Comment fonctionne le compte courant d’un associé de SCI ?
Dernière mise à jour le 02/11/2026
- Qu’est-ce qu’un compte courant d’associé dans une SCI ?
- Quelles sont les conditions de validité d’un apport en compte courant d’associé en SCI ?
- Quelle rémunération du compte courant d’associé ?
- Un compte courant d’associé peut-il être débiteur en SCI ?
- Comment obtenir le remboursement d’un compte courant d’associé en SCI ?
- Comment le compte courant est-il enregistré dans la comptabilité de la SCI ?
- Quel est le régime fiscal du compte courant d’associé en SCI ?
- Peut-on céder ou donner son compte courant d’associé ?
- Que devient le compte courant d’un associé de SCI en cas de décès ?
- Le compte courant d’associé de SCI est une avance de fonds remboursable qui finance la société sans modifier le capital social ni la répartition des parts.
- Les intérêts versés à l’associé de SCI au titre de son compte courant sont déductibles du résultat de la SCI dans la limite d’un taux réglementaire qui varie selon la date de clôture de l’exercice, par exemple 4,55 % pour un exercice clos le 31 décembre 2025 et 4,45 % pour une clôture comprise entre le 30 novembre et le 30 décembre 2026.
- Chez l’associé de SCI, ces intérêts sont imposés au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % depuis le 1er janvier 2026, sauf option pour le barème progressif.
Dans une SCI, le financement ne se limite pas aux apports réalisés lors de sa création. Vous pouvez également injecter des fonds dans la société sans toucher au capital social, grâce au compte courant d’associé. Ce mécanisme, très courant dans la gestion d’une SCI, offre une solution simple et flexible pour financer un achat immobilier, des travaux ou pallier un manque temporaire de trésorerie.
Qu’est-ce qu’un compte courant d’associé dans une SCI ?
Dans une SCI, le compte courant d’associé est un outil de financement souple qui permet à un ou plusieurs associés d’avancer de l’argent à la société sans modifier le capital social de la SCI. C’est une solution très utilisée pour renforcer la trésorerie, financer un bien ou des travaux, tout en gardant une grande flexibilité.
Définition simple du compte courant d’associé
Il s’agit d’une avance de fonds effectuée par un associé à la SCI, assimilée à un prêt.
Contrairement à un apport en capital, cette somme :
- peut être remboursée à tout moment, sauf clause contraire ;
- ne modifie ni la répartition du capital, ni les droits de vote ;
- peut être rémunérée par des intérêts, selon les termes fixés entre l’associé et la société.
Vous avancez 20 000 € à votre SCI pour financer des travaux. Ces fonds sont inscrits dans la comptabilité de la société et peuvent être remboursés plus tard, dès que la trésorerie le permet.
L’importance de la convention de compte courant
Même si elle n’est pas obligatoire, la convention de compte courant est vivement recommandée. Elle encadre les relations financières entre la SCI et l’associé prêteur et permet d’éviter tout litige.
Ce document doit préciser :
- Le montant de l’avance ;
- Les conditions de remboursement ;
- La rémunération éventuelle (intérêts) ;
- Les modalités de blocage en cas de besoin de stabilité financière.
Qui peut effectuer un apport en compte courant ?
Les associés de la SCI peuvent prêter de l’argent à la société via un compte courant, qu’ils soient personnes physiques ou personnes morales, et quel que soit le nombre de parts qu’ils détiennent. Le gérant de la SCI le peut également, même lorsqu’il n’est pas associé : l’article L. 312-2 du Code monétaire et financier vise expressément les gérants au titre de la dérogation au monopole bancaire.
Une personne totalement étrangère à la société reste en revanche exclue du mécanisme. Dans ce cas, elle devra :
- Soit devenir associé ;
- Soit conclure un contrat de prêt distinct (exemple : un prêt bancaire au nom de la SCI).
Si un parent souhaite aider financièrement une SCI familiale sans en devenir membre, il devra passer par un prêt formalisé devant notaire ou un acte sous seing privé, et non par un compte courant d’associé.
Quelles sont les conditions de validité d’un apport en compte courant d’associé en SCI ?
L’apport en compte courant est une solution simple pour financer une SCI sans toucher au capital social. Mais pour qu’il soit valide sur le plan juridique et fiscal, certaines règles doivent être respectées. Ces conditions garantissent la sécurité des associés et évitent toute requalification en apport en capital ou en prêt déguisé.
Vous devez avoir la capacité juridique
L’associé qui prête des fonds à la SCI doit disposer de la capacité juridique. Un mineur non émancipé est représenté par ses administrateurs légaux, qui consentent l’avance en son nom. Les personnes sous tutelle ou curatelle doivent être assistées ou représentées.
