Quelle retraite pour les gérants de SARL en 2026 ?
Dernière mise à jour le 14/08/2026
- Le gérant majoritaire d’une SARL relève du régime des travailleurs indépendants. Il cotise 17,87 % pour sa retraite de base jusqu’à 48 060 € de revenus en 2026, puis 0,72 % au-delà.
- Le gérant minoritaire ou égalitaire de SARL est assimilé salarié. Sa retraite de base relève du régime général et sa complémentaire de l’Agirc-Arrco.
- Un revenu de 1 803 € valide un trimestre en 2026 et 7 212 € une année complète, quel que soit le statut du gérant.
La retraite d’un gérant de SARL requiert une attention particulière car son montant varie selon votre statut, gérant majoritaire ou minoritaire. Les gérants majoritaires relèvent du régime social SARL des travailleurs non-salariés tandis que les minoritaires sont assimilés salariés.
Avec un âge légal de départ qui augmente progressivement pour atteindre 64 ans à partir de la génération 1968, comprendre vos droits et options devient essentiel pour préparer sereinement votre future pension et envisager les dispositifs comme le cumul emploi-retraite ou la retraite progressive.
Quel régime de retraite selon votre statut de gérant ?
Les spécificités du gérant majoritaire (régime TNS)
Le régime de retraite des TNS présente des caractéristiques uniques pour les gérants majoritaires de SARL. Ces dirigeants cotisent à hauteur de 17,87% sur leurs revenus jusqu’au plafond annuel de la Sécurité sociale, fixé 48 060 € en 2026, puis à 0,72 % sur la totalité de leurs revenus au-delà.
La validation des trimestres s’effectue selon un système particulier : un revenu minimum de 1 803 € permet d’acquérir un trimestre, tandis qu’une rémunération de 7 212 € valide une année complète.
Les gérants majoritaires bénéficient d’une réforme qui rééquilibre leur protection sociale, appliquée aux cotisations définitives à partir des revenus 2025. La baisse de la CSG-CRDS s’accompagne d’un renforcement des droits à la retraite : la part des cotisations qui ouvrent des droits augmente à due proportion.
Le cas du gérant minoritaire (régime assimilé salarié)
Le gérant minoritaire relève du régime général de la Sécurité sociale pour sa retraite de base et du régime Agirc-Arrco pour sa retraite complémentaire. Cette double affiliation lui garantit une protection sociale renforcée.
Sa couverture retraite fonctionne sur le même principe qu’un cadre du secteur privé, avec des cotisations calculées sur sa rémunération brute. Un complément de retraite via un PER Entreprise collectif reste accessible pour améliorer ses futurs revenus.
La retraite progressive est accessible dès 60 ans depuis le 1er septembre 2025, à condition de justifier d’au moins 150 trimestres d’assurance, permettant de réduire son activité entre 40 % et 80 % tout en percevant une partie de sa pension. Cette option facilite une transition en douceur vers la retraite complète.
La situation particulière du co-gérant
La présence de plusieurs gérants modifie substantiellement le calcul des droits à la retraite.
Le statut de chaque co-gérant dépend du total des parts détenues collectivement : lorsque l’ensemble des co-gérants possède plus de 50% du capital, tous sont considérés comme majoritaires pour leur retraite.
Un co-gérant de SARL peut basculer d’un régime à l’autre en cas de modification de la répartition des parts. Par exemple, si trois co-gérants détiennent chacun 20% des parts, ils relèvent du régime TNS car leur participation cumulée atteint 60%.
Est-ce qu’un gérant de SARL cotise pour la retraite ?
Les charges sociales du régime de base
Les taux de cotisation retraite varient selon la tranche de revenus en 2026. Pour la première tranche jusqu’à 48 060 € (plafond annuel de la sécurité sociale), le taux s’élève à 17,87 % des revenus professionnels.
Au-delà de ce plafond, un taux réduit de 0,72% s’applique sur la totalité des revenus. Cette structure permet une meilleure redistribution des contributions entre les différents niveaux de rémunération.
