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  • Un commissaire aux comptes devient obligatoire dès que votre SARL franchit 2 des 3 seuils suivants sur un exercice, à savoir 10 000 000 € de chiffre d’affaires HT, 5 000 000 € de total de bilan ou 50 salariés
  • Les associés de la SARL représentant au moins un tiers du capital social peuvent réclamer une nomination volontaire, limitée à un mandat de 3 ans
  • Les formalités de nomination d’un commissaire aux compte (annonce légale et dépôt au greffe) reviennent à environ 150 €, hors honoraires du commissaire compris entre 100 et 200 € HT par heure
  • Le commissaire aux comptes certifie la sincérité des comptes annuels, là où l’expert-comptable les établit et vous conseille au quotidien.

Le commissaire aux comptes d’une SARL (société à responsabilité limitée) est un professionnel indépendant chargé de vérifier les comptes sociaux et de garantir leur fiabilité. Ce contrôleur externe examine minutieusement la comptabilité de votre entreprise pour s’assurer qu’elle respecte toutes les normes légales et comptables en vigueur. Concrètement, ce spécialiste réalise un audit légal selon une procédure strictement encadrée par la loi. Si la nomination d’un commissaire aux comptes reste généralement facultative, elle devient obligatoire dès que votre SARL atteint certains seuils de taille ou dans des situations particulières que nous détaillerons dans ce guide.

Qu’est ce qu’un commissaire aux comptes pour une SARL ?

Un commissaire aux comptes (CAC) est un professionnel indépendant qui certifie la sincérité et la conformité des comptes de votre SARL. Contrairement à votre expert-comptable qui vous accompagne au quotidien, le CAC intervient ponctuellement pour effectuer un contrôle légal de vos données financières. Ses missions principales consistent à :

  • Vérifier la conformité de vos comptes annuels avec la réglementation comptable en vigueur ;
  • Certifier la sincérité de votre bilan, compte de résultat et annexe lors de l’assemblée générale d’approbation des comptes ;
  • Rédiger un rapport d’audit mentionnant les éventuelles irrégularités détectées ;
  • Vérifier les comptes sans s’immiscer dans la gestion, et alerter le gérant en cas de risque pour la continuité d’exploitation;
  • Signaler au Procureur de la République tout fait délictueux découvert dans l’exercice de sa mission.

La différence entre le commissaire aux compte et l’expert-comptable

Attention à ne pas confondre ces deux professionnels. Votre expert-comptable établit vos comptes et vous conseille dans la gestion quotidienne de votre entreprise. Le commissaire aux comptes, lui, vérifie et certifie le travail comptable déjà réalisé, il n’a pas de rôle de conseil.

Commissaire aux comptes : un métier strictement réglementé

Le commissaire aux comptes est une profession d’intérêt général puisque le CAC certifie vos données financières auprès de l’administration fiscale. Seuls les professionnels inscrits sur la liste des commissaires aux comptes tenue par la Haute autorité de l’audit (H2A) et membres de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes (CNCC) peuvent exercer cette mission d’audit légal.

Le commissaire aux comptes vérifie et certifie la régularité des comptes de votre SARL. Indépendant, il garantit la transparence financière et renforce la confiance de vos partenaires. Ce guide vous aide à identifier quand sa nomination devient obligatoire et à sécuriser vos démarches.

Le commissaire aux comptes est-il obligatoire dans une SARL ?

En principe, la nomination d’un commissaire aux comptes dans une SARL n’est pas obligatoire. Toutefois, cette désignation devient impérative dans plusieurs situations spécifiques que nous détaillons ci-dessous.

Le principe général de la nomination du commissaire aux comptes en SARL

La règle de base est simple, vous n’êtes pas tenu de nommer un commissaire aux comptes dès la création de votre SARL, sauf disposition contraire dans vos statuts.

Votre SARL « TechServices » réalise en 2024 un chiffre d’affaires de 11 millions d’euros HT, possède un total de bilan de 3,8 millions d’euros et emploie 45 salariés. Elle ne dépasse donc qu’1 seul seuil sur 3 (le chiffre d’affaires) et n’a pas l’obligation de nommer un CAC. Mais si elle embauche ensuite pour atteindre 52 salariés, elle franchit alors 2 seuils sur 3 (chiffre d’affaires et effectif) : l’assemblée générale devra obligatoirement désigner un commissaire aux comptes pour certifier les comptes de l’exercice concerné.
Depuis le 27 mai 2019, aucune société commerciale n’a plus l’obligation de désigner un CAC dès sa constitution. Cette mesure, issue de la loi PACTE, a notamment supprimé cette contrainte pour les sociétés anonymes (SA).

Le dépassement des seuils légaux : la règle des “2 sur 3”

Votre SARL doit obligatoirement désigner un commissaire aux comptes si elle dépasse 2 des 3 seuils suivants lors de la clôture de l’exercice :

  • 10 000 000 € de chiffre d’affaires HT ;
  • 5 000 000 € de total du bilan (somme de tous les actifs) ;
  • 50  salariés en moyenne sur l’exercice.
Le dépassement des seuils n’impose pas de nommer immédiatement un CAC pour l’exercice en cours. L’obligation prend effet pour l’exercice suivant. La procédure à suivre :
  • Convocation d’une assemblée générale ordinaire ;
  • Vote de la nomination pour 6 exercices ; 
  • Rédaction d’un procès-verbal certifiant la désignation ;
  • Publication des formalités légales.

Cas particulier des comptes consolidés, si votre SARL établit des comptes consolidés, vous devez désigner 2 commissaires aux comptes indépendants appartenant à des structures différentes.

L’absence de désignation d’un CAC alors que les seuils sont dépassés expose les dirigeants à 2 ans d’emprisonnement et 30 000€ d’amende.

La demande des associés minoritaires pour la nomination d’un commissaire aux comptes

Depuis la loi PACTE du 22 mai 2019, vos associés représentant au moins un tiers du capital peuvent exiger la nomination volontaire d’un commissaire aux comptes, même si les seuils ne sont pas atteints. Les conditions à respecter :

  • Les demandeurs doivent représenter au moins 1/3 du capital social ; 
  • La demande doit être motivée et présentée au gérant ;
  • Le gérant inscrit obligatoirement cette résolution à l’ordre du jour ;
  • Le mandat du CAC sera alors limité à 3 ans.

Cette mesure renforce la protection des associés minoritaires en leur donnant un droit de regard renforcé sur la gestion financière.

Les SARL faisant partie d’un groupe

Une SARL qui contrôle d’autres sociétés ( société mère) n’est pas automatiquement tenue de nommer un CAC, sauf si :

  • Elle dépasse elle-même 2 des 3 seuils généraux ;
  • Elle contrôle une filiale significative répondant aux critères spécifiques.

Une SARL contrôlée ( filiale) doit désigner un CAC si elle dépasse 2 des 3 seuils réduits :

  • 2,5 millions d’euros de total de bilan ;
  • 5 millions d’euros de chiffre d’affaires HT ;
  • 25 salariés.

La clause statutaire pour la nomination d’un commissaire aux comptes

Vos statuts peuvent prévoir la nomination obligatoire d’un ou plusieurs commissaires aux comptes dès l’immatriculation de votre société.

Cette disposition vous engage dès la constitution et perdure jusqu’à une éventuelle modification des statuts de la SARL pour la supprimer.

La désignation judiciaire d’un commissaire aux comptes

En dernier recours, des associés représentant au moins 10 % du capital peuvent saisir le tribunal judiciaire pour demander la nomination d’un commissaire aux comptes. La procédure :

  • Requête motivée devant le tribunal judiciaire ;
  • Appréciation au cas par cas par le juge ;
  • Prise en compte de l’intérêt social de la SARL.

Cette voie judiciaire reste exceptionnelle et nécessite de démontrer un besoin réel de contrôle externe.

Quelles sont les conditions requises pour faire intervenir un commissaire aux comptes dans une SARL ?

La nomination d’un commissaire aux comptes peut s’effectuer selon plusieurs modalités, chacune répondant à des situations spécifiques. Voici les 3 voies possibles pour désigner un CAC dans votre SARL :

La clause statutaire

Vos statuts peuvent prévoir la nomination obligatoire d’un commissaire aux comptes dès la création de votre SARL.

Dans ce cas :

  • La procédure de désignation est définie dans les statuts ;
  • L’obligation s’applique dès l’immatriculation ;
  • Cette clause engage la société jusqu’à une éventuelle modification statutaire.

La décision en assemblée générale

L’assemblée générale ordinaire de la SARL constitue la voie la plus courante pour nommer un CAC. La procédure suit ces étapes :

  • Convocation des associés selon les modalités prévues aux statuts ;
  • Vote à la majorité et au quorum définis statutairement ;
  • Rédaction d’un procès-verbal certifiant la nomination ;
  • Durée : 6 ans pour une nomination obligatoire, 3 ans pour une nomination volontaire.

La désignation judiciaire

En cas de blocage ou de conflit, le tribunal judiciaire peut imposer la nomination d’un commissaire aux comptes :

  • Sur requête d’associés représentant au moins 10 % du capital ;
  • Après appréciation de l’intérêt social de la SARL ;
  • Cette voie reste exceptionnelle et nécessite une motivation solide.

Les formalités de publicité obligatoires

Quel que soit le mode de nomination du commissaire aux comptes choisi, des mesures de publicité doivent impérativement être accomplies pour rendre cette désignation opposable aux tiers :

  • Publication dans un journal d’annonces légales du lieu du siège social  ;
  • Dépôt d’un dossier modificatif sur le guichet unique des formalités d’entreprises, géré par l’INPI ;
  • Inscription au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS).

Quelles sont les mesures de publicité à respecter lors de la nomination d’un commissaire aux comptes en SARL ?

La nomination d’un commissaire aux comptes dans votre SARL déclenche des obligations de publicité légale incontournables. Ces formalités, bien qu’administratives, sont essentielles pour rendre la désignation opposable aux tiers et éviter tout risque juridique.

La publication de la nomination d’un commissaire aux comptes dans un journal d’annonces légales

Vous devez publier un avis de nomination du commissaire aux comptes dans un journal d’annonces légales habilité du département où se situe le siège social de votre SARL. L’annonce légale doit impérativement mentionner :

  • La dénomination sociale de votre SARL  ;
  • La forme juridique (“SARL”) ;
  • Le montant du capital social ;
  • Le numéro d’immatriculation au RCS et le greffe d’immatriculation ;
  • La date de l’assemblée générale ordinaire ayant décidé la nomination ;
  • L’identité complète du commissaire aux comptes titulaire (nom, prénom, adresse) ;
  • L’identité du commissaire aux comptes suppléant, le cas échéant.
La désignation d’un commissaire suppléant n’est plus obligatoire depuis la loi Sapin 2 lorsque le CAC titulaire est une société pluripersonnelle (autre qu’une EURL ou une SASU).

Les pièces justificatives à déposer sur le guichet unique de l’INPI

Une fois l’annonce légale publiée, vous devez constituer un dossier de modification à déposer sur le guichet unique des formalités d’entreprises, géré par l’INPI. Ce guichet transmet ensuite l’inscription au registre du commerce et des sociétés (RCS).

Ce dossier comprend les documents obligatoires suivants :

  • Un exemplaire du PV de l’assemblée générale de SARL de nomination, certifié conforme par le gérant ;
  • Les informations relatives aux commissaires aux comptes (ancien formulaire M3) ;
  • L’attestation de parution de l’annonce légale avec mention du journal et de la date de publication ;
  • La lettre d’acceptation des fonctions signée par le commissaire aux comptes ;
  • Un exemplaire du journal d’annonces légales contenant l’avis ou une copie certifiée.

Le dossier doit être déposé dans un délai d’un mois suivant la décision de nomination pour éviter toute pénalité.

Quel est le coût d’un commissaire aux comptes pour une SARL ?

Le budget d’un commissaire aux comptes en SARL repose sur deux postes. Les frais de formalités, fixes et modestes, sont vite chiffrés. Les honoraires du commissaire représentent, eux, l’essentiel de la dépense.

Les frais de formalités de nomination d’un commissaire aux comptes

La nomination d’un commissaire aux comptes génère d’abord des frais fixes et limités. L’annonce légale de nomination coûte 109 € HT en métropole (126 € à La Réunion et à Mayotte). Le dépôt de la déclaration modificative au greffe s’ajoute pour 42,26 € (ou 172,61 € publication au Bodacc incluse). Au total, comptez environ 150 € TTC pour l’ensemble des démarches administratives.

Les honoraires du commissaire aux comptes

Les honoraires du commissaire aux comptes forment le principal poste de dépense. Aucun barème ne les fixe. Ils dépendent du temps que le commissaire consacre à sa mission, lui-même fonction de la taille et de la complexité de votre SARL. Comptez un taux horaire de 100 à 200 € HT, soit une mission annuelle de 2 000 à 8 000 € HT selon votre chiffre d’affaires et vos effectifs.

Plusieurs facteurs font varier ce montant :

  • la taille de votre SARL (chiffre d’affaires, effectifs, complexité comptable) ;
  • le secteur d’activité et ses spécificités ;
  • la localisation géographique du cabinet ;
  • l’expérience et la réputation du professionnel.

Pour maîtriser ce budget, demandez plusieurs devis détaillés et comparez les prestations. Un commissaire déjà familier de votre secteur d’activité sera souvent plus rapide, donc plus économique.

Quelle est la durée du mandat d’un commissaire aux comptes de SARL ?

La durée du mandat varie selon les circonstances de nomination de votre commissaire aux comptes.

Durée standard du mandat du commissaire aux comptes de SARL : 6 ans renouvelables

Lorsque la nomination du commissaire aux comptes est obligatoire (dépassement des seuils légaux), le commissaire aux comptes est désigné pour 6 exercices comptables consécutifs. Concrètement :

  • Le mandat débute dès l’exercice suivant la nomination ;
  • Il prend fin lors de l’assemblée générale statuant sur les comptes du 6ème exercice ;
  • Les associés peuvent renouveler ce mandat indéfiniment.
Si votre CAC est nommé lors de l’AG du 30 juin 2024 statuant sur les comptes 2023, son mandat portera sur les exercices 2024 à 2029. En 2030, vous devrez décider du renouvellement ou du changement.

Durée réduite du mandat du commissaire aux comptes de SARL : 3 ans pour les nominations volontaires

Depuis la loi PACTE de 2019, lorsque la désignation résulte d’une demande volontaire des associés, le mandat du commissaire aux comptes est automatiquement limité à 3 exercices. Cette règle s’applique dans les cas suivants :

  • Demande d’associés minoritaires représentant 1/3 du capital ;
  • Clause statutaire prévoyant une nomination volontaire ;
  • Désignation judiciaire sur demande d’associés.

Il existe des options de renouvellement :

  • Renouvellement automatique possible à l’expiration ;
  • Changement de CAC en nommant un nouveau professionnel ;
  • Suppression du poste si les conditions d’obligation ne sont plus réunies.

Les associés peuvent modifier les statuts pour supprimer une clause de nomination volontaire, mais cette décision prend effet uniquement à l’expiration du mandat en cours.

Même si votre SARL ne dépasse plus les seuils obligatoires, le CAC doit terminer son mandat en cours. L’obligation cesse uniquement si les seuils ne sont pas atteints pendant les 2 exercices précédant l’expiration du mandat.

Comment mettre fin à la mission d’un commissaire aux comptes dans une SARL ?

Le mandat de votre commissaire aux comptes suit un calendrier précis et ne peut pas être interrompu à votre convenance.

Fin normale du mandat du commissaire aux comptes

Le mandat de votre CAC arrive à son terme naturel après :

  • 6 exercices pour une nomination obligatoire (dépassement des seuils) ;
  • 3 exercices pour une nomination volontaire (demande des associés).

Concrètement, le mandat prend fin lors de l’assemblée générale qui statue sur les comptes du dernier exercice concerné. À ce moment-là, vous pouvez librement décider de :

  • Renouveler le mandat du même CAC ;
  • Changer de commissaire aux comptes ;
  • Ne pas renouveler si les conditions d’obligation ne sont plus réunies.

Fin anticipée du mandat du commissaire aux comptes : les cas exceptionnels

En principe, votre CAC doit rester en fonction durant toute la durée de son mandat. Cependant, 4 situations peuvent justifier une fin anticipée.

La démission du commissaire aux comptes

Le CAC peut démissionner uniquement pour des motifs légitimes :

  • Départ à la retraite ;
  • Problèmes de santé ;
  • Incompatibilité professionnelle survenue en cours de mandat ;
  • Conflits d’intérêts.
La démission ne met pas fin au mandat. Un CAC de remplacement doit être nommé pour achever la durée restante.

Le décès du commissaire aux comptes

En cas de décès du CAC titulaire :

  • Ses fonctions prennent immédiatement fin ;
  • Le CAC suppléant le remplace automatiquement ;
  • Si aucun suppléant n’a été désigné, une assemblée générale doit nommer un remplaçant.

La récusation pour juste motif du commissaire aux comptes

Des associés représentant au moins 5% du capital peuvent demander en justice le remplacement du CAC pour :

  • Manque de compétence avéré ;
  • Atteinte à son honorabilité ;
  • Perte d’indépendance ou d’impartialité.

La procédure consiste à déposer une requête devant le tribunal de commerce dans les 30 jours suivant la nomination.

La révocation judiciaire du commissaire aux comptes

Le tribunal peut révoquer un CAC en cas de :

  • Faute grave dans l’exercice de ses fonctions ;
  • Manquement aux obligations déontologiques ;
  • Empêchement définitif.

La procédure de remplacement du commissaire aux comptes

Lorsqu’un remplacement du commissaire aux comptes s’impose :

  1. Convocation d’une assemblée générale extraordinaire ;
  2. Nomination d’un nouveau CAC pour la durée restante du mandat ;
  3. Publication des mêmes formalités que pour une nomination initiale ;
  4. Coût : Comptez environ 150€ pour les formalités administratives.

Pour éviter toute interruption dans le contrôle de vos comptes, anticipez ces situations en vérifiant régulièrement que votre CAC respecte ses obligations et maintient son indépendance.

Même si votre SARL ne dépasse plus les seuils obligatoires en cours de mandat, vous ne pouvez pas mettre fin anticipativement à la mission de votre CAC. L’obligation cesse uniquement si les seuils ne sont pas atteints pendant les 2 exercices précédant l’expiration naturelle du mandat.

Commissaire aux comptes ou commissaire aux apports en SARL : quelle différence ?

Le commissaire aux comptes et le commissaire aux apports portent un intitulé proche mais exercent deux missions bien distinctes. Confondre les deux conduit à des erreurs de formalités au moment de la création ou d’une augmentation de capital de la SARL.

Le commissaire aux apports : une mission ponctuelle sur les apports en nature

Le commissaire aux apports intervient de façon ponctuelle, il évalue la valeur des apports en nature (un fonds de commerce, du matériel, un bien immobilier) réalisés au capital de la SARL. Le commissaire aux comptes, lui, contrôle chaque année la sincérité des comptes sociaux tout au long de son mandat de 6 ans. Le premier sécurise une opération unique, le second assure un contrôle durable.

Quand un commissaire aux apports est-il obligatoire en SARL ?

En SARL, la désignation d’un commissaire aux apports est obligatoire pour tout apport en nature, sauf si les associés décident à l’unanimité de s’en dispenser. Cette dispense suppose qu’aucun apport en nature n’excède 30 000 € et que leur valeur totale ne dépasse pas la moitié du capital social, conformément à l’article L223-9 du Code de commerce. À l’inverse, dès que la valeur totale des apports en nature représente plus de la moitié du capital social, la nomination s’impose. En cas de dispense, les associés restent solidairement responsables de la valeur attribuée aux apports pendant 5 ans.

    La nomination d’un commissaire aux comptes en SARL reste facultative tant que la société ne franchit pas 2 des 3 seuils légaux (10 000 000 € de chiffre d’affaires HT, 5 000 000 € de total de bilan, 50 salariés). Elle peut aussi être imposée par les statuts, réclamée par des associés représentant au moins un tiers du capital, ou décidée en justice. Une fois nommé, le CAC certifie la sincérité de vos comptes pour un mandat de 6 ans (3 ans en cas de nomination volontaire), moyennant des formalités de publicité d’environ 150 € et des honoraires calculés selon la taille de votre SARL. Anticiper cette obligation vous évite la sanction encourue en cas de défaut de désignation.

Devis d'expertise comptable

Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L’ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

Dernière mise à jour le 31/07/2026

FAQ

Les commissaires aux comptes doivent-ils participer aux réunions et assemblées ?

Les commissaires doivent être convoqués à toutes les réunions du conseil d’administration ou du directoire et du conseil de surveillance, mais ils doivent également être convoqués à toutes les assemblées d’actionnaires ou d’associés, sous peine de sanctions pénales.

Quelles différences entre le commissaire aux comptes et l’expert-comptable ?

L’expert-comptable atteste de la cohérence et de la vraisemblance des comptes auprès de l’administration fiscale. Le CAC, quant à lui, est chargé de contrôler les comptes annuels en réalisant un audit légal. Le CAC intervient après l’expert-comptable et va effectuer une sorte de vérification de son travail.

Quel est le salaire d'un commissaire aux comptes ?

Le salaire d’un commissaire aux comptes varie selon son expérience et son statut. En début de carrière, un CAC junior peut percevoir entre 2 500 et 3 700 € brut par mois, soit 30 000 à 45 000 € brut annuels. Avec l’expérience, la rémunération d’un commissaire aux comptes confirmé se situe généralement entre 50 000 et 80 000 € brut par an, avec un taux horaire moyen compris entre 100 et 200 € HT.

Quand la nomination d'un commissaire aux comptes devient-elle obligatoire en SARL ?

La nomination s’impose dès que la SARL franchit 2 des 3 seuils suivants sur un exercice : 10 000 000 € de chiffre d’affaires HT, 5 000 000 € de total de bilan ou 50 salariés. L’obligation prend effet à l’exercice suivant celui du dépassement, et non immédiatement.

Quel est le coût de nomination d'un commissaire aux comptes en SARL ?

Les formalités reviennent à environ 150 €. L’annonce légale de nomination coûte 109 € HT en métropole et le dépôt de la déclaration modificative au greffe s’élève à 42,26 € (ou 172,61 € publication au Bodacc incluse). À ces frais fixes s’ajoutent les honoraires du commissaire, de 100 à 200 € HT par heure ou de 2 000 à 8 000 € HT pour une mission annuelle complète.

Un associé minoritaire peut-il imposer un commissaire aux comptes en SARL ?

Oui. Des associés représentant au moins un tiers du capital social peuvent réclamer une nomination volontaire, pour un mandat de 3 ans. En dessous de ce seuil, des associés représentant au moins 10 % du capital peuvent saisir le tribunal judiciaire, qui reste libre d’accepter ou de refuser la demande.

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Rédigé par

Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L'ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris