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La vente d’un véhicule pour pièces détachées à un particulier est strictement interdite par la loi lorsqu’il s’agit d’un véhicule hors d’usage (non roulant) et est soumise à plusieurs conditions lorsqu’il s’agit d’un véhicule roulant.

Qu’est-ce que la vente d’un véhicule pour pièces détachées ?

Dans certains cas, le propriétaire d’un véhicule peut souhaiter s’en débarrasser, en dehors de la simple volonté de le vendre pour en tirer un prix convenable. C’est notamment le cas dans les situations suivantes :

  • A l’achat d’un nouveau véhicule ;
  • Si le véhicule, tombe souvent en panne ou qu’il n’est plus en état de marche et que sa remise en marche n’est plus envisageable en raison de frais de réparation ou d’entretien trop élevés.

Dès lors, le particulier peut être tenté d’en tirer un prix en vendant le véhicule pour valoriser ses pièces détachées. L’acquéreur n’achèterait ainsi le véhicule que pour en récupérer les pièces détachées en bon état de fonctionnement ou réparables.

La question de la légalité d’une telle opération se pose. La réponse dépendra à la fois de l’état du véhicule et de la qualité de l’acquéreur du véhicule.

A noter : Par ailleurs, si vous souhaitez vous débarrasser d’une voiture sans carte grise, c’est possible à certaines conditions.

L’interdiction de vendre un véhicule non roulant pour pièces détachées à un particulier

Si le véhicule n’est plus en état de rouler, il est strictement interdit de le vendre à un particulier mais il est possible de s’en séparer en procédant à une “vente pour pièces détachées” en toute légalité auprès d’un professionnel agréé, en mesure d’assurer la destruction de véhicules non roulants, le recyclage et la dépollution des éléments nocifs, sans risque pour l’environnement et en toute sécurité en respectant certaines conditions indispensables au bon déroulement de la procédure.

Définition du véhicule non roulant

Dès lors qu’un véhicule n’est plus en mesure de passer le contrôle technique il est considéré aux yeux de la loi comme un “véhicule non roulant”, immobilisé, et n’est pas autorisé à circuler sur la voie publique.

Ce que dit la loi

Le nouveau système d’immatriculation mis en place en 2009 a mis un terme aux ventes de véhicules non roulants pour pièces détachées entre particuliers afin de mettre fin aux marchés parallèles de vente et d’achat de pièces détachées. Aucune carte grise ou contrôle technique portant la mention “véhicule non-roulant” ne peut dès lors être délivrée. La vente d’un véhicule non roulant pour pièces détachées à un particulier devient dès lors impossible. Le propriétaire d’un véhicule immobilisé a cependant le droit de conserver le véhicule pour le transformer, le démonter ou le réparer mais uniquement dans le cadre d’un usage strictement personnel. Il doit pour cela faire une déclaration de retrait de circulation qui suspend l’autorisation de circuler du véhicule sur les voies ouvertes à la circulation.

Le véhicule non roulant peut aussi être cédé à un casseur agréé pour destruction, à condition toutefois que le véhicule ait conservé ses composants essentiels. Il est donc fortement déconseillé de démonter un véhicule non roulant pour vendre les pièces séparément sous peine de devoir payer la prise en charge pour destruction.

Sanctions encourues en cas de vente d’un véhicule non roulant à un particulier

Un véhicule non roulant ne peut pas être vendu légalement à un particulier. Pour être légale, la vente d’un véhicule même dans le cas du décès du conjoint entre particuliers exige l’obtention d’un procès-verbal de contrôle technique en cours de validité. Le nouveau système d’immatriculation ne permet plus la délivrance de contrôle technique portant la mention “véhicule non”roulant”. De plus, aucun certificat d’immatriculation ne pourra être délivré au nouveau propriétaire. Le vendeur d’un véhicule non roulant pour pièces détachées restera l’unique propriétaire du véhicule démonté ou détruit et s’expose à de gros risques en cas d’usurpation de plaque d’immatriculation.

Aussi, il est important de savoir que la loi interdit strictement aux propriétaires de véhicules anciens, roulant ou non-roulant, de s’en débarrasser en les abandonnant en pleine nature, après avoir effacé les plaques d’immatriculation ou détruit une partie ou la totalité des composants du véhicules. Une amende, d’un montant de 1500 euros est alors prévue.

Possibilité de déposer un véhicule non roulant dans un centre agréé VHU

Les centres VHU agréés titulaires d’un numéro d’agrément sont une bonne alternative à l’interdiction de vente d’un véhicule pour pièces détachées à un particulier. Les centres VHU sont des casses agréées, autorisées par l’Etat à prendre en charge la destruction d’un véhicule hors d’usage (VHU) considéré comme un déchet dangereux.

Ces centres respectent une procédure strictement encadrée par la réglementation européenne. Ils prennent en charge gratuitement la destruction de véhicules hors d’usage qui possèdent leurs composants principaux (groupe motopropulseur et pot catalytique pour les véhicules qui en étaient équipés d’origine). Un justificatif de prise en charge pour destruction, aussi appelé certificat de destruction, est alors remis au propriétaire.

Le dépôt d’un véhicule hors d’usage dans un centre VHU ne rapporte rien et les frais de remorquage incombent au propriétaire. Une fois le certificat de destruction obtenu, cette procédure permet au propriétaire du véhicule hors d’usage déposé à la casse pour destruction d’entreprendre les démarches relatives à l’annulation de la carte grise. Le formulaire Cerfa prévoit pour cela une rubrique “cédé pour destruction”. Cette démarche, très importante, permet d’être en règle vis à vis des services publics et d’éviter par la suite tout problème judiciaire.

Possibilité de garder un véhicule non roulant

La vente de véhicule non roulant pour pièces détachées n’étant pas autorisée, le propriétaire peut choisir de garder le véhicule chez lui pour y apporter quelques transformations ou modifications. Il peut également le réparer ou récupérer certaines pièces encore en bon état mais uniquement pour un usage strictement personnel.

Seule condition à respecter : penser à faire la déclaration de retrait de circulation qui protégera le propriétaire d’éventuels problèmes liés au vol et au trafic de plaques d’immatriculations. Avant d’entamer la démarche en ligne, il faut se munir d’une copie numérique des pièces suivantes :

  • Formulaire Cerfa de déclaration de retrait de circulation du véhicule
  • Ancienne carte grise du véhicule barrée et signée, portant la mention “retiré de la circulation” en précisant le jour, le mois et la date.

Un numéro de dossier et un accusé d’enregistrement de la demande sont alors transmis au propriétaire du véhicule.

Possibilité de vendre un véhicule roulant pour pièces détachées

Dès lors que le véhicule est roulant, sa vente est tout à fait possible, y compris à un particulier, quand bien même il s’agirait d’une vente pour pièces détachées.

Céder un véhicule roulant pour pièces détachées à un particulier

La vente d’un véhicule roulant pour pièces détachées à un particulier est légale. Il s’agit d’une cession soumise à la procédure usuelle de vente de véhicules entre particuliers. Les véhicules possédants un procès-verbal de contrôle technique datant de moins de six mois peuvent être vendus pour pièces détachées en cession simple, de la même manière qu’une cession de véhicule d’occasion pour particulier. L’acheteur peut en effet, en toute connaissance de cause vouloir acquérir un véhicule d’occasion, ancien mais pas à l’arrêt, afin d’en récupérer les pièces pour son usage personnel.

Il suffira de procéder à la procédure habituelle de cession en remplissant conjointement un certificat de cession puis, pour le vendeur, en déclarant la cession de son véhicule en ligne sans qu’aucune mention particulière ne soit précisée (l’acheteur pourra utiliser les pièces pour son usage personnel ou revendre le véhicule à un casseur agréé).

Céder un véhicule roulant pour pièces détachées à un professionnel

Les casses agréées sont aussi aptes à recevoir un véhicule roulant pour destruction toujours à condition que le véhicule soit complet. C’est pourquoi il est fortement déconseillé de démonter un véhicule pour en vendre certaines pièces. En effet, cela rend compliqué la prise en charge du véhicule par un centre VHU pour destruction et bien que démonté, un véhicule sans certificat de destruction ne peut pas obtenir la déclaration de retrait de la circulation. Ainsi, le véhicule reste aux yeux de la loi un véhicule roulant, muni d’un certificat d’immatriculation toujours au nom de son propriétaire. En cas d’usurpation des plaques d’identité, il sera difficile pour le propriétaire de justifier sa situation.

Demande de carte grise en ligne

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L’ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

Dernière mise à jour le 29/03/2024

86 Commentaires
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Bonjour, j’ai lu dans un article que les véhicules dont le contrôle technique est encore valide (moins de 6 mois) peuvent être vendus pour pièces à des particuliers.
Qu’en est-il des véhicules dont le contrôle technique n’est plus valide ou dont la date de validité est dépassée ?

Bonjour, La cession d’un véhicule d’occasion est encadrée par l’article R.323-22 du Code de la route, qui impose la remise d’un contrôle technique de moins de 6 mois (ou 2 mois en cas de contre-visite) pour les véhicules de plus de 4 ans. À défaut, la cession à un particulier n’est pas conforme. La cession pour destruction ou à un professionnel agréé obéit à des règles spécifiques (art. R.543-153 Code de l’environnement). Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat en droit routier afin d’obtenir une analyse adaptée à votre situation personnelle. En espérant que notre réponse vous sera… Lire la suite »

Bonjour comment faut il faire pour vendre un véhicule pour pièces faut il remplir un certificat de session ou pas?et que faut il cocher si c est en pièces détachées. MERCI

Bonjour, La vente d’un véhicule « pour pièces » nécessite tout de même de remplir un certificat de cession, comme pour toute mutation d’un véhicule. Il suffit d’utiliser le formulaire habituel de déclaration de cession et d’y indiquer que le véhicule est vendu « pour pièces » ou « destiné à la destruction ». Dans ce cas, l’acheteur ne pourra pas demander une nouvelle carte grise. Il est également recommandé de remettre à l’acheteur la carte grise barrée, portant la mention « vendu pour pièces » avec la date et votre signature. La vente ne peut toutefois être effectuée qu’à… Lire la suite »

Bonjour Je souhaite me débarrasser d’un véhicule non roulant (boîte de vitesse hs et véhicule trop ancien pour envisager des reparations) la carte grise est par contre toujours au nom de l’ancien propriétaire. Dois faire la carte grise à mon nom avant de la faire enlever pour destruction ? Merci

Bonjour, En principe, il faut obligatoirement mettre la carte grise à son nom avant de faire procéder à la destruction du véhicule, même s’il est hors d’usage et même si on ne souhaite pas le réparer. Selon l’article R322-9 du Code de la route, un véhicule destiné à la destruction ne peut être remis à un centre VHU (véhicule hors d’usage) que par son titulaire enregistré sur le certificat d’immatriculation. Le centre agréé demandera donc une carte grise à son nom, barrée avec la mention « vendu pour destruction », datée et signée. Même en cas d’acquisition du véhicule en… Lire la suite »

Bonjour
je souhaiterais vendre le châssis nu d’un voiture collection de 2001. J’ai encore la carte grise. Puis-je vendre le châssis à n’importe qui ? Dois-je la passer épave avant. Est-ce que je prends un risque en le vendant avec sa carte grise ?

