Skip to content
  • L’émission d’obligations est ouverte à toutes les sociétés par actions (SA, SAS, SCA) et, sous conditions, aux SARL ayant désigné un commissaire aux comptes.
  • La société doit disposer de deux bilans régulièrement approuvés et d’un capital intégralement libéré. À défaut, un commissaire vérifie son actif et son passif.
  • Le montant de l’émission est libre, sans plancher ni plafond, et le coût pour l’émetteur reste faible.

L’émission d’obligations est une méthode de financement ouverte à certaines sociétés commerciales. Les obligations sont des titres financiers, et l’on parle aussi d’emprunt obligataire. Quelles sociétés peuvent émettre des obligations ? À quelles conditions et quelles sont les étapes d’une émission obligataire ?

Quels types de sociétés peuvent émettre des obligations ?

Les obligations sont des titres financiers négociables émis par une entreprise et donnant au souscripteur un droit de créance sur l’entreprise émettrice. Cette définition est donnée par l’article L 213-5 du code monétaire et financier, repris par l’article L 228-38 du code de commerce: «Les obligations sont des titres négociables qui, dans une même émission, confèrent les mêmes droits de créance pour une même valeur nominale».

Comme un emprunt, en échange de l’argent versé au moment de la souscription, le remboursement est prévu à une date ultérieure avec un taux d’intérêt fixé. C’est la différence avec le système des actions : ici le remboursement et les intérêts ne sont pas conditionnés aux résultats de l’entreprise.

L’émission d’obligations est prévu pour toutes les sociétés par action: sociétés anonymes (SA), sociétés par actions simplifiées (SAS) et sociétés en commandite par actions (SCA). Certaines sociétés à responsabilité limitée (SARL) peuvent émettre également des obligations dans des conditions limitées.

C’est une solution de financement intéressante qui ne touche pas à l’équilibre des actionnaires et est parfois moins complexe qu’une négociation d’emprunt auprès de sa banque.

Créer une entreprise implique de nombreuses démarches : statuts, annonce légale, formulaire, dépôt… Avec LegalPlace, lancez votre activité en quelques clics et recevez votre Kbis dans les meilleurs délais.

Quels sont les différents types d’obligations ?

Toutes les obligations ne se ressemblent pas. Le contrat d’émission fixe la nature du titre, ce qui détermine les droits de l’obligataire et, parfois, un accès futur au capital. Deux grandes familles se distinguent.

Les obligations simples

Une obligation simple, dite aussi ordinaire, ouvre un seul droit. Le remboursement du capital prêté, majoré d’un intérêt appelé coupon. Le taux peut être fixe ou variable, et le remboursement intervenir en une fois à l’échéance (in fine) ou par tranches annuelles. C’est la forme la plus courante d’emprunt obligataire pour une société qui souhaite se financer sans ouvrir son capital.

Les obligations donnant accès au capital

Certaines obligations permettent à terme de devenir actionnaire. C’est le cas des obligations convertibles en actions, qui peuvent être échangées contre des actions selon une parité définie à l’émission. Ces titres complexes rapprochent l’émission d’obligations d’une véritable levée de fonds. Ils intéressent les investisseurs qui misent sur la croissance de la société. Leur émission suppose un bulletin de souscription détaillé, contrairement aux obligations simples.

Quelles sont les conditions d’émission des obligations?

L’article L 228-39 du Code de commerce prévoit deux conditions cumulatives pour une société par actions :

  • Le capital social de la société doit être entièrement libéré au moment de l’émission d’obligations, sauf pour les actions spécifiques réservées aux salariés ;
  • La société doit avoir établi deux bilans régulièrement approuvés par les actionnaires. À défaut, l’émission doit être précédée d’une vérification de l’actif et du passif, réalisée par un ou plusieurs commissaires désignés par l’organe compétent pour décider ou autoriser l’émission. Cette vérification n’est pas requise lorsque les obligations bénéficient de la garantie d’une société ayant elle-même établi deux bilans régulièrement approuvés.

Ces règles ont été modernisées par l’ordonnance n° 2023-1142 du 6 décembre 2023, entrée en vigueur le 1er janvier 2024.

La sanction du non-respect de ces conditions est la nullité des obligations émises.

Aucune condition n’est posée concernant la bonne santé financière de l’entreprise: ainsi une société dont les résultats sont déficitaires peut émettre des obligations.

Les SARL sont soumises à des conditions spécifiques, qui réservent l’émission d’obligations aux plus importantes d’entre elles :

  • Avoir désigné un commissaire aux comptes. Il s’agit d’une désignation obligatoire lorsque la SARL dépasse deux des trois seuils suivants : 5 000 000 € de total de bilan, 10 000 000 € de chiffre d’affaires hors taxes ou 50 salariés (seuils applicables aux exercices ouverts depuis le 1er janvier 2024) ;
  • Avoir fait approuver les comptes des trois derniers exercices ;
  • Émettre des obligations nominatives, sans procéder à une offre au public (article L223-11 du Code de commerce).

Les SAS connaissent également des restrictions. L’article L227-2 du Code de commerce leur interdit de procéder à une offre au public de leurs actions ou à leur admission sur un marché réglementé. Elles peuvent néanmoins recourir aux offres prévues par ce texte : offres réservées à des investisseurs qualifiés ou à un cercle restreint d’investisseurs, offres dont le montant total par investisseur atteint au moins 100 000 €, ou offres dont la valeur nominale de chaque titre atteint au moins 100 000 €.

Depuis la réforme entrée en vigueur en 2023, une SAS peut donc émettre des obligations, y compris au-delà d’un simple cercle restreint, dès lors qu’elle respecte les règles du Code monétaire et financier.

La procédure complète d’émission d’obligations

Décision d’émettre des obligations

Si les statuts de la société ne remettent pas la décision d’émettre des obligations entre les mains de l’assemblée générale, cette initiative appartient aux dirigeants : président de la SAS, conseil d’administration ou directoire pour la SA. Le conseil d’administration peut déléguer ce pouvoir à un tiers, dans les conditions prévues par la loi. Dans les SARL, seule l’assemblée générale des associés peut prendre la décision et gérer la procédure d’émission suite à une convocation à l’assemblée générale de la SARL.

Si la société a déjà émis des obligations qui sont encore en cours, elle doit au préalable réunir la masse des obligataires pour les informer et obtenir un accord sur la nouvelle émission.

Souscription des obligations

Les futurs obligataires manifestent leur souhait d’acquérir des obligations de la société qui prépare un contrat de souscription. Ce contrat de droit commun engage l’obligataire et la société et fixe les modalités de remboursement, le taux d’intérêt et la durée de l’obligation.

Un bulletin de souscription doit être établi avec les mentions requises par l’article R 225-128 du code de commerce : nom et adresse de la société, forme juridique, capital social, coordonnées du souscripteur, nombre de titres, montant et modalités de l’augmentation de capital de la SAS ou la SASU. Ce bulletin n’est nécessaire qu’en cas d’émission d’obligations complexes ouvrant un accès au capital de l’entreprise par la transformation des titres en actions.

Les obligations doivent être inscrites en compte comme des valeurs mobilières et sont dématérialisées.

Placement des obligations

Le placement revient à effectuer des formalités de publicité de l’offre. Si l’offre est faite au public, la société doit réaliser un prospectus qui reprend les caractéristiques de l’offre et la situation de l’entreprise. Si l’émission est privée, aucune publicité n’est requise.

Quel est le coût d’une émission d’obligations ?

Le coût pour la société organisatrice est minime. Il convient de réunir une assemblée générale extraordinaire si les statuts prévoient que l’émission d’obligations soit validée par les actionnaires.

La société par actions décide librement du montant nominal de chaque obligation et du montant total de l’émission : il n’existe ni plancher ni plafond, le montant est libre. En France, l’opération doit être réalisée en euros. Bien évidemment, plus le taux de rendement augmente, plus le prix de l’obligation baisse.

Certaines caractéristiques placent l’émission hors du champ de l’offre au public. 

Une SAS souhaite lever 2 millions d’euros auprès d’une dizaine d’investisseurs. Elle fixe la valeur nominale de chaque obligation à 100 000 €. Comme cette valeur atteint le seuil de 100 000 €, l’émission sort du champ de l’offre au public. La société n’a donc pas à établir de prospectus, ce qui allège nettement la procédure et son coût.