Si vos enfants mineurs sont associés d’une SCI familiale, ce sont leurs administrateurs légaux, en principe leurs parents, qui décident d’une avance en compte courant en leur nom. Cette avance ne figure pas parmi les actes qui exigent l’autorisation préalable du juge des tutelles.
L’apport doit être librement consenti
Vous ne pouvez pas être contraint d’alimenter le compte courant d’associé.
Cette avance doit résulter d’une décision volontaire. Une clause des statuts ou une convention signée peut prévoir une obligation d’alimenter le compte courant, par exemple en cas de besoin de trésorerie temporaire, à condition que chaque associé concerné l’ait acceptée. Les engagements d’un associé ne peuvent en effet pas être augmentés sans son consentement (article 1836 du Code civil).
L’apport doit être traçable et comptabilisé
Pour être reconnu, l’apport doit pouvoir être justifié et enregistré dans les comptes de la SCI :
- Effectué par virement ou par chèque, qui garantissent la traçabilité de l’opération. Le paiement en espèces est à éviter, car il ne laisse pas de trace exploitable pour prouver l’avance en cas de litige ou de contrôle ;
- Inscrit au nom de l’associé dans la comptabilité ;
- Et mentionné dans les statuts ou une convention de compte courant, notamment si une rémunération est prévue.
La rémunération doit rester raisonnable
Si vous souhaitez être rémunéré sur votre apport, cela doit être prévu dans la convention.
Les intérêts versés sont :
- Déductibles du résultat imposable de la SCI (sous conditions) ;
- Mais imposables pour vous, dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.
Le taux maximum d’intérêts déductibles ne correspond pas à une valeur unique pour l’année : il dépend de la date de clôture de l’exercice de la SCI. Pour un exercice de douze mois clos le 31 décembre 2025, il s’établit à 4,55 %. Il descend à 4,33 % pour une clôture comprise entre le 30 juin et le 29 septembre 2026, puis remonte à 4,45 % pour une clôture comprise entre le 30 novembre et le 30 décembre 2026. Le détail des taux figure dans le tableau de la partie consacrée au régime fiscal. Au-delà de ce plafond, la fraction excédentaire est réintégrée au résultat imposable de la SCI, tandis que vous restez imposé sur la totalité des intérêts perçus.
Quelle rémunération du compte courant d’associé ?
L’apport en compte courant d’un associé peut être gratuit ou rémunéré. En effet, la SCI peut verser des intérêts à l’associé prêteur, à condition que cela soit prévu dans une convention écrite.
Cette rémunération est facultative, mais elle permet de valoriser l’effort financier de l’associé tout en optimisant la trésorerie de la SCI. La rémunération du compte courant d’associé est toutefois encadrée fiscalement.
Voici les points à connaître :
| Aspect | Détail |
|---|---|
| Rémunération | Facultative, mais à prévoir expressément dans la convention ou les statuts |
| Taux d’intérêt | Plafonné au taux effectif moyen pratiqué par les établissements de crédit pour des prêts à taux variable aux entreprises de plus de deux ans (CGI, art. 39, 1, 3°), variable selon la date de clôture de l’exercice |
| Déductibilité pour la SCI | Les intérêts sont déductibles du résultat si le capital est entièrement libéré |
| Imposition pour l’associé | Intérêts soumis à l’impôt sur le revenu (PFU de 31,4 % ou barème progressif) |
| Justificatifs à fournir | Convention signée, preuve du versement, enregistrement comptable |
Veuillez noter qu’un taux trop élevé peut être considéré comme abusif par l’administration fiscale, entraînant une remise en cause de la déductibilité des intérêts.
Un compte courant d’associé peut-il être débiteur en SCI ?
Un compte courant d’associé débiteur est licite en SCI. Le solde devient débiteur lorsque c’est l’associé qui doit de l’argent à la société, par exemple après avoir réglé une dépense personnelle avec les fonds sociaux. L’interdiction posée par les articles L. 223-21 et L. 227-12 du Code de commerce ne vise que les SARL, les SA et les sociétés par actions simplifiées : les sociétés civiles y échappent.
Cette tolérance n’efface pas les risques. Dans une SCI soumise à l’impôt sur les sociétés, les sommes mises à la disposition d’un associé sous forme d’avance sont présumées être des revenus distribués, sauf preuve contraire, et imposées entre ses mains (article 111 a du Code général des impôts). Cette présomption ne s’applique pas à une SCI restée à l’impôt sur le revenu. Dans tous les cas, le gérant qui laisse la situation perdurer engage sa responsabilité si une faute de gestion peut être facilement caractérisée. Le solde débiteur figure à l’actif du bilan, ce qui rend la comptabilité de la SCI indispensable pour en justifier devant l’administration.
Pour régulariser un compte courant débiteur, l’associé reverse à la SCI les sommes qu’il lui doit. Tant que la régularisation n’est pas faite, mieux vaut fixer par écrit le montant dû, l’échéance de remboursement et, le cas échéant, les intérêts. Cet écrit permet de démontrer qu’il s’agit d’une véritable avance en compte courant remboursable, et non d’une somme définitivement sortie de la société.
Un associé règle avec la carte bancaire de la SCI 3 000 € de travaux dans sa résidence principale. Son compte courant devient débiteur de 3 000 €. Il rembourse la SCI par virement quelques semaines plus tard, et son compte courant est soldé.
Comment obtenir le remboursement d’un compte courant d’associé en SCI ?
Le compte courant d’associé offre une grande flexibilité, notamment pour récupérer les sommes avancées à la société. Cependant, le remboursement doit respecter des règles précises afin d’éviter tout litige entre associés ou tout risque fiscal.
Un remboursement possible à tout moment
En principe, vous pouvez demander à tout moment le remboursement des fonds avancés à votre SCI, sauf si les statuts ou une convention de compte courant prévoient le contraire.
Ce droit ne dépend pas de l’état de la trésorerie de la société : la SCI reste débitrice même lorsqu’elle ne peut pas payer immédiatement. En cas de refus injustifié, vous pouvez saisir le tribunal judiciaire pour faire valoir vos droits.
Vous avez prêté 15 000 € à votre SCI pour financer des travaux. Si la société dispose d’une trésorerie suffisante, vous pouvez demander le remboursement partiel ou total de cette somme à tout moment.
Une limite : le délai de grâce que peut accorder le juge
L’insuffisance de trésorerie de la SCI ne fait pas disparaître la dette et ne constitue pas un motif de refus. Le gérant n’a pas le pouvoir de reporter le paiement de sa seule initiative. Seul le juge peut, compte tenu de la situation du débiteur et des besoins du créancier, reporter ou échelonner le remboursement, dans la limite de deux années, en application de l’article 1343-5 du Code civil.
Un gérant qui rembourse un associé alors que la société est en difficulté n’engage pas automatiquement sa responsabilité personnelle : encore faut-il qu’une faute de gestion soit caractérisée et retenue par le juge. De votre côté, mieux vaut ne pas laisser traîner la demande, puisque l’action en remboursement se prescrit par cinq ans.
La possibilité d’un blocage temporaire
Les associés peuvent convenir d’un blocage du compte courant dans la convention.
Cela consiste à interdire le remboursement pendant une durée déterminée (par exemple, 2 ou 3 ans).
Cette mesure permet de sécuriser la trésorerie de la société tout en fixant un cadre clair.
Le blocage doit être limité dans le temps, accepté par les parties et rédigé par écrit.
Comment procéder au remboursement ?
Pour demander le remboursement de votre compte courant :
- Adressez une demande écrite au gérant de la SCI (lettre ou e-mail recommandé) ;
- Le gérant vérifie la situation financière de la société ;
- Si la trésorerie le permet, le remboursement s’effectue par virement bancaire et est inscrit en comptabilité ;
- En cas de refus injustifié, vous pouvez saisir le juge pour obtenir le versement des sommes dues.
Si la SCI refuse de rembourser un compte courant alors qu’elle dispose de liquidités, le tribunal peut ordonner le paiement immédiat avec intérêts légaux.
Comment le compte courant est-il enregistré dans la comptabilité de la SCI ?
Le compte courant d’associé est enregistré dans la comptabilité de la SCI au compte 455 « Associés – Comptes courants » du plan comptable général. Les sommes prêtées sont inscrites au sous-compte 4551 « Principal », et les intérêts dus mais pas encore payés au sous-compte 4558 « Intérêts courus ». Chaque associé dispose de son propre compte courant, ce qui permet de suivre précisément ce que la SCI doit à chacun.
Tant que l’associé a prêté de l’argent à la SCI, son compte courant est créditeur et figure au passif du bilan de la SCI, comme une dette de la société envers lui. S’il devient débiteur, il passe à l’actif.
La SCI doit aussi déposer chaque année une déclaration de contrat de prêt (cerfa n° 10142), au plus tard à la date de dépôt de sa déclaration de résultat. La convention de compte courant d’associé signée avec chaque associé facilite cette déclaration, car elle fixe le montant, la durée et le taux de l’avance.
Paul et Sophie sont associés d’une SCI. Paul avance 30 000 € pour financer des travaux et Sophie 10 000 €. La comptabilité de la SCI fait apparaître deux comptes courants distincts, créditeurs de 30 000 € et de 10 000 €, inscrits au passif du bilan.
Quel est le régime fiscal du compte courant d’associé en SCI ?
La fiscalité d’un compte courant d’associé dépend de deux facteurs :
- La rémunération éventuelle du prêt consenti par l’associé ;
- Le régime fiscal choisi par la SCI (impôt sur le revenu ou impôt sur les sociétés).
Bien comprendre ce fonctionnement vous permet d’éviter les erreurs et d’optimiser la gestion de votre SCI au niveau de sa fiscalité notamment.
SCI soumise à l’impôt sur le revenu (IR)
Si votre SCI est imposée à l’IR et que le compte courant n’est pas rémunéré, il n’y a aucun impact fiscal.
L’avance reste neutre : ni la société ni vous n’avez d’impôt à payer sur cette opération.
En revanche, si des intérêts sont versés :
- vous devez les déclarer comme revenus de capitaux mobiliers (RCM) ;
- ils sont alors soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 31,4 % (ou, sur option, au barème progressif de l’impôt sur le revenu).
Vous prêtez 10 000 € à votre SCI et percevez 500 € d’intérêts. Ces 500 € doivent être mentionnés dans votre déclaration de revenus et seront imposés comme des revenus financiers.
SCI soumise à l’impôt sur les sociétés (IS)
Si votre SCI est à l’IS, le traitement est différent :
- Les intérêts versés à l’associé sont déductibles du résultat imposable de la société. Cela permet de réduire l’impôt dû par la SCI ;
- En contrepartie, ces mêmes intérêts sont imposables pour vous, dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, avec application du PFU de 31,4 % (ou du barème progressif si vous en faites la demande).
Votre SCI à l’IS vous verse 800 € d’intérêts pour votre apport en compte courant. La société déduira cette somme de son bénéfice imposable, mais vous devrez la déclarer comme revenu.
Attention aux taux d’intérêt excessifs
Les taux effectifs moyens qui servent à calculer le plafond de déduction des intérêts versés à l’associé de la SCI sont publiés chaque trimestre au Journal officiel. Le taux applicable à votre SCI dépend de la date de clôture de son exercice de douze mois :
| Date de clôture de l’exercice de douze mois | Taux maximal d’intérêts de compte courant déductibles |
|---|---|
| Du 31 décembre 2025 au 30 janvier 2026 | 4,55 % |
| Du 31 janvier au 27 février 2026 | 4,49 % |
| Du 28 février au 30 mars 2026 | 4,44 % |
| Du 31 mars au 29 avril 2026 | 4,39 % |
| Du 30 avril au 30 mai 2026 | 4,37 % |
| Du 31 mai au 29 juin 2026 | 4,34 % |
| Du 30 juin au 30 juillet 2026 | 4,33 % |
| Du 31 juillet au 30 août 2026 | 4,33 % |
| Du 31 août au 29 septembre 2026 | 4,33 % |
| Du 30 septembre au 30 octobre 2026 | 4,40 % |
| Du 31 octobre au 29 novembre 2026 | 4,43 % |
| Du 30 novembre au 30 décembre 2026 | 4,45 % |
Le taux applicable aux exercices clos le 31 décembre 2026 n’est pas encore publié au jour de la mise à jour de ce guide, en novembre 2026.
Si le taux d’intérêt convenu dépasse cette limite :
- la part excédentaire ne sera pas déductible pour la SCI ;
- mais restera imposable pour vous.
Le remboursement du compte courant est-il imposable ?
Seuls les intérêts éventuellement versés par la SCI constituent un revenu imposable pour l’associé, dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers. Ils sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % ou, sur option, au barème progressif de l’impôt sur le revenu. La somme prêtée qui vous est rendue correspond au remboursement de votre créance.
Cette règle vaut que la SCI soit à l’impôt sur le revenu ou à l’impôt sur les sociétés. Lorsque la SCI vous verse des intérêts, elle prélève un acompte d’impôt de 12,8 % au moment du versement, qui vient ensuite s’imputer sur votre impôt.
Vous avez prêté 20 000 € à votre SCI au taux de 3 %. Au bout d’un an, la SCI vous verse 600 € d’intérêts et vous rembourse vos 20 000 €. Seuls les 600 € d’intérêts sont imposables.
Le compte courant d’associé et l’IFI
Si vous êtes redevable de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), votre compte courant a une incidence sur la valeur taxable de vos parts de SCI. En principe, les dettes de la SCI viennent diminuer la valeur de ses parts. La dette de la SCI envers vous, au titre de votre compte courant, n’est toutefois pas déductible lorsqu’elle a servi à acquérir un bien immobilier imposable ou à financer certaines dépenses qui s’y rattachent (article 973, II du Code général des impôts).
Cette exclusion s’applique à hauteur de votre participation dans la SCI. Elle est écartée si vous démontrez que l’avance n’a pas été consentie dans un but principalement fiscal, ou qu’elle obéit à des conditions normales, avec des échéances et des remboursements effectifs.
Peut-on céder ou donner son compte courant d’associé ?
Le compte courant d’associé est une créance de l’associé sur la SCI, distincte de ses parts sociales. Il peut donc être transmis du vivant de l’associé, par une vente ou par une donation, dans le respect des règles de la cession de créance prévues aux articles 1321 et suivants du Code civil.
Que devient le compte courant en cas de cession de parts ?
Vendre vos parts ne transfère pas automatiquement votre compte courant. La cession de parts de SCI porte sur les titres, tandis que le compte courant reste une créance à votre nom. Deux solutions s’offrent à vous :
- obtenir de la SCI le remboursement de votre compte courant, avant ou au moment de la vente ;
- céder votre créance à l’acquéreur des parts, qui devient alors créancier de la SCI à votre place.
La cession de créance doit être constatée par écrit, à peine de nullité. Elle n’est opposable à la SCI qu’après lui avoir été notifiée, ou si la SCI en a pris acte (articles 1322 et 1324 du Code civil). Le prix de la créance se négocie avec l’acquéreur, en même temps que celui des parts.
Vous vendez vos parts de SCI 80 000 € et vous détenez un compte courant de 25 000 €. L’acte peut prévoir que l’acquéreur vous rachète aussi votre créance de 25 000 €. Il pourra ensuite en demander le remboursement à la SCI.
Peut-on donner son compte courant d’associé ?
Oui, le compte courant peut être transmis à titre gratuit, par exemple à un enfant, puisque la cession de créance peut être consentie à titre onéreux comme à titre gratuit (article 1321 du Code civil). L’opération est alors soumise aux droits de donation, calculés selon le lien de parenté. Chaque parent bénéficie d’un abattement de 100 000 € par enfant, renouvelable tous les 15 ans.
Cette donation se distingue de l’abandon de compte courant, par lequel l’associé renonce à se faire rembourser par la SCI. Dans une SCI familiale, un abandon qui profite aux autres associés peut être requalifié en donation indirecte par l’administration fiscale. Si vous souhaitez aussi transmettre vos titres, la donation de parts de SCI obéit à ses propres règles.
Que devient le compte courant d’un associé de SCI en cas de décès ?
Le décès d’un associé n’affecte pas seulement la répartition de ses parts sociales : il a aussi des conséquences directes sur son compte courant d’associé. Ce dernier ne disparaît pas avec le défunt : il devient un élément de la succession de la SCI, pouvant influencer à la fois la trésorerie de la SCI et la fiscalité des héritiers.
Le compte courant devient une créance successorale
Lorsque l’associé décède, le solde créditeur de son compte courant (c’est-à-dire la somme que la SCI lui devait) est intégré à son patrimoine successoral.
Autrement dit, cette somme est transmise à ses héritiers au même titre qu’un bien immobilier ou un compte bancaire.
Les héritiers deviennent alors créanciers de la SCI et peuvent demander le remboursement de cette créance, sauf si les statuts ou une convention de compte courant prévoient un blocage temporaire.
Si votre père détenait un compte courant de 30 000 € dans une SCI familiale, cette somme entre dans sa succession. Vous pouvez, en tant qu’héritier, réclamer ce montant à la société selon les modalités prévues dans les statuts.
L’impact pour la SCI
Le remboursement du compte courant d’un associé décédé peut représenter une charge financière importante pour la SCI. Si la trésorerie ne permet pas un paiement immédiat, plusieurs solutions existent :
- Mettre en place un remboursement échelonné ;
- Négocier un accord avec les héritiers pour différer le paiement ;
- Prévoir dans les statuts une clause de report automatique du remboursement jusqu’à une date ou un événement déterminé (par exemple, la vente d’un bien).
Fiscalité et droits de succession
Le montant du compte courant est intégré à la succession du défunt et soumis aux droits de succession, selon le lien de parenté entre le défunt et ses héritiers.
Même si la somme n’a pas encore été versée par la SCI, elle est prise en compte pour le calcul des droits à payer.
Le compte courant d’associé permet de financer une SCI sans toucher au capital social ni à la répartition des parts, et reste remboursable à tout moment dès lors qu’aucune clause de blocage n’a été signée. Une convention écrite n’est pas obligatoire, mais elle sécurise le montant, le taux et les modalités de remboursement en cas de contrôle fiscal ou de désaccord entre associés. Les intérêts versés sont déductibles du résultat de la SCI dans la limite du taux réglementaire applicable à la clôture de son exercice, soit 4,55 % pour un exercice clos le 31 décembre 2025, et ils sont imposés chez l’associé au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % ou, sur option, au barème progressif. Au décès de l’associé, le solde créditeur entre dans la succession et peut être réclamé par les héritiers, tandis qu’un solde débiteur n’est pas nécessairement déductible du passif successoral.
Dernière mise à jour le 02/11/2026
FAQ
Le compte courant d'associé d'une SCI est-il obligatoirement rémunéré ?
Non, pas obligatoirement. La rémunération est facultative et doit être prévue par écrit dans la convention ou les statuts : beaucoup de SCI familiales fonctionnent avec des avances sans intérêts. Si la SCI verse des intérêts, ils ne sont déductibles de son résultat qu’à deux conditions cumulatives. Le capital social doit être intégralement libéré, et le taux ne doit pas dépasser le plafond réglementaire applicable à la date de clôture de l’exercice, soit 4,55 % pour une clôture au 31 décembre 2025 et 4,33 % pour une clôture comprise entre le 30 juin et le 29 septembre 2026.
Comment récupérer l'argent d'un compte courant d'associé ?
Adressez une demande écrite au gérant de la SCI, de préférence par lettre recommandée avec accusé de réception, en indiquant le montant réclamé. Vérifiez d’abord les statuts et la convention : une clause de blocage peut suspendre votre droit pendant une durée déterminée. À défaut de clause, la somme est exigible à tout moment, sans que vous ayez à justifier d’un motif. Si la société ne répond pas, saisissez le tribunal judiciaire. Ne tardez pas : l’action en remboursement se prescrit par cinq ans.
Quel type de compte bancaire faut-il pour une SCI ?
Un compte ouvert au nom de la SCI, distinct des comptes personnels des associés. Aucun texte n’impose le dépôt du capital social pour une société civile, contrairement aux SARL et aux SAS, mais la SCI est une personne morale dotée d’un patrimoine propre : loyers, échéances de prêt et mouvements de compte courant ont tout intérêt à transiter par son propre compte. Ne confondez pas les deux notions : le compte courant d’associé n’est pas un compte bancaire, mais une simple ligne comptable dans les livres de la société.
Le remboursement d'un compte courant d'associé est-il imposable ?
Non. Seuls les intérêts éventuellement versés par la SCI constituent un revenu imposable, en revenus de capitaux mobiliers, au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % ou, sur option globale, au barème progressif de l’impôt sur le revenu. La somme prêtée qui vous est rendue correspond au remboursement de votre créance.
Comment fonctionne le compte courant d'associé dans une SCI familiale ?
Il fonctionne comme dans toute SCI, mais le contexte familial appelle une vigilance particulière. Un parent associé peut avancer des fonds sans intérêts, ce qui ne pose aucune difficulté en soi. Le risque apparaît lorsque l’avance n’est jamais remboursée, ou fait l’objet d’un abandon de créance au profit d’une société dont les enfants sont associés : l’administration peut y voir une donation indirecte. Elle doit alors prouver trois éléments (l’intention libérale, le dessaisissement irrévocable et l’acceptation du bénéficiaire) pour appliquer les droits de mutation à titre gratuit. Une convention datée, suivie de remboursements réels, reste la meilleure protection.
Qu'est-ce que l'abandon de compte courant d'associé et quand y recourir ?
L’abandon de compte courant d’associé consiste, pour l’associé, à renoncer définitivement au remboursement de son avance. Cette renonciation efface la dette de la SCI et améliore mécaniquement sa situation nette. L’opération produisant des conséquences fiscales pour les deux parties, elle mérite d’être étudiée avec un professionnel du chiffre.
Un gérant non associé peut-il détenir un compte courant dans une SCI ?
Oui. L’article L. 312-2 du Code monétaire et financier autorise les dirigeants à consentir des avances à la société qu’ils dirigent, sans exiger qu’ils en soient associés. Un gérant non associé de SCI peut donc alimenter un compte courant, percevoir des intérêts et en demander le remboursement dans les mêmes conditions qu’un associé.
Comment déclarer les intérêts d'un compte courant d'associé de SCI ?
La SCI prélève l’acompte de 12,8 % au moment du versement des intérêts, puis le reverse au Trésor public via le formulaire 2777. Elle déclare ensuite les sommes versées sur l’imprimé fiscal unique 2561. L’associé reporte de son côté ces intérêts dans sa déclaration de revenus, en revenus de capitaux mobiliers, et l’acompte déjà prélevé vient s’imputer sur son impôt final.
Que devient le compte courant d'associé si la SCI connaît des difficultés financières ?
Tant qu’aucune procédure collective n’est ouverte, la SCI ne peut pas refuser de vous rembourser au motif qu’elle manque de trésorerie. Seul le juge peut lui accorder des délais, dans la limite de deux ans. Dès l’ouverture d’une sauvegarde, d’un redressement ou d’une liquidation judiciaire, la SCI ne peut plus rembourser votre compte courant. Vous devez alors déclarer votre créance au mandataire judiciaire ou au liquidateur dans les 2 mois qui suivent la publication du jugement d’ouverture au Bodacc. Vous serez remboursé après les créanciers privilégiés, si l’actif de la SCI le permet.
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Bonjour, Je souhaite créer une SCI Familiale afin d’aider mes enfants à acquérir leur résidence principale. La SCI contractera les prêts pour acquérir les biens. Chacun logera à titre gracieux dans son appartement. L’apport lors des acquisitions se fera en utilisant le capital de la SCI constitué par les membres (chaque personne de la famille). L’idée est que les remboursements des emprunts soient effectués par la SCI grâce à des apports en Comptes Courants d’Associés par les membres qui occupent gracieusement les biens. Est ce que, selon vous, ce dispositif pose des problèmes à court et moyen terme ? Faudrait… Lire la suite »
Bonjour, Votre demande suppose l’analyse d’une situation personnelle. Nous ne pouvons l’examiner. À titre général, la SCI est régie par les articles 1832 et 1845 et suivants du Code civil. La mise à disposition gratuite d’un bien social peut constituer un avantage consenti à un associé. Le compte courant d’associé constitue une créance distincte du capital social. Les conventions conclues entre la société et un associé sont encadrées (art. 1854 C. civ.). Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat en droit des sociétés afin d’obtenir une analyse adaptée à votre situation personnelle. En espérant que notre réponse vous… Lire la suite »
Bonjour.
Nous venons de faire une donation partage à nos deux fils afin,via une modification des statuts également, de résider dans un appartement de la sci sans devoir verser de loyer comme nous même car nous avons gardé quelques parts.
Seulement la sci à besoin de revenus mensuellement… Peut on verser tous les mois une somme (chaque associé) en compte courant pendant 4 ans ? est-ce que cela pourrait être requalifié en loyer déguisés ?
Merci par avance
Bonjour,
En principe, les apports réguliers effectués par les associés sur le compte courant de la SCI peuvent être admis, mais s’ils compensent l’absence de loyer, ils peuvent effectivement soulever un risque de requalification en loyers déguisés par l’administration fiscale.
Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat spécialisé, qui saura vous renseigner davantage.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.
Bonjour, je suis le gérant d une SCI FAMILIALE, maison de famille ,avec mes 9 freres et sœurs, une de mes sœurs est célibataire et sans enfants , me demande comment faire en cas de décès ,pour que la SCI puisse hériter de ses biens
Merci pour votre aide
Cordialement
Bonjour, En principe, une SCI ne peut pas être héritière au sens du Code civil, car seuls les individus ou certaines personnes morales désignées par la loi peuvent recueillir une succession (article 720 du Code civil). Pour que la SCI devienne propriétaire des parts de votre sœur au moment de son décès, il faut que celles-ci fassent partie de sa succession. Elles reviendront alors aux héritiers légaux ou désignés par testament, qui deviendront associés. La SCI n’hérite pas, mais elle peut voir sa composition évoluer selon les transmissions successorales. En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons… Lire la suite »
Bonjour, Nous sommes deux associés de deux Sci familiales : Sci A et Sci B. Les deux sci ne génèrent pas de bénéfices et sont a l IR. La Sci B qui vient d’être crée est sur le point d’acquérir un bien et nous souhaitons faire un virement provisoire de la sci A vers le compte de la Sci B ou le compte courant de l’un des deux associés pour augmenter notre apport pour ce prêt. En gros, c’estcomme un prêtd’argentpour quelques mois. Une fois le prêt passé, les fonds seront à nouveau transférés vers la Sci A. Est ce… Lire la suite »
Bonjour, Une SCI à l’IR peut, en principe, prêter temporairement des fonds à une autre SCI ou à un associé, à condition que cela ne constitue pas une activité habituelle de crédit et que l’objet social le permette. Ce type de prêt, même ponctuel, doit être formalisé par une convention de prêt, avec conditions claires (montant, durée, taux éventuel), et approuvée par l’assemblée générale de la SCI prêteuse. À défaut, l’administration fiscale pourrait requalifier l’opération, notamment en distribution dissimulée ou acte anormal de gestion, avec risque de rectification. En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une… Lire la suite »
Les remboursements en compte courant d’associé font ils l’objet (quand ils sont issues de revenus de SCPI) d’une imposition à l’IS (15% ou taux normal) dans le cadre d’une SCI à l’IS ?
