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Créer une SASU est une solution très populaire chez les entrepreneurs qui souhaitent entreprendre seul. Elle offre de nombreux avantages : flexibilité, protection du patrimoine personnel et possibilités d’optimisation fiscale.

Mais certaines erreurs, souvent commises au moment de l’immatriculation de la SASU, peuvent entraîner des coûts supplémentaires, des difficultés de gestion ou des blocages juridiques.

Dans cet article, nous vous présentons les 10 erreurs les plus fréquentes lors de la création d’une SASU, afin de vous aider à les éviter.

  • La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) est une forme de société qui permet d’entreprendre seul tout en bénéficiant d’une responsabilité limitée et d’une grande flexibilité dans l’organisation de l’entreprise.
  • Avant de créer votre SASU, il est important de bien anticiper votre rémunération, votre régime fiscal, la rédaction des statuts et vos obligations administratives.
  • Utiliser un simulateur de rémunération ou de charges pour anticiper les coûts liés à la création d’une SASU.

Erreur n°1 : Sous-estimer le coût réel de la rémunération du président

C’est l’erreur la plus fréquente lors de la création d’une SASU.

Le président d’une SASU est assimilé salarié. Cela signifie que sa rémunération est soumise à des cotisations sociales importantes.

En pratique, le coût pour la société est bien plus élevé que le salaire net perçu.

Par exemple :

Pour 2 000 € nets, la société doit dépenser environ 3 500 €, soit environ 75 % de charges supplémentaires.

Beaucoup d’entrepreneurs établissent leur prévisionnel en raisonnant uniquement en salaire net, ce qui peut créer des problèmes de trésorerie.

Il est ainsi possible de ne pas se verser de salaire au début, notamment si l’entreprise n’est pas encore rentable.

Bon à savoir : Pour estimer précisément le coût de votre rémunération, vous pouvez utiliser le simulateur de revenus pour dirigeants de SASU proposé par l’Urssaf. Cet outil permet d’estimer le montant des cotisations sociales à partir du salaire souhaité et d’anticiper le coût réel pour la société.

Erreur n°2 : Penser que les dividendes peuvent être versés rapidement

Certains créateurs de SASU pensent pouvoir se rémunérer rapidement grâce aux dividendes, afin d’éviter les cotisations sociales.

Or, les dividendes ne peuvent être distribués que si :

  • La SASU réalise un bénéfice ;
  • Les comptes annuels sont approuvés lors de l’assemblée générale ;
  • La SASU dispose d’une trésorerie suffisante.

Par exemple :

Si vous créez votre SASU en janvier avec une clôture au 31 décembre, vous ne pourrez verser des dividendes qu’au printemps de l’année suivante.

Attention : Seuls les associés peuvent percevoir des dividendes. Un président non associé n’y a pas droit.

Erreur n°3 : Croire que le statut d’assimilé salarié donne les mêmes droits qu’un salarié

Le président de SASU est assimilé salarié pour les cotisations, mais pas pour tous les droits sociaux.

Par défaut, il ne bénéficie pas de l’assurance chômage, d’une mutuelle obligatoire et d’une prévoyance automatique.

En cas d’arrêt maladie, des indemnités journalières peuvent être versées uniquement si le président est rémunéré, avec un délai de carence.

Il est donc recommandé de prévoir une mutuelle, une assurance prévoyance et éventuellement une assurance chômage privée.

Erreur n°4 : Mal rédiger les statuts de la SASU

Les statuts définissent toutes les règles de fonctionnement d’une SASU. Une rédaction des statuts de SASU imprécise peut rapidement poser problème.

Voici trois erreurs fréquentes.

Choisir une mauvaise date de clôture

Beaucoup d’entrepreneurs choisissent automatiquement le 31 décembre.

Pourtant, si vous créez votre SASU en fin d’année, votre premier exercice peut être très court, ce qui implique une clôture rapide, des frais comptables immédiats et une imposition anticipée.

Rédiger un objet social trop restrictif

Un objet social trop précis peut limiter l’évolution de l’activité de la SASU.

Par exemple : “conseil en marketing digital”.

Si vous souhaitez ensuite vendre des formations ou faire de l’affiliation, une modification des statuts sera nécessaire, ce qui entraîne des frais.

Mal choisir l’adresse du siège social

Domicilier votre entreprise chez vous peut être pratique, mais certains baux d’habitation interdisent l’activité professionnelle.

Une modification ultérieure du siège social entraîne également des frais.

Le saviez-vous ? Une fois le choix de statut effectué, confier les formalités à un prestataire comme LegalPlace vous permet de garantir la conformité de vos statuts et d’éviter les erreurs administratives. Nos formalistes se chargent de l’ensemble du processus de création de votre SASU en ligne, de la rédaction des statuts jusqu’au dépôt du dossier à l’administration.

Erreur n°5 : Sous-estimer le coût de fermeture d’une SASU

Fermer une SASU n’est pas une simple formalité.

La dissolution et la liquidation impliquent plusieurs étapes :

  • Rédaction d’un procès-verbal de dissolution ;
  • Publication de deux annonces légales ;
  • Établissement d’un bilan de liquidation ;
  • Dépôt du dossier au greffe.

En moyenne, la fermeture d’une SASU coûte entre 500 € et 1 500 €.

Erreur n°6 : Penser que la mise en sommeil ne coûte rien

La mise en sommeil permet de suspendre temporairement l’activité d’une société.

Cependant, la SASU reste juridiquement active et certaines obligations demeurent :

  • Dépôt des comptes annuels ;
  • Tenue d’une comptabilité ;
  • Paiement de la CFE ;
  • Formalités administratives.

La mise en sommeil peut ainsi coûter plusieurs centaines d’euros par an.

Erreur n°7 : Croire que la franchise de TVA est réservée aux micro-entreprises

La franchise en base de TVA est accessible à toutes les entreprises, y compris les SASU.

Elle s’applique si votre chiffre d’affaires ne dépasse pas certains seuils :

  • 37 500  € pour les prestations de services ;
  • 85 000  € pour les activités commerciales.

Dans ce cas, vous ne facturez pas la TVA pour votre SASU, et vous ne la déclarez pas non plus.

Attention : En revanche, vous ne pouvez pas récupérer la TVA sur vos achats.

Erreur n°8 : Ignorer la réduction d’impôt liée à l’investissement dans une PME

Lorsque vous investissez dans le capital d’une société, vous pouvez bénéficier du dispositif IR-PME.

Ce mécanisme permet de bénéficier d’une réduction d’impôt sur le revenu :

  • 18 % du montant investi (taux standard) ;
  • Parfois 25 % (selon la loi de finances).

Le plafond de versement est de :

  • 50 000 € pour une personne seule ; 
  • 100 000 € pour un couple.
Attention : Les titres doivent être conservés pendant au moins 5 ans.

Erreur n°9 : Penser que la SASU peut prêter de l’argent à son dirigeant

Même si vous êtes le dirigeant et l’associé unique, la trésorerie de la SASU n’est pas votre argent personnel.

Le prêt d’argent par une société à son dirigeant est interdit par le Code de commerce.

Cette pratique peut être qualifiée d’avantage occulte ou d’abus de biens sociaux.

Pour récupérer de l’argent, il existe uniquement des solutions légales comme le versement d’un salaire, la distribution de dividendes ou encore le remboursement de frais professionnels.

Erreur n°10 : Créer sa SASU sans accompagnement

Créer une SASU implique de nombreuses décisions : choix du régime fiscal, rédaction des statuts, domiciliation, organisation de la rémunération, formalités administratives, etc.

Une erreur lors de la création peut entraîner des coûts et des modifications juridiques ultérieures.

C’est pourquoi il peut être utile de se faire accompagner par une plateforme spécialisée comme LegalPlace.

Le saviez-vous ? Avec LegalPlace, vous pouvez créer votre SASU en ligne, obtenir des statuts personnalisés, être guidé dans toutes les formalités de création et recevoir votre Kbis rapidement.
    • Erreur n°1 : Sous-estimer le coût réel de la rémunération du président de SASU.
    • Erreur n°2 : Penser pouvoir se verser rapidement des dividendes.
    • Erreur n°3 : Confondre le statut d’assimilé salarié avec celui de salarié classique.
    • Erreur n°4 : Rédiger des statuts de SASU mal adaptés à son activité.
    • Erreur n°5 : Ignorer les coûts et démarches pour fermer une SASU.
    • Erreur n°6 : Croire que la mise en sommeil est gratuite.
    • Erreur n°7 : Penser que la franchise de TVA est réservée aux micro-entreprises.
    • Erreur n°8 : Oublier les avantages fiscaux liés à l’investissement dans une PME.
    • Erreur n°9 : Utiliser la trésorerie de la société pour ses besoins personnels.
    • Erreur n°10 : Créer sa SASU sans accompagnement juridique ou administratif.

FAQ

Le président de SASU a-t-il droit au chômage en cas d'échec ?

Non. C'est le piège n°1 : bien qu'assimilé-salarié, vous ne cotisez pas à l'assurance chômage. Sans contrat de travail technique distinct validé par France Travail, vous n'aurez aucune indemnité à la fermeture.

Peut-on réellement cumuler l'ARE et la création d'une SASU ?

Oui, et c'est la stratégie favorite des entrepreneurs. Si vous ne vous versez aucun salaire, vous pouvez maintenir la totalité de vos allocations chômage. C'est un levier de sécurité indispensable pour tester votre activité sans risque.

Pourquoi choisir le 31 décembre comme date de clôture est-il souvent une erreur ?

Parce que si vous lancez votre SASU en fin d'année, vous vous imposez un bilan comptable (et ses frais) après seulement quelques mois d'existence. Il est souvent plus malin de décaler la clôture pour s'offrir un premier exercice de 15 ou 18 mois.

Est-il risqué de créer une SASU avec seulement 1 € de capital ?

Juridiquement, c'est autorisé, mais professionnellement, c'est bloquant. Les banques refusent quasiment systématiquement les prêts et les fournisseurs sont frileux. Un capital d'au moins 500 € ou 1 000 € est un minimum pour être pris au sérieux.

Quel est le coût réel pour se verser un salaire en SASU ?

C’est le point qui surprend le plus : le coût total pour la société est environ 75 % supérieur au salaire net perçu par le dirigeant. Pour toucher 2 000 € net, votre entreprise doit générer 3 500 € de trésorerie rien que pour ce poste.

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Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L’ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

Dernière mise à jour le 05/03/2026

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Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L'ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris