Ouvrir une pizzeria : tout ce qu’il faut savoir

Ouvrir une pizzeria : tout ce qu’il faut savoir

Pour ouvrir une pizzeria, il est nécessaire de créer une entreprise. À cet effet, il faut se conformer aux formalités de création d’entreprise que sont :

  • L’étude de marché et le choix du siège social ;
  • Le choix de la forme juridique : SAS ou SARL, EURL, micro entreprise, etc. ;
  • La détermination de la stratégie marketing et l’élaboration du business plan ;
  • La recherche de financement.

En outre, pour ouvrir son commerce, ouvrir un salon de coiffure par exemple, l’entrepreneur peut choisir entre l’ouverture en franchise ou l’ouverture en indépendant. Quoi qu’il en soit, il a accès à des aides pour auto-entrepreneur.

 

Les conditions nécessaires à l’ouverture d’une pizzeria

La pizza fait partie des plats les plus consommés par les Français. En 2014, le marché de la pizza représentait plus de 5,36 milliards d’euros. Et la tendance n’est pas revue à la baisse depuis lors. Au contraire, les pizzerias s’invitent de plus en plus dans les rues. Pourtant, pour ouvrir une pizzeria, plusieurs conditions existent. Parmi elles, l’obtention d’un diplôme.

Pour créer une pizzeria, il n’est pas nécessaire d’avoir un diplôme particulier. Néanmoins, il faut savoir se servir du matériel de cuisine et préparer la pizza. À cet effet, l’entrepreneur peut suivre une formation auprès d’une institution spécialisée. Elle ne dure que quelques jours.

Contrairement à certaines entreprises, il n’est pas obligatoirement requis que des employés de la pizzeria aient un diplôme en gastronomie. L’avoir est cependant préférable. À noter que, depuis octobre 2012, pour créer une pizzeria, les entrepreneurs doivent veiller à ce qu’au moins un de leurs employés ait suivi une formation spéciale en ce qui concerne l’hygiène alimentaire.

Hormis ces conditions, de nombreuses formalités sont à remplir. Nous les découvrirons plus tard. Mais en premier lieu, il faut préciser que pour un entrepreneur qui envisage de fonder une pizzeria, deux possibilités sont offertes. Il peut faire une ouverture d’une pizzeria à emporter, ou une pizzeria sur place. Quelle est la différence ?

 

Pizzeria à emporter et pizzeria sur place : une distinction importante

Ouvrir une pizzeria sur place revient à en ouvrir une qui a un emplacement fixe. Elle offre la possibilité à ses clients de consommer sur place. Ce genre de commerce permet d’avoir une clientèle fidèle et appréciant la convivialité des repas entre passionnés de pizza. Néanmoins, il faudra fournir des efforts en matière de service et de tâches ménagères à accomplir.

À l’inverse, une pizzeria à emporter propose de la pizza que les clients peuvent emporter. Généralement, le plat est emballé dans un carton isolant et respectant les normes hygiéniques en vigueur. L’avantage de ce type de pizzeria réside dans le fait qu’il se résume à :

  • Approvisionner le local : il s’agit d’un camion-pizza dans la plupart des cas ;
  • Préparer les pizzas pour les clients ;
  • Encaisser les fonds liés à la vente de pizzas.

Qu’elle soit sur place ou à emporter, la pizzeria peut être créée en franchise ou en mode seul.

 

Seul ou en franchise : quelle est la meilleure alternative pour ouvrir une pizzeria ?

Pour déterminer la meilleure solution entre ces deux modes, il convient de comprendre leur concept.

Ouverture en indépendant ou en franchise : avantages et inconvénients

En ouvrant sa pizzeria en étant seul, l’entrepreneur dispose librement de sa structure. Il organise la gestion de son entreprise comme il le souhaite. De plus, il peut innover et créer de nouvelles recettes lorsqu’il crée sa pizzeria. Enfin, il a la main mise sur sa comptabilité, pour peu qu’il la fasse prospérer et suivant les modalités du statut juridique qu’il a choisi en amont.

Toutefois, l’entrepreneur devra réaliser seul l’installation de la structure. Du choix de l’emplacement à l’installation, en passant par l’aménagement, il s’occupe de tout seul. Or, cette opération nécessite non seulement du temps, mais aussi un budget qui peut s’avérer considérable. De plus, l’entreprise s’occupe seule de sa communication et de sa stratégie.

À l’inverse, en optant pour la franchise, l’entrepreneur bénéficie de l’expérience et du réseau dont il fait partie. Il peut, par exemple, avoir une formation à la création de son entreprise. Qui plus est, il profite d’une aide au démarrage de son activité : choix du local, installation, etc. Il se sert aussi de l’image de marque de la maison-mère pour booster son chiffre d’affaires.

Cependant, en franchise, l’entreprise perd son autonomie. Elle n’est plus suffisamment libre pour entreprendre par elle-même. De plus, ouvrir une pizzeria en franchise implique d’observer certaines contraintes : droit d’entrée plus ou moins conséquent et autres redevances annuelles. Analysez votre niveau de rentabilité avant d’opter pour l’un de ces modes.

Niveau de rentabilité d’une pizzeria

Fonder une pizzeria, c’est envisager de rentabiliser son activité. Il faut considérer plusieurs facteurs :

  • Les résultats de l’étude de marché ;
  • Les prévisions en matière de chiffre d’affaires ;
  • L’efficacité anticipée pour la stratégie de communication de l’entreprise ;
  • Le niveau de demande de pizzas ;
  • L’intensité de la concurrence dans la zone ;
  • La force des ventes de la pizzeria et les charges à déduire des bénéfices.

Pour définir le seuil de rentabilité de l’entreprise, il faut veiller à ces informations. Donc, une pizzeria se révèle rentable lorsque :

  • Le niveau de concurrence est (relativement) faible ;
  • La stratégie de communication augmente véritablement la visibilité de l’entreprise ;
  • Les avis des clients sont, à la grande majorité, favorables ;
  • La demande de pizzas est élevée et stable ;
  • Le chiffre d’affaires est satisfaisant et couvre toutes les charges à supporter.

Afin d’atteindre ses objectifs et d’accroître son chiffre d’affaires, l’entreprise doit réaliser des prévisions. Au nombre de ces prévisions, il faut anticiper sur le budget pour ouvrir une pizzeria.

 

Ouvrir une pizzeria : combien ça coûte ?

Le budget à prévoir pour la création d’une pizzeria peut être d’une certaine importance.

Budget à prévoir

Dans le calcul du budget pour créer une pizzeria, il faut prendre en compte les investissements. Ils se rapportent essentiellement au matériel : le four, les ustensiles de cuisine et les autres outils de travail ; et au fonds de commerce.

Hormis le coût d’investissement, l’entrepreneur doit considérer :

  • Le coût du travail, s’il envisage de s’entourer d’un personnel (ce qui est recommandé) ;
  • Le coût de la location : important, que ce soit en cas de pizzeria à emporter ou sur place ;
  • Le coût des achats.

À ces différents coûts s’ajoutent ceux des étapes à respecter :

  • Étude de marché : entre 8 000 et 20 000 €, sans compter le recours à un professionnel, qui peut atteindre 1 000 €, en fonction du cabinet ;
  • >Formation pour l’installation de la pizzeria : environ 260 € ;
  • Frais d’enregistrement de l’entreprise sous la forme d’une entreprise individuelle : 34,32 € pour le RCS et 190 € pour la Chambre des métiers ;
  • Frais d’enregistrement de l’entreprise sous la forme d’une société : 49,92 € pour le RCS et 210 € pour la Chambre des métiers ;
  • Frais de publication de l’annonce légale de création d’entreprise dans un JAL : 200 €, voire plus ;
  • Dépôt de marque à l’INPI : 225 € environ.

Pour ouvrir une pizzeria, il est donc difficile de fixer un prix défini. Tout dépend du :

  • Statut juridique ;
  • L’inscription au RCS ou à la Chambre des Métiers ;
  • Coût d’installation.

Le budget peut donc être considérable. Mais est-il possible de fonder sa pizzeria sans apport ?

Ouvrir une pizzeria sans apport : possible ?

Il faut un investissement considérable pour créer une pizzeria : 20 000 €, voire plus selon la taille et les options de la structure. Il est donc difficile d’ouvrir une pizzeria sans un apport. Néanmoins, il est possible de réunir cette somme grâce à différentes méthodes.