Bonjour, En principe, le châssis seul d’un véhicule, s’il est accompagné de la carte grise, reste juridiquement assimilé à un véhicule complet au regard des règles d’immatriculation. La vente d’un châssis avec sa carte grise peut donc entraîner des risques si l’acquéreur le reconstitue et le remet en circulation sans contrôle technique ou déclaration appropriée. La déclaration en épave (VHU) auprès d’un centre agréé, prévue par l’article R322-9 du Code de la route, met fin à l’immatriculation et limite ce risque. Vendre le châssis sans cette formalité peut engager la responsabilité du vendeur en cas d’usage ultérieur irrégulier. En espérant… Lire la suite »

Bonjour,
J’ai l’intention de céder mon véhicule (roulant) pour pièces à un particulier. Précision : mon véhicule a été déclaré invendable suite à intempérie de grêle, la carte grise est donc gelée. J’ai bien compris que je dois faire la cession sur ANTS. Est-ce que la personne à qui je cède mon véhicule doit demander une nouvelle immatriculation? Merci et bonne journée

Bonjour, Lorsque vous cédez votre véhicule pour pièces, même si celui-ci est déclaré invendable et que la carte grise est gelée, vous devez effectuer la cession via le site ANTS (Agence Nationale des Titres Sécurisés). Concernant la personne à qui vous cédez le véhicule, elle devra en effet demander une nouvelle immatriculation si elle souhaite réutiliser le véhicule ou en faire un véhicule roulant. Si le véhicule est destiné uniquement à être démantelé ou utilisé pour pièces, la personne n’aura pas besoin de l’immatriculer, mais une déclaration de cession doit être effectuée pour signaler le transfert de propriété. En espérant… Lire la suite »

Bonjour, il me semble qu’il y a une grosse incohérence dans ce que vous dites: en effet, je mets la référence de votre réponse: LegalPlace SAS juillet 8, 2019 10:52 am Vous dites que le propriétaire d’un véhicule non roulant peut le vendre à un particulier qui en fera son affaire et pourra demander une nouvelle CG s’il le remet en circulation, alors que le texte ci dessus nous dit que c’est formellement interdit de vendre un véhicule non roulant…..En fait, je cherche les infos pour acheter une moto non roulante, mais complète et à restaurer, comme aiment le faire… Lire la suite »

Bonjour,
Je retrouve sur une vente aux enchères un véhicule non roulant a cause d’un erreur d’enregistrement lors de l’immatriculation. Il a roulé pendant 12 ans quand même. Du coup la vente est pour pièces.
Serait t’il possible de faire de démarches pour régulariser la situation ?
Cdt

Bonjour, La possibilité de régulariser la situation d’un véhicule non roulant en raison d’une erreur d’enregistrement lors de l’immatriculation dépend de plusieurs facteurs. Il est crucial de comprendre précisément en quoi consiste l’erreur d’enregistrement. S’agit-il d’une faute de frappe dans le numéro de VIN (numéro d’identification du véhicule), d’une erreur dans les papiers du véhicule, ou d’autre chose ? Rassemblez tous les documents relatifs au véhicule, y compris son historique d’immatriculation, les factures d’achat, les preuves d’entretien, et tout autre document qui pourrait attester de sa conformité et de son usage pendant les 12 années écoulées. Ensuite, prenez contact avec… Lire la suite »

Bonjour,
J’ai un doute quant au fait de barrer la carte grise en indiquant “pour pièces” à destination d’une vente entre particuliers : on me dit qu’il est interdit de barrer la CG, qu’il est interdit de biffer un quelconque document administratif et qu’il doit être mentionné ceci que sur la partie détachable. Où est la vérité?
Merci beaucoup pour cet article 🙂

Bonjour, Lorsque vous vendez un véhicule, la carte grise doit impérativement être barrée et la mention “Vendu le [date]” ou “Cédé le [date]” doit y être inscrite, avec la signature du vendeur. Cela est vrai pour toutes les ventes de véhicules, y compris pour les véhicules destinés à être vendus pour pièces. La partie détachable de la carte grise doit quant à elle être remplie correctement et envoyée à la préfecture pour informer de la vente du véhicule. C’est une étape importante pour décharger le vendeur de la responsabilité du véhicule. Pour plus d’information sur ces points nous vous invitons… Lire la suite »

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Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L'ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris