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      • La colocation permet à plusieurs locataires de partager un même logement comme résidence principale, avec un seul propriétaire.
      • Pour une colocation, le propriétaire choisit entre un bail unique signé par tous et des baux individuels signés chambre par chambre.
      • La clause de solidarité n’existe que dans le bail unique de colocation. Elle engage chaque colocataire sur la totalité du loyer.
      • Le colocataire qui part reste solidaire pendant 6 mois maximum, sauf s’il est remplacé plus tôt.
      • Dépôt de garantie, charges, assurance et aides au logement suivent des règles propres à la colocation.

Partager un logement à plusieurs séduit autant les étudiants que les jeunes actifs, mais le contrat de location qui encadre cette situation soulève vite des questions concrètes. Le contrat de colocation répond à un régime précis, fixé par la loi du 6 juillet 1989 et complété par la loi ALUR.

Qu’est-ce qu’un contrat de colocation ?

Un contrat de colocation est la convention par laquelle un propriétaire loue un même logement à plusieurs locataires qui en font leur résidence principale. L’article 8-1 de la loi du 6 juillet 1989 en pose la définition depuis la loi ALUR du 24 mars 2014.

La colocation se distingue de la location classique par le nombre de preneurs. Ici, plusieurs personnes occupent le logement et signent un engagement avec le bailleur, alors que la location traditionnelle ne lie qu’un locataire (ou un couple). Chaque colocataire dispose de droits sur le logement et supporte des obligations envers le propriétaire.

Un couple marié ou lié par un PACS n’entre pas dans le cadre de la colocation. La loi le considère comme cotitulaire du bail, avec un régime spécifique traité dans notre guide sur la cotitularité du bail d’habitation. La colocation vise donc des personnes sans lien conjugal, qui décident de vivre ensemble et de partager le loyer.

Faut-il choisir un bail unique ou des baux individuels pour un contrat de colocation ?

Le propriétaire dispose de deux options pour organiser la colocation. Il peut faire signer un bail unique à tous les colocataires, ou conclure des baux individuels avec chacun d’eux. Ce choix change la répartition des responsabilités et le niveau de risque pour le bailleur comme pour les occupants.

Léa, Karim et Sofia cherchent un appartement à trois. Le propriétaire leur propose un bail unique de trois ans avec clause de solidarité. Les trois signent le même contrat et deviennent responsables ensemble du loyer total de 1 200 euros. Si Karim ne paie pas sa part, le bailleur peut réclamer la somme à Léa ou à Sofia. Ils ont accepté en connaissance de cause, car ce mode de contrat rassure le propriétaire et facilite l’accès au logement.

Le bail unique de colocation

Le bail unique réunit tous les colocataires sur un seul contrat. Ils partagent les mêmes droits et les mêmes obligations pendant toute la durée de la location.

Ce contrat suit le modèle réglementaire imposé par le décret n° 2015-587, qui diffère selon que le logement est loué vide ou meublé, via un contrat de location vide ou un contrat de location meublée. Le contrat de colocation meublé suit un modèle-type distinct de celui d’un logement vide.

Une personne qui n’a pas signé ce bail unique n’est qu’un simple occupant. Elle ne dispose d’aucun droit sur le logement. Le propriétaire ne verse qu’un seul dépôt de garantie et peut insérer une clause de solidarité, ce qui explique pourquoi le bail unique reste la forme la plus courante en colocation.

Pour signer un bail unique, le logement doit atteindre une surface minimale de 16 m² pour deux colocataires, puis 9 m² de plus par colocataire supplémentaire, afin d’ouvrir droit aux aides au logement.

Les baux individuels de colocation

Avec des baux individuels, le propriétaire signe autant de contrats qu’il y a de colocataires.

Chaque contrat de colocation individuel porte sur une chambre privative et sur les parties communes mises à disposition. Les colocataires restent indépendants les uns des autres. Ce mode d’organisation présente une contrainte de surface. Chaque chambre louée doit mesurer au moins 9 m² et offrir un volume minimal de 20 m³, hors pièces partagées.

Le bailleur peut aussi adapter la durée de chaque bail au profil du locataire, par exemple un étudiant ou un jeune salarié. Aucune solidarité ne lie les colocataires entre eux, ce qui déplace le risque d’impayé vers le propriétaire.

