Quelle retraite pour le gérant d’une SAS ?
Dernière mise à jour le 07/09/2026
- Le statut particulier du dirigeant assimilé salarié
- À quel âge un président de SAS peut-il partir à la retraite ?
- Quelle rémunération minimale pour valider sa retraite ?
- Quelle est la cotisation retraite pour un dirigeant de SAS ?
- Retraite : SAS ou SARL, quelles différences pour le gérant ?
- Les solutions pour optimiser sa retraite
- Le président de SAS relève du régime général comme un assimilé salarié. Il cotise pour une retraite de base et une complémentaire AGIRC-ARRCO.
- Pour valider ses 4 trimestres sur l’année, le gérant de SAS doit se verser au moins 600 fois le SMIC horaire, soit environ 7 212 € en 2026.
- Les dividendes ne créent aucun droit à la retraite. Seule la rémunération soumise à cotisations compte.
La retraite des dirigeants de SAS suit un régime spécifique d’assimilé salarié. Le président de SAS doit percevoir une rémunération minimale de 600 fois le SMIC horaire pour valider ses trimestres de retraite. Son régime de protection sociale inclut une retraite de base auprès du régime général et une retraite complémentaire AGIRC-ARRCO. Une bonne compréhension de ces mécanismes est essentielle pour optimiser sa future pension et préparer sereinement sa retraite.
Le statut particulier du dirigeant assimilé salarié
Les différences avec le statut de gérant non salarié
Concernant le régime social en SAS, le montant des charges sociales constitue la première distinction majeure : un dirigeant assimilé salarié verse environ 65 % de cotisations sur sa rémunération, contre 45 % pour un gérant non salarié. Cette différence s’explique par une couverture plus étendue.
Les assimilés salariés bénéficient d’une meilleure pension à la retraite grâce aux régimes AGIRC-ARRCO, tandis que les gérants non salariés doivent souvent compléter leur couverture par des contrats facultatifs.
Un autre point distinctif concerne les dividendes : contrairement aux gérants majoritaires de SARL, les dirigeants de SAS ne sont pas soumis aux cotisations sociales sur leurs dividendes. Cette particularité permet une optimisation fiscale intéressante.
Le cadre légal des cotisations obligatoires
La base de calcul des cotisations retraite s’appuie sur le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS), fixé à 48 060 € en 2026. Le président de SAS verse une cotisation retraite de base de 15,45 % jusqu’à ce plafond.
Pour la retraite complémentaire AGIRC-ARRCO, deux tranches s’appliquent en 2026. Le taux de calcul des points est de 6,20 % sur la rémunération jusqu’au PASS et de 17 % entre 1 et 8 fois le PASS. La valeur de service du point AGIRC-ARRCO s’établit à 1,4386 euros en 2026.
Le dirigeant doit également s’acquitter d’une contribution sociale généralisée (CSG) de 9,2 % et d’une contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) de 0,5 % sur l’ensemble de sa rémunération.
Les spécificités du régime de protection sociale
La couverture sociale du dirigeant assimilé salarié englobe l’assurance maladie-maternité avec une prise en charge des frais médicaux et des indemnités journalières en cas d’arrêt de travail. Le remboursement des soins s’aligne sur celui des salariés classiques.
Pour la maternité, les dirigeantes bénéficient d’un congé indemnisé pendant 16 semaines, avec maintien des droits à la retraite durant cette période. La pension d’invalidité garantit un revenu de remplacement si une maladie ou un accident réduit la capacité de travail.
À quel âge un président de SAS peut-il partir à la retraite ?
L’âge légal de départ
Le président de SAS relève des mêmes règles d’âge que les salariés du privé. L’âge légal de départ à la retraite, relevé progressivement de 62 à 64 ans par la réforme de 2023, augmente de trois mois par génération pour les personnes nées à partir du 1er septembre 1961 et atteint 64 ans pour la génération née en 1968. Un président né en 1966 peut ainsi liquider sa retraite à partir de 63 ans et 6 mois. Ce départ n’ouvre le taux plein que si la durée d’assurance requise est réunie, soit 172 trimestres pour les générations nées à compter de 1965.
L’âge du taux plein automatique
À 67 ans, le président de SAS bénéficie automatiquement du taux plein, quel que soit son nombre de trimestres. La décote appliquée en cas de trimestres manquants disparaît alors totalement. Attendre cet âge peut être pertinent pour un dirigeant à la carrière incomplète, tandis qu’une carrière longue peut au contraire ouvrir un départ anticipé avant 64 ans.
Quelle rémunération minimale pour valider sa retraite ?
Le seuil des 600 fois le SMIC horaire
La validation des droits à la retraite pour un président de SAS nécessite une rémunération minimale annuelle de 7 212 euros en 2026, calculée sur la base de 600 fois le SMIC horaire fixé à 12,02 euros au 1er janvier 2026. Cette somme représente environ 601 euros bruts mensuels.
Pour les nouveaux entrepreneurs, cette exigence mérite une attention particulière lors de l’établissement du prévisionnel financier.