Une cotisation minimale de 967 € reste due chaque année au titre de la retraite de base, même en cas de revenus faibles ou nuls. Cette disposition garantit une protection sociale minimum et la validation de trois trimestres de retraite par année.
Un dirigeant peut optimiser sa future pension en ajustant sa rémunération aux seuils des tranches de cotisation.
Le fonctionnement de la retraite complémentaire
La retraite complémentaire du gérant majoritaire fonctionne par points : chaque euro cotisé génère des points, convertis en pension au moment du départ.
La cotisation s’élève à 8,1 % des revenus jusqu’à 44 286 € en 2026, puis à 9,1 % sur la fraction comprise entre 44 286 € et 192 240 €. Plus la rémunération est élevée, plus le nombre de points accumulés progresse.
La valeur de service du point est révisée chaque année par le régime complémentaire des indépendants. Une simulation depuis votre espace personnel reste le moyen le plus fiable d’estimer vos droits acquis.
L’impact du statut non rémunéré sur vos droits
Un dirigeant sans rémunération reste soumis à une base minimale de cotisations sociales en 2026. Cette obligation permet d’acquérir des trimestres pour la retraite, même sans revenus d’activité.
La protection sociale demeure active grâce au versement d’une cotisation forfaitaire de 4 569 € par an, garantissant la validation de trois trimestres annuels. Cette disposition s’applique aux gérants quel que soit leur pourcentage de parts dans la société.
Un Plan d’Épargne Retraite peut compléter utilement cette couverture minimale. Cette solution offre une flexibilité supplémentaire pour constituer un capital retraite, avec des avantages fiscaux à la clé.
Par exemple, un versement annuel de 4 000 € sur un PER permet de réduire son assiette imposable tout en préparant sa future pension.
Les montants de pension : ce que vous toucherez
Le calcul de la retraite de base
La pension de retraite de base repose sur trois paramètres fondamentaux. Le revenu annuel moyen constitue le premier élément, calculé sur les 25 meilleures années de votre carrière professionnelle.
Ce montant sera ensuite multiplié par votre taux personnel, qui atteint 50% lorsque vous remplissez les conditions du taux plein.
La durée d’assurance représente le troisième facteur déterminant. Un coefficient s’applique selon le rapport entre vos trimestres validés et la durée de référence exigée pour votre génération. Cette durée s’établit à 171 trimestres pour les personnes nées en 1965, et à 172 trimestres pour celles nées à partir de 1966.
L’estimation de la retraite complémentaire
Le calcul de la retraite complémentaire repose sur l’accumulation de points tout au long de votre carrière. Un revenu annuel de 40 000 € permet d’acquérir environ 420 points en 2026, selon les barèmes actuels.
Pour les gérants majoritaires, le taux de cotisation s’établit à 8,1 % jusqu’à 44 286 € de revenus en 2026, puis passe à 9,1 % sur la fraction supérieure. Les points accumulés se convertissent en pension mensuelle au moment du départ à la retraite.
Les gérants minoritaires cotisent à l’Agirc-Arrco, avec un taux global (part salariale et part employeur) de 7,87 % jusqu’au plafond de la Sécurité sociale, puis 21,59 % entre une et huit fois ce plafond. Un simulateur en ligne permet d’estimer précisément vos droits selon votre parcours professionnel.
Les droits du conjoint collaborateur
Le statut de conjoint collaborateur permet d’acquérir des droits personnels à la retraite. Cette protection sociale s’applique au partenaire marié, pacsé ou en concubinage qui participe régulièrement à l’activité sans rémunération.
Le conjoint peut choisir entre plusieurs formules de cotisations pour sa retraite. La base forfaitaire représente 16 020 € en 2026, soit un tiers du plafond de la Sécurité sociale. Cette option garantit la validation de 4 trimestres par an.
Un rachat de trimestres reste possible pour améliorer sa future pension. Cette démarche permet de compenser les périodes d’activité non cotisées avant l’adoption du statut. Le montant du rachat varie selon l’âge et les revenus du conjoint collaborateur.
