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  • La SASU relève de l’impôt sur les sociétés par défaut, avec un taux réduit de 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice, puis 25 % au-delà. L’option pour l’impôt sur le revenu reste possible pendant les 5 premiers exercices.
  • Les dividendes versés en SASU échappent aux cotisations sociales et sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux) en 2026.
  • Choix du régime fiscal, holding, arbitrage salaire-dividendes, PER, PEE et crédits d’impôt sont les principaux leviers d’une SASU optimisée, à condition de rester dans le cadre légal.

La Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle (SASU) optimisée permet de créer une société avec un seul associé, tout en profitant de plusieurs intérêts majeurs, notamment fiscaux. Elle se caractérise par son fonctionnement simplifié, avec deux choix pour l’actionnaire : personne physique ou morale. En outre, il s’agit d’une forme juridique de prédilection pour un entrepreneur individuel débutant. Le président de SASU bénéficie entre autres d’une protection sociale du salarié, rémunération optimisée et une assurance vieillesse.

Comment optimiser une SASU ?

L’optimisation d’une SASU est une pratique courante faisant de ce statut juridique la meilleure alternative pour les entrepreneurs. Deux solutions se révèlent les plus intéressantes, notamment les optimisations fiscales et la société de holding.

Optimisations fiscales

La fiscalité d’une SASU compte parmi les intérêts dans cette décision de forme juridique. L’associé unique dispose d’un choix entre l’imposition à l’IR ou l’IS. Néanmoins, ce type d’entreprise est assujetti à l’impôt sur les sociétés par défaut.

Le taux réduit d’impôt sur les sociétés s’élève à 15 % sur la part de bénéfice allant jusqu’à 42 500 €. Au-delà de ce seuil, le bénéfice est imposé au taux normal de 25 %. Ce taux réduit suppose un chiffre d’affaires inférieur à 10 000 000 € et un capital entièrement libéré, détenu à 75 % au moins par des personnes physiques.

L’imposition à l’IR est une possibilité pour une SASU pendant ses 5 premières années. Dans ce cas, un barème progressif est applicable sur le bénéfice. Pour accéder à cet avantage de la SASU, il est indispensable de remplir quelques conditions :

  • 50 employés au maximum ;
  • Chiffre d’affaires de moins de 10 millions d’euros ;
  • 5 ans d’activité maximum.
Au début de son activité, l’entrepreneur a le choix entre l’IR et l’IS. Passé le délai de 5 ans, l’option pour l’IR prend fin et la SASU revient automatiquement à l’impôt sur les sociétés.

L’intérêt principal avec l’IR pour une SASU reste l’imputation des éventuels déficits et leur report sur un délai de 6 ans sur le revenu du foyer fiscal. Par ailleurs, cette alternative est également plus confortable lorsque l’entreprise réalise un faible bénéfice.

En revanche, une activité bénéficiaire s’oriente logiquement vers l’IS, qui se révèle alors plus avantageux. En effet, le choix d’une imposition à l’IR risque de conduire à un taux largement élevé comparé à celui de l’IS.

Société holding

Lorsque plusieurs sociétés se regroupent au sein d’une même structure, il s’agit d’une holding. Celle-ci se divise ensuite en deux types : l’active et la passive. On entend par holding active une société exerçant dans la prestation de service. Cette activité s’adresse dans ce cas principalement pour sa filiale. Une société holding passive se caractérise par son objet social, ne s’appuyant que sur la gestion de participation d’une entreprise. Dans ce cas, il s’agit d’un actionnaire majoritaire.

Le premier avantage d’une holding de SASU tient au régime mère-fille. Les dividendes remontés par la filiale sont exonérés d’impôt sur les sociétés, hors une quote-part de frais et charges de 5 % réintégrée au résultat. Ce régime suppose de détenir au moins 5 % du capital de la filiale et de conserver les titres pendant au moins 2 ans.

En cas de cession de titres, le mécanisme d’apport-cession permet de reporter l’imposition de la plus-value. Si les titres apportés sont cédés moins de 3 ans après l’apport, la holding doit réinvestir au moins 60 % du produit de la vente dans les 2 ans. Au-delà de 3 ans de détention, aucun réinvestissement n’est exigé.

Pour une holding active, les titres du dirigeant peuvent par ailleurs être exonérés d’impôt sur la fortune immobilière (IFI) au titre des biens professionnels. L’ancien impôt de solidarité sur la fortune (ISF) a été supprimé en 2018.

Une holding a la possibilité de cumuler le régime mère-fille et le régime d’intégration fiscale.

Enfin, ce type de statut a d’autres particularités, comme une SASU pouvant devenir holding en présidant une autre SASU. En effet, une personne morale peut être nommée président actionnaire. La diversification des activités représente l’atout majeur, car elle permet la globalisation de l’imposition. Autrement dit, les pertes se compensent entre les entreprises. La conséquence d’un tel choix reste la réduction considérable de l’impôt sur les sociétés.

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Quelles sont les autres astuces pour avoir une SASU optimisée ?

La SASU optimisée prévoit également d’autres alternatives pour bénéficier d’avantages fiscaux. Les pratiques les plus courantes sont entre autres : le versement de primes, l’augmentation de la rémunération ou encore l’utilisation de crédits. En outre, il est possible de recourir au service d’un expert-comptable en ligne ou non, en plus d’une souscription d’une assurance complémentaire.

Création de société dans une zone aidée

L’une des alternatives permettant une exonération fiscale est la création d’une société dans un site communément appelé zone d’aide à finalité régionale. Elle est totale au début de l’activité, notamment pendant les 2 premières années d’exercice. Pendant les trois suivantes, l’exonération applicable est dégressive.

Rémunération du compte courant d’associé

La SASU optimisée peut aussi se soumettre au régime des comptes courants d’associés. L’atout de cette pratique repose sur sa simplicité de mise en œuvre. Bien que ce recours soit réglementé, selon qu’il s’agit d’un associé personne morale ou physique, il reste accessible.

En effet, les dispositions prévues pour ce choix dépendent de la personnalité physique ou morale de l’associé. Le compte courant peut servir de financement lors de la création ou d’un nouveau lancement. Il constitue également une aide provisoire lorsque la SASU rencontre des problèmes de trésorerie.

Quelques assouplissements sont prévus par les articles de la loi n°2019-486 datant du 22 mai 2019. D’autre part, ces apports sont entièrement remboursables ou font l’objet d’une rémunération par intérêt.

Les apports en compte courant d’associé font généralement partie d’un financement de création d’entreprise. Ils viennent compléter les autres moyens financiers régulièrement pratiqués. Souvent, une société se crée à partir de fonds cumulés comme l’apport en numéraire et le prêt bancaire.

La rémunération d’un compte courant d’associé représente toutefois une alternative moins souple que les apports en capital. La raison en est que les garanties qu’elle propose comparées aux apports en capital sont largement moins sûres.

Crédits et réductions d’impôt

D’abord, cette solution exige de solides connaissances sur les pratiques fiscales et les dispositifs légaux. Il faut, le cas échéant, consulter un expert-comptable dans cette procédure. Les réductions d’impôts et les crédits concernent plusieurs catégories, dont :

  • La compétitivité d’emploi ;
  • Les dépenses de mécénat ;
  • La recherche ;
  • La prospection commerciale ;
  • L’apprentissage ;
  • L’innovation.

Report des déficits sur le futur bénéfice

Les déficits d’un exercice peuvent réduire l’impôt d’une SASU soumise à l’IS. Le report en avant s’applique par défaut. Le déficit s’impute sans limite de temps sur les bénéfices futurs, dans la limite de 1 million d’euros par exercice, majorée de 50 % de la fraction de bénéfice qui dépasse ce seuil.

La SASU peut aussi opter pour le report en arrière, ou « carry-back ». Le déficit est imputé sur le bénéfice de l’exercice précédent, dans la limite de 1 million d’euros. L’entreprise obtient alors une créance sur le Trésor, récupérable en trésorerie ou imputable sur l’IS des exercices suivants.

Versement d’une prime au personnel

À la base, la prime versée au personnel constitue des charges déductibles, de même que la rémunération d’un président de SASU. En ce sens, la réduction d’impôt intervient lorsqu’une augmentation de salaire se présente.

En échange, le personnel bénéficie d’une prime que le président leur attribue. La conséquence de cette décision a directement un impact sur la base imposable. En effet, le montant du bénéfice se voit réduit, impliquant ensuite une réduction des taux.

La rétribution peut également concerner l’apport en compte courant de l’associé unique. Si tel est le cas, il faut ajouter les intérêts de l’avance de financement. Une réduction s’applique ensuite sur la base imposable, équivalent donc à une optimisation fiscale.

Souscription d’assurances complémentaires

Les primes d’assurance sont entièrement déductibles de la base imposable. Ainsi, les assurances complémentaires représentent une alternative intéressante pour réduire les impôts d’une SASU. L’objectif est donc de souscrire pour accéder à une réduction fiscale.

Consultation d’un expert-comptable

Les services d’un expert-comptable se révèlent incontournables pour aider à optimiser la fiscalité. En effet, ce professionnel dispose des compétences techniques et pratiques pour réduire au minimum les impôts à payer.

Pour ce faire, il intervient notamment dans la définition des charges déductibles. Idéalement, son intervention doit se dérouler vers la fin de l’exercice. Il recherche ainsi toutes les solutions possibles pour permettre une réduction d’impôts.

Comment optimiser la rémunération du dirigeant de la SASU ?

Une SASU optimisée repose également sur l’amélioration de la rémunération de son dirigeant. Les avantages fiscaux s’obtiennent par l’établissement d’un salaire ou de dividendes. Il convient toutefois de distinguer quelles sont les options pour un président associé ou non associé.

Président associé unique

Un président SASU associé unique peut percevoir des rémunérations. Celles-ci constituent des charges sociales, pouvant ainsi être déductibles du résultat d’exercice. Ses contributions au sein de l’entreprise sont rémunérées via un salaire ou un versement de dividendes. Le salaire est imposable selon les dispositions du barème progressif de l’IR.

Président non associé

Un président non associé exerce des fonctions au sein d’une société sans détenir aucune part sociale. Par conséquent, il peut intervenir gratuitement ou être rémunéré. Les statuts de la SASU prévoient toutes les conventions relatives au salaire. Le président non associé perçoit un salaire fixe ou variable. Dans certaines situations, il est possible de cumuler les deux, c’est-à-dire une rémunération fixe et variable.

Arbitrer entre salaire et dividendes

L’arbitrage entre salaire et dividendes est le principal levier de rémunération d’une SASU optimisée. Le salaire du président, assimilé salarié, ouvre une protection sociale (maladie, retraite de base) et reste déductible du résultat, mais il supporte des cotisations sociales élevées. Les dividendes, eux, échappent aux cotisations sociales en SASU et sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux).

En pratique, un salaire modéré sécurise la couverture sociale, tandis que les dividendes réduisent la pression sociale sur les revenus complémentaires. L’équilibre optimal dépend du niveau de bénéfice, du besoin de protection sociale et de la tranche d’imposition du dirigeant.

PER et PEE : deux leviers de défiscalisation

Le plan d’épargne retraite (PER) et le plan d’épargne entreprise (PEE) complètent l’optimisation de la rémunération. Les versements de la société sont déductibles de son résultat imposable, ce qui réduit l’impôt sur les sociétés. De son côté, le dirigeant se constitue une épargne de long terme hors cotisations sociales, seule la CSG-CRDS restant due. Ces enveloppes permettent donc d’allier baisse de l’imposition et préparation de la retraite.

L’optimisation d’une SASU est-elle légale ?

Optimiser la fiscalité de sa SASU est parfaitement légal. L’optimisation consiste à utiliser les dispositifs prévus par la loi (choix du régime d’imposition, charges déductibles, crédits d’impôt, holding) pour réduire l’impôt dû. Elle se distingue de la fraude fiscale, qui repose sur la dissimulation ou de fausses déclarations.

La limite à ne pas franchir est l’abus de droit. Un montage dont le but est exclusivement (ou principalement) fiscal, sans réalité économique, peut être écarté par l’administration au titre de l’article L64 du Livre des procédures fiscales. Pour sécuriser vos choix, il reste préférable de documenter la logique économique de chaque montage et de vous appuyer sur un expert-comptable.

Y a-t-il des risques à optimiser sa SASU ?

Si la SASU optimisée ouvre à des avantages fiscaux intéressants, elle n’est pas sans risque. En tant que société commerciale, elle est engagée dans des frais divers. Ceux-ci apparaissent lors de sa création ou pendant son exercice.

Le capital minimum d’une SASU est librement fixé par l’associé unique, à partir de 1 euro symbolique. Les coûts réels augmentent surtout au rythme des services sollicités : la tenue de la gestion et la comptabilité engagent des frais supplémentaires. La protection sociale est complète avec ce régime, mais son coût reste élevé.

Le dirigeant SASU est un « assimilé-salarié ». Ce statut implique qu’il n’est pas couvert en cas de perte de mandat social. Le risque repose ainsi sur l’absence d’une assurance chômage, sauf absence de rémunération (voir : chômage et SASU).
    Optimiser une SASU consiste à combiner plusieurs leviers légaux pour alléger la charge fiscale et sociale. Le choix entre l’impôt sur les sociétés et l’option temporaire pour l’impôt sur le revenu pose le cadre. À cela s’ajoutent l’arbitrage entre salaire et dividendes, la création d’une holding pour profiter du régime mère-fille, l’activation du PER et du PEE, ainsi que les crédits d’impôt et le report des déficits. Ces stratégies restent efficaces tant qu’elles reposent sur une réalité économique et respectent le cadre fixé par la loi.

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Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L’ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

Dernière mise à jour le 27/07/2026

FAQ

Quelle est la différence entre SASU et SARL ?

La SASU diffère de la SARL au niveau de l’effectif des associés. La première se définit à partir d’un associé unique, tandis que la deuxième doit réunir au minimum 2 associés. La SARL a un nombre maximum d’associés limité à 100.

Quels sont les avantages spécifiques d'une SASU ?

La SASU a quelques particularités fiscales qui en font un statut juridique avantageux. Aucun prélèvement au titre de cotisation sociale n’est appliqué en l’absence de versement de salaire. Elle bénéficie d’un régime fiscal souple avec une liberté de gestion.

Comment se rémunérer dans une SASU ?

La rémunération d’un dirigeant de SASU peut prendre la forme d’un salaire mensuel. Cette option constitue une solution d’optimisation, car le salaire est déductible du résultat. Par conséquent, le versement d’un salaire réduit le montant imposable.

L’optimisation fiscale d’une SASU est-elle légale ?

Oui. Utiliser les dispositifs prévus par la loi pour réduire son impôt est légal. La frontière à respecter est l’abus de droit. Un montage à but exclusivement fiscal et sans réalité économique peut être requalifié par l’administration fiscale.

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Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L'ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris