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  • L’ISF a disparu en 2018. Les parts de SCI relèvent aujourd’hui de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI).
  • Un associé de SCI est redevable de l’IFI si son patrimoine immobilier net dépasse 1 300 000 € au 1er janvier.
  • La SCI ne fait pas échapper les associés à l’IFI. Elle change seulement la méthode de calcul de la valeur du patrimoine immobilier.
  • L’abattement de 30 % sur la résidence principale pour le calcul de la base d’imposition de l’IFI ne s’applique pas aux parts de SCI.
  • Le barème de l’IFI s’échelonne de 0,50 % à 1,50 %, et la déclaration se fait sur le formulaire 2042-IFI.

Vous détenez des parts de SCI et vous vous demandez si, selon les règles applicables en matière de fiscalité en SCI, elles entrent dans le calcul de l’impôt sur la fortune. La réponse tient en une règle simple, l’ISF a disparu en 2018 et vos parts relèvent désormais de l’impôt sur la fortune immobilière, à hauteur de ce qu’elles représentent en immobilier.

SCI et ISF, que reste-t-il de l’impôt sur la fortune ?

L’ISF n’existe plus. Depuis le 1er janvier 2018, l’impôt de solidarité sur la fortune a laissé place à l’impôt sur la fortune immobilière, l’IFI, qui ne porte que sur le patrimoine immobilier.

Le passage de l’ISF à l’IFI est loin d’être cosmétique. Sous l’ISF, un contribuable déclarait l’ensemble de son patrimoine, placements financiers compris. Avec l’IFI, seuls les biens et droits immobiliers comptent, et le seuil d’entrée reste fixé à 1 300 000 €. Un portefeuille d’actions, un contrat d’assurance-vie en unités de compte non immobilières ou une trésorerie personnelle sortent donc de l’assiette de calcul de cet impôt.

Ce que la suppression de l’ISF a changé pour les SCI

Pour un associé de SCI, le resserrement de l’assiette entre l’ISF et l’IFI n’a rien changé au principe. Une SCI détient de l’immobilier par définition, et ses parts restent imposables au-delà de 1 300 000 € de patrimoine immobilier net.

En revanche, la mécanique de calcul s’est affinée. Le législateur a posé une règle de transparence. Les parts de SCI ne sont retenues qu’à hauteur de la fraction de leur valeur qui correspond aux biens immobiliers détenus par la société. Si votre SCI possède un immeuble et une trésorerie importante, seule la part immobilière entre dans le calcul.

Cette logique vaut pour toutes les sociétés qui détiennent de l’immobilier, quelle que soit leur forme. Une SCI familiale, une SCI de rapport ou une SCI patrimoniale suivent les mêmes règles.

Le mot « ISF » reste très employé dans le langage courant et dans les recherches en ligne, alors que l’impôt de solidarité sur la fortune a été supprimé en 2018. Le régime applicable aux parts de SCI s’appelle désormais l’IFI.

La réforme de l’IFI annoncée pour 2026 concerne-t-elle les SCI ?

La réforme de l’IFI envisagée pour 2026 ne change rien pour les associés de SCI. Le projet d’impôt sur la fortune improductive, largement commenté à l’automne 2025, n’a pas été retenu dans le texte final de la loi de finances pour 2026.

L’idée consistait à élargir l’assiette aux liquidités, aux fonds en euros et aux crypto-actifs, avec un taux unique de 1 %. L’Assemblée nationale puis le Sénat en avaient adopté deux versions différentes, le Sénat proposant au passage de relever le seuil d’imposition à 2 570 000 €. Aucune n’a survécu à la navette parlementaire.

Le seuil de 1 300 000 €, le barème progressif de 0,50 % à 1,50 % et le périmètre strictement immobilier de l’IFI restent donc ceux qui s’appliquaient les années précédentes.

Quels associés de SCI sont concernés par l’IFI ?

Un associé de SCI est redevable de l’IFI si la valeur nette de son patrimoine immobilier dépasse 1 300 000 € au 1er janvier de l’année d’imposition. Vos parts de SCI comptent dans ce calcul, aux côtés de vos biens détenus en direct.

Le seuil de 1 300 000 € applicable aux associés de SCI

Le seuil de 1 300 000 € s’apprécie au niveau du foyer fiscal IFI, qui regroupe les personnes mariées, pacsées ou vivant en concubinage notoire, ainsi que leurs enfants mineurs.

Ce montant correspond à une valeur nette, c’est-à-dire après déduction des dettes.

Exemple : Un couple propriétaire d’une résidence principale de 700 000 € et de parts de SCI valorisées à 900 000 €, avec un emprunt restant de 350 000 €, affiche un patrimoine net de 1 250 000 €. Il reste donc sous le seuil et n’a aucune déclaration d’IFI à déposer.

Un point mérite attention. La date d’appréciation est figée au 1er janvier. Une vente réalisée en février ou un remboursement anticipé en mars ne modifient pas votre situation pour l’année en cours.

Pourquoi une SCI ne permet-elle pas d’échapper à l’IFI ?

Une SCI ne permet pas d’échapper à l’IFI parce que la loi vise la détention indirecte autant que la détention directe. L’article 965 du Code général des impôts intègre dans l’assiette les parts de sociétés à hauteur de leur fraction représentative de biens ou droits immobiliers.

Autrement dit, loger un immeuble dans une société ne le fait pas disparaître du calcul. L’administration fiscale regarde ce que la société possède, puis remonte jusqu’à vous en fonction de votre participation. Un associé unique d’une SCI propriétaire d’un immeuble de 1 500 000 € franchit donc le seuil de 1 300 000 € aussi sûrement que s’il détenait ce bien en son nom propre.

La SCI conserve malgré tout son utilité. Elle facilite l’achat à plusieurs, organise la transmission du patrimoine et permet de céder des parts plutôt qu’un bien entier. Aucun de ces avantages ne repose toutefois sur une sortie de l’assiette IFI.

Constituer une SCI dans le seul but de réduire son IFI expose à un redressement sur le terrain de l’abus de droit, avec une majoration pouvant atteindre 80 % des droits rappelés. Les montages dépourvus de substance économique réelle sont régulièrement remis en cause.

Un associé minoritaire de SCI est-il exclu de l’IFI ?

Un associé minoritaire de SCI reste imposable à l’IFI dans la quasi-totalité des cas. C’est une confusion fréquente, et elle coûte cher.

Le Code général des impôts prévoit bien une exclusion pour les associés qui détiennent, seuls ou avec leur groupe familial, moins de 10 % du capital et des droits de vote d’une société. Cette exclusion suppose cependant que la société exerce une activité industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale.

Or, une SCI patrimoniale exerce une activité civile. Elle achète, détient et loue des biens immobiliers nus, ce qui ne figure dans aucune de ces catégories. Ses associés minoritaires restent donc imposables sur leur quote-part, même lorsqu’ils ne détiennent que 2 % des parts.

Seules quelques configurations particulières peuvent faire basculer une SCI du côté des activités opérationnelles, par exemple une SCI qui exploiterait un établissement de manière commerciale. Ces cas restent rares et méritent une analyse individuelle.

Comment évaluer les parts de SCI soumises à l’IFI ?

L’évaluation des parts de SCI pour l’IFI se fait en quatre temps. Vous partez de l’actif immobilier de la société, vous en retirez le passif déductible, vous appliquez votre quote-part, puis vous ajustez avec les décotes que votre situation justifie.

Étape 1. Recenser l’actif immobilier de la SCI

L’évaluation des parts de SCI démarre par la valeur vénale réelle des biens détenus par la société au 1er janvier, c’est-à-dire le prix auquel ils pourraient être vendus dans des conditions normales de marché.

Cette valeur vénale n’a rien à voir avec le prix d’achat ni avec la valeur comptable inscrite au bilan de la SCI. Un immeuble acquis 400 000 € en 2012 et qui en vaut 650 000 € aujourd’hui se déclare à 650 000 €.

Sont concernés les immeubles bâtis, les terrains, les constructions en cours et les droits immobiliers comme un usufruit détenu par la société.

Étape 2. Déduire le passif de la SCI

La deuxième étape consiste à retrancher de l’actif immobilier les dettes contractées par la SCI pour acquérir, entretenir ou améliorer ses biens. L’emprunt bancaire en cours constitue le cas le plus fréquent, retenu pour son capital restant dû au 1er janvier.

Toutes les dettes de la SCI ne se valent pas au regard de l’IFI. Certaines sont écartées même lorsqu’elles figurent au passif du bilan, en particulier les sommes avancées par un associé qui contrôle la société.

Exemple : Un immeuble de 1 200 000 € financé par un emprunt résiduel de 300 000 € donne ainsi un actif net de 900 000 €, à condition que cet emprunt soit bien un prêt bancaire et non un compte courant d’associé.

Étape 3. Appliquer sa quote-part de parts de SCI

L’actif net de la SCI se répartit ensuite entre les associés, au prorata des parts que chacun détient.

Exemple : Une SCI dont l’immeuble vaut 1 200 000 €, avec un emprunt résiduel de 300 000 €. L’actif net s’établit à 900 000 €. Un associé détenant 40 % des parts retient donc 360 000 € avant décote, un associé à 25 % retient 225 000 €.

Ce calcul suppose que vous connaissiez précisément votre pourcentage de détention au 1er janvier. Une cession de parts intervenue en cours d’année précédente modifie la quote-part à retenir.

Étape 4. Quelle décote appliquer sur des parts de SCI ?

Les parts de SCI se revendent moins facilement qu’un appartement. L’administration fiscale admet donc que leur valeur soit minorée, ce qui se traduit par deux décotes principales.

La décote pour illiquidité compense la difficulté à trouver un acquéreur pour des titres non cotés, souvent soumis à une clause d’agrément, c’est-à-dire à l’accord préalable des autres associés avant toute vente. Elle se situe en pratique entre 10 % et 20 %. La décote pour minorité, elle, tient compte du fait qu’un associé minoritaire ne maîtrise ni la gestion ni la décision de vendre. Sa fourchette est comparable.

Ces deux décotes se combinent de manière multiplicative et non additive. Une décote d’illiquidité de 15 % suivie d’une décote de minorité de 10 % aboutit à un abattement global d’environ 23,5 %, pas de 25 %.

Les décotes appliquées aux parts de SCI relèvent d’usages admis, pas d’un droit automatique. Au-delà d’un abattement global de 30 % à 35 %, une expertise documentée devient nécessaire. À défaut, le redressement est probable.

Quelles dettes de la SCI sont déductibles de l’IFI ?

Les dettes d’une SCI sont déductibles de l’assiette IFI lorsqu’elles existent au 1er janvier et se rattachent directement aux biens immobiliers imposables. Le reste est écarté, parfois de manière contre-intuitive.

Déductible Non déductible
Emprunt bancaire d’acquisition du bien Compte courant de l’associé qui contrôle la SCI
Frais d’acquisition et droits d’enregistrement Prêt consenti par un ascendant, un descendant ou un frère ou une sœur
Travaux de réparation et d’entretien Dette contractée auprès d’une société contrôlée par le redevable
Travaux d’amélioration, de construction ou d’agrandissement Dette liée à un bien exonéré d’IFI
Taxe foncière et impositions liées à la propriété Taxe d’habitation et dettes liées à l’occupation

Les dettes de la SCI déductibles de l’assiette IFI

L’emprunt bancaire souscrit par la SCI pour acheter son immeuble se déduit pour son capital restant dû au 1er janvier. Les intérêts échus et non payés s’y ajoutent.

Les prêts in fine font l’objet d’un traitement particulier. Comme le capital n’est remboursé qu’à l’échéance, la loi impose de retenir un montant amorti théorique, calculé de manière linéaire sur la durée du prêt. Un prêt sans terme défini s’amortit, quant à lui, sur vingt ans.

Viennent ensuite les dépenses de travaux engagées par la SCI et les impositions dues à raison de la propriété du bien, dont la taxe foncière. Les charges déductibles en SCI au sens des revenus fonciers ne recouvrent pas exactement le même périmètre, ce qui explique bien des erreurs de déclaration.

Le compte courant d’associé de SCI est-il déductible de l’IFI ?

Le compte courant d’associé d’une SCI n’est en principe pas déductible de l’IFI, et c’est le piège le plus répandu. Lorsqu’un associé avance des fonds à sa SCI et qu’il la contrôle, l’article 973 du Code général des impôts écarte cette dette du calcul.

La logique du texte est claire. Sans cette règle, il suffirait de financer une SCI par compte courant d’associé plutôt que par capital pour créer artificiellement un passif déductible. L’exclusion s’étend d’ailleurs aux prêts consentis par le conjoint, les enfants, les parents, les frères et sœurs, ainsi que par une autre société contrôlée par le foyer.

Une clause de sauvegarde existe cependant. Vous pouvez conserver la déduction en démontrant que le prêt ne poursuit pas un objectif principalement fiscal et qu’il a été conclu à des conditions normales. Concrètement, cela suppose un taux de marché, un échéancier écrit et des remboursements réellement effectués.

Le plafonnement des dettes au-delà de 5 millions d’euros

Un mécanisme anti-abus limite la déduction des dettes à l’IFI pour les patrimoines importants. Lorsque la valeur taxable dépasse 5 000 000 € et que les dettes excèdent 60 % de cette valeur, la fraction qui dépasse ce seuil n’est déductible qu’à moitié.

Un patrimoine de 6 000 000 € grevé de 5 500 000 € de dettes illustre bien le mécanisme. Le seuil de 60 % représente 3 600 000 €. L’excédent s’élève donc à 1 900 000 €, dont seule la moitié se déduit, soit 950 000 €. Le passif retenu atteint finalement 4 550 000 € au lieu de 5 500 000 €.

Ce plafonnement ne joue pas si vous justifiez que les emprunts n’ont pas été contractés dans un but principalement fiscal.

Quels abattements et exonérations d’IFI existe-t-il en SCI ?

Les dispositifs de faveur de l’IFI ne se transposent pas tous à la détention de parts de SCI. Le tableau suivant récapitule ce qui change entre détention directe et détention par société.

Dispositif En détention directe Via une SCI
Abattement de 30 % sur la résidence principale Oui Non
Exonération des biens professionnels Oui, si conditions remplies Oui, si conditions remplies
Décote pour illiquidité des titres Sans objet Oui, à justifier
Décote pour participation minoritaire Sans objet Oui, à justifier
Exclusion pour détention inférieure à 10 % Sans objet Non pour une SCI patrimoniale

L’abattement de 30 % s’applique-t-il à la résidence principale en SCI ?

L’abattement de 30 % ne s’applique pas à une résidence principale détenue via une SCI. L’article 973 du Code général des impôts le réserve à la résidence principale détenue en direct.

Si vous habitez un logement appartenant à votre SCI, vous déclarez donc vos parts sans aucune réduction à ce titre. L’écart est loin d’être négligeable. Sur un bien de 800 000 €, l’abattement représente 240 000 € de base taxable en moins.

Cette différence de traitement a été contestée devant le Conseil constitutionnel, qui l’a jugée conforme à la Constitution dans une décision du 17 janvier 2020. Les juges ont retenu que la détention directe et la détention par société placent le contribuable dans des situations distinctes.

Avant d’acheter une maison en SCI pour y habiter, ce point mérite d’être chiffré lorsque votre patrimoine approche du seuil de 1 300 000 €.

Les sociétés d’attribution relevant de l’article 1655 ter du Code général des impôts échappent à cette règle. Fiscalement réputées transparentes, elles permettent de conserver l’abattement de 30 % sur la résidence principale. Ce montage reste toutefois marginal et très encadré.

Quand les parts de SCI sont-elles exonérées d’IFI au titre des biens professionnels ?

L’article 975 du Code général des impôts exonère d’IFI les biens affectés à l’activité professionnelle principale du redevable. Le cas le plus courant concerne l’entrepreneur qui loge ses murs commerciaux dans une SCI et les loue à sa société d’exploitation.

Quatre conditions doivent être réunies simultanément pour être exonéré de l’IFI en tant qu’associé d’une SCI :

  • L’activité exercée est industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale. La simple location nue par une SCI patrimoniale ne suffit jamais ;
  • Elle est exercée par vous-même, votre conjoint, votre partenaire de PACS, votre concubin notoire ou vos enfants mineurs ;
  • Elle constitue votre activité professionnelle principale, appréciée d’après le temps que vous y consacrez ou les revenus qu’elle vous procure ;
  • Le bien est nécessaire à cette activité, avec un lien d’affectation réel et vérifiable.

Lorsque la société d’exploitation est soumise à l’impôt sur les sociétés, des conditions supplémentaires s’ajoutent. Vous devez y exercer une fonction de direction effective et en tirer une rémunération représentant plus de la moitié de vos revenus professionnels.

L’exonération ne joue alors qu’à hauteur de votre participation dans la société d’exploitation, ce qui donne parfois lieu à des calculs délicats.

Le démembrement des parts de SCI réduit-il l’IFI ?

Le démembrement des parts de SCI, c’est-à-dire la séparation entre l’usufruit et la nue-propriété, ne réduit pas l’IFI de l’usufruitier. L’article 968 du Code général des impôts pose une règle nette. Les biens grevés d’usufruit sont déclarés par l’usufruitier pour leur valeur en pleine propriété.

Le nu-propriétaire, lui, ne déclare rien. Un parent qui donne la nue-propriété de ses parts à ses enfants tout en conservant l’usufruit continue donc de supporter l’IFI sur 100 % de la valeur.

Quelques exceptions permettent une répartition entre usufruitier et nu-propriétaire selon le barème fiscal de l’usufruit, notamment lorsque l’usufruit résulte du droit légal du conjoint survivant. Elles sont limitativement énumérées et ne couvrent pas les donations classiques.

Le démembrement d’une SCI garde tout son intérêt pour préparer une succession et alléger les droits de donation. Il ne constitue simplement pas un levier de réduction de l’IFI.

SCI à l’IR ou SCI à l’IS, quelles conséquences sur l’IFI ?

Le régime fiscal d’une SCI ne change pas le principe d’assujettissement à l’IFI. Il influe en revanche sur la manière dont les parts sont valorisées et sur le passif retenu.

Dans une SCI soumise à l’impôt sur le revenu, la transparence est totale. Les résultats remontent directement aux associés, et la valeur des parts reflète assez fidèlement celle de l’immeuble diminuée de l’emprunt. La marge de valorisation reste donc étroite.

Dans une SCI à l’IS, la société devient opaque fiscalement. Elle amortit ses immeubles, ce qui réduit sa valeur comptable sans modifier la valeur vénale à retenir pour l’IFI. Le bilan comprend souvent aussi une trésorerie, des créances ou des dettes fiscales latentes, autant d’éléments qui font que les parts ne se confondent plus avec l’immeuble. La fraction immobilière doit alors être isolée, ce qui ouvre davantage de place aux décotes justifiées.

Exemple : Jean détient 50 % d’une SCI familiale propriétaire d’un immeuble locatif estimé 800 000 €, financé par un emprunt résiduel de 200 000 €. À l’impôt sur le revenu, sa quote-part ressort à 300 000 €, à peine ajustée par une décote d’illiquidité. Après passage à l’impôt sur les sociétés, la société a conservé 60 000 € de trésorerie et supporte une dette d’impôt latente. Sa fraction immobilière doit être recalculée, et sa base IFI s’en trouve légèrement réduite. La règle générale se vérifie ici, le régime fiscal de la SCI ne supprime jamais l’IFI, il déplace seulement la façon de valoriser les parts.

Ce raisonnement a ses limites. Passer à l’impôt sur les sociétés entraîne une imposition des plus-values bien plus lourde à la revente, et la renonciation à cette option n’est possible que jusqu’au cinquième exercice suivant celui de l’option.

Opter pour l’impôt sur les sociétés dans le seul but d’alléger son IFI revient rarement à une bonne opération sur la durée. Le changement de régime fiscal d’une SCI s’arbitre d’abord sur la fiscalité des revenus locatifs et sur la plus-value de cession.

Comment calculer l’IFI dû sur des parts de SCI ?

Le calcul de l’IFI sur des parts de SCI s’effectue en appliquant le barème progressif par tranches au patrimoine immobilier net, puis en tenant compte des correctifs éventuels.

Le barème de l’IFI 2026 applicable aux parts de SCI

Fraction de la valeur nette taxable Taux
Jusqu’à 800 000 € 0 %
De 800 001 € à 1 300 000 € 0,50 %
De 1 300 001 € à 2 570 000 € 0,70 %
De 2 570 001 € à 5 000 000 € 1 %
De 5 000 001 € à 10 000 000 € 1,25 %
Au-delà de 10 000 000 € 1,50 %

Le barème de l’IFI comporte une subtilité qui surprend beaucoup de redevables. Il démarre à 800 000 €, alors que l’obligation de payer ne naît qu’à partir de 1 300 000 € de patrimoine immobilier net. Autrement dit, dès que le seuil de 1 300 000 € est franchi, la tranche à 0,50 % s’applique rétroactivement sur la fraction comprise entre 800 000 € et 1 300 000 €.

La décote de l’IFI entre 1,3 et 1,4 million d’euros

Une décote allège l’IFI des patrimoines immobiliers nets compris entre 1 300 000 € et 1 400 000 €, afin d’éviter un effet de seuil brutal au franchissement du seuil d’imposition.

La formule est la suivante. Vous retranchez de l’impôt calculé un montant égal à 17 500 € diminué de 1,25 % de votre patrimoine net taxable.

Pour un patrimoine de 1 350 000 €, la décote s’élève à 17 500 € moins 16 875 €, soit 625 € de réduction. Au-delà de 1 400 000 €, la décote devient nulle et le barème s’applique sans correction.

Le plafonnement de l’IFI à 75 % des revenus

Le plafonnement de l’IFI empêche que le total formé par l’IFI, l’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux excède 75 % des revenus de l’année précédente. L’excédent vient en réduction de l’IFI dû.

Ce mécanisme concerne surtout les contribuables dont le patrimoine immobilier est important mais peu générateur de revenus. Un associé unique d’une SCI sans revenus locatifs détenant un immeuble de 3 000 000 € et percevant 40 000 € de revenus annuels se trouve typiquement dans cette situation.

Exemple de calcul détaillé de l’IFI

Voici un exemple complet de calcul d’IFI pour un couple dont le patrimoine se compose d’une résidence principale détenue en direct et de parts de SCI.

  1. Résidence principale estimée à 900 000 €, réduite de 30 % d’abattement, soit 630 000 € ;
  2. SCI propriétaire d’un immeuble locatif de 1 400 000 €, avec un emprunt résiduel de 400 000 €, ce qui donne un actif net de 1 000 000 € ;
  3. Détention de 100 % des parts, puis décote d’illiquidité de 15 %, soit 850 000 € retenus ;
  4. Patrimoine net taxable de 1 480 000 €, au-dessus du seuil de 1 300 000 € et hors zone de décote ;
  5. Impôt calculé de 2 500 € sur la tranche à 0,50 % et de 1 260 € sur la tranche à 0,70 %, soit 3 760 € d’IFI dû.

Cet exemple illustre la règle générale. L’IFI d’un associé de SCI se calcule sur un patrimoine consolidé, qui additionne les biens détenus en direct après abattement et la fraction immobilière des parts après décote.

Comment déclarer ses parts de SCI à l’IFI ?

La déclaration des parts de SCI à l’IFI se fait en même temps que celle de vos revenus, sur le formulaire 2042-IFI. Vous n’avez rien à déposer si votre patrimoine immobilier net reste sous 1 300 000 € au 1er janvier.

Le formulaire 2042-IFI et ses annexes

Le formulaire 2042-IFI s’ajoute à votre déclaration de revenus habituelle. Vous y reportez la valeur de vos biens détenus en direct, puis la fraction immobilière de vos parts de société.

Les annexes du 2042-IFI servent à détailler le calcul. Vous y indiquez l’identification de la SCI, le nombre de parts détenues, la valeur retenue et les décotes appliquées, ainsi que le passif déduit.

Deux situations appellent un formulaire complémentaire, le 2042-IFI-COV. Il concerne les non-résidents qui n’ont pas d’obligation déclarative de revenus en France, ainsi que les personnes rattachées à un autre foyer fiscal. La case 9GN doit alors être cochée.

Les dates limites de déclaration de l’IFI

Les dates limites de déclaration de l’IFI suivent le calendrier de la déclaration de revenus, échelonné par zone géographique selon votre département de résidence. La déclaration en ligne est la règle dès lors que votre logement dispose d’un accès internet.

Un dépôt papier reste possible dans les situations où la déclaration en ligne n’est pas praticable. La date limite est alors plus précoce que celle des télédéclarants, ce qui surprend souvent les redevables concernés.

Déclaration 2072 et IFI

La déclaration 2072 et l’IFI sont deux obligations distinctes, et les confondre fait perdre du temps. La déclaration 2072 porte sur le résultat annuel d’une SCI soumise à l’impôt sur le revenu, et elle est déposée par la société elle-même.

L’IFI, lui, est un impôt personnel. Il est déclaré par chaque associé, sur sa propre déclaration de revenus, indépendamment des obligations comptables de la SCI.

Les deux démarches coexistent donc, avec des acteurs et des calendriers différents. La 2072 alimente les revenus fonciers imposables des associés, pas leur IFI.

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Que risque-t-on en cas d’omission de parts de SCI à l’IFI ?

Omettre de déclarer des parts de SCI à l’IFI ou les sous-évaluer expose à un rappel d’impôt assorti de pénalités. Le sujet est d’autant plus sensible que l’administration dispose de plusieurs années pour revenir en arrière.

Les majorations applicables dépendent de la nature du manquement :

  • Un intérêt de retard de 0,20 % par mois court sur les droits rappelés, quelle que soit la bonne foi du redevable ;
  • Une majoration de 10 % sanctionne le dépôt tardif de la déclaration ;
  • Une majoration de 40 % s’applique en cas de manquement délibéré, c’est-à-dire lorsque l’omission est jugée volontaire ;
  • Une majoration de 80 % vise les manœuvres frauduleuses et les abus de droit.

Le délai de reprise, c’est-à-dire la période pendant laquelle l’administration peut contrôler et rectifier votre déclaration, s’étend jusqu’au 31 décembre de la troisième année suivant celle de l’imposition. Il est porté à six ans lorsque des parts de SCI n’ont pas été déclarées du tout.

En pratique, les redressements portent rarement sur des omissions pures. Ils visent surtout des valorisations jugées trop basses, en particulier des décotes appliquées sans justification. Conserver des estimations datées, des annonces de biens comparables et, pour les patrimoines significatifs, un rapport d’expertise, reste la meilleure protection.

Reprendre à l’identique la valeur de parts de SCI déclarée l’année précédente, sans tenir compte de l’évolution du marché immobilier, figure parmi les erreurs les plus souvent relevées lors des contrôles IFI.

Les parts de SCI entrent dans l’assiette de l’IFI à hauteur de leur fraction immobilière, dès lors que le patrimoine immobilier net dépasse 1 300 000 € au 1er janvier. La société ne fait pas écran, elle modifie seulement la méthode de calcul, avec un actif immobilier diminué du passif déductible, une quote-part de détention et des décotes qu’il faut pouvoir justifier. Plusieurs dispositifs de faveur ne se transposent pas à la détention indirecte, à commencer par l’abattement de 30 % sur la résidence principale et le compte courant d’associé, rarement déductible. Le barème s’échelonne de 0,50 % à 1,50 %, et la déclaration s’effectue chaque année sur le formulaire 2042-IFI, en même temps que celle des revenus.

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Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L’ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

Dernière mise à jour le 25/09/2026

FAQ

Les parts de SCI sont-elles soumises à l'ISF ?

L’ISF a été supprimé le 1er janvier 2018. Les parts de SCI sont aujourd’hui soumises à l’IFI, à hauteur de la fraction de leur valeur représentative des biens immobiliers détenus par la société, dès 1 300 000 € de patrimoine immobilier net.

Une SCI permet-elle d'échapper à l'IFI ?

Une SCI ne permet pas d’échapper à l’IFI, car la loi vise la détention indirecte autant que la détention directe. Créer une SCI dans le seul but de réduire son IFI expose à un redressement pour abus de droit, avec une majoration pouvant atteindre 80 %.

Comment calculer la valeur des parts de SCI pour l'IFI ?

La valeur des parts de SCI se calcule en quatre temps. Vous retenez la valeur vénale des biens au 1er janvier, vous déduisez le passif éligible, vous appliquez votre pourcentage de détention, puis les décotes que votre situation justifie.

Quelle décote peut-on appliquer sur des parts de SCI ?

La décote pour illiquidité et la décote pour minorité applicables à des parts de SCI se situent chacune entre 10 % et 20 % en pratique. Au-delà d’un abattement global de 30 % à 35 %, une expertise documentée devient nécessaire.

L'abattement de 30 % s'applique-t-il à une résidence principale détenue en SCI ?

L’abattement de 30 % ne s’applique pas à une résidence principale détenue en SCI, car il est réservé à la détention directe. Le Conseil constitutionnel a validé cette différence de traitement dans une décision du 17 janvier 2020.

Le compte courant d'associé est-il déductible de l'IFI ?

Le compte courant d’associé n’est en principe pas déductible de l’IFI lorsque la SCI est contrôlée par l’associé prêteur ou son groupe familial. La déduction reste possible si le prêt ne poursuit pas un objectif principalement fiscal et respecte des conditions normales.