Les modalités de versement des fonds sont également libres : libération totale dès le début ou libération progressive. De la même manière, le remboursement peut intervenir à l’échéance (in fine) ou régulièrement chaque année : la société rembourse alors les intérêts (le coupon) et une partie du capital.

Le taux d’intérêt peut être fixe ou variable, en fonction des taux du marché.

Être détenteur d’obligations ne confère aucun droit sur la gestion de la société, ni sur le capital social, ni sur l’approbation des comptes. Le Code de commerce reconnaît toutefois à l’ensemble des obligataires, réunis en une masse, un droit de regard sur l’exécution des obligations. Le contrat d’émission peut prévoir que les obligataires désignent un représentant si la société fait l’objet d’une procédure collective, afin qu’il déclare les créances issues des obligations.
    • L’émission d’obligations offre aux sociétés par actions, et à certaines SARL, un financement souple qui ne dilue pas le capital. Elle suppose de respecter des conditions précises, à savoir un capital libéré, des bilans approuvés et, selon la forme sociale, la désignation d’un commissaire aux comptes ou absence d’offre au public. Une fois la décision prise, la souscription puis le placement organisent l’entrée des fonds. Le coût reste modéré et le montant librement fixé, ce qui fait de l’emprunt obligataire une alternative crédible au prêt bancaire.

Créer mon entreprise

Mehdi Ouchallal

Co-fondateur LegalPlace, Mehdi est diplômé du magistère DJCE et avocat. Il a exercé plus de 12 ans au sein de cabinets anglo-saxons et français en droit des sociétés, fusions-acquisition et capital investissement.

Dernière mise à jour le 20/07/2026

FAQ

Quels sont les principaux types d'obligations ?

On distingue surtout les obligations simples, qui donnent droit au remboursement du capital et à un coupon, et les obligations donnant accès au capital, comme les obligations convertibles en actions. Le contrat d’émission précise la catégorie retenue et les droits attachés à chaque titre.

Comment fonctionne une émission d'obligations ?

La société décide l’émission, prépare un contrat de souscription, puis les obligataires souscrivent en versant les fonds. Les titres, dématérialisés, sont inscrits en compte. En échange, la société s’engage à rembourser le capital à l’échéance et à verser des intérêts, indépendamment de ses résultats.

Une SAS peut-elle émettre des obligations ?

Oui. Une SAS peut émettre des obligations, à condition de ne pas procéder à une offre au public de ses actions. Depuis la réforme entrée en vigueur en 2023, elle peut s’adresser à des investisseurs qualifiés, à un cercle restreint ou proposer des titres d’une valeur nominale d’au moins 100 000 €.

Quel est le coût d'une émission d'obligations ?

Le coût direct est faible : il tient surtout à la tenue d’une assemblée générale et, le cas échéant, à la rédaction d’un prospectus en cas d’offre au public. Le montant nominal et le montant total de l’émission sont fixés librement, sans plancher ni plafond.

Sources de l'article

21 Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien

Bonjour
Dans le cadre d’une émission obligataire, à titre d’exemple
Si le contrat indique une souscription à 500 obligations pour 500e et que le règlement a lieu en plusieurs tranche
1ere tranche regle pour 100e
Doit on enregistrer dans les livres 500 obligations pour 100e
Ou 100 obligations pour 100e
Merci pour votre retour

Bonjour,

Nous vous invitons à prendre contact avec un expert-comptable ou un commissaire aux comptes, qui saura vous renseigner.

En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace.

Bonjour,
Une société étrangère peut-elle émettre des obligations de droit français? Si tel est le cas, comment se matérialise la preuve de la détention des obligations par les souscripteurs, qui sont français?

Bonjour, Une société étrangère peut effectivement émettre des obligations régies par le droit français, à condition de respecter les règles applicables en matière d’émission de titres financiers prévues par le Code de commerce et le Code monétaire et financier. Dans ce cadre, la preuve de la détention des obligations par les souscripteurs français se matérialise par une inscription en compte-titres, généralement tenue par un intermédiaire financier habilité (banque, prestataire de services d’investissement) ou, le cas échéant, par inscription nominative dans les registres de l’émetteur. Ces mécanismes assurent la traçabilité et la reconnaissance juridique de la qualité d’obligataire. En espérant que… Lire la suite »

Bonjour
Que comprenez vous dans le terme
Refinancement de fonds propres concernant l émission d obligation.
Pour ma part l émission d obligations sont considérés comme une dette financière et non comme un fonds propre.

Bonjour,

En principe, les obligations sont juridiquement des dettes financières et non des fonds propres. Le terme « refinancement de fonds propres » peut désigner le remplacement d’apports initiaux (capital ou comptes courants) par un financement obligataire, sans que cela change leur nature comptable : la dette obligataire reste inscrite au passif.

En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.
L’équipe LegalPlace

Bonjour,
Quels sont les principaux émetteurs en France d’obligations privées, par acteur, par secteur ?
merci

Bonjour,

Les principaux émetteurs d’obligations privées en France sont les grandes entreprises, et plus spécifiquement celles dans les secteurs bancaire (BNP Paribas, Crédit Agricole), énergétique (EDF, TotalEnergies), télécoms (Orange), infrastructures (Vinci, Bouygues) et gestion d’actifs (Amundi, Tikehau Capital).

Le marché Euro PP permet aussi aux ETI et PME d’émettre des obligations, parfois sous forme de « green bonds » comme le fait Paprec dans le recyclage.

En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.

L’équipe LegalPlace.

Bonjour, l’article semble être caduc sur les obligations que les SAS peuvent émettre. L’article L411-2 a été Modifié par Ordonnance n°2021-1735 du 22 décembre 2021 – art. 7.
Cordialement,
Florian

Bonjour,

Depuis la réforme de 2021 (entrée en vigueur en 2023), les SAS peuvent émettre des obligations, même en dehors du cercle restreint, dès lors qu’elles respectent les règles du Code monétaire et financier.

L’article L.411-2 ne limite plus cette possibilité. La restriction antérieure est donc caduque.

En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée.

L’équipe LegalPlace.

Bonjour,

Une SAS qui émet des obligations est-elle soumis à l’AMF ou autres autorité publics ?

Bonjour,
Dans le cas d’une émission d’obligations par une SAS, il est possible que des obligations réglementaires doivent être respectées en ce qui concerne l’information des investisseurs, les obligations de transparence, les procédures d’émission, etc. Ces obligations peuvent varier en fonction de la taille de l’émission, du statut de l’émetteur et d’autres facteurs.
En vous souhaitant une agréable journée,
L’équipe LegalPlace

Bonjour Monsieur, merci de votre article. Pourriez-vous m’indiquer si les fonds reçus par émission d’obligations et placés sur un compte bancaire de SCP immobilière sont saisissables en cas de saisie conservatoire ? Je ne trouve pas d’information à ce sujet. Cordialement

La saisie conservatoire vise à saisir de manière préventive les biens mobiliers du débiteur, non son compte bancaire. Ainsi, votre compte bancaire n’est pas saisissable dans ce cas.
En vous souhaitant une belle journée,
L’équipe LegalPlace.

Bonjour, est il possible de créer une SAS type holding justement pour emettre des obligations en vu d’un investissement ? Cela veut dire que la SAS fraichement crée n’aura donc ni bilan, ni actif ni passif à faire approuver par un commissaire … merci de votre aide

Bonjour,
Votre situation est complexe et nécessite l’avis d’un professionnel.
Nous vous invitons à prendre contact avec l’un de nos avocats partenaires, par le biais de notre page contact : https://www.legalplace.fr/contact/
Pour cela, sélectionnez « Parler à un avocat » dans la section « Objet de votre demande », choisissez le produit concerné puis expliquez en détail votre situation dans la partie « Votre message ».
N’oubliez pas de préciser votre numéro de téléphone dans le corps du texte, afin d’être contacté plus rapidement.
En vous souhaitant une belle journée,
L’équipe LegalPlace

Rédigé par

Mehdi Ouchallal

Co-fondateur LegalPlace, Mehdi est diplômé du magistère DJCE et avocat. Il a exercé plus de 12 ans au sein de cabinets anglo-saxons et français en droit des sociétés, fusions-acquisition et capital investissement.