La première est de recourir aux aides aux auto-entrepreneurs. Elles sont, pour la plupart, accessibles aux chefs d’entreprise, qu’importe le siège social envisagé pour leur structure.

Une autre technique consiste à solliciter les institutions financières et ainsi obtenir un emprunt. C’est particulièrement le cas des banques qui accordent un prêt aux futurs chefs d’entreprises, à condition qu’ils se conforment aux conditions imposées. Il s’avère donc important d’avoir un business plan bien conçu. C’est pour cela qu’il est recommandé d’avoir recours à un professionnel.

Enfin, le chef d’entreprise peut obtenir des fonds par le biais du financement participatif. On parle alors de « crowdfunding ». Chaque participant au financement pour ouvrir la pizzeria fait un apport en échange d’intérêts. Autant de moyens possibles, qui se veulent surtout cumulables.

Il va de soi qu’avant de rechercher un financement auprès d’investisseurs ou de banques, l’entrepreneur doit choisir une forme juridique pour son entreprise.

 

Quel statut juridique pour ouvrir une pizzeria ?

Comme pour toute entreprise, l’entrepreneur doit choisir le statut juridique de sa pizzeria. Plusieurs possibilités lui sont offertes : EURL, micro entreprise, SARL ou SA, SAS, et plus encore.

D’abord, la SARL. Cette forme juridique a la particularité d’être moins onéreuse. En réalité, pour la constituer, l’entrepreneur n’a pas besoin d’un budget conséquent. En outre, la SARL est plus facile à gérer, et la rémunération de son dirigeant plus aisée, qui est ainsi considéré comme travailleur indépendant.

Ensuite, la SAS. Elle est plus souple que la SARL. Par exemple, pour la constituer, il n’y a pas de seuil minimal de capital requis. Seule contrainte : l’entrepreneur s’allie à des associés. Il faut donc désigner un président. Et le mécanisme de prise de décisions en devient plus encadré.

Enfin, l’EURL. Elle est de loin la forme sociale la plus plébiscitée pour ouvrir une pizzeria. Sa comptabilité est souple et la responsabilité de son créateur limitée. Elle est réduite dans la mesure de son apport. L’EURL fonctionne comme la SARL, mais avec un seul associé.

Choisir son statut juridique pour fonder une pizzeria étant une étape capitale, il est conseillé de se faire accompagner dans cette démarche par un professionnel, un expert-comptable ou un avocat par exemple. En fonction des besoins de l’entrepreneur, il saura orienter son choix.

S’il est si important de bien choisir sa forme juridique, c’est surtout parce qu’elle impacte sur le régime fiscal de la pizzeria.

 

Fiscalité applicable aux pizzerias

Selon le statut juridique, l’entreprise peut être soumise à l’impôt sur le revenu (IR) ou l’impôt sur les sociétés (IS). Lorsqu’elle opte pour celui-ci, elle est entièrement imposable. Son créateur l’est aussi, mais à condition qu’il perçoive un salaire ou des dividendes. À l’inverse, avec l’IR, seuls les associés et le chef d’entreprise sont imposables. L’entreprise, quant à elle, ne l’est pas.

Mais il faut noter que, quel que le soit le régime fiscal, la pizzeria est soumise à la TVA, sous différents taux :

  • 5,5 % pour les produits conservés et composant la pizza ;
  • 10 %, si les produits de la pizzeria sont à consommer sur place ;
  • 20 %, si l’entreprise vend des boissons.

Ouvrir une pizzeria ne repose pas uniquement sur le choix d’un statut juridique et sur le régime fiscal. Il faut également se conformer aux différentes formalités.

 

Comment ouvrir une pizzeria ?

Il est capital de se conformer aux démarches liées à la création d’une entreprise. La première consiste à réaliser une étude de marché. Elle sert à analyser l’environnement économique du projet d’ouverture de pizzeria.

L’étude de marché

C’est une étape importante pour toute entreprise. Elle consiste à étudier les besoins et attentes des clients, et surtout à déterminer le niveau de concurrence. Fonder une pizzeria peut impliquer de créer un forum afin de se renseigner sur les goûts et les préférences des consommateurs en matière de sauce, de pâte, d’ingrédients, etc., et sur les concurrents.

Il peut aussi être utile de mener des enquêtes quantitatives et qualitatives. La première consiste à concevoir un questionnaire et la seconde à interviewer les gens dans la rue. Une fois les données recueillies, pour créer sa pizzeria, on réalise des statistiques à exploiter et interpréter. Dès lors s’ensuit l’étape du choix du local.

Choix du local

Le choix du local, ou du siège social, de l’entreprise est un facteur déterminant de sa pérennité. Plus l’entreprise est bien située, plus elle peut accroître son potentiel économique. Pour ce faire, pour ouvrir une pizzeria, il convient de se baser sur sa cible. On peut aussi racheter une pizzeria. Les avantages ? L’emplacement est optimal et la clientèle déjà présente.

Évaluation des besoins de la pizzeria

L’entrepreneur, entouré de son équipe ou seul, s’occupe de l’aménagement et de la décoration de son local. Par ailleurs, il investit dans le matériel nécessaire pour la réalisation de l’activité de la pizzeria. Sont concernés, entre autres, le matériel de cuisine, les ustensiles et le four à pizza.

En dehors de l’équipement, l’entrepreneur doit se procurer un stock initial d’ingrédients pour la préparation des pizzas. Au besoin, et suivant ses finances, il peut acheter un stock de boissons. En outre, le chef de la structure doit s’équiper d’outils de gestion de son entreprise. Un logiciel de comptabilité serait pour cela le bienvenu.

Vient ensuite le recrutement du personnel. La réussite de l’entreprise dépendra, non seulement de l’expertise de son chef, mais aussi du chaleureux accueil des serveurs. Il est donc conseillé de recruter un personnel qualifié. Enfin, l’entreprise doit bénéficier d’une assurance civile. Elle servira à couvrir les employés, mais aussi le local, si possible.

La stratégie marketing

Ouvrir une pizzeria nécessite un plan pour faire croître l’audience de l’entreprise. Beaucoup optent pour l’utilisation des réseaux sociaux et la création d’un site internet. Mais la gestion de l’espace en ligne est contraignante : contenu régulier, bonne ergonomie, disponibilité de différentes options, etc. Sinon, les campagnes de street marketing sont aussi une bonne stratégie.

Élaboration d’un business plan

Le business plan est un document qui renseigne sur le projet. Il en définit les étapes (dans le détail), les objectifs en matière de rentabilité, le besoin de financement de son auteur, etc. Muni de ce document, l’entrepreneur pourra rechercher des fonds auprès d’investisseurs pour créer sa pizzeria. Il doit donc être succinct, explicite et bien rédigé.

La réglementation

Différentes règles sont à observer lorsqu’on crée une pizzeria. En plus de la formation à la création d’entreprise, il faut suivre une formation sur les règles et bonnes pratiques d’hygiène alimentaire. Exigée par la DGCCRF et dispensée pendant 14 heures, elle est obligatoire. Elle renseigne sur les normes en matière de :

  • Sécurité et accessibilité du local ;
  • Traçabilité des ingrédients, notamment la viande ;
  • Conservation des aliments et entretien des accessoires ;
  • Affichage à propos de la zone non-fumeurs ;
  • Respect des horaires de fermeture et d’ouverture, conformément à l’arrêté préfectoral.

La procédure pour ouvrir une pizzeria se solde par des formalités administratives.

Les formalités

Les formalités de création d’une entreprise (valables aussi pour une pizzeria) sont les suivantes :

L’immatriculation de l’entreprise se fait auprès du Centre de Formalités des Entreprises (CFE) le plus proche du siège social. Afin d’accomplir ces étapes, conformément à la législation, il peut être question d’avoir recours à un expert. La procédure en devient alors plus rapide.

Obtention du permis d’exploitation et de la licence de débit de boissons

Le permis d’exploitation est obligatoire pour toute entreprise proposant la restauration à ses clients. Elle résulte d’une formation de pizzaiolo de trois jours, à renouveler chaque décennie. Celle-ci débouche également sur l’obtention de la licence de débit de boissons.

Par ailleurs, l’entrepreneur doit avoir une carte professionnelle. Elle est reçue auprès de la préfecture du département dans lequel se concentre l’activité de la pizzeria. Et, dans le cas d’une pizzeria ambulante, il faut recevoir l’accord des propriétaires des emplacements choisis pour vendre ses pizzas.

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