Le tableau ci-dessous récapitule les différences entre les deux formes de contrat :

Critère Bail unique Baux individuels
Nombre de contrats Un seul pour tous Un par colocataire
Clause de solidarité Possible Impossible
Dépôt de garantie Un seul, restitué au départ du dernier colocataire Un par colocataire, restitué à chaque départ
Objet du bail Logement entier Chambre privative + parties communes
Surface minimale 16 m² pour 2 (condition APL) Chambre ≥ 9 m² et 20 m³
Risque d’impayé Réparti sur les colocataires Supporté par le bailleur
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Comment fonctionne la clause de solidarité dans un bail unique en colocation ?

La clause de solidarité dans un bail unique rend chaque colocataire redevable de la totalité du loyer et des charges, pas seulement de sa part. Si l’un ne paie plus, le propriétaire peut réclamer l’intégralité de la somme à n’importe quel autre signataire. Elle protège le bailleur contre les impayés et ne concerne que le bail unique.

La clause de solidarité s’étend aussi à la caution de chaque colocataire. La personne qui se porte garante s’engage donc au-delà de la part du colocataire qu’elle soutient, ce que détaille notre guide sur la caution solidaire et la colocation. L’acte de cautionnement doit identifier précisément le colocataire concerné pour être valable.

Le départ d’un colocataire ne met pas fin immédiatement à la clause de solidarité. Le locataire sortant, et sa caution, restent tenus pendant les 6 mois qui suivent la fin de son préavis. Cette obligation cesse plus tôt si un nouveau colocataire le remplace sur le bail avant l’échéance de ce délai.

La solidarité du colocataire sortant dure 6 mois maximum. Ce délai court à compter de la fin du préavis. Le remplacement du partant par un nouveau colocataire inscrit au bail y met fin de façon anticipée.

Un colocataire qui quitte les lieux sans donner de congé, ou avec un congé irrégulier, reste engagé tant qu’il n’a pas régularisé sa situation. La clause de solidarité mérite donc une lecture attentive avant toute signature.

Quelles règles s’appliquent au loyer, aux charges et au dépôt dans un contrat de colocation ?

Chaque colocataire paie la part de loyer et de charges prévue au contrat. La répartition est libre entre eux, mais le total réclamé par le propriétaire ne peut pas dépasser le loyer du logement.

Les charges se règlent de deux manières en colocation. Le propriétaire peut demander des provisions avec régularisation annuelle sur les dépenses réelles, comme dans une location classique. Il peut aussi opter pour un forfait de charges versé avec le loyer, sans régularisation ultérieure. Ce forfait constitue une souplesse propre à la colocation, prévue par l’article 8-1 de la loi de 1989.

Les charges récupérables en colocation couvrent notamment :

  • L’eau et le chauffage collectif ;
  • L’entretien des parties communes et des espaces extérieurs ;
  • L’ascenseur et le gardiennage ;
  • Les taxes et redevances locatives.

Le dépôt de garantie est plafonné à un mois de loyer hors charges pour un logement vide, et à deux mois pour un logement meublé. Le propriétaire le restitue dans un délai d’un mois si l’état des lieux de sortie est conforme à celui d’entrée, ou de deux mois en cas de différences justifiant une retenue. Dans un bail unique, un seul dépôt est versé et le propriétaire ne le rend qu’après le départ du dernier colocataire.

Dans les zones tendues soumises à l’encadrement des loyers, le total des loyers payés par l’ensemble des colocataires ne peut pas excéder le loyer maximal autorisé pour le logement entier. Cette règle s’applique que le logement soit loué en bail unique ou en baux individuels. Elle empêche un propriétaire de louer plus cher en divisant le logement par chambre, comme le précise notre guide sur la loi ALUR et les zones tendues.

Quelles conditions de logement et mentions obligatoires prévoit un contrat de colocation ?

Le logement loué en colocation doit être décent. La décence suppose une pièce principale d’au moins 9 m² avec une hauteur sous plafond de 2,20 mètres, ou un volume habitable de 20 m³.

Les deux seuils de surface en colocation répondent à des objectifs différents et ne doivent pas être confondus. Le seuil de 16 m² pour deux colocataires conditionne l’accès aux aides au logement dans un bail unique. Le seuil de 9 m² et 20 m³ correspond à la décence du logement et à la surface minimale d’une chambre en bail individuel.

Le contrat de colocation doit comporter plusieurs mentions obligatoires, sur le modèle du bail-type réglementaire. Le bailleur y joint aussi des annexes comme le diagnostic de performance énergétique. Depuis le 1er janvier 2024, le contrat doit également indiquer l’identifiant fiscal du logement, un numéro de douze caractères issu du décret n° 2023-796.

Les mentions obligatoires du contrat de colocation sont notamment :

  • L’identité du bailleur et de chaque colocataire ;
  • La désignation et la surface du logement ;
  • Le montant du loyer et ses modalités de paiement ;
  • Le montant du dépôt de garantie ;
  • L’identifiant fiscal du logement ;
  • La date de prise d’effet et la durée du bail.

Certaines communes imposent un permis de louer avant toute mise en location. Selon les zones délimitées par l’intercommunalité, le propriétaire dépose une simple déclaration ou demande une autorisation préalable, conformément aux articles L634-1 et L635-1 du Code de la construction et de l’habitation.

Comment gérer le départ d’un colocataire dans un contrat de colocation ?

Un colocataire peut quitter le logement à tout moment, en respectant son préavis. Ce délai est de trois mois pour une location vide, réduit à un mois pour une location meublée ou un logement situé en zone tendue. Notre guide sur le préavis en location non meublée et celui sur le préavis en location meublée précisent la forme du congé à respecter.

Les conséquences du départ dépendent du type de bail :

  • Dans un bail unique, la colocation continue pour les autres et le propriétaire signe un avenant au contrat de location avec le remplaçant.
  • Dans des baux individuels, le bail du partant est résilié et le bailleur conclut un nouveau contrat avec l’entrant, sans l’accord des colocataires restants.

Le propriétaire peut aussi donner congé, mais seulement à l’échéance du bail et pour un motif précis. La loi limite ces motifs à la vente du logement, à la reprise pour y habiter ou y loger un proche, ou à un motif légitime et sérieux. Le préavis du bailleur est de six mois pour une location vide et de trois mois pour un meublé.

En présence d’une clause de solidarité, le congé adressé à un seul colocataire vaut pour tous. Sans cette clause, le propriétaire doit notifier son congé à chaque colocataire. Pour des baux individuels, il envoie une lettre de résiliation à chacun.

Le congé passe toujours par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR), acte de commissaire de justice ou remise en main propre contre récépissé.

Que faut-il savoir sur l’assurance, les aides et la vie en colocation ?

Chaque colocation doit être couverte par une assurance habitation contre les risques locatifs, obligation posée par l’article 7 de la loi du 6 juillet 1989. Les colocataires souscrivent soit un contrat collectif au nom de tous, soit une assurance individuelle par personne. Le propriétaire peut demander une attestation chaque année.

Les aides au logement se demandent et se versent individuellement. Chaque colocataire dépose sa propre demande auprès de la CAF, qui calcule l’APL, l’ALS ou l’ALF sur sa quote-part de loyer et selon sa situation. Un colocataire éligible touche donc son aide même si les autres n’y ont pas droit.

La taxe d’habitation a disparu sur les résidences principales, mais reste due sur les résidences secondaires et les logements meublés non affectés à l’habitation principale. En colocation classique servant de résidence principale, les colocataires n’y sont donc plus soumis, comme l’explique notre guide sur la taxe d’habitation du locataire.

Les colocataires peuvent organiser leur vie commune avec un pacte de colocation. Ce document libre fixe la répartition des tâches, des dépenses et l’usage des espaces partagés. Il n’a aucune valeur légale imposée, mais il prévient les conflits. Beaucoup de colocations l’associent à l’ouverture d’un compte bancaire joint pour régler ensemble le loyer et les charges.

Le contrat de colocation permet à plusieurs locataires de partager un logement en résidence principale, sous la forme d’un bail unique ou de baux individuels. Le bail unique s’accompagne souvent d’une clause de solidarité qui engage chacun sur la totalité du loyer, avec une solidarité du partant limitée à six mois. Les baux individuels isolent chaque colocataire mais transfèrent le risque d’impayé au propriétaire. Loyer, charges, dépôt, surface minimale, assurance et aides suivent des règles précises, auxquelles s’ajoutent depuis 2024 l’identifiant fiscal du logement et, dans certaines communes, le permis de louer.

FAQ

Comment faire un contrat pour une colocation ?

Le propriétaire utilise un contrat-type conforme au décret n° 2015-587. Il choisit un bail unique signé par tous les colocataires ou des baux individuels par chambre, et adapte le modèle selon que le logement est vide ou meublé. Un modèle de contrat de colocation gratuit, à générer en ligne ou à récupérer au format PDF, permet d'obtenir un document complet avec les mentions obligatoires.

Quelle est la différence entre un bail de location classique et une colocation ?

La location classique lie le propriétaire à un seul locataire ou à un couple. La colocation réunit plusieurs locataires sans lien conjugal dans un même logement, avec des règles propres sur la solidarité, les charges et le dépôt de garantie. Un couple marié ou pacsé relève de la cotitularité, pas de la colocation.

Comment prouver la colocation à la CAF ?

Le colocataire transmet à la CAF son contrat de colocation, qui mentionne le logement partagé et sa quote-part de loyer. La CAF utilise ce document pour calculer l'aide au logement sur la part payée par le demandeur. Une attestation du propriétaire peut compléter le dossier.

Peut-on percevoir des aides au logement en colocation ?

Oui. Chaque colocataire peut demander l'APL, l'ALS ou l'ALF pour sa part de loyer. La demande et le versement sont individuels. Le montant dépend de la situation personnelle du colocataire et de sa quote-part, indépendamment des autres occupants.

Que devient le dépôt de garantie quand un colocataire part ?

Dans un bail unique, le dépôt reste bloqué et n'est restitué qu'après le départ du dernier colocataire. Le partant ne peut pas exiger sa part et s'arrange avec les autres. Dans des baux individuels, chaque colocataire récupère son propre dépôt à la fin de son bail.

La clause de solidarité est-elle obligatoire en colocation ?

Non. La clause de solidarité reste facultative et ne concerne que le bail unique. Le propriétaire l'insère pour se protéger des impayés. Sans elle, chaque colocataire ne répond que de sa part de loyer et de charges.

Quelle surface minimale pour une colocation ?

Une chambre en bail individuel doit mesurer au moins 9 m² et offrir 20 m³, ce qui correspond aussi aux critères de décence. Pour ouvrir droit aux aides au logement en bail unique, le logement doit atteindre 16 m² pour deux colocataires, puis 9 m² de plus par colocataire supplémentaire.

Vaut-il mieux un bail unique ou des baux individuels pour une colocation ?

Le bail unique rassure le propriétaire grâce à la clause de solidarité et simplifie la gestion, mais engage chaque colocataire sur le loyer total. Les baux individuels protègent chaque locataire, qui ne paie que sa part, mais reportent le risque d'impayé sur le bailleur. Le choix dépend du niveau de garantie recherché.

Si je quitte ma colocation avant les autres, dois-je continuer à payer ?

Dans un bail unique avec clause de solidarité, vous restez tenu du loyer pendant six mois après la fin de votre préavis, sauf si un nouveau colocataire vous remplace plus tôt. Sans clause de solidarité, ou en bail individuel, votre engagement cesse à la fin du préavis.

Combien de temps reste-t-on solidaire des loyers après son départ d'une coloc ?

La solidarité du colocataire sortant dure au maximum six mois à compter de la fin de son préavis, dans un bail unique comportant une clause de solidarité. Elle prend fin plus tôt si un nouveau colocataire est inscrit au bail avant l'expiration de ce délai.

Chaque colocataire peut-il toucher l'APL séparément ?

Oui. Chaque colocataire dépose sa propre demande d'aide au logement et perçoit l'APL sur sa quote-part de loyer. Le calcul tient compte de sa situation individuelle. Un colocataire peut donc être aidé même si un autre ne remplit pas les conditions.
Modèle de contrat de location

Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L’ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

Dernière mise à jour le 08/07/2026

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Rédigé par

Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L'ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris