
Notez aussi que le propriétaire d’un logement qui est conventionné APL ou Anah n’est en mesure de donner congé que pour un motif qui peut être prouvé comme l’expulsion bail commercial.
Les motifs dit “légitimes et sérieux”
L’article 15 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs et portant modification de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986 débute en énonçant la règle d’usage : « Lorsque le bailleur donne congé à son locataire, ce congé doit être justifié soit par sa décision de reprendre ou de vendre le logement, soit par un motif légitime et sérieux, notamment l’inexécution par le locataire de l’une des obligations lui incombant ».
Le motif légitime et sérieux de non renouvellement du bail de location ou de tout au autre type de bail, ne sous-entend pas nécessairement une faute de la part du locataire mais peut également provenir du propriétaire. Dans les faits, la jurisprudence établie par les juges démontre que l’on peut distinguer 2 grands types de motifs légitimes et sérieux qui peuvent amener le propriétaire à donner congé à son locataire : les motifs imputables au locataire et ceux imputables au bailleur.
Les motifs imputables au locataire
Envers le locataire, qui n’aurait pas respecté toutes ses obligations. Si cette situation est fréquente, elle se matérialise dans la réalité par des faits très différents dont voici quelques exemples courants.
Des retards dans le paiement du loyer
Parmi les motifs légitimes et sérieux qui sont imputables au locataire, on retrouve fréquemment le signalement d’un congé visant à sanctionner des retards avérés et répétés dans le paiement du loyer. A la signature d’un bail, la date de règlement du loyer est convenue entre le propriétaire et son locataire, ainsi ne pas respecter ces délais est un manquement aux obligations du contrat.
Un défaut de paiement du loyer
Dans certaines situations, c’est le paiement dans son intégralité qui n’est pas effectué, ni à la date prévue, ni plus tard. Il va de soi que cela constitue un manquement capital des obligations du locataire et que cela justifie un congé.
Usage non-paisible et troubles du voisinage
Les troubles du voisinage avérés font partie des motifs légitimes et sérieux récurrents qui justifient un congé donné par le bailleur. Le « non usage paisible des lieux loués » est défini par le tapage pouvant être nocturne au travers de fêtes nocturnes répétitives à fort volume sonore en dépit des complaintes des voisins, mais également diurne. Si une plainte est déposée pour tapage ou trouble du voisinage, le motif est en général légitime et sérieux.
Un défaut d’assurance
L’assurance est obligatoire pour tous les logements. Une attestation d’assurance doit être remise au propriétaire à l’entrée dans les lieux mais parfois aussi chaque année. Lorsque même après une mise en demeure, le locataire n’est toujours pas en mesure de fournir cette attestation, un congé peut lui être donné pour défaut d’assurance. Il s’agit d’un autre motif légitime et sérieux.
Le non-respect de la destination prévue des lieux
Un lieu est loué par le propriétaire à un locataire dans un but d’usage précis. Le juge considère donc comme motif légitime et sérieux un non-respect de cette destination. Une clause d’habitation bourgeoise se trouve parfois dans le contrat, si elle n’est pas respectée, alors le contrat n’est pas correctement honoré.
Les autres motifs légitimes et sérieux
Parmi les autres motifs légitimes et sérieux parfois invoqués sont la sous-location du logement sans autorisation écrite explicite de la part du propriétaire, la transformation des lieux toujours sans autorisation, ainsi que le refus du locataire à la réalisation de travaux nécessaires.
Les motifs non imputables au locataire
Plus rares, certains motifs légitimes et sérieux peuvent aussi être invoqués par le bailleur pour donner congé à son locataire, sans qu’il en soit responsable. C’est également la jurisprudence qui donne des informations sur les cas que l’on peut citer comme motifs légitimes sérieux, à défaut de liste exhaustive fournie par la Loi.
La résiliation du bail pour travaux
Si une démolition, une rénovation ou une réhabilitation des lieux actuellement loué est envisagée par le propriétaire, et que ces travaux exigent le départ de la personne qui loue les lieux, alors le congé peut être valable même si ces travaux ne sont pas indispensables. Il suffit pour cela que le bailleur fournisse la preuve de son intention de réaliser ces travaux pour donner congé au locataire.
Expropriation pour cause d’utilité du bien
Un congé peut aussi être donné en raison d’une expropriation ayant une cause d’utilité publique du bien. Dans ce cas de figure, le motif n’est imputable ni au locataire, ni au propriétaire, mais à un facteur extérieur au contrat de bail. Le congé est alors imposé au locataire par le bailleur qui n’a d’autre choix.
Les autres motifs légitimes et sérieux non imputables au locataire
Le non-renouvellement du cautionnement ou la démolition du bien immobilier en vue de sa reconstruction sont d’autres motifs légitimes et sérieux qui ne sont pas imputables au locataire.
Comment se déroule la résiliation du bail en cas de motif légitime et sérieux ?
Quelles informations doivent accompagner la demande de congé pour motif légitime et sérieux ?
Comme expliqué plus haut, le congé doit exposer et justifier un motif légitime et sérieux lors d’une demande de congé. Le locataire est toujours en droit de contester cette demande en raison de l’ambiguïté de la Loi, ce qui confère au juge du tribunal d’instance la charge de prendre la décision.
Lors de la demande de congé, le propriétaire doit également annexer toute pièce pouvant justifier le motif invoqué : les plaintes et/ou condamnations du locataire pour trouble du voisinage, les mises en demeure de payer le loyer, ou encore la preuve que le bien a été sous-loué sans autorisation.
Quand doit-on donner congé pour motif légitime et sérieux ?
Le congé pour motif légitime et sérieux ne peut être donné qu’à échéance du bail et ne peut pas, sauf cas exceptionnels justifiant l’expulsion du locataire, imposer à ce dernier de quitter les lieux plus tôt. La demande de congé doit être envoyé avec un délai de préavis de six mois sans quoi elle n’est pas valable légalement.
Exceptionnellement, si le locataire manque de façon avérée à ses obligations en cours de bail, le propriétaire est en droit de demander la résiliation du bail en justice ou de s’appuyer sur une clause résolutoire spécifique si elle est inscrite dans le contrat de bail afin de pouvoir mettre fin à celui-ci avant son échéance.
A noter: il est possible de bénéficier d’un préavis réduit pour un bail d’habitation dans certains cas.Modèle de bail commercial
Dernière mise à jour le 27/11/2024
Connexion
Bonjour, Je suis propriétaire d’un petit appartement en région parisienne, que je loue meublé. Le bail du locataire arrive à échéance le 29/07/2026. Je souhaiterais mettre fin à ce bail car le locataire paie quasi systématiquement en retard son loyer (date définie dans le bail : avant le 6 du mois…il paie la plupart du temps avec 10 ou 20 jours de retard et nous a même laissés sans loyer payé pendant presque 2 mois en fin d’année), ce qui me met ma famille en grande difficulté. De plus, je suis victime de harcèlement moral de la part du locataire,… Lire la suite »
Bonjour,
À titre général, le congé donné par le bailleur est encadré par l’article 15 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 : « le bailleur peut donner congé (…) pour un motif légitime et sérieux ». Les conditions de contestation relèvent également de ce texte.
Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat en droit immobilier afin d’obtenir une analyse adaptée à votre situation personnelle.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.
Bonjour, Je suis locataire d’un bail d’une chambre meublé pour 1 an dans une colocation depuis un mois. Suite à un petit conflit avec un des colocataires (je lui demandais de relever les stores qu’il deroule pour éviter les dégats lorsqu’il y a du vent dehors quand il n’est pas là). Et suite à ça la propriétaire m’a envoyé un mail fin de bail avec préavis d’un mois au motif que c’est tendu dans la colocation, probablement à la demande du colocataire. Dans le contrat du bail il est effectivement dit que le bailleur peut realiser un preavis d’un mois.… Lire la suite »
Bonjour, Dans le cadre d’un bail d’habitation meublé régi par la loi du 6 juillet 1989, un bailleur ne peut donner congé à son locataire qu’à l’échéance du contrat, en respectant un préavis de trois mois et en justifiant d’un motif légal (reprise pour habiter, vente ou motif légitime et sérieux). Toute clause contractuelle prévoyant un préavis plus court pour le propriétaire ou permettant une résiliation en cours de bail en dehors d’une faute grave du locataire constatée par un juge est en principe considérée comme non écrite. Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat spécialisé, qui saura… Lire la suite »
Bonjour, je loue un local qui n’est pas un local d’habitatation ni commercil (c’est un grenier). Or, ce grenier est squaté depuis 3 mois et je n’ai pas de nouvelles du propritétaire, malgré une mise en demeure. En plus des nuissances apportés (destruction de tout mes biens dans mon grenier + menaces) je verse encore mon loyer. Que puis je faire ?
Bonjour, Votre demande suppose l’analyse d’une situation personnelle. Nous ne pouvons l’examiner. À titre général, le bailleur doit assurer au locataire la jouissance paisible du bien loué (art. 1719 C. civ.). L’occupation sans droit ni titre d’un local peut constituer un trouble ouvrant la voie à des actions judiciaires, notamment devant le juge civil pour obtenir l’expulsion et la réparation du préjudice (art. 1240 C. civ.). Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat en droit immobilier afin d’obtenir une analyse adaptée à votre situation personnelle. En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle… Lire la suite »
Bonjour, je suis locataire et le bien a de nombreux défauts ou manques : Infiltrations d’eau répétées Absence de mode de chauffage permanent dans la pièce de vie Installation du poêle qui n’est pas aux normes DTU 24.1 (sortie vers l’extérieur, mise en sécurité régulièrement) Chauffage électrique dans les autres pièces insuffisant Infiltrations d’air au niveau de la porte d’entrée Défaut d’isolation, pont thermique, manque d’enduit extérieur Humidité et moisissures (nécessitant l’usage récurrent d’un déshumidificateur) Présence d’insectes (Éradiqués pour le moment) Dossier de diagnostic technique inexistant Après discussions vaines depuis trop longtemps, j’ai envoyé une mise en demeure avec LRAR… Lire la suite »
Bonjour, Le bailleur est tenu de délivrer un logement décent et en bon état d’usage, répondant aux critères fixés par l’article 6 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 et par le décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002. En cas de manquement, le locataire peut saisir le juge afin d’ordonner l’exécution des travaux, une réduction de loyer ou des dommages-intérêts, sur le fondement des articles 1719 et 1720 du Code civil. L’absence de réponse du bailleur n’a pas d’effet suspensif sur ces obligations légales. Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat en droit immobilier afin… Lire la suite »
peut on résilier un bail suite à un refus de permis de louer ?
Bonjour, En principe, le refus de permis de louer empêche légalement la mise en location du logement (article L635-5 du Code de la construction et de l’habitation). Ce refus constitue un obstacle légal à l’exécution du bail, qui peut justifier sa résiliation ou sa nullité, même si le contrat a été signé. Aucune occupation ne peut débuter tant que le permis n’est pas accordé. Le bail peut donc être résilié sans préavis, ni indemnité, le contrat ne pouvant produire d’effet. Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat spécialisé, qui saura vous renseigner davantage. En espérant que notre réponse… Lire la suite »
Oui merci beaucoup pour cette reponse precise sachant que la mairie me harcèle pour realiser des travaux onereux sur des fondements juridiques eronés . Je vais donc remettre en vente le bien.
Bonjour Il y a moins de deux ans , mon propriétaire nous dit invoquer un motif légitime et sérieux . Ma femme et mes deux enfants étaient en panique mais bon .. pas le choix. On quitte le logement moins de 6mois après . Cependant le propriétaire de 75 ans met son fils 50 ans dans le logement . Et je vois depuis 2 mois des panneaux devant le logement parce que le fils fait des travaux et a priori le logement est maintenant a son nom . Je suppose que le fils a fait pression sur le pere pour… Lire la suite »
Bonjour,
Votre situation est complexe et nécessite l’avis d’un professionnel.
Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat spécialisé, qui saura vous renseigner.
En vous souhaitant une belle journée,
L’équipe LegalPlace.
Bonjour, Je comprends qu’en cas de faute du locataire, il y a une “option procédurale” : congé pour motif grave et sérieux ou engagement de la clause d’éviction. Si le bailleur opte pour le congé, peut il, en cours de procédure, faire jouer la clause d’éviction? Concrètement, si le locataire se maintient dans les lieux au terme du bail alors qu’un congé pour motif grave et sérieux lui a été donné (pour 6 mois de loyers impayés), est il possible de faire jouer la clause d’éviction du bail (en lui envoyant un commandement de payer puis en l’assignant au tribunal… Lire la suite »
Bonjour, Le bailleur doit choisir entre délivrer un congé pour motif grave et sérieux (article L.145-17 du Code de commerce) ou faire jouer la clause résolutoire en cas de manquement contractuel. Une fois le congé délivré, il ne peut en principe plus invoquer la clause résolutoire pour le même fait, sauf si le locataire se maintient dans les lieux sans droit ni titre après l’échéance du bail. Dans ce cas, une procédure d’expulsion fondée sur l’occupation sans droit est possible, mais non sur la clause d’éviction. Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat spécialisé, qui saura vous renseigner… Lire la suite »
Annulation de bail car vu dégradation du bien loué ( cuisine déchiqueté par chiens et porte de garage également ) ect bail fini le 8 avril 2026 cela est il légal pour le propriétaire de pas renouveler le bail ? Cordialement
Bonjour,
En principe, le bailleur peut refuser le renouvellement du bail à son échéance, uniquement pour motif légitime et sérieux, conformément à l’article 15, I de la loi du 6 juillet 1989. Des dégradations importantes causées par les animaux du locataire peuvent constituer un tel motif, s’il est démontré qu’elles résultent d’un manquement du locataire à ses obligations.
Le congé doit être notifié au moins 6 mois avant la fin du bail, par lettre recommandée avec AR ou par acte d’huissier.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée. L’équipe LegalPlace.
Merci beaucoup pour votre réponse