Projet de création d’entreprise : par où commencer ?
Dernière mise à jour le 09/03/2026
Vous pensez tenir une super idée pour votre projet d’entreprise, vous êtes plein d’entrain, mais vous ne savez pas par où commencer ? On vous explique toutes les étapes à suivre pour que votre projet de création d’entreprise devienne réalité. De la validation de l’idée aux formalités administratives en passant par le business plan, on vous détaille toutes les démarches à accomplir pour la création de votre entreprise et mettre toutes les chances de votre côté.
- Avant de choisir votre statut juridique, plusieurs étapes doivent être validées.1
- Valider votre idée avec une étude de marché et un business plan vous évite de perdre du temps.
- N’hésitez pas à vous faire accompagner pour donner vie à votre projet de création d’entreprise dans les meilleures conditions.
Comment trouver une idée de création d’entreprise ?
Parmi les porteurs de projet qui veulent créer une entreprise, il y a généralement deux profils qui se distinguent. D’une part, ceux qui ont une idée bien précise de ce qu’ils veulent faire, et d’autre part, ceux qui sont encore à la recherche de l’idée parfaite.
Pour les premiers, l’idée provient souvent soit de leur profession actuelle qu’ils souhaitent exercer en tant qu’indépendant comme un graphiste salarié qui envisage de se lancer en freelance, soit d’une observation dans leur quotidien. Dans ce cas, ils ont imaginé une solution plus ou moins innovante pour répondre à une problématique. C’est par exemple le cas des créateurs de coworking avec crèche qui ont bien compris que les entrepreneurs aussi avaient besoin de faire garder leurs enfants pendant qu’ils travaillent.
Mais ce n’est pas parce que vous n’avez pas une idée bien arrêtée ou pas d’idée innovante que vous vous ne pouvez pas créer votre propre entreprise. En effet, il existe un grand nombre d’idées d’entreprises rentables qui méritent d’être exploitées. Et ce n’est pas parce qu’une entreprise le fait déjà que vous ne pouvez pas le faire sur votre secteur géographique, à votre manière en vous distinguant de vos concurrents.
Par contre, que vous ayez déjà une idée précise ou une idée de création d’entreprise moins aboutie, dans tous les cas, cette idée va devoir être validée. Pour cela, vous allez devoir la confronter au marché, et au public.
Comment trouver un associé pour créer son entreprise ?
Tout d’abord, ce n’est pas une obligation d’avoir un associé pour créer son entreprise. En effet, il existe des formes juridiques qui permettent d’entreprendre en étant seul comme l’entreprise individuelle, la micro-entreprise, l’EURL et la SASU.
Cependant, avoir un associé peut être intéressant pour plusieurs raisons. Cela peut vous permettre de bénéficier de compétences complémentaires aux vôtres, de répartir la charge de travail, mais aussi d’avoir un apport en capital plus important et une répartition des risques financiers.
Pour trouver un associé, vous pouvez faire équipe avec un membre de votre famille, un ami ou encore un ancien collègue de travail. Mais si dans votre entourage personne n’a les compétences requises ou n’exprime d’intérêt particulier pour votre projet, vous pouvez élargir le champ des recherches. Pour cela, vous pouvez solliciter votre réseau personnel et professionnel, rejoindre des réseaux d’entrepreneurs ou encore vous inscrire sur une plateforme en ligne qui met en relation les porteurs de projets avec des associés et investisseurs potentiels.
Quelles sont les étapes pour préparer son projet d’entreprise ?
Les grandes étapes pour bien préparer son projet d’entreprise sont :
- Faire une étude de marché ;
- Définir son business model ;
- Rédiger son business plan ;
- Faire un prévisionnel financier ;
- Trouver des financements ;
- Choisir un statut juridique.
Faire une étude de marché
La première chose à faire une fois que l’on a une idée d’entreprise, c’est réaliser une étude de marché. Cette étude va non seulement vous permettre d’analyser votre marché, mais aussi de connaître votre cible et ses attentes.