Un retraité peut-il être gérant d’une SARL ?
Le cumul emploi-retraite pour les majoritaires
Les gérants majoritaires de SARL disposent d’options avantageuses pour poursuivre leur activité professionnelle tout en percevant leur pension. Cette possibilité requiert la liquidation complète des droits à la retraite, base et complémentaire.
La reprise d’une activité salariée chez le dernier employeur suppose un délai de 6 mois après la liquidation de la pension. Le gérant majoritaire, qui relève du régime des travailleurs indépendants, n’est pas concerné par cette règle propre aux salariés : il peut poursuivre son activité dans sa société dès la liquidation de ses droits.
La transformation de la SARL en SAS représente une alternative stratégique pour les dirigeants. Cette modification statutaire permet de percevoir uniquement des dividendes, évitant les contraintes liées aux cotisations sociales obligatoires du régime TNS.
Le cumul intégral devient accessible dès l’obtention du taux plein, permettant de combiner sans plafond la pension avec les revenus d’activité. Cette formule s’avère particulièrement adaptée pour les dirigeants souhaitant transmettre progressivement leur entreprise.
Les conditions pour les gérants minoritaires
Les gérants minoritaires de SARL bénéficient du régime général avec des règles distinctes pour le cumul emploi-retraite. Un revenu annuel minimum de 1803 € s’avère nécessaire pour valider chaque trimestre en 2026.
Le cumul est intégral lorsque la pension a été liquidée à taux plein : la pension et les revenus d’activité se cumulent alors sans plafond. À défaut, le cumul est plafonné et le total ne peut pas dépasser le plus élevé des deux montants entre 160 % du SMIC mensuel et la dernière rémunération perçue avant le départ.
Le cumul avec les dividendes
La distribution de dividendes en SARL représente une option stratégique pour les gérants en cumul emploi-retraite. Les dividendes sont soumis par défaut au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %. Sur option pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu, un abattement de 40 % s’applique sur leur montant brut.
Pour les gérants majoritaires, seule la fraction des dividendes dépassant 10 % du capital social, des primes d’émission et des sommes versées en compte courant subit les cotisations sociales des travailleurs indépendants. Le niveau du capital social influe donc directement sur la part des dividendes échappant aux cotisations.
La transformation en SAS constitue une piste à explorer : les dividendes versés au président ne supportent pas de cotisations sociales, mais restent soumis aux prélèvements sociaux. Un professionnel du chiffre saura déterminer la meilleure stratégie selon votre situation personnelle.
Ce qui change pour le cumul emploi-retraite au 1er janvier 2027
Un plafond de 7 000 € entre l’âge légal et 67 ans
À partir du 1er janvier 2027, la distinction entre cumul intégral et cumul plafonné disparaît. Le nouveau régime, issu de l’article 102 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, retient l’âge comme seul critère.
Entre l’âge légal de départ et 67 ans, un gérant de SARL retraité pourra cumuler sa pension avec ses revenus d’activité dans la limite de 7 000 € bruts par an. Au-delà de ce seuil, la moitié du dépassement sera déduite de sa pension.
Le cumul sans limite à partir de 67 ans
À compter de 67 ans, le cumul redevient total : la pension et les revenus tirés de la gérance se cumulent sans plafond. C’est le seuil à retenir pour un gérant qui souhaite conserver son mandat en percevant l’intégralité de sa retraite.
Les cotisations versées pendant cette période peuvent générer de nouveaux droits à la retraite. Depuis le 1er janvier 2023, un assuré en cumul intégral acquiert déjà une seconde pension, plafonnée à 2 403 € bruts par an. Ce mécanisme reste un complément, jamais un substitut à la pension principale.
Optimiser sa retraite de dirigeant
Les avantages du Plan Épargne Retraite (PER)
Le PER individuel s’adapte parfaitement aux besoins des gérants de SARL grâce à sa grande souplesse de fonctionnement. Les versements libres s’ajustent aux variations de revenus professionnels, caractéristiques de l’activité entrepreneuriale.
