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  • Votre SARL paie l’impôt sur les sociétés par défaut, au taux de 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice puis 25 % au-delà.
  • Une SARL de moins de 5 ans peut opter pour l’impôt sur le revenu pendant 5 exercices maximum, sans limite de durée s’il s’agit d’une SARL de famille.
  • Une SARL supporte aussi la TVA, au taux normal de 20 %, et la contribution économique territoriale.
  • Les dividendes versés par une SARL supportent 31,4 % de prélèvements depuis le 1er janvier 2026, contre 30 % auparavant.

Vous venez de créer votre société, ou vous préparez votre premier exercice, et une question revient sans cesse. Combien votre SARL va-t-elle réellement payer, et sur quoi pouvez-vous agir ? La fiscalité d’une SARL ne se limite pas à l’impôt sur les bénéfices. Entre la TVA, les taxes locales et l’imposition de votre propre rémunération, la société à responsabilité limitée cumule plusieurs prélèvements qui n’obéissent pas aux mêmes règles. Voici comment fonctionne l’imposition d’une SARL en 2026, avec les taux applicables, les seuils à surveiller et des calculs détaillés.

Quels sont les régimes d’imposition d’une SARL ?

La fiscalité de la SARL se joue à deux niveaux distincts. La société paie l’impôt sur ses bénéfices, la TVA sur ses ventes et les taxes locales liées à son activité. Vous, associé ou gérant, payez ensuite l’impôt sur ce que la société vous verse, sous forme de rémunération ou de dividendes.

Voici un tableau récapitulatif de l’ensemble des prélèvements auxquels une SARL est soumise en 2026 :

Prélèvement Qui le paie Taux ou montant 2026 Échéance
Impôt sur les sociétés La société 15 % jusqu’à 42 500 € puis 25 % 4 acomptes + solde
Impôt sur le revenu (sur option) Chaque associé Barème progressif de 0 à 45 % Déclaration annuelle de revenus
TVA La société (collectée sur les clients) 20 % en général, sauf taux réduits Mensuelle, trimestrielle ou annuelle
Cotisation foncière des entreprises La société Base minimum de 247 à 7 669 € selon le chiffre d’affaires 15 décembre
Cotisation sur la valeur ajoutée La société, au-delà de 500 000 € de chiffre d’affaires 0,28 % maximum de la valeur ajoutée Acomptes en juin et septembre
Flat tax sur les dividendes L’associé bénéficiaire 31,4 % Prélevée à la source

L’impôt sur les sociétés, le régime fiscal par défaut en SARL

Dès son immatriculation, votre SARL est soumise à l’impôt sur les sociétés sans aucune démarche de votre part, au taux de 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice puis de 25 % au-delà. La SARL à l’impôt sur les sociétés est alors considérée comme un contribuable à part entière. Elle calcule son bénéfice, déclare son résultat et paie son impôt sur ses propres deniers. Vos revenus personnels n’entrent pas en jeu.

Ce fonctionnement porte un nom que vous rencontrerez souvent, l’opacité fiscale. Concrètement, tant que la société ne vous verse rien, vous n’avez rien à déclarer sur ses bénéfices.

L’impôt sur le revenu, une option encadrée en SARL

Une SARL peut, sur option, échapper à l’impôt sur les sociétés pour relever de l’impôt sur le revenu. La société calcule alors son bénéfice mais ne paie aucun impôt dessus. C’est chaque associé qui déclare sa part dans sa propre déclaration de revenus, au prorata de ses parts sociales, et qui l’ajoute à ses autres revenus.

Cette option n’est pas ouverte à toutes les SARL et elle ne dure pas indéfiniment. L’article 239 bis AB du Code général des impôts la réserve aux sociétés de moins de 5 ans, pour 5 exercices au maximum. Seule la SARL de famille échappe à cette limite de durée.

Le régime fiscal d’une SARL et le régime social de son gérant sont deux sujets séparés. Une SARL à l’impôt sur les sociétés peut très bien avoir un gérant majoritaire travailleur non salarié, qui supporte environ 45 % de cotisations sur son revenu net, et une SARL à l’impôt sur le revenu un gérant assimilé salarié, dont les charges atteignent près de 82 % du brut.

Comment fonctionne l’imposition d’une SARL à l’IS ?

Quel est le taux d’imposition d’une SARL à l’IS ?

Le taux normal de l’impôt sur les sociétés est de 25 %. Un taux réduit d’impôt sur les sociétés de 15 % s’applique cependant sur la première tranche de bénéfices, jusqu’à 42 500 €. Au-delà de ce montant, le taux de 25 % reprend la main sur l’excédent.

La quasi-totalité des SARL bénéficie du taux réduit, à condition de remplir trois critères au moment de la clôture comptable :

  • Réaliser un chiffre d’affaires hors taxes inférieur à 10 000 000 € ;
  • Avoir un capital social entièrement libéré, c’est-à-dire intégralement versé sur le compte de la société ;
  • Être détenue de façon continue à 75 % au moins par des personnes physiques, directement ou indirectement.
Une SARL qui n’a libéré que 20 % de son capital à la création perd le bénéfice du taux réduit de 15 % jusqu’à la libération complète des apports. Sur 42 500 € de bénéfice, l’écart atteint 4 250 € d’impôt supplémentaire.

Comment calculer l’impôt sur les sociétés de votre SARL ?

Le calcul de l’impôt sur les sociétés d’une SARL se déroule en trois temps. Il part de votre comptabilité, la corrige selon les règles fiscales, puis applique les taux de 15 % et 25 %.

  1. Déterminez votre résultat comptable, soit la différence entre vos produits et vos charges de l’exercice ;
  2. Passez du résultat comptable au résultat fiscal en réintégrant les charges non déductibles et en déduisant les produits non imposables ;
  3. Appliquez 15 % sur les premiers 42 500 €, puis 25 % sur le reste.

Sophie et Marc dirigent une SARL de travaux de peinture. Leur exercice se solde par un résultat comptable de 62 000 €, dont 2 000 € d’amendes routières que le fisc n’accepte pas en déduction. Leur résultat fiscal s’établit donc à 64 000 €. Ils paient 6 375 € au titre des 42 500 premiers euros, puis 5 375 € sur les 21 500 € restants. Soit 11 750 € d’impôt sur les sociétés, ce qui représente un taux effectif de 18,4 %. Tant que le bénéfice reste modéré, le taux réellement supporté par une SARL se situe donc largement en dessous des 25 %.

Toutes les charges d’une SARL ne réduisent pas son impôt. Les amendes et pénalités, la part non professionnelle des dépenses somptuaires et la rémunération de l’associé en SARL à l’impôt sur le revenu sont réintégrées au résultat fiscal. À l’inverse, la rémunération du gérant, les cotisations sociales, les loyers professionnels, les frais bancaires et les intérêts d’emprunt viennent bien réduire la base imposable. C’est là que se joue une grande partie des charges d’une SARL et de sa facture fiscale finale. Un euro de charge déductible fait économiser 15 ou 25 centimes d’impôt selon la tranche atteinte.

Un exercice déficitaire n’est pas perdu pour une SARL. Le déficit d’une SARL à l’impôt sur les sociétés se reporte sans limite de durée sur les bénéfices des exercices suivants, dans la limite d’un million d’euros par an, majoré de 50 % de la fraction du bénéfice supérieure.

Quand déclarer et payer l’IS de sa SARL ?

Votre SARL déclare son résultat sur le formulaire 2065, accompagné des tableaux annexes qui composent la liasse fiscale de la SARL. Pour un exercice clos au 31 décembre, la télédéclaration intervient au plus tard le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai. Pour une clôture en cours d’année, comptez trois mois à partir de la date de clôture.

Le paiement de l’impôt sur les sociétés suit un calendrier distinct de celui de la déclaration. Une SARL le règle par quatre acomptes trimestriels, aux 15 mars, 15 juin, 15 septembre et 15 décembre, calculés sur le résultat de l’exercice précédent. Le solde est versé au moment de la déclaration.

Deux situations dispensent une SARL de verser ces acomptes d’impôt sur les sociétés. Une société nouvellement créée n’en verse aucun lors de son premier exercice, faute de référence antérieure. Une SARL dont l’impôt de l’année précédente est inférieur à 3 000 € paie également en une seule fois, au moment du solde. La déclaration d’impôt en SARL reste dans tous les cas dématérialisée.

Quels sont les avantages et les inconvénients de l’IS pour une SARL ?

Ce que l’IS vous apporte en SARL Ce qu’il vous coûte en SARL
Vos revenus personnels ne sont pas affectés par les bénéfices non distribués Les bénéfices sont taxés deux fois s’ils vous sont versés en dividendes
La rémunération du gérant est déductible du résultat Les déficits restent bloqués dans la société
Le taux de 15 % est plus doux que les tranches hautes du barème progressif Vous ne pouvez plus revenir à l’impôt sur le revenu après avoir renoncé à l’option
Vous choisissez le moment où vous vous versez des dividendes La gestion comptable est plus exigeante

Comment opter pour l’impôt sur le revenu en SARL ?

Quelles conditions remplir pour opter pour l’IR en SARL ?

L’option pour l’impôt sur le revenu concerne les jeunes SARL de petite taille dirigées par leurs propres associés. La société doit remplir l’ensemble des conditions suivantes pour pouvoir exercer son option pour l’impôt sur le revenu :

  • Exercer une activité industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale, la gestion de patrimoine mobilier ou immobilier étant exclue ;
  • Avoir été créée depuis moins de 5 ans à la date d’ouverture du premier exercice concerné ;
  • Employer moins de 50 salariés ;
  • Réaliser un chiffre d’affaires annuel ou présenter un total de bilan inférieur à 10 millions d’euros ;
  • Ne pas être cotée sur un marché réglementé ;
  • Avoir un capital et des droits de vote détenus pour moitié au moins par des personnes physiques, dont 34 % au moins par le gérant, les membres de sa famille proche ou les dirigeants.
L’option pour l’impôt sur le revenu exige l’accord unanime des associés de la SARL. Elle doit être notifiée au service des impôts dans les trois premiers mois de l’exercice auquel elle s’applique. Passé ce délai, vous devez attendre l’exercice suivant.

Comment les associés sont-ils imposés dans une SARL à l’IR ?

Dans une SARL à l’impôt sur le revenu, chaque associé déclare la part de bénéfice correspondant à ses parts sociales, qu’il ait perçu cet argent ou non. C’est le point qui surprend le plus souvent. Même si la société conserve la totalité du résultat pour financer sa croissance, les associés sont imposés dessus.

Cette quote-part de bénéfice s’ajoute aux autres revenus du foyer, puis le barème progressif s’applique à l’ensemble. La catégorie de déclaration dépend de l’activité exercée, BIC ou BNC selon qu’il s’agit d’une activité commerciale ou libérale.

Voici le barème applicable en 2026 :

Tranche de revenu imposable par part Taux
jusqu'à 11 600 € 0 %
de 11 601 € à 29 579 € 11 %
de 29 580 € à 84 577 € 30 %
de 84 578 € à 181 917 € 41 %
supérieure à 181 917 € 45 %

Nadia détient 40 % d’une SARL à l’impôt sur le revenu qui dégage 50 000 € de bénéfice. Elle déclare donc 20 000 € au titre de sa quote-part. Comme son conjoint perçoit par ailleurs 35 000 € de salaire, ces 20 000 € viennent s’empiler sur le revenu du foyer et sont taxés dans la tranche à 30 %. Ils coûtent environ 6 000 € d’impôt au couple, même si la société n’a rien distribué.

Quelle est la durée de l’option pour l’IR en SARL et comment en sortir ?

L’option pour l’impôt sur le revenu vaut pour 5 exercices consécutifs au maximum. À son terme, la SARL revient automatiquement à l’impôt sur les sociétés. Vous pouvez aussi y renoncer avant l’échéance, avant la fin du troisième mois de l’exercice à partir duquel vous souhaitez sortir du régime.

La sortie de l’impôt sur le revenu est définitive. Une fois revenue à l’impôt sur les sociétés, la SARL ne peut plus opter une seconde fois pour l’impôt sur le revenu. Ce changement de régime fiscal mérite donc d’être anticipé plusieurs exercices à l’avance.

Quels sont les avantages et les inconvénients de l’IR pour une SARL ?