En outre, sont-ils imposés chez l’associé qui les retire ?
Je vous remercie.
Bonjour,
Les remboursements de compte courant d’associé dans une SCI à l’IS, même issus de revenus de SCPI, ne sont pas soumis à l’IS ni imposés chez l’associé.
Seuls les revenus perçus (ex. SCPI) sont imposés au niveau de la SCI.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.
Bonjour, le compte de la SCI est bénéficiaire puisque nous percevons un loyer chaque mois. Nous sommes imposés sur les bénéfices en fonction de notre quote-part, mais ne jouissons pas de cet argent.
Quels sont nos droits vis-à-vis de ces bénéfices non perçus mais pour lesquels nous avons été imposés ?
Peut-on effectuer une redistribution sur la base des quote-part ?
Cordialement
Bonjour, Dans une SCI, les bénéfices sont en effet soumis à l’impôt sur le revenu en fonction de la quote-part de chaque associé, même si ces bénéfices ne sont pas distribués. Vous êtes imposés sur la base de votre quote-part des bénéfices réalisés, mais cela ne signifie pas que vous avez immédiatement droit à une redistribution de ces sommes. Si vous souhaitez effectuer une redistribution des bénéfices non perçus, cela peut être décidé par une assemblée générale des associés, sous forme de distribution de dividendes, selon les modalités prévues dans les statuts de la SCI. Il est donc possible de… Lire la suite »
Bonjour, Avant de Créer la SCI à l’IS par vos services pour mon fils, je voudrai vérifier sur la démarche et étapes : 1.Création SCI /IS avec Capital 3000 € réparti 50% entre mon fils et sa compagne 2.Apport en CC de 200 K€ sous forme de prêt par mon fils qui dispose seul de ces fonds car sa compagne ne les a pas. Achat d’un local commercial loué à sa compagne pour son activité, Ce bien en toute logique sera comptabilisé comme actif immobilisé de la SCI Pas de changement des parts des sociales prévu puisque CC et prêt… Lire la suite »
Bonjour, Ce projet est structuré de façon cohérente et soulève une question essentielle de propriété économique du bien acquis par la SCI. Voici les éléments juridiques à bien considérer avant de procéder à la création de la SCI à l’IS. Une fois le local commercial acquis par la SCI, le bien appartient exclusivement à la société, conformément à l’article 1832 du Code civil, et non aux associés individuellement, peu importe que le financement ait été apporté sous forme de compte courant d’associé par l’un d’eux. Ici, si quelqu’un apporte 200 000 € en compte courant à la SCI pour financer… Lire la suite »
Bonjour, Ce projet de création de SCI à l’IS avec apport en compte courant et acquisition d’un bien loué à l’un des associés est pertinent, mais doit être encadré avec rigueur, car il soulève des questions importantes de propriété et de rapports entre associés. La création d’une SCI à l’IS avec un capital de 3 000 € réparti à 50/50 entre votre fils et sa compagne est juridiquement possible. Ce sont les statuts qui détermineront les droits de vote et la répartition des bénéfices, par défaut au prorata des parts (article 1844-1 du Code civil). L’apport en compte courant d’associé… Lire la suite »
Bonjour,
Je m apprête à vendre un immeuble avec mon associé dans une sci detenue à 50/50
Nous avons une sci pour celui ci.
L immeuble vaut 510000 € à ce jour et il reste 440000 € de prêt bancaire .
Mon associé à versé 280000 € de cca et moi 150000.
Comment se fait la répartition du delta des 70000 € ?
Merci pour votre réponse.
Cordialement.
Bonjour,
Les 70 000 € restants après remboursement du prêt doivent être répartis entre les associés au prorata des apports en compte courant : environ 45 570 € pour lui (280 000 €) et 24 430 € pour vous (150 000 €).
Il ne s’agit donc pas d’un bénéfice mais d’un remboursement partiel des CCA.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.