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  • La responsabilité des associés d’une SCI engage leur patrimoine personnel pour les dettes sociales (les dettes de la société), sans plafond lié à leur apport, mais seulement à proportion de leurs parts dans le capital.
  • Un créancier doit d’abord poursuivre la SCI sans succès avant de se tourner vers les associés, et il ne peut jamais réclamer à un associé la part d’un autre.
  • Un associé qui s’est porté caution du prêt de la SCI peut devoir rembourser jusqu’à 100 % de la somme garantie, quelle que soit sa part dans le capital.
  • La résidence principale d’un associé n’est pas protégée contre les créanciers de la SCI.

La responsabilité des associés d’une SCI est indéfinie, proportionnelle à leurs parts et subsidiaire. Chaque associé, gérant ou non, répond des dettes sociales sur ses biens personnels, à hauteur de sa part dans le capital, une fois que la SCI a été poursuivie sans succès. Connaître ces règles vous permet de mesurer votre exposition réelle avant d’entrer dans une SCI, d’en devenir gérant, de signer une caution ou de céder vos parts.

Quelle est la responsabilité des associés d’une SCI en cas de dettes ?

En cas de dettes souscrites au nom de la société, les associés d’une SCI peuvent être poursuivis sur leur patrimoine personnel si la société ne paie pas. Cette responsabilité n’a pas de plafond fixe, mais chaque associé ne doit que sa part, calculée selon sa participation au capital. De plus, le créancier doit toujours viser la SCI en premier.

L’article 1857 du Code civil et l’article 1858 du même code fixent ensemble les quatre caractéristiques de cette responsabilité :

  • Elle est indéfinie, car elle n’est pas limitée au montant de l’apport ;
  • Elle est proportionnelle, car chaque associé répond des dettes à hauteur de sa part dans le capital social ;
  • Elle est conjointe, c’est-à-dire non solidaire, car un associé ne paie jamais la part d’un autre ;
  • Elle est subsidiaire, car le créancier doit d’abord poursuivre la SCI.

Une responsabilité indéfinie, au-delà des apports

Indéfinie signifie que la responsabilité des associés d’une SCI ne s’arrête pas à ce qu’ils ont apporté à la création. Ainsi, si la SCI ne peut plus payer ses dettes, chaque associé peut être appelé à régler une somme bien supérieure à sa mise de départ, sur ses économies, ses revenus ou ses biens immobiliers personnels.

La responsabilité indéfinie distingue nettement la SCI de la SARL ou de la SAS, où les associés ne sont en principe tenus qu’à hauteur de leurs apports. Dans une SCI, au contraire, le patrimoine personnel de chaque associé sert de garantie aux créanciers de la société.

Florian apporte 10 000 € à une SCI créée avec deux amis pour acheter un immeuble de rapport. La SCI emprunte ensuite 300 000 €, puis cesse de rembourser après la perte de ses locataires. Florian détient un tiers des parts. Si 240 000 € restent impayés, Florian peut donc être poursuivi pour 80 000 €, soit huit fois son apport de départ.

Une responsabilité proportionnelle et non solidaire

La part de chaque associé dans les dettes dépend de sa part dans le capital social de la SCI. Un associé qui détient 30 % des parts répond de 30 % des dettes impayées, ni plus ni moins. Par ailleurs, cette proportion s’apprécie à une date précise, celle à laquelle la dette devient exigible ou, si la SCI fait l’objet d’une procédure collective (redressement ou liquidation judiciaire), au jour de la cessation des paiements.

La responsabilité des associés de SCI n’est pas solidaire pour autant. Le créancier de la SCI ne peut donc pas réclamer la totalité de la dette à l’associé le plus solvable. Il doit au contraire s’adresser à chaque associé séparément, pour sa seule quote-part, c’est-à-dire sa part de la dette calculée selon ses parts.

Thomas et sa sœur Camille créent une SCI. Thomas détient 70 % des parts et Camille 30 %. La SCI ne parvient plus à rembourser un emprunt dont il reste 200 000 € à payer. Thomas est alors exposé à hauteur de 140 000 € et Camille à hauteur de 60 000 €. Aucun des deux ne peut être poursuivi pour la totalité de la dette.
Si un associé de SCI est lui-même insolvable, sa part dans les dettes sociales n’est pas reportée sur les autres associés. Le créancier de la SCI supporte alors la perte correspondante, faute de solidarité entre associés.

Une responsabilité subsidiaire

Subsidiaire signifie que les associés ne passent qu’en second. L’article 1858 du Code civil prévoit en effet que les créanciers ne peuvent poursuivre un associé qu’après avoir « préalablement et vainement » poursuivi la SCI. Concrètement, le créancier doit d’abord engager des poursuites contre la société et constater qu’elles n’ont pas permis de le rembourser.

Pour atteindre les associés, une simple relance ou une mise en demeure adressée à la SCI et restée sans réponse ne suffit donc pas. Pour autant, la subsidiarité ne protège les associés que temporairement. Dès que l’échec des poursuites contre la SCI est établi, le créancier peut agir contre chaque associé sur ses biens personnels.

Nadia est associée d’une SCI qui doit 12 000 € à un artisan pour des travaux de rénovation. L’artisan ne peut pas réclamer directement cette somme à Nadia. Il doit d’abord poursuivre la SCI et tenter de se faire payer sur ses biens. Ce n’est qu’en cas d’échec qu’il pourra se tourner vers Nadia, qui détient 50 % des parts, pour lui réclamer 6 000 €.

Comment un créancier peut-il poursuivre les associés d’une SCI défaillante ?

Un créancier ne peut poursuivre les associés d’une SCI défaillante qu’en respectant un ordre précis. Il doit d’abord agir contre la société, puis démontrer que ces poursuites ont échoué, avant de réclamer à chaque associé sa part de la dette.

En pratique, la procédure suit généralement ces étapes :

  1. Le créancier réclame le paiement à la SCI et obtient, si besoin, une décision de justice qui la condamne à payer ;
  2. Il tente ensuite de se faire payer sur les biens de la SCI, par exemple par une saisie de ses comptes ou de son immeuble ;
  3. Il constate que le patrimoine de la SCI ne suffit pas à le rembourser ;
  4. Il agit enfin contre chaque associé, dans la limite de sa quote-part dans le capital.

Les vaines poursuites contre la SCI

Les « vaines poursuites » désignent les démarches infructueuses qu’un créancier doit engager contre la SCI avant d’atteindre les associés. Le créancier doit prouver que le patrimoine de la société est insuffisant pour le désintéresser. De ce fait, une simple mise en demeure, même restée sans effet, ne permet pas de se retourner contre les associés.

La règle des vaines poursuites protège les associés de SCI contre des réclamations trop rapides. Elle les invite aussi à suivre de près la situation financière de la SCI, car une SCI qui accumule les impayés sans réagir expose ses associés à des poursuites personnelles dès que ses biens ne suffisent plus.

Le cas de la SCI en liquidation judiciaire

La procédure est plus rapide lorsque la SCI est placée en liquidation judiciaire. La Cour de cassation juge ainsi que la simple déclaration de la créance à la procédure dispense le créancier de prouver que le patrimoine de la SCI est insuffisant. Le créancier n’a donc pas à attendre la fin de la liquidation pour agir contre les associés.

Une SCI peut faire l’objet d’une liquidation judiciaire lorsqu’elle est en cessation des paiements, c’est-à-dire dans l’impossibilité de faire face à ses dettes exigibles avec ses fonds disponibles. Ce dépôt de bilan de la SCI conduit le tribunal à nommer un liquidateur, chargé de vendre les biens et de payer les créanciers.

La SCI de Laurent est placée en liquidation judiciaire. Sa banque déclare sa créance de 180 000 € auprès du liquidateur. Sans attendre la vente de l’appartement de la SCI, la banque peut déjà agir contre Laurent, qui détient 50 % des parts, pour lui réclamer 90 000 €.

Le délai pour agir contre l’associé

Le créancier d’une SCI ne dispose pas d’un délai illimité pour poursuivre un associé. Selon la Cour de cassation, l’action contre l’associé se prescrit selon le même délai et à partir du même point de départ que l’action contre la SCI. Ainsi, en droit commun, le créancier dispose de 5 ans à compter du jour où il a connu, ou aurait dû connaître, les faits lui permettant d’agir.

L’associé de SCI peut donc opposer au créancier la prescription de la créance détenue contre la société. Le temps passé à poursuivre la SCI ne repousse pas le point de départ de ce délai de 5 ans.

Après la dissolution de la SCI, une règle spécifique s’applique. Les actions contre les associés qui ne sont pas liquidateurs se prescrivent alors par 5 ans à compter de la publication de la dissolution.

Quelles dettes de la SCI les associés doivent-ils payer ?

Les associés ne doivent payer que les dettes sociales, c’est-à-dire les dettes contractées par la SCI elle-même. À l’inverse, les dettes personnelles d’un associé restent les siennes et ne concernent pas les autres associés.

Les dettes sociales de la SCI

Les dettes sociales naissent de l’activité de la SCI. Il s’agit notamment des dettes suivantes :

  • Les emprunts souscrits pour acheter ou rénover un bien immobilier ;
  • La taxe foncière et les primes d’assurance des biens de la SCI ;
  • Les factures impayées d’artisans, de syndics ou de prestataires ;
  • L’impôt sur les sociétés et, le cas échéant, la TVA lorsque la SCI y est soumise.

Lorsque la SCI relève de l’impôt sur le revenu, l’impôt sur les bénéfices fonciers n’est pas une dette de la société. Chaque associé est imposé personnellement sur sa part des résultats, dans sa propre déclaration. La situation est différente pour une SCI à l’IS, qui paie elle-même l’impôt sur ses bénéfices.

Les dettes personnelles des associés

Les dettes personnelles d’un associé ne pèsent pas sur la SCI. Un créancier personnel de l’associé ne peut donc pas saisir l’appartement ou les comptes de la société. Il peut toutefois faire saisir les parts sociales que cet associé détient dans la SCI, auprès de la société, pour se payer sur leur valeur.

Sophie détient 40 % d’une SCI avec son frère. Elle ne rembourse plus un crédit à la consommation souscrit à titre personnel. Sa banque ne peut pas saisir l’appartement de la SCI. Elle peut toutefois faire saisir les 40 % de parts de Sophie pour se rembourser sur leur valeur.
La résidence principale d’un associé n’est pas à l’abri des créanciers de la SCI. L’insaisissabilité de plein droit de la résidence principale ne profite qu’aux entrepreneurs individuels, face à leurs créanciers professionnels. Un créancier de la SCI peut donc, après les vaines poursuites, faire saisir le logement de l’associé pour obtenir le paiement de sa quote-part.

Dans quels cas un associé de SCI paie-t-il plus que sa quote-part ?

Un associé peut payer plus que sa quote-part lorsqu’il s’est engagé personnellement envers un créancier, le plus souvent comme caution du prêt de la SCI. Par ailleurs, l’associé qui a prêté de l’argent à la SCI peut perdre cette somme si la société est liquidée.

La caution personnelle donnée à la banque

Lorsqu’une SCI emprunte, la banque demande souvent à un ou plusieurs associés de se porter caution à titre personnel. Dans ce cas, l’associé ne s’engage plus seulement comme associé. Il signe un contrat distinct, par lequel il promet de payer à la place de la SCI si elle est défaillante, dans la limite du montant garanti.

Avant de vous porter caution du prêt d’une SCI, vérifiez si la caution est simple ou solidaire. Avec une caution simple, vous gardez en principe le bénéfice de discussion, c’est-à-dire le droit d’exiger que la banque poursuive d’abord la SCI. La caution solidaire supprime cette protection, et vous devez l’avoir reconnue dans la mention écrite de votre main.

Si la caution de l’associé est solidaire, la banque peut réclamer le paiement directement à cet associé, sans poursuivre la SCI au préalable et sans tenir compte de sa part dans le capital. La caution solidaire écarte ainsi les deux protections habituelles de l’associé de SCI, la subsidiarité et la proportionnalité.

Marc et ses deux frères créent une SCI pour acheter un immeuble. La banque accorde le prêt à condition que Marc, le plus solvable, se porte caution solidaire. Marc ne détient que 20 % des parts. Pourtant, lorsque la SCI cesse de payer, la banque lui réclame 100 % des échéances impayées. Marc devra ensuite se retourner contre ses frères pour récupérer leur part de 80 %.

La caution personne physique doit par ailleurs écrire elle-même la mention de son engagement, avec le montant garanti en lettres et en chiffres, sous peine de nullité. En cas de différence entre les deux, c’est le montant en lettres qui compte.