Ce que l’IR vous apporte en SARL Ce qu’il vous coûte en SARL
Les déficits s’imputent directement sur les revenus de votre foyer Vous êtes imposé sur des bénéfices que vous n’avez pas encaissés
Aucun impôt au niveau de la société, donc pas de double imposition La rémunération du gérant n’est plus déductible du résultat
Le régime convient aux foyers faiblement imposés L’option est plafonnée à 5 exercices et sa sortie est irréversible
Les dividendes ne subissent pas la flat tax Un bénéfice élevé peut vous faire changer de tranche marginale

SARL à l’IS ou à l’IR : comment choisir ?

Les situations où l’IR est plus intéressant

L’impôt sur le revenu prend l’avantage sur l’impôt sur les sociétés dans deux cas de figure, quand la SARL perd de l’argent et quand le foyer des associés est peu imposé. Un déficit remonte alors chez les associés et vient réduire leur impôt personnel, ce qui produit un gain de trésorerie immédiat plutôt qu’un crédit d’impôt bloqué dans la société.

Le régime est également favorable si vous vous rémunérez peu et que vos autres revenus restent dans les tranches à 0 % ou 11 % du barème. Dans ce cas, un bénéfice modeste peut être taxé à un taux réel inférieur aux 15 % de l’impôt sur les sociétés. Une SARL qui dégage 8 000 € de bénéfice partagé entre deux associés non imposables ne paiera ainsi aucun impôt, là où l’impôt sur les sociétés aurait prélevé 1 200 €.

Les situations où l’IS est plus intéressant

L’impôt sur les sociétés devient plus avantageux dès que l’activité de la SARL devient bénéficiaire et que vous n’avez pas besoin de sortir tout l’argent de la société. Les 15 % appliqués aux 42 500 premiers euros sont plus doux que la tranche à 30 % du barème, dans laquelle beaucoup de foyers basculent rapidement.

Ce régime est aussi le seul qui vous laisse la main sur le calendrier. Vous décidez de la part du résultat que vous conservez pour investir et de celle que vous vous versez, alors qu’à l’impôt sur le revenu la totalité du bénéfice est imposée chez les associés, année après année.

Votre situation en SARL Régime fiscal le plus favorable
Les premières années sont déficitaires Impôt sur le revenu
Le foyer est imposé à 0 % ou 11 % Impôt sur le revenu
Vous réinvestissez la majorité des bénéfices Impôt sur les sociétés
Vous vous versez une rémunération importante Impôt sur les sociétés
Vous voulez piloter la distribution de dividendes Impôt sur les sociétés
Vous exploitez un bien en location meublée en famille Impôt sur le revenu, en SARL de famille

Camille et Yanis ouvrent un studio de yoga en SARL. Les deux premières années, l’activité perd 18 000 € au total. Comme ils ont opté pour l’impôt sur le revenu, chacun impute 9 000 € sur les salaires de son foyer et récupère près de 2 700 € d’impôt. La troisième année, le studio dégage 55 000 € de bénéfice. Chacun doit alors déclarer 27 500 €, ce qui les fait tous deux basculer dans la tranche à 30 % et leur coûte environ 8 250 € chacun. À l’impôt sur les sociétés, la société aurait payé 9 500 € au total et ils auraient choisi eux-mêmes le montant à se distribuer.

L’impôt sur le revenu cesse d’être avantageux dès que la SARL devient rentable, ce qui correspond au schéma le plus courant. L’option se raisonne donc comme un outil de lancement, pas comme un choix définitif.

Avant de trancher, faites chiffrer les deux scénarios sur votre prévisionnel, en tenant compte de vos autres revenus et de la composition de votre foyer fiscal.

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Le cas particulier de la SARL de famille

La SARL de famille n’est pas une forme juridique distincte. Il s’agit d’une SARL classique dont tous les associés appartiennent au même cercle familial, ce qui lui ouvre une option pour l’impôt sur le revenu sans limite de durée, là où une SARL ordinaire est plafonnée à 5 exercices. Les liens de parenté admis sont les suivants :

  • Les parents et leurs enfants ;
  • Les grands-parents et leurs petits-enfants ;
  • Les frères et sœurs ;
  • Les conjoints mariés ;
  • Les partenaires liés par un PACS.

Chaque associé doit être relié aux autres par l’un de ces liens. L’entrée d’un ami ou d’un associé extérieur fait perdre le régime.

L’activité d’une SARL de famille doit être industrielle, commerciale, artisanale ou agricole. Les activités civiles, comme la location de terrains nus, et les activités libérales sont exclues, sauf lorsqu’elles restent accessoires et indissociables de l’activité principale. Une SARL de famille exerçant une profession libérale ne peut donc pas opter pour l’impôt sur le revenu.

Pourquoi l’option pour l’IR est-elle illimitée en SARL de famille ?

L’article 239 bis AA du Code général des impôts réserve aux SARL de famille une option pour l’impôt sur le revenu à durée illimitée, sans condition d’ancienneté ni d’effectif. Là où une SARL classique dispose de 5 exercices, la SARL de famille peut rester à l’impôt sur le revenu pendant toute son existence.

La contrepartie de cette option est la même que pour toute société transparente. Chaque associé de la SARL de famille déclare sa quote-part de bénéfice, y compris s’il ne l’a pas encaissée, et la rémunération du gérant n’est pas déductible du résultat. Les cotisations sociales de la SARL de famille suivent par ailleurs des règles propres selon le rôle de chacun.

L’intérêt de la SARL de famille en location meublée

La location meublée relève des bénéfices industriels et commerciaux, ce qui la rend éligible au régime de la SARL de famille. C’est ce qui explique le succès de la SARL de famille en LMNP pour détenir un patrimoine locatif à plusieurs.

Le montage permet d’amortir les biens, donc de réduire fortement le résultat imposable, tout en conservant la souplesse d’une société pour transmettre progressivement les parts aux enfants. La location nue, en revanche, reste une activité civile et ferme la porte à ce régime.

Quel régime de TVA s’applique à votre SARL ?

Votre SARL relève de l’un des trois régimes de TVA selon son chiffre d’affaires et le montant de taxe qu’elle doit. En dessous de 85 000 € pour les ventes et de 37 500 € pour les services, elle ne collecte rien. Au-delà, elle facture la TVA à ses clients et la déclare, à une fréquence qui dépend du régime dont elle relève.

La franchise en base de TVA

Sous 85 000 € de chiffre d’affaires pour les ventes de biens et sous 37 500 € pour les prestations de services, votre SARL n’a pas à collecter la TVA. Elle facture hors taxes et ne dépose aucune déclaration de TVA. En contrepartie, elle ne récupère pas la TVA payée sur ses propres achats.

Activité Seuil de base Seuil majoré
Ventes de biens, hébergement, restauration 85 000 € 93 500 €
Prestations de services et professions libérales 37 500 € 41 250 €
Avocats, auteurs et artistes-interprètes 50 000 € 55 000 €

Le dépassement du seuil de base fait perdre la franchise en base de TVA à partir du 1er janvier de l’année suivante. Le dépassement du seuil majoré, fixé à 93 500 € pour les ventes et 41 250 € pour les services, rend la SARL redevable de la TVA dès le premier jour du mois de dépassement.

Le régime réel simplifié, jusqu’au 31 décembre 2026

Le régime réel simplifié de TVA concerne les SARL dont le chiffre d’affaires se situe compris entre 85 000 € et 945 000 € pour les ventes, ou compris entre 37 500 € et 286 000 € pour les prestations de services, à condition que la TVA due l’année précédente soit inférieure à 15 000 €.

Son intérêt réside dans sa légèreté administrative. La SARL ne dépose qu’une déclaration annuelle, la CA12, et verse deux acomptes en cours d’année, 55 % en juillet et 40 % en décembre.

Le régime réel simplifié de TVA disparaît le 1er janvier 2027. Les SARL concernées basculeront au régime réel normal, avec des déclarations CA3 trimestrielles par défaut, ou mensuelles au-delà d’un million d’euros de chiffre d’affaires. Une SARL aujourd’hui à la CA12 gagne à préparer dès maintenant l’organisation comptable qui suivra.

Le régime réel normal

Au-delà de 945 000 € de chiffre d’affaires pour les ventes, de 286 000€ pour les services, ou dès que la TVA due dépasse 15 000 €, votre SARL relève du régime réel normal de TVA.

Elle dépose alors une déclaration CA3 chaque mois, ou chaque trimestre si la taxe annuelle due reste inférieure à 4 000 €. Chaque déclaration solde la TVA collectée du mois moins la TVA déductible, ce qui donne une visibilité bien plus fine sur la trésorerie qu’une régularisation annuelle.

La facturation électronique, obligatoire depuis le 1er septembre 2026

Depuis le 1er septembre 2026, toute SARL assujettie à la TVA doit être en mesure de recevoir des factures électroniques émises par ses fournisseurs. Cette obligation ne connaît pas de seuil, elle vaut aussi pour les plus petites structures.

L’obligation d’émettre ses propres factures au format électronique arrive le 1er septembre 2027 pour les petites et moyennes entreprises, ce qui couvre la très grande majorité des SARL. Le passage à la facturation électronique suppose de choisir une plateforme agréée, qui transmettra les factures et certaines données de transaction à l’administration.

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Quelles autres taxes une SARL doit-elle payer ?

La fiscalité d’une SARL ne s’arrête pas à l’impôt sur les bénéfices et à la TVA. Toute SARL est aussi redevable de la contribution économique territoriale, qui regroupe la cotisation foncière des entreprises et la cotisation sur la valeur ajoutée. Une contribution sociale de 3,3 % s’ajoute à l’impôt sur les sociétés pour les sociétés dont le chiffre d’affaires dépasse 7 630 000 €.

La cotisation foncière des entreprises (CFE)

La CFE est due par toute SARL exerçant une activité professionnelle, qu’elle occupe un local commercial ou que son gérant travaille depuis son domicile. Son montant dépend de la valeur locative des biens utilisés et du taux voté par la commune.

Quand une SARL n’utilise aucun local ou un local de faible valeur, l’administration calcule sa cotisation foncière des entreprises sur une base minimum, déterminée à partir du chiffre d’affaires de l’avant-dernière année. Chaque commune fixe son montant à l’intérieur d’une fourchette légale.

Chiffre d’affaires de référence Base minimum 2026
De 5 001 à 10 000 € de 247 à 589 €
De 10 001 à 32 600 € de 247 à 1 179 €
De 32 601 à 100 000 € de 247 à 2 477 €
De 100 001 à 250 000 € de 247 à 4 129 €
De 250 001 à 500 000 € de 247 à 5 897 €
À partir de 500 001 € de 247 à 7 669 €

Le paiement de la cotisation foncière des entreprises intervient au plus tard le 15 décembre. Un acompte de 50 % est exigé au 15 juin lorsque la cotisation de l’année précédente dépasse 3 000 €. Une SARL dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 5 000 € en est exonérée.

Votre SARL est totalement exonérée de cotisation foncière des entreprises l’année de sa création, mais uniquement si elle dépose la déclaration 1447-C avant le 31 décembre de cette même année. Cette formalité passe souvent à la trappe et se traduit par un avis d’imposition inattendu. Nos formalistes attirent votre attention sur ce point lors de la création de votre SARL.

La cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE)

La CVAE frappe la valeur ajoutée produite par votre SARL, c’est-à-dire la richesse créée après déduction des achats et charges externes. Son taux maximal est de 0,28 % en 2026, identique à celui de 2025.

Deux seuils commandent l’application de la CVAE. La déclaration devient obligatoire à partir de 152 500 € de chiffre d’affaires, mais le paiement effectif ne concerne que les sociétés dépassant 500 000 €. En dessous, un dégrèvement annule la cotisation, avec une réduction supplémentaire de 188 € pour les entreprises réalisant moins de 2 millions d’euros de chiffre d’affaires.

La suppression de la CVAE, un temps annoncée pour 2027, est reportée à 2030. Le taux passera à 0,19 % en 2028 puis à 0,09 % en 2029. L’ensemble formé par la CFE et la CVAE est par ailleurs plafonné à 1,531 % de la valeur ajoutée de la société pour 2026 et 2027. Le dégrèvement correspondant n’est pas automatique, il faut le demander, ce qui rend le calcul de la CVAE utile à vérifier chaque année.

La contribution sociale sur l’IS

La contribution sociale sur l’impôt sur les sociétés s’élève à 3,3 % du montant de cet impôt, après application d’un abattement de 763 000 €. Elle ne concerne que les sociétés dont le chiffre d’affaires dépasse 7 630 000 €. En pratique, la quasi-totalité des SARL en est exonérée, puisque l’abattement suppose un bénéfice supérieur à 3 millions d’euros pour que la contribution devienne exigible. Les autres taxes d’entreprise restent liées à des situations particulières, comme la détention de véhicules de société.

Comment sont imposés la rémunération gérant de SARL et les dividendes ?

L’imposition de la rémunération du gérant

La rémunération du gérant de SARL est imposée à l’impôt sur le revenu dans la catégorie des traitements et salaires, exactement comme un salaire, avec l’abattement de 10 % pour frais professionnels.

Le traitement fiscal de cette rémunération côté société diffère radicalement selon le régime de la SARL. En SARL à l’impôt sur les sociétés, la rémunération du gérant est une charge déductible qui réduit le bénéfice imposable. En SARL à l’impôt sur le revenu, elle ne l’est pas. Elle reste dans le résultat que les associés se partagent, puis elle est imposée une seconde fois chez le gérant.

Le niveau de cotisations du gérant de SARL dépend de la part du capital qu’il détient. Un gérant majoritaire relève des travailleurs non salariés, avec environ 45 % de cotisations sur son revenu net. Un gérant minoritaire ou égalitaire rémunéré est assimilé salarié et supporte près de 82 % de charges sur son brut, sans assurance chômage.

L’imposition des dividendes versés aux associés de la SARL

Quand votre SARL à l’impôt sur les sociétés dégage un bénéfice, vous pouvez décider de vous en distribuer une partie. Ces sommes supportent alors un prélèvement forfaitaire unique, plus connu sous le nom de flat tax.

Le taux de la flat tax applicable aux dividendes est passé de 30 à 31,4 % au 1er janvier 2026. Il se décompose en 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, la contribution sociale généralisée sur les revenus du capital ayant été relevée de 1,4 point par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026.

Karim se verse 10 000 € de dividendes de sa SARL en 2026. La flat tax lui prélève 3 140 €, il encaisse donc 6 860 €. La même distribution en 2025 lui aurait coûté 3 000 €, soit 140 € de moins. La hausse représente 14 € pour chaque 1 000 € distribués.

Les dividendes peuvent aussi échapper à la flat tax si vous optez pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Cette option ouvre droit à un abattement de 40 % sur le montant brut et à la déduction partielle de la contribution sociale généralisée. Elle devient favorable lorsque votre foyer n’est pas imposable ou reste dans la tranche à 11 %, mais elle vaut pour l’ensemble de vos revenus financiers de l’année. L’imposition des dividendes en SARL se calcule donc à l’échelle du foyer, pas seulement de la société.

La règle des 10 % pour le gérant majoritaire

Si vous êtes gérant majoritaire d’une SARL, une partie de vos dividendes peut échapper à la flat tax pour basculer dans les cotisations sociales des travailleurs non salariés. La bascule concerne la fraction qui dépasse 10 % d’une base composée du capital social, des primes d’émission et des sommes laissées en compte courant.

Le capital de la SARL de Julien est de 10 000 € et il ne détient aucun compte courant. Il se verse 15 000 € de dividendes. Les 1 000 premiers euros supportent la flat tax à 31,4 %. Les 14 000 € restants sont soumis aux cotisations sociales des travailleurs non salariés, autour de 45 %, ce qui alourdit sa facture d’environ 1 900 € par rapport à un gérant minoritaire. Plus le capital social est faible, plus la part de dividendes soumise aux cotisations est élevée.

La règle des 10 % explique pourquoi la distribution de dividendes en SARL se prépare en amont, notamment au moment de fixer le montant du capital social.

Une SARL paie l’impôt sur les sociétés au taux de 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice puis 25 % au-delà, sauf si elle opte pour l’impôt sur le revenu, une option ouverte pendant 5 exercices aux sociétés de moins de 5 ans et sans limite de durée aux SARL de famille. À cet impôt sur les bénéfices s’ajoutent la TVA, la cotisation foncière des entreprises et, au-delà de 500 000 € de chiffre d’affaires, la cotisation sur la valeur ajoutée. Deux échéances méritent l’attention des dirigeants cette année. La flat tax sur les dividendes est passée à 31,4 % le 1er janvier 2026 et le régime simplifié de TVA disparaîtra le 1er janvier 2027. LegalPlace vous accompagne dans la création de votre SARL et les experts-comptables ComptaPlace prennent en charge le suivi de votre fiscalité.

Devis d'expertise comptable

Xavier de Labarrière

Expert-comptable inscrit à l’Ordre Xavier est spécialisé dans l’accompagnement des petites entreprises et entreprises à forte croissance. Il a accompagné plus de 3000 entrepreneurs dans la création et gestion de leur entreprise en tant qu’expert comptable. Il est président de ComptaPlace, la filiale d’expertise comptable de LegalPlace.

Dernière mise à jour le 20/08/2026

FAQ

Quel est le taux d'imposition d'une SARL ?

Une SARL paie l’impôt sur les sociétés au taux réduit de 15 % sur ses 42 500 premiers euros de bénéfice, puis au taux normal de 25 % au-delà. Le taux réduit suppose un chiffre d’affaires inférieur à 10 000 000 €, un capital entièrement libéré et une détention à 75 % au moins par des personnes physiques.

Quel est le régime fiscal d'une SARL ?

Le régime fiscal par défaut de la SARL est l’impôt sur les sociétés. La société paie elle-même l’impôt sur ses bénéfices. Sur option et sous conditions, elle peut relever de l’impôt sur le revenu, chaque associé déclarant alors sa part de bénéfice dans sa déclaration personnelle.

Quelles sont les charges à payer pour une SARL ?

Une SARL supporte l’impôt sur les bénéfices, la TVA, la cotisation foncière des entreprises et, au-delà de 500 000 € de chiffre d’affaires, la cotisation sur la valeur ajoutée. S’y ajoutent les cotisations sociales du gérant, environ 45 % du revenu net pour un gérant majoritaire et près de 82 % du brut pour un gérant assimilé salarié.

Quelles sont les conditions pour bénéficier du taux réduit d'IS à 15 % ?

Trois conditions sont exigées à la clôture de l’exercice pour qu’une SARL bénéficie du taux réduit d’impôt sur les sociétés de 15 %. Le chiffre d’affaires hors taxes doit rester sous 10 000 000 €, le capital social doit être entièrement libéré, et 75 % au moins du capital doit être détenu de façon continue par des personnes physiques.

Une SARL déficitaire paie-t-elle des impôts ?

Une SARL déficitaire ne paie pas d’impôt sur les bénéfices. Elle reste redevable de la TVA sur ses ventes et de la cotisation foncière des entreprises, sauf exonération. À l’impôt sur les sociétés, le déficit se reporte sur les bénéfices futurs. À l’impôt sur le revenu, il s’impute directement sur les revenus des associés.

Une SARL peut-elle changer de régime fiscal en cours de vie ?

Une SARL peut changer de régime fiscal, mais dans un seul sens de manière durable. Une SARL de moins de 5 ans peut opter pour l’impôt sur le revenu pendant 5 exercices maximum, puis elle revient à l’impôt sur les sociétés. Cette sortie est définitive, une nouvelle option n’est plus possible ensuite.

Comment est imposée une SARL de famille ?

Une SARL de famille peut opter pour l’impôt sur le revenu sans limite de durée, à condition que tous ses associés soient parents en ligne directe, frères et sœurs, conjoints ou partenaires de PACS. Son activité doit être commerciale, industrielle, artisanale ou agricole, ce qui inclut la location meublée mais exclut la location nue et les professions libérales.

Quelle est la différence de fiscalité entre une SARL et une EURL ?

Une SARL est soumise à l’impôt sur les sociétés par défaut, une EURL dont l’associé unique est une personne physique relève au contraire de l’impôt sur le revenu par défaut. Chacune peut opter pour l’autre régime, et les taux applicables sont identiques dans les deux cas.

Quels sont les inconvénients fiscaux de la SARL ?

Le principal inconvénient fiscal de la SARL tient à la double imposition des bénéfices distribués, taxés d’abord à l’impôt sur les sociétés puis à 31,4 % au titre de la flat tax. Le gérant majoritaire subit par ailleurs des cotisations sociales sur la fraction de dividendes excédant 10 % du capital social.

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Rédigé par

Xavier de Labarrière

Expert-comptable inscrit à l'Ordre Xavier est spécialisé dans l'accompagnement des petites entreprises et entreprises à forte croissance. Il a accompagné plus de 3000 entrepreneurs dans la création et gestion de leur entreprise en tant qu'expert comptable. Il est président de ComptaPlace, la filiale d'expertise comptable de LegalPlace.