Qui paie l'IFI en cas de démembrement des parts de SCI ?

L’usufruitier des parts de SCI paie l’IFI sur la valeur en pleine propriété, soit 100 % de la valeur. Le nu-propriétaire n’est pas imposé, sauf dans quelques cas limitativement prévus par la loi, dont l’usufruit légal du conjoint survivant.

Un associé détenant moins de 10 % d'une SCI est-il exonéré d'IFI ?

Un associé détenant moins de 10 % d’une SCI patrimoniale reste imposable à l’IFI. L’exclusion prévue pour les participations inférieures à 10 % suppose une société exerçant une activité industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale, ce qui n’est pas le cas d’une SCI civile.

Sur quel formulaire déclarer ses parts de SCI à l'IFI ?

Les parts de SCI se déclarent sur le formulaire 2042-IFI, déposé en même temps que la déclaration de revenus. Le 2042-IFI-COV s’y ajoute pour les non-résidents sans obligation déclarative et les personnes rattachées à un autre foyer fiscal, avec la case 9GN cochée.

L'IFI a-t-il été supprimé ou modifié en 2026 ?

L’IFI n’a été ni supprimé ni modifié en 2026. Le projet d’impôt sur la fortune improductive n’a pas été retenu dans le texte final de la loi de finances pour 2026, et le seuil de 1 300 000 € comme le barème de 0,50 % à 1,50 % restent inchangés.

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6 Commentaires
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mes parts de SCI étaient dans un cadre purement professionnel d’exercice de la médecine dans des locaux affectes a un cabinet médical; y a t il bien une exonération de l’IFI concernant le produit de la vente de mes parts achetées il y a 28 ans?

Bonjour, L’impôt sur la fortune immobilière ne porte en principe que sur les biens et droits immobiliers détenus au 1er janvier : les liquidités et sommes d’argent, comme le produit de la vente de parts une fois encaissé, ne font en principe pas partie de son assiette. S’agissant des parts d’une société détenant un immeuble, elles ne sont en principe imposables qu’à hauteur de la valeur des biens immobiliers qu’elles représentent, mais une exonération est prévue pour les actifs affectés à l’activité professionnelle de leur détenteur, parmi lesquels, sous certaines conditions, les locaux affectés à l’exercice de sa profession, qui… Lire la suite »

Je lis sur votre site que si je détiens moins de 10% des parts de la SCI, je ne suis pas imposable au titre de l’IFI. Je ne vois cette disposition sur aucun autre site.
pouvez vous me confirmer cette exonération.
merci
laurent Jubert

Bonjour, L’imposition à l’IFI des parts de société détenant de l’immobilier repose sur des règles précises, et certaines exclusions ou exonérations partielles existent, notamment lorsque les biens immobiliers sont affectés à l’activité opérationnelle de la société ou lorsque le détenteur ne dispose que d’une participation minoritaire répondant à des conditions strictes. Ces dispositifs sont toutefois encadrés par des critères cumulatifs portant sur la nature de la société, l’usage des biens et le pourcentage détenu, et ne s’appliquent pas de façon automatique à toute détention inférieure à un seuil donné. Une formulation générale lue isolément peut donc ne pas refléter l’ensemble… Lire la suite »

bonjour
il faut faire une donation de NP démembrée et garder l’usufruit sans SCI de mon point de vue Car .Attention dans une sci c’ est l’ usufruitier qui déclare l’IFI et en sci la résidence principale ne bénéficie pas de l ‘abattement
Prendre dv et conseil chez votre Notaire qui connais votre situation complètement il y a peut être d ‘autres solutions
pensez au droit de retour
bien a vous
Pierre

Bonjour, L’analyse est globalement juste. En effet, transmettre la nue-propriété en direct, hors SCI, tout en conservant l’usufruit, permet de bénéficier d’une fiscalité plus favorable, notamment en matière d’impôt sur la fortune immobilière (IFI) et de donation. Dans une SCI, c’est effectivement l’usufruitier qui est redevable de l’IFI sur la pleine valeur des parts, en application de l’article 968 du Code général des impôts, sans possibilité de bénéficier de l’abattement de 30 % pour résidence principale, qui ne s’applique qu’en propriété directe. En principe, seul un notaire peut adapter la stratégie à la situation patrimoniale complète (droit de retour, réserve… Lire la suite »

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Rédigé par

Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L'ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

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