Dans un premier temps, vous allez identifier tous vos concurrents directs, c’est-à-dire ceux qui proposent un produit ou un service similaire au vôtre dans un secteur géographique donné, et tous vos concurrents indirects. Ces derniers correspondent aux entreprises qui proposent un produit ou un service différent du vôtre mais qui peut remplir la même fonction ou du moins représenter une solution de substitution aux yeux de votre cible. Pour chacun d’eux, vous allez analyser la taille de l’entreprise, son positionnement, les prix pratiqués, les forces et les faiblesses.
C’est ce qui va vous permettre d’identifier s’il y a une place inoccupée sur votre marché pour y pallier, ou du moins de savoir comment fonctionnent les autres pour vous adapter aux pratiques de votre marché.
Ensuite, vous allez pouvoir interroger un panel représentatif de votre clientèle cible pour comprendre ce qu’elle apprécie chez vos concurrents, ce qui lui manque, son budget, etc.
L’étude de marché vous permet donc de savoir s’il existe réellement des débouchés pour votre projet de création d’entreprise, et de savoir comment vous positionner sur votre marché.
Définir son business model
Le business model, c’est la manière dont l’entreprise va s’organiser pour réaliser des ventes et des bénéfices.
Il décrit de manière précise :
- Les ressources clés pour faire tourner l’entreprise (ressources humaines, matériel, etc) ;
- Les partenaires de l’entreprise comme un mentor, un investisseur, les banques, les fournisseurs, les affiliés, les franchisés, les apporteurs d’affaires, etc. ;
- Les canaux de distribution, c’est-à-dire où allez-vous vendre vos produits ou vos services. Il peut s’agir de votre commerce, par téléphone, sur votre site iternet, les réseaux sociaux ou encore votre réseau professionnel, etc.
- Les coûts à prévoir qu’ils soient fixes (loyer, salaire, etc.) ou variables (marchandises, stockage, etc) ;
- Les sources de revenus comme la vente de vos produits et services, des abonnements, mais peut être aussi des placements ou des commissions reçues ;
- La stratégie marketing et donc la manière dont vous allez capter l’attention de la cible et la convaincre d’acheter chez vous ;
- La relation client, c’est-à-dire la manière dont vous allez interagir avec votre clientèle avant, pendant et après la vente.
Rédiger un business plan
Rédiger un business plan est une étape incontournable quand on a un projet de création d’entreprise, surtout si on a besoin de solliciter des financements. En effet, c’est ce document qui va présenter votre projet, son histoire, son fonctionnement et les perspectives de bénéfices. En résumé, le business plan permet de valider la rentabilité et la faisabilité de votre projet.
Le business plan se compose de plusieurs parties :
- Le résumé exécutif qui est une sorte de pitch synthétique de votre projet d’entreprise ;
- La présentation de votre entreprise avec sa raison d’être, votre vision et la place qu’elle occupera sur le marché ;
- La présentation de votre offre de produits et/ou de services ;
- La présentation de votre business model, donc votre modèle économique ;
- La direction et l’équipe ;
- Le fonctionnement de l’entreprise au quotidien ;
- Les prévisions financières.
Faire un prévisionnel financier
Un prévisionnel financier doit obligatoirement accompagner le business plan. Il doit être fait sur 3 ans minimum. Mais il est possible de le faire sur 5 ans en fonction des investissements de départ à prévoir et de leur durée d’amortissement.
Même si ce sont des projections financières, et qu’il n’est pas toujours évident de les évaluer, vous devez veiller à rester réaliste. Pour convaincre les investisseurs, il peut être tentant d’être particulièrement optimiste. Cependant, l’objectif du prévisionnel est justement de savoir si le projet est réellement rentable, et à partir de quand il le sera. N’hésitez pas à consulter les éléments mis à la disposition du grand public comme les taux de marge par secteur d’activité pour savoir si vous êtes sur la bonne voie.
Trouver des financements
Vous avez la possibilité de créer une entreprise sans apport personnel, notamment si le lancement de votre activité ne nécessite pas de gros investissements. Par exemple, pour devenir rédacteur web, vous pouvez utiliser l’ordinateur personnel que vous avez déjà en votre possession et votre connexion internet. Par contre, si vous devez acheter un véhicule, du matériel, payer un loyer ou acheter un fonds de commerce, il est fort probable que vous deviez solliciter des financements.
Généralement, les banques demandent un apport personnel des associés entre 20 et 30 % de l’enveloppe globale pour la création de l’entreprise. Si vous n’êtes pas en mesure de réunir cette somme, plusieurs possibilités s’offrent à vous :
- Les prêts d’honneur ;
- Les subventions ;
- Les concours ;
- Les micro-crédits professionnels ;
- Les business angels ;
- Les campagnes de financement participatif ;
- Etc.
Il existe également un certain nombre d’aides à la création d’entreprise en fonction de votre profil (femme entrepreneur, jeune entreprise innovante, …). De plus, plusieurs dispositifs France Travail permettent de financer les projets portés par des demandeurs d’emploi. Par exemple, l’ACRE permet de bénéficier de cotisations sociales réduites, et le dispositif Nacre permet de percevoir une partie de vos allocations chômage en deux fois sur un court laps de temps.
Choisir un statut juridique
La dernière étape pour concrétiser votre projet de création d’entreprise consiste à choisir votre statut juridique.
L’entreprise individuelle
L’entreprise individuelle (EI) permet d’exercer une activité en tant qu’indépendant en nom propre. Concrètement, vous n’avez pas besoin de créer une personne morale, l’entreprise c’est vous. Néanmoins, même si votre entreprise et vous ne faites qu’un, votre patrimoine personnel est séparé de votre patrimoine professionnel. Ainsi, votre responsabilité est limitée à votre patrimoine professionnel si l’entreprise connaît des difficultés financières.
En EI, vous n’avez pas d’associé, ni de capital social. Vous relevez du régime social des travailleurs non salariés (TNS). Le montant de vos cotisations sociales correspond à 45 % de votre rémunération. Et vous êtes soumis à l’impôt sur le revenu à moins que vous n’optiez pour l’impôt sur les sociétés (IS).
Vous devez tenir une comptabilité d’entreprise complète, et déposer vos comptes annuels au greffe du tribunal.
La micro-entreprise
La micro-entreprise est un régime fiscal qui permet à un entrepreneur individuel de bénéficier d’un régime allégé tant d’un point de vue fiscal que d’un point de vue comptable et administratif.
En micro-entreprise, vous n’avez pas besoin de tenir de comptabilité. Vous devez simplement tenir un livre des recettes. Si vous faites de l’achat revente, vous devez également tenir un livre des dépenses.
Et vous devez déclarer votre chiffre d’affaires chaque mois ou chaque trimestre, même s’il est nul.
Vous relevez du régime des TNS mais avec deux différences par rapport à l’EI. D’une part, en micro-entreprise, si votre chiffre d’affaires est nul, vous ne payez aucunes cotisations sociales. D’autre part, le taux de cotisations sociales est réduit. Il est de :
- 12,30 % pour l’achat-revente de marchandises ;
- 21,20 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales ;
- 25,60 % pour les prestations de services libérales.
Vous êtes soumis à l’impôt sur le revenu. Vous ne pouvez pas déduire vos charges de votre chiffre d’affaires. Cependant, un abattement forfaitaire est appliqué pour tenir compte de vos frais processionnels
La société
Pour votre projet de création d’entreprise, vous avez également la possibilité de créer une société. Cela vous permet de créer une personne morale qui a une existence juridique et un patrimoine bien séparé de ceux des associés. En tant qu’associé, vous détenez des parts sociales qui vous donnent des droits (information, vote et dividendes) et des devoirs (réalisation des apports, responsabilité).
Les deux formes juridiques les plus courantes sont la SAS et la SARL, et leurs versions unipersonnelles la SASU et l’EURL.
La SAS ou société par actions simplifiée est appréciée pour sa flexibilité. En effet, il faut au moins 2 associés pour la créer, et le capital social minimum est de 1 euro. La responsabilité des actionnaires est limitée au montant de leurs apports respectifs. Surtout, les actionnaires de la SAS sont libres d’organiser le fonctionnement de la société comme ils le souhaitent. Ils ont seulement l’obligation de désigner un président pour la diriger.
Le président de la SASU est assujetti au régime général de la Sécurité social en tant qu’assimilé-salarié s’il est rémunéré pour ses fonctions. Le taux de cotisations sociales est de l’ordre de 82 %. Au contraire, s’il n’est pas rémunéré, il n’a pas de protection sociale.
La SAS est soumise par défaut à l’impôt sur les sociétés. Elle peut opter sous certaines conditions pour l’impôt sur le revenu, mais cela ne vaut que pour les 5 premiers exercices comptables.
De son côté, la SARL ou société à responsabilité limitée offre un cadre plus strict puisque son fonctionnement est davantage encadré par la loi. Pour créer une SARL, il faut entre 2 et 100 associés maximum. Leur responsabilité est limitée au montant de leurs apports. Le capital social minimum est de 1 euro.
Elle est dirigée par un gérant dont le régime social dépend du nombre de parts qu’il détient au capital de SARL :
- Si le gérant est l’associé majoritaire, il est soumis au régime des TNS ;
- Si le gérant est un associé minoritaire ou égalitaire, il est soumis au régime des assimilés salariés ;
- Si le gérant n’est pas associé mais rémunéré pour ses fonctions, il est soumis au régime des assimilés salariés ;
- Si le le gérant n’est pas associé et pas rémunéré pour ses fonctions, il n’a pas de couverture sociale.
La SARL est, elle aussi, soumise par défaut à l’impôt sur les sociétés. Elle peut opter sous certaines conditions pour l’impôt sur le revenu, mais cela ne vaut que pour les 5 premiers exercices comptables.
Quelles démarches pour créer son entreprise ?
Les formalités de création d’entreprise dépendent du statut juridique que vous avez choisi.
Si vous optez pour une entreprise individuelle ou une micro-entreprise, vous devez vous inscrire en ligne sur le guichet unique.
Si vous optez pour la création d’une société, quelle que soit la forme sociale choisie, vous devez réaliser plusieurs démarches successives :
- Rédiger les statuts en vous conformant aux spécificités de la forme sociale retenue ;
- Déposer le capital social auprès d’une banque ou d’un notaire ;
- Publier un avis de création dans un support d’annonces légales ;
- Faire une demande d’immatriculation en ligne sur le guichet unique.
Est-il possible d'être auto-entrepreneur sans chiffre d'affaires ?
Oui, il est possible d’être micro-entrepreneur et de ne pas avoir de chiffre d’affaires pendant un moment. Du moment que vous déclarez bien votre chiffre d’affaires à la fréquence choisie (mensuelle ou trimestrielle) vous restez inscrit au registre national des entreprises (RNE). Cela vaut même si vous déclarez 0 de chiffre d’affaires.
Qu’est-ce qu’une société de domiciliation ?
Plusieurs solutions existent pour assurer la domiciliation d’une entreprise, comme l’adresse du dirigeant ou celle des locaux de l’entreprise. Des sociétés se spécialisent même dans la location d’adresses de sièges sociaux. Elles peuvent proposer également divers autres services, tels que la gestion des courriers ou la location de bureau ou de salle de réunion.
Quels sont les différents allègements fiscaux et sociaux ?
Les créateurs d’entreprise peuvent bénéficier de certaines mesures leur permettant de réduire leurs cotisations sociales et fiscales. L’aide à la création et à la reprise d’entreprise supprime totalement ou partiellement les charges sociales lors de la première année d’exercice. D’autre part, les jeunes entreprises innovantes sont totalement exonérées de l’impôt sur les bénéfices la première année.
Peut-on rester auto-entrepreneur toute sa vie ?
Oui, vous pouvez rester micro-entrepreneur autant que vous le souhaitez tant que vous respectez les plafonds de chiffre d’affaires annuel. Il n’y a pas de conditions de durée pour bénéficier de ce régime.
Quelles sont les erreurs à éviter pour son projet de création d’entreprise ?
Les erreurs les plus courantes dans les projets de création d’entreprise sont l’absence de business plan, un prévisionnel financier trop optimiste, un manque d’anticipation et de gestion de la trésorerie, un mauvais choix de statut juridique et la négligence de l’aspect marketing.
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