« On sous-estime souvent l’effet d’une caution sur l’équilibre entre associés. Celui qui a payé pour les autres devient leur créancier. Dans une SCI familiale, ce recours entre frères et sœurs pèse parfois plus lourd que la dette elle-même. » Mehdi Ouchallal

Le compte courant d’associé en liquidation

Un associé peut prêter de l’argent à la SCI par un compte courant d’associé, par exemple pour financer des travaux. Tant que la SCI fonctionne normalement, il peut en demander le remboursement selon les conditions prévues. Si la SCI fait l’objet d’une procédure collective, la société ne peut plus rembourser ce compte librement.

En cas de procédure collective de la SCI, l’associé titulaire d’un compte courant doit déclarer sa créance comme n’importe quel autre créancier. Il n’est remboursé qu’après les créanciers privilégiés, comme la banque titulaire d’une hypothèque, et seulement si l’actif de la SCI le permet. L’associé se trouve ainsi dans une double position délicate. D’un côté, il reste tenu des dettes sociales pour sa quote-part. De l’autre, il risque de ne jamais récupérer les sommes avancées.

Lucie a avancé 15 000 € en compte courant à la SCI qu’elle partage avec son frère. La SCI est placée en liquidation judiciaire. La banque est payée en priorité sur le prix de vente de l’appartement. Lucie ne récupère ses 15 000 € que s’il reste de l’argent après ce remboursement, ce qui n’est pas garanti.

Un associé reste-t-il responsable après la cession de ses parts ?

Oui, un associé reste responsable des dettes de la SCI devenues exigibles avant son départ, même après la cession de ses parts de SCI. En revanche, il n’a pas à répondre des dettes devenues exigibles une fois la cession rendue opposable aux tiers, c’est-à-dire applicable aux personnes extérieures à la SCI. C’est la date d’exigibilité de la dette, et non sa date de naissance, qui détermine qui doit payer.

La responsabilité de l’associé de SCI qui cède ses parts

La cession de parts de SCI ne produit ses effets à l’égard des créanciers qu’après certaines formalités. Elle doit d’abord être rendue opposable à la société, puis publiée au registre du commerce et des sociétés. Tant que ces formalités ne sont pas accomplies, l’associé sortant reste considéré comme associé vis-à-vis des tiers.

Rémi cède ses 25 % de parts en mars, et la cession est publiée au registre dans la foulée. Une facture de travaux était exigible depuis janvier. Si la SCI ne la règle pas, l’artisan pourra, après les vaines poursuites, réclamer à Rémi 25 % de la somme, alors même qu’il a quitté la SCI.

La responsabilité du nouvel associé de la SCI

Le nouvel associé d’une SCI ne répond, à l’inverse, que des dettes devenues exigibles après son entrée dans la SCI. Les dettes déjà exigibles à cette date restent à la charge des associés de l’époque, chacun selon sa part. Pour autant, il est prudent de vérifier l’endettement de la SCI avant d’acheter des parts, car les échéances à venir d’un prêt en cours deviendront exigibles alors que vous serez associé.

Depuis le 27 juin 2026, la loi du 25 juin 2026 impose une forme stricte pour céder des parts de SCI. La cession doit être constatée par un acte notarié, par un acte contresigné par un avocat ou, dans les cas prévus par la loi, par un acte rédigé par un expert-comptable. À défaut, la cession est nulle.

Quelle responsabilité pour le gérant d’une SCI ?

Le gérant d’une SCI est personnellement responsable des fautes qu’il commet dans sa gestion, envers la SCI comme envers les tiers. Cette responsabilité s’ajoute à celle qu’il porte, le cas échéant, en tant qu’associé. Le Code civil distingue trois types de manquements :

  • Les infractions aux lois et règlements ;
  • Les violations des statuts de la SCI ;
  • Les fautes commises dans sa gestion.

Lorsque plusieurs gérants ont participé aux mêmes faits, leur responsabilité est solidaire envers les tiers et les associés. La responsabilité pour faute du gérant de la SCI n’est d’ailleurs pas limitée à sa quote-part. Il répond de l’entier dommage qu’il a causé.

Les associés de SCI inquiets de la gestion disposent de plusieurs leviers face au gérant. Ils peuvent consulter au moins une fois par an les livres et documents de la SCI. Ils peuvent aussi poser par écrit des questions sur la gestion, auxquelles le gérant doit répondre par écrit dans un délai d’un mois. Enfin, ils peuvent engager sa responsabilité ou demander sa révocation.

Les statuts de la SCI peuvent-ils limiter la responsabilité des associés ?

Non, les statuts ne peuvent pas limiter la responsabilité des associés à l’égard des créanciers. Ceux-ci peuvent toujours poursuivre chaque associé à hauteur de sa part dans le capital, quelle que soit la clause prévue. Les statuts peuvent néanmoins répartir autrement les pertes entre associés.

Les statuts de SCI peuvent prévoir qu’un associé qui détient 40 % des parts ne supporte que 20 % des pertes. Ce type de clause est fréquent dans les SCI familiales, par exemple pour ménager les enfants associés qui ne participent pas à la gestion. Toutefois, cette répartition ne joue qu’entre associés. L’associé qui a payé un créancier au-delà de ce que prévoient les statuts peut ensuite se faire rembourser la différence par les autres.

Les statuts de SCI ne peuvent pas non plus exonérer un associé de la totalité des pertes ou les mettre toutes à la charge d’un seul. Une telle clause léonine est réputée non écrite, c’est-à-dire qu’elle est considérée comme n’ayant jamais existé.

Une clause qui limite les pouvoirs du gérant ne protège pas les associés vis-à-vis des tiers. Le gérant engage la SCI par tout acte entrant dans son objet social, c’est-à-dire les activités prévues par les statuts, et ces limitations sont inopposables aux tiers. Par exemple, si les statuts de la SCI de Chloé exigent l’accord des associés pour tout engagement supérieur à 30 000 €, un contrat signé seul par le gérant au-delà de ce seuil engage quand même la SCI. La clause permet seulement de reprocher une faute au gérant et de le révoquer.

Comment protéger son patrimoine personnel en tant qu’associé de SCI ?

Aucun mécanisme ne supprime la responsabilité indéfinie d’un associé de SCI. Il est toutefois possible de réduire le risque, soit en limitant l’endettement de la société, soit en détenant ses parts par l’intermédiaire d’une société à responsabilité limitée.

Encadrer l’endettement et les cautions

Le premier levier de protection des associés de SCI consiste à éviter que la société ne s’endette au-delà de ses capacités. Quelques précautions simples réduisent nettement le risque :

  • Prévoir dans les statuts un accord préalable des associés pour les emprunts importants, en sachant que cette règle joue seulement en interne ;
  • Négocier avec la banque une caution limitée à la quote-part de chaque associé plutôt qu’une caution de 100 % du prêt ;
  • Constituer une trésorerie de réserve pour faire face à la vacance locative ou aux travaux imprévus ;
  • Souscrire une assurance loyers impayés lorsque la SCI loue ses biens ;
  • Suivre les comptes de la SCI au moins une fois par an.

Détenir ses parts via une holding SARL ou SAS

L’interposition d’une holding consiste à faire détenir les parts de la SCI par une société, plutôt que directement par les associés personnes physiques. Lorsque cette holding prend la forme d’une SARL ou d’une SAS, c’est elle qui supporte la responsabilité indéfinie en tant qu’associée de la SCI. Les associés de la holding ne sont alors tenus, en principe, qu’à hauteur de leurs apports dans la holding.

La holding SARL ou SAS a toutefois un coût. Ce montage implique la création d’une société supplémentaire, une comptabilité distincte et des formalités annuelles. De plus, la protection disparaît si les associés se portent caution personnelle du prêt de la SCI. La holding SCI se justifie donc surtout pour un patrimoine important ou des projets d’investissement réguliers.

Le démembrement de parts, un outil de transmission

Le démembrement de parts de SCI consiste à séparer l’usufruit des parts, qui donne droit aux loyers, de leur nue-propriété, qui correspond à la propriété des parts sans ce droit. Les parents donnent souvent la nue-propriété à leurs enfants et conservent l’usufruit. Toutefois, ce montage ne limite pas la responsabilité envers les créanciers de la SCI, car la loi ne prévoit aucun plafond pour les parts démembrées.

Le démembrement de parts de SCI reste en revanche un outil de transmission efficace. La donation de parts doit être faite par acte notarié. Elle bénéficie de l’abattement en cas de donation de 100 000 € par parent et par enfant, qui se reconstitue tous les 15 ans.

Quelle est la responsabilité d’un associé selon la forme de société ?

La responsabilité d’un associé dépend directement de la forme de la société. Les associés de SCI et de SNC engagent leur patrimoine personnel sans plafond, alors que les associés de SARL et de SAS ne risquent en principe que leurs apports.

Forme de société Étendue de la responsabilité Solidarité entre associés Patrimoine personnel
SCI Indéfinie, à proportion des parts Non solidaire Engagé après échec des poursuites contre la SCI
SNC Indéfinie Solidaire Engagé pour la totalité des dettes
SARL / EURL Limitée aux apports Sans objet Protégé, sauf caution personnelle
SAS / SASU Limitée aux apports Sans objet Protégé, sauf caution personnelle

La SCI occupe une position intermédiaire entre ces formes de société. Elle expose davantage le patrimoine personnel que la SARL ou la SAS. En revanche, elle protège mieux les associés que la SNC, grâce à l’absence de solidarité.

La responsabilité des associés d’une SCI est indéfinie, proportionnelle à leurs parts et subsidiaire. Chaque associé peut donc être appelé à payer les dettes sociales sur ses biens personnels, y compris sa résidence principale, mais seulement pour sa quote-part et après l’échec des poursuites contre la SCI. Une caution personnelle change toutefois la donne, puisqu’elle peut engager un associé pour la totalité du prêt garanti. Enfin, les statuts ne peuvent pas réduire les droits des créanciers, et une holding à responsabilité limitée permet de mettre le patrimoine personnel à distance, à condition de ne pas se porter caution.

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Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L’ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

Dernière mise à jour le 30/10/2026

FAQ

Un associé doit-il payer la part d'un autre associé insolvable ?

Non, un associé de SCI n’a pas à payer la part d’un autre associé insolvable. La responsabilité des associés n’est pas solidaire. Chaque créancier doit poursuivre chaque associé séparément, dans la limite de sa quote-part dans le capital. La part de l’associé insolvable reste donc impayée, sauf si un associé s’est porté caution solidaire.

Un associé de SCI est-il indéfiniment responsable ?

Oui. L’associé de SCI répond des dettes sociales sans plafond, mais seulement à hauteur de sa quote-part dans le capital et après l’échec des poursuites contre la SCI. Sa responsabilité est en effet indéfinie mais conjointe : il ne paie jamais la part des autres associés, contrairement à la société en nom collectif (SNC), où un créancier peut réclamer la totalité des dettes à un seul associé.

La résidence principale d'un associé de SCI peut-elle être saisie ?

Oui, la résidence principale d’un associé de SCI peut être saisie par les créanciers de la SCI. L’insaisissabilité de plein droit ne protège que les entrepreneurs individuels face à leurs créanciers professionnels. Le créancier doit toutefois avoir poursuivi la SCI sans succès, et il ne peut réclamer que la quote-part de l’associé.

Un associé minoritaire de SCI est-il moins exposé ?

Oui, un associé minoritaire de SCI est moins exposé, puisque sa responsabilité est proportionnelle à ses parts. Un associé qui détient 10 % du capital répond de 10 % des dettes impayées. S’il s’est porté caution du prêt, il peut devoir payer la totalité du montant garanti.

Un enfant mineur associé d'une SCI peut-il être poursuivi ?

Oui, un enfant mineur associé d’une SCI reste soumis à la responsabilité indéfinie et proportionnelle, comme tout associé. Ses parents agissent en son nom en tant qu’administrateurs légaux. Certains actes nécessitent toutefois l’autorisation du juge des tutelles, comme l’apport d’un immeuble du mineur à la SCI ou un emprunt contracté en son nom.

Un nouvel associé paie-t-il les dettes antérieures de la SCI ?

Non, un nouvel associé ne répond que des dettes de la SCI devenues exigibles après son entrée. Les dettes déjà exigibles à la date de son arrivée restent à la charge des associés de l’époque. Les échéances futures d’un prêt en cours le concernent, puisqu’elles deviendront exigibles alors qu’il sera associé.

Que deviennent les dettes de la SCI après sa dissolution ?

Les dettes de la SCI ne disparaissent pas avec sa dissolution. Les créanciers peuvent toujours agir contre les associés, à proportion de leurs parts. Ces actions contre les associés qui ne sont pas liquidateurs se prescrivent toutefois par 5 ans à compter de la publication de la dissolution.

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Rédigé par

Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L'ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

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