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Comment ouvrir une épicerie ?

Comment ouvrir une épicerie ?

Ouvrir une épicerie et faire partager sa passion pour les bons produits à tous les gourmets est le projet de beaucoup de créateurs d’entreprise. Quel concept adopter : épicerie bio ou épicerie de nuit ? Comment ouvrir une épicerie fine ? Quelles sont les règles spécifiques à l’ouverture d’une épicerie ? Tous nos conseils dans cet article pour devenir un épicier du XXIème siècle.

Quels statuts juridiques possibles et lequel adopter pour ouvrir une épicerie ?

Tous les statuts juridiques possibles pour une activité commerciale sont envisageables, de la micro-entreprise à la société anonyme.

  • Micro-entreprise: ouvrir une micro-entreprise en tant qu’auto-entrepreneur est possible mais peu souhaitable. En effet, l’investissement initial est important avec le stock de produits pour démarrer, le bail commercial, l’aménagement… La micro-entreprise n’est pas forcément le statut juridique préféré des banques et des organismes qui peuvent proposer des aides à l’installation, notamment les mairies de certaines petites communes. Enfin et surtout, en cas d’achat-revente de marchandises, le micro-entrepreneur est imposé de manière forfaitaire sur le chiffre d’affaires et non pas sur la marge réalisée. Les marges sur les produits de base ne sont pas suffisantes pour adopter ce statut. Il est plus intéressant de pouvoir déduire ses charges réelles et ses achats.
  • Entreprise individuelle : c’est une solution possible mais qui présente des inconvénients : le patrimoine personnel de l’entrepreneur n’est pas protégé par ce seul statut, sauf à adopter l’EIRL. L’entrepreneur cotise auprès de la sécurité sociale des indépendants (ex-RSI), dès la création sur la base de cotisations forfaitaires.
  • Société : SARL ou SAS si le projet est porté par plusieurs associés, EURL ou SASU si l’entrepreneur est seul dans l’ouverture d’une épicerie. Les formalités de création d’entreprise sont plus lourdes mais c’est le statut qui offre le plus de possibilités d’évolution et le statut le plus rassurant pour les tiers. La société protège le patrimoine personnel des associés, confère une image sérieuse auprès des banques et organismes y compris pour l’obtention d’un bail commercial bien situé, permet de déduire ses charges au réel. Les formalités de création d’une société peuvent être réalisées facilement en ligne. La liberté donnée par la loi impose en contrepartie une excellente rédaction des statuts des SAS et SASU.

Différence entre épicerie et épicerie fine

Deux grandes catégories se dégagent sur le marché de l’épicerie : d’un côté, l’épicerie généraliste de proximité qui apporte tous les produits basiques à une cible de voisinage. Ces épiceries se retrouvent principalement dans deux situations :

  • dans les centres-villes urbains pour dépanner en proposant des horaires élargis à une clientèle pressée ou à une clientèle vieillissante qui aime discuter dans une petite surface à taille humaine. La grande distribution s’est largement emparée de ce créneau en développant différents concepts en fonction de la taille de la boutique (Carrefour Express, Carrefour City, Carrefour bio,…)
  • dans les petits villages désertés par les commerces spécialisés. A vocation sociale et d’une envergure globale, le magasin peut devenir le seul point de commerce de tout le village en accumulant les prestations multi-services comme dépôt de pain, relais-colis, distributeur automatique d’argent, journaux, gaz, tabac…).

D’un autre côté, l’épicerie fine vend plutôt des produits de luxe que des produits de première nécessité, des produits biologiques ou en provenance d’une région ou d’un pays spécifique comme une épicerie fine italienne avec toutes les huiles d’olives. A destination des gourmands et des gourmets, l’épicerie fine trouve sa place dans les centres urbains et répond à la tendance générale à adopter une consommation locale et saine. Les épiceries fines se développent en mono-produit (épicerie de thé, épicerie de café, épicerie de miel et confitures, épicerie de condiments…) ou en concept (épicerie bio, épicerie italienne, épicerie ouverte toute la nuit, épicerie sans emballage…).

Une étude Xerfi de février 2017 prévoit une croissance du secteur de l’épicerie dans les prochaines années à raison de 3% à 4% par an. Créer son entreprise pour ouvrir une épicerie est donc une bonne opportunité à saisir, après une étude de marché conséquente et l’établissement d’un plan prévisionnel rationnel.

Lire aussi : Quelles sont les démarches pour ouvrir une laverie ?

Les compétences et diplômes nécessaires pour ouvrir une épicerie

Ouvrir une épicerie est une activité commerciale par nature qui ne nécessite pas de diplôme spécifique. En revanche de nombreuses qualités et compétences sont indispensables au succès de l’entreprise: fibre commerçante, sens de l’accueil, aptitudes à gérer des stocks, rigueur financière et les qualités de tout entrepreneur : patience et persévérance.

 

La réglementation et les obligations à connaître pour ouvrir une épicerie

En tant qu’activité commerciale, c’est le centre de formalités des entreprises (CFE) pour les auto-entrepreneurs de la chambre de commerce et d’industrie qui est compétent pour recevoir les formalités de création d’une épicerie. Pour réaliser les formalités en ligne, c’est désormais le site infogreffe qui reçoit les demandes depuis le 1er juillet 2018.

Une épicerie gère des produits alimentaires et doit donc prendre toutes les mesures adéquates d’hygiène pour apporter une sécurité aux consommateurs : respect de la chaîne du froid, absence de manipulation des aliments par un personnel malade… Au moins un salarié doit avoir suivi une formation spécifique en matière d’hygiène alimentaire d’une durée de 14h.

L’épicerie est un ERP, un établissement recevant du public et doit respecter la réglementation adéquate avec l’obligation d’avoir deux sorties, une sortie sur rue pour évacuer le public rapidement, des matériaux de construction efficaces contre l’incendie…Lors de la signature du bail commercial, le créateur d’entreprise doit veiller à ce que le local soit conforme à cette réglementation.

En outre, le local doit répondre aux normes d’accessibilité du public et doit pouvoir accueillir les personnes en situation de handicap ou à mobilité réduite. Si ce n’est pas le cas, un agenda d’accessibilité programmée doit avoir été mis en place et soumis à la DDTM.

Enfin, les normes d’affichage des prix proposés doivent être affichés.

Si l’épicerie veut vendre de l’alcool, l’entrepreneur doit obtenir au préalable le permis d’exploitation, attribué pour 10 ans au terme d’une formation sur les enjeux et la gestion propres aux produits alcoolisés :prévention et lutte contre l’alcoolisme, protection des mineurs et répression de l’ivresse sur la voie publique, lutte contre le bruit, législation sur les stupéfiants et sur le responsabilité civile et pénale. La licence est répartie selon la teneur en alcool : petite licence à emporter pour la vente de vins, cidres, muscat…, licence à emporter pour les alcools distillés et le rhum. Cette formation de 3 jours est organisée par des organismes de formation agréés par les pouvoirs publics. L’entrepreneur doit alors être majeur ou mineur émancipé et ne pas avoir été condamné pénalement pour certaines infractions comme le proxénétisme, le vol, l’escroquerie ou l’abus de confiance.

La vente du tabac fait l’objet d’un monopole des débits de tabac. Certains commerçants sont autorisés à vendre des produits du tabac en complément de leur activité principale mais les épiceries n’en font pas partie. Seuls les restaurants et bar avec une licence IV (consommation d’alcool sur place) ainsi que les stations-service disposent de cette faculté.

 

Se franchiser : une bonne alternative pour ouvrir son épicerie ?

50% des épiceries appartiennent à un réseau de franchise. Le secteur est donc très favorable au développement sous une marque existante. Un apport personnel de 50 000 euros minimum est généralement demandé.

Les franchises existent dans tous les domaines :

  • franchise d’épicerie fine : comtesse dubarry, poivre et miel, intercaves, léonidas, de neuville
  • franchise d’épicerie mono-produit : Kusmi Tea, Ladurée
  • franchise épicerie bio : biomonde, l’eau vive, le grand panier bio
  • franchise épicerie dans la grande distribution : carrefour proximité, spar, casino shop

Le franchiseur vous apporte son aide pour créer l’épicerie et vous accompagne dans le vie de l’entreprise. C’est un modèle gagnant-gagnant : si l’épicerie ne fonctionne pas, le franchiseur est perdant en terme d’image et d’argent. Il faut ajouter les redevances dues au franchiseur en plus des autres charges de l’entreprise et il faut accepter de ne pas être complètement indépendant, en acceptant les règles du réseau de franchise. Généralement, ces règles bien établies font le succès des marques d’épicerie et sont donc plutôt de bonnes indications à suivre.

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Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L'ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

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