L’impact des dividendes sur les droits retraite
Le versement de dividendes dans une SAS présente une particularité majeure : contrairement au salaire, ces revenus ne génèrent aucun droit pour la retraite. Cette caractéristique mérite une attention particulière lors de la planification de sa rémunération sur le long terme.
Un dirigeant qui opte exclusivement pour une rémunération en dividendes se prive des avantages du régime général et complémentaire AGIRC-ARRCO. Cette situation peut fragiliser sa protection sociale future.
La stratégie optimale consiste souvent à mixer salaire et dividendes : maintenir une base salariale permettant d’acquérir des points retraite, tout en profitant de la fiscalité avantageuse des dividendes.
Cette approche équilibrée garantit une meilleure préparation du départ à la retraite.
Les conditions de validation des trimestres
La validation des trimestres repose sur un calcul précis. Chaque tranche de 1 803 euros bruts permet d’acquérir un trimestre d’assurance vieillesse en 2026. Cette règle s’applique même si vous cumulez cette somme sur une courte période.
Un président de SAS peut maximiser ses droits en planifiant ses revenus sur l’année.
Le système offre une certaine flexibilité : les périodes de maternité, d’arrêt maladie ou de chômage indemnisé comptent aussi dans le décompte des trimestres.
Quelle est la cotisation retraite pour un dirigeant de SAS ?
La retraite de base du régime général
La pension de base du régime général représente 50 % du salaire annuel moyen calculé sur les 25 meilleures années de carrière. Le montant maximal de cette pension atteint 24 030 euros par an en 2026, sous réserve d’avoir validé la durée d’assurance requise.
Le calcul prend en compte uniquement les revenus plafonnés au PASS, soit 48 060 euros annuels. La durée d’assurance nécessaire varie selon votre année de naissance : la durée maximale est plafonnée à 172 trimestres depuis la génération 1965.
Les périodes d’activité professionnelle ne constituent pas l’unique source de validation des trimestres. Les congés maternité, les arrêts maladie ou les périodes de chômage indemnisé comptent aussi dans le calcul de votre retraite de base.
Le système AGIRC-ARRCO pour la complémentaire
La retraite complémentaire AGIRC-ARRCO fonctionne selon un système par points : chaque euro cotisé permet d’acquérir des points qui seront convertis en pension au moment du départ.
Les cotisations effectivement appelées s’appliquent sur deux tranches de salaire en 2026 : 7,87 % jusqu’à 48 060 € annuels, puis 21,59 % sur la partie comprise entre 48 060 € et 384 480 €.
Le calcul des points et des pensions futures
La projection des droits à la retraite s’appuie sur une formule précise.
Pour un dirigeant percevant une rémunération de 5 000 € mensuels, le montant total de sa future pension combine deux éléments :
- La retraite de base ;
- La retraite AGIRC-ARRCO.
L’acquisition des points varie selon le niveau de rémunération. Un salaire brut de 3 000 € mensuels permet d’obtenir en moyenne 380 points par an, tandis qu’une rémunération de 8 000 € génère jusqu’à 680 points annuels.
Retraite : SAS ou SARL, quelles différences pour le gérant ?
La protection sociale diffère significativement entre ces deux statuts.
Un président de SAS bénéficie d’une couverture plus avantageuse grâce au régime général, avec des prestations retraite supérieures de 20 à 30 % en moyenne par rapport à un gérant majoritaire de SARL.
La SARL présente l’avantage des cotisations allégées : un gérant majoritaire verse environ 45 % de charges sociales contre 65 % de charges sociales en SAS pour un dirigeant. Cette économie substantielle permet une meilleure trésorerie à court terme.
Longtemps réservée aux salariés et à la retraite des gérants de SARL, la retraite progressive est désormais ouverte aux présidents de SAS. Les mandataires sociaux assimilés salariés y ont accès depuis le 1er janvier 2022, et l’âge d’entrée a été abaissé à 60 ans pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2025. Elle permet de réduire son activité tout en percevant une partie de sa pension.
Les solutions pour optimiser sa retraite
Les régimes de retraite supplémentaire
Les dirigeants de SAS disposent de plusieurs options pour renforcer leur future pension. Le Plan d’Épargne Retraite (PER) constitue un dispositif attractif. Les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable dans la limite de 10 % des revenus professionnels de l’année précédente, retenus dans la limite de 8 fois le PASS.
Le contrat Madelin retraite, quant à lui, n’est plus ouvert à la souscription depuis le 1er octobre 2020. Les contrats déjà détenus continuent d’être alimentés, mais le PER a pris le relais pour les nouveaux versements.
La combinaison PER individuel et contrat collectif d’entreprise représente une approche particulièrement efficace. Cette stratégie mixte maximise les avantages fiscaux tout en diversifiant les supports d’investissement.
La retraite progressive après 60 ans
Depuis le 1er septembre 2025, la retraite progressive est accessible dès 60 ans pour les dirigeants de SAS, contre 62 ans auparavant. Cette mesure permet de réduire son activité professionnelle entre 40 % et 80 % tout en percevant une partie de sa pension.
La réduction du temps de travail s’accompagne d’une baisse proportionnelle des revenus, compensée par le versement d’une fraction de la pension de retraite. Un président de SAS qui diminue son activité de 40 % recevra ainsi 40 % de sa future pension.
L’accès à ce dispositif requiert la validation préalable de 150 trimestres. La demande s’effectue auprès de la caisse de retraite, avec un formulaire spécifique attestant de la réduction d’activité.
Le cumul du statut de président de SAS et de la retraite
Le cumul emploi-retraite intégral s’applique aux dirigeants de SAS ayant validé une pension à taux plein. Cette formule leur donne la liberté de maintenir leur mandat social sans restriction de revenus.
Les présidents de SAS doivent respecter une procédure spécifique : mettre fin à leur contrat de travail salarié puis liquider l’ensemble de leurs pensions avant de reprendre leur fonction.
Un délai de carence de 6 mois s’impose uniquement pour une reprise chez le même employeur.
La nouvelle activité génère des cotisations retraite obligatoires.
Pour les pensions liquidées depuis le 1er septembre 2023, cette reprise d’activité crée de nouveaux droits à retraite, sous la forme d’une seconde pension plafonnée à 5 % du PASS, soit 2 403 euros par an en 2026. Cette disposition renforce l’attractivité du dispositif pour les dirigeants souhaitant poursuivre leur activité.
L’indemnité de départ à la retraite du président
Le statut d’assimilé salarié du président de SAS ne lui ouvre pas automatiquement droit aux indemnités conventionnelles de départ à la retraite. Cette règle s’applique même lorsque la convention collective prévoit des dispositions spécifiques.
Une exception notable existe : un président qui cumule son mandat social avec un contrat de travail distinct peut bénéficier d’indemnités sur la partie salariale uniquement.
La condition essentielle réside dans l’existence d’un véritable lien de subordination pour les fonctions exercées en tant que salarié.
La jurisprudence exige que les tâches effectuées dans le cadre du contrat de travail soient clairement différenciées des missions liées au mandat social.
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- Le président de SAS cotise comme un assimilé salarié. Sa retraite combine une pension de base du régime général et une complémentaire AGIRC-ARRCO, financées par des cotisations plus élevées qu’en SARL mais offrant une meilleure protection. Pour valider ses quatre trimestres, il doit se verser au moins 600 fois le SMIC horaire dans l’année, les dividendes n’ouvrant aucun droit. Bien calibrer sa rémunération, mobiliser un PER et anticiper les dispositifs de fin de carrière, comme la retraite progressive dès 60 ans ou le cumul emploi-retraite, permettent au dirigeant de préparer sa pension dans de bonnes conditions.
Dernière mise à jour le 07/09/2026
FAQ
Quel est le salaire d'un président de SAS à la retraite ?
Il n’existe pas de salaire à la retraite : le président perçoit une pension. Celle-ci combine la retraite de base du régime général (au maximum 24 030 € par an en 2026, soit 2 002,50 € par mois) et la complémentaire AGIRC-ARRCO calculée en points. Le montant dépend de la rémunération déclarée tout au long de la carrière.
Quelles sont les cotisations retraite d'un gérant de SARL et de SAS ?
Le président de SAS, assimilé salarié, verse environ 65 % de charges sur sa rémunération et cotise au régime général et à l’AGIRC-ARRCO. Le gérant majoritaire de SARL, travailleur non salarié, verse environ 45 % et relève de la Sécurité sociale des indépendants. La SAS coûte plus cher, mais ouvre une meilleure protection retraite.
Peut-on être président de SAS non rémunéré et à la retraite ?
Oui. Un président de SAS non rémunéré ne verse pas de cotisations à ce titre et ne valide donc aucun trimestre, mais il peut cumuler ses fonctions avec une retraite déjà liquidée. S’il perçoit une rémunération, le cumul emploi-retraite obéit alors à des conditions précises de liquidation et, le cas échéant, de plafonnement des revenus.
Connexion
Bonjour,
J’ai 67 ans en juin 2026 et je suis président d’un SAS assimilé salarié avec un bulletin de paie.
Je prends ma retraite au 1er juillet 2026 et je voudrais faire le cumul emploi-retraite.
Quelle est la procédure à respecter pour la mise en place du cumul emploi retraite à la date de la prise de retraite ?
Merci d’avance de votre réponse
Cordialement
Bonjour,
Le cumul emploi-retraite est encadré par l’article L161-22 du Code de la sécurité sociale. Il suppose, pour un cumul intégral, la liquidation de l’ensemble des pensions et le respect des conditions du taux plein. La reprise d’activité peut nécessiter des formalités déclaratives auprès des organismes de retraite et sociaux selon le statut exercé.
Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat en droit de la sécurité sociale afin d’obtenir une analyse adaptée à votre situation personnelle.
En espérant que notre réponse vous sera utile, nous vous souhaitons une belle journée. L’équipe LegalPlace.