Un atout majeur réside dans la déductibilité fiscale des versements. Pour un travailleur indépendant, le plafond de déduction correspond à 10 % du bénéfice imposable retenu dans la limite de 8 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale, majorés de 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 fois ce plafond.
Le PER offre également des possibilités de déblocage anticipé pour l’achat de la résidence principale ou en cas d’invalidité.
La retraite progressive : une transition en douceur
a retraite progressive est accessible dès 60 ans depuis le 1er septembre 2025, sous réserve de justifier d’au moins 150 trimestres d’assurance tous régimes confondus. Cette mesure permet une réduction d’activité comprise entre 40% et 80% du temps complet, accompagnée du versement d’une fraction de la pension correspondante.
Les gérants majoritaires doivent démontrer une baisse effective de leurs revenus professionnels dans ces proportions. Un document attestant cette diminution sera exigé lors de la demande auprès de la caisse de retraite.
Pour les gérants minoritaires, la réduction peut porter sur leur rémunération ou leur temps de travail. Cette flexibilité facilite l’organisation d’une transmission progressive de l’entreprise tout en maintenant une activité adaptée à leurs souhaits.
Quelle est l’indemnité de départ à la retraite pour un gérant de SARL ?
Contrairement aux salariés classiques, les gérants de SARL ne bénéficient pas automatiquement d’une indemnité légale lors de leur départ à la retraite. Cette règle s’applique tant pour une démission que pour un départ volontaire.
Les dirigeants peuvent néanmoins négocier avec leurs associés une indemnité contractuelle, fixée dans les statuts ou par une décision collective. Cette disposition mérite d’être anticipée bien avant le départ.
La situation diffère pour les dirigeants ayant un contrat de travail distinct de leur mandat social. Dans ce cas, une indemnité légale ou conventionnelle pourra leur être versée au titre de la rupture de leur contrat de travail.
Un dispositif d’accompagnement au départ existe aussi pour les dirigeants non-salariés, sous forme d’aide financière versée par le Conseil de la protection sociale des travailleurs indépendants (CPSTI) au titre de son action sanitaire et sociale.
Dernière mise à jour le 14/08/2026
FAQ
Quelle différence de retraite entre SARL et SAS ?
En SARL, cotisations retraite plus faibles mais pension moindre (régime TNS). En SAS, cotisations plus élevées mais meilleure retraite (régime général). Le statut choisi détermine coût et niveau de retraite.
Quelle caisse de retraite gère les droits des gérants de SARL ?
Les gérants majoritaires relèvent du régime des travailleurs indépendants, dont la retraite de base est gérée par l’Assurance retraite (Carsat) et la complémentaire par le régime complémentaire des indépendants. Les gérants minoritaires relèvent du régime général (Cnav) et de l’Agirc-Arrco.
Un gérant de SARL peut-il racheter des trimestres pour sa retraite ?
Oui, le rachat de trimestres est possible pour les périodes d’activité incomplètes ou les années d’études supérieures. Le coût varie selon l’âge et l’option choisie : augmentation du taux de pension et/ou de la durée d’assurance.
Connexion
2associees sarl parts égalitaires, qui touchent déjà leur retraite, quel meilleur statut et salaire net ?
Merci pour la réponse, ns sommes un cas particulier !
Elisabeth et Pascale
Bonjour, Votre demande suppose l’analyse d’une situation personnelle. Nous ne pouvons l’examiner. À titre purement général, dans une SARL, le régime social du gérant dépend de sa position dans le capital. Le gérant majoritaire relève du régime des travailleurs indépendants (art. L613-1 CSS), tandis que le gérant minoritaire ou égalitaire relève du régime général pour sa rémunération de mandat (art. L311-3 CSS). Les modalités de rémunération sont déterminées par les statuts ou par décision des associés. Nous vous invitons à prendre contact avec un avocat en droit des sociétés afin d’obtenir une analyse adaptée à votre situation personnelle. En espérant… Lire la suite »
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