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  • En portage salarial, vous devenez salarié porté et gardez la protection du régime général, y compris l’assurance chômage.
  • En EURL, vous dirigez votre propre société et relevez du régime des travailleurs non-salariés, avec des cotisations d’environ 45 % de votre revenu.
  • Le portage se lance en quelques jours sans capital, mais prélève des frais de gestion de 5 à 10 % de votre chiffre d’affaires hors taxes.
  • L’EURL demande une immatriculation et une comptabilité, en échange de plus de liberté et d’options fiscales (impôt sur le revenu ou impôt sur les sociétés).
  • LegalPlace vous accompagne pour créer votre EURL en ligne à partir de 0 euro, hors frais légaux obligatoires.

Vous voulez vous lancer à votre compte, mais vous hésitez entre le portage salarial et l’EURL. Les deux permettent de facturer vos prestations en toute légalité. Pourtant, ils reposent sur deux logiques très différentes. D’un côté, vous restez salarié. De l’autre, vous devenez chef d’entreprise. Ce choix change votre protection sociale, vos charges, votre fiscalité et le temps que vous passez sur l’administratif. Pour trancher entre portage salarial et EURL, voici une comparaison des statuts juridiques, avec un exemple chiffré et les critères qui font vraiment la différence.

Portage salarial et EURL, de quoi s’agit-il ?

Le portage salarial et l’EURL répondent à un même besoin, exercer une activité indépendante, mais avec un cadre juridique opposé. Le premier vous garde dans le salariat. Le second fait de vous le dirigeant d’une société. Comprendre ce que recouvre chaque statut est la première étape avant de comparer.

Qu’est-ce que le portage salarial ?

Le portage salarial est une relation entre trois parties. Vous trouvez vos missions et fixez vos tarifs comme un indépendant, mais vous signez un contrat de travail avec une société de portage. Cette société facture votre client, encaisse le paiement, puis vous reverse un salaire après avoir prélevé les cotisations sociales et ses frais de gestion.

Ce statut est encadré par l’ordonnance du 2 avril 2015 et les articles L1254-1 et suivants du Code du travail. Il est réservé aux prestations intellectuelles, comme le conseil, la formation ou l’ingénierie. Le salarié porté doit aussi justifier d’une qualification ou d’une expérience suffisante pour mener ses missions en autonomie. De nombreux professionnels choisissent d’être freelance en portage salarial pour tester une activité sans créer de structure.

Qu’est-ce que l’EURL ?

L’EURL est une société commerciale à associé unique. Autrement dit, c’est une SARL qui ne compte qu’une seule personne. En la créant, vous donnez naissance à une personne morale, distincte de vous, avec son propre patrimoine et son propre numéro d’immatriculation.

Vous en êtes le gérant et l’unique associé. Votre responsabilité reste limitée au montant de vos apports, ce qui protège vos biens personnels en cas de dettes de la société. Le capital de départ est libre, à partir de 1 euro symbolique. Contrairement au portage, l’EURL vous laisse piloter votre rémunération, votre fiscalité et le développement de votre activité.

Quelles sont les différences entre portage salarial et EURL ?

La différence de fond tient à votre statut. En portage, vous êtes salarié. En EURL, vous êtes chef d’entreprise. La comparaison portage salarial vs EURL se joue ensuite sur plusieurs plans, du régime social jusqu’à la fiscalité. Le tableau suivant résume les points de comparaison entre les deux statuts :

Critère Portage salarial EURL
Nature juridique Contrat de travail, pas de société à créer Société commerciale à associé unique
Statut du dirigeant Salarié porté Gérant travailleur non-salarié
Régime social Régime général de la Sécurité sociale Régime des indépendants (SSI)
Assurance chômage Oui, ouverte comme pour un salarié Non, sauf dispositif spécifique sous conditions
Capital de départ Aucun 1 euro minimum
Démarrage de l’activité Quelques jours, après signature du contrat Immatriculation au guichet unique de l’INPI
Comptabilité Gérée par la société de portage À tenir, comptes annuels à déposer
Fiscalité des bénéfices Salaire imposé à l’impôt sur le revenu Impôt sur le revenu ou option pour l’impôt sur les sociétés
TVA Gérée par la société de portage Franchise en base ou régime réel selon le chiffre d’affaires
Type d’activité Prestations intellectuelles uniquement La plupart des activités commerciales, artisanales ou libérales
En portage salarial, vous ne créez aucune entreprise. La société de portage est votre employeur. En EURL, vous dirigez une personne morale qui vous appartient et qui a une existence propre.

Quels sont les avantages et les inconvénients du portage salarial ?

Le portage séduit par sa simplicité. Vous vous concentrez sur vos missions pendant que la société de portage gère la facturation, les cotisations et la paie. Vous gardez surtout la sécurité du salariat, ce qui rassure beaucoup de personnes qui débutent en indépendant.

Les principaux avantages du portage salarial sont les suivants :

  • Un démarrage rapide, sans immatriculation ni capital à réunir ;
  • La protection sociale du régime général, avec droit à l’assurance chômage entre deux périodes d’activité ;
  • Aucune comptabilité à tenir, ni déclaration de TVA à gérer ;
  • Le statut d’assimilé salarié, avec bulletins de paie, retraite et prévoyance ;
  • La possibilité de tester une activité avant de créer sa propre structure.

Le portage a aussi ses limites. Les avantages et inconvénients du portage salarial se pèsent surtout au regard du coût. La société de portage prélève des frais de gestion, en général de 5 à 10 % de votre chiffre d’affaires hors taxes. À cela s’ajoutent les cotisations sociales, plus élevées que celles d’un indépendant classique. En effet, vous êtes salarié, donc vous avez des charges sociales équivalentes à celles d’un salarié qui travaille dans une entreprise lambda. Au final, votre salaire net représente souvent la moitié environ de ce que vous facturez.

Le portage salarial ne convient pas à toutes les activités. Il est réservé aux prestations intellectuelles. Un artisan, un commerçant ou une activité de vente de marchandises ne peuvent pas y recourir. Il suppose aussi une rémunération minimale. En 2026, elle s’élève à environ 2 800 euros brut par mois pour un profil junior, calculée sur la base du plafond mensuel de la Sécurité sociale fixé à 4 005 € .

Quels sont les avantages et inconvénients de l’EURL ?

L’EURL vous rend maître de votre activité. Vous décidez de votre rémunération, de votre fiscalité et de la façon dont vous faites grandir votre société. C’est le statut de ceux qui veulent construire une entreprise durable plutôt que tester une activité ponctuelle.

Les principaux avantages de l’EURL sont les suivants :

  • Une responsabilité limitée à vos apports, qui met vos biens personnels à l’abri ;
  • Le choix entre l’impôt sur le revenu et l’impôt sur les sociétés, pour ajuster votre fiscalité à votre situation ;
  • Des cotisations sociales d’environ 45 % du revenu, plus légères que celles d’un salarié ou d’un salarié porté ;
  • La possibilité de vous verser des dividendes une fois la société soumise à l’impôt sur les sociétés ;
  • Une structure qui peut évoluer, accueillir de nouveaux associés et devenir une SARL.

La liberté de l’EURL a une contrepartie, qui est une gestion plus exigeante. Vous devez tenir une comptabilité, déposer des comptes annuels et gérer vos déclarations, notamment la TVA dès que vous dépassez les seuils de franchise en base. Le gérant relève du régime des travailleurs non-salariés, qui ne donne pas droit à l’assurance chômage. Ces obligations représentent du temps ou un budget de comptabilité.

L’EURL est soumise par défaut à l’impôt sur le revenu, mais vous pouvez opter pour l’impôt sur les sociétés. Ce choix ouvre la voie à un arbitrage entre rémunération et dividendes, souvent utile pour réduire vos charges une fois l’activité stabilisée.

Combien gagne-t-on en portage salarial ou en EURL ? L’exemple chiffré

À chiffre d’affaires égal, l’EURL laisse généralement un revenu net plus élevé que le portage, car ses cotisations sont plus faibles et ne comportent pas de frais de gestion. En échange, elle demande de gérer la partie administrative. L’écart se creuse à mesure que votre chiffre d’affaires augmente.

Julien est consultant en informatique. Il facture 6 000 euros hors taxes par mois, soit 72 000 euros sur l’année. En portage salarial, la société prélève environ 8 % de frais de gestion, puis les cotisations sociales sur le reste. Son salaire net tourne autour de 2 900 euros par mois. En EURL à l’impôt sur les sociétés, avec une rémunération complétée par des dividendes, Julien conserve un revenu net proche de 3 900 euros par mois, avant impôt sur le revenu. La différence, près de 1 000 euros par mois, correspond au prix de la sécurité et de la simplicité du portage.

Pour comparer les deux montants, gardez ces ordres de grandeur en tête :

  • En portage salarial, le net perçu représente environ 50 % du chiffre d’affaires hors taxes ;
  • En EURL, le revenu disponible atteint plutôt 60 à 65 % du chiffre d’affaires, selon l’arbitrage entre salaire et dividendes.
Plus votre chiffre d’affaires est élevé, plus l’EURL à l’impôt sur les sociétés devient avantageuse. En dessous d’un certain seuil, ou pour une activité de courte durée, le portage reste souvent plus simple et tout aussi intéressant une fois la charge administrative prise en compte.

Portage salarial ou EURL : comment faire le bon choix ?

Les critères pour choisir entre EURL et portage salarial

La question « EURL ou portage salarial » n’a pas de réponse unique. Le bon statut dépend de votre projet. Posez-vous quelques questions concrètes. Cherchez-vous à tester une idée ou à bâtir une entreprise ? Avez-vous besoin de conserver vos droits au chômage ? Votre chiffre d’affaires est-il déjà élevé ? Vos réponses orientent le choix entre portage salarial et EURL.

Plusieurs critères pèsent dans la balance :

  • Votre éligibilité au portage salarial (activité exercée, qualification, chiffre d’affaires minimum, etc.) ;
  • La durée de votre projet, ponctuel ou installé dans le temps ;
  • Votre besoin de sécurité, notamment la couverture chômage ;
  • Le niveau de votre chiffre d’affaires prévisionnel ;
  • Votre envie de développer, d’embaucher ou d’accueillir des associés.

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Dans quels cas privilégier le portage salarial ?

Le portage est adapté quand vous débutez ou testez une activité de conseil. Vous démarrez vite, sans engagement ni capital. Il rassure aussi ceux qui veulent garder un filet de sécurité, en particulier l’assurance chômage entre deux missions. Enfin, le portage convient si vous refusez toute gestion administrative et préférez déléguer la facturation et les cotisations.

Dans quels cas choisir l’EURL ?

L’EURL s’impose quand votre activité s’installe et que votre chiffre d’affaires grimpe. Elle vous permet de réduire vos charges et d’optimiser votre fiscalité grâce à l’option pour l’impôt sur les sociétés. Elle est aussi le bon choix si vous exercez une activité commerciale ou artisanale, exclue du portage, ou si vous voulez construire une entreprise pérenne. Beaucoup de freelances franchissent le pas une fois leur clientèle stabilisée, comme le montre notre guide pour devenir freelance.

Peut-on cumuler le portage salarial et une EURL ?

Oui, vous pouvez être salarié porté et gérant d’EURL en même temps. Rien ne l’interdit, à condition de séparer clairement les deux activités. Vous pouvez, par exemple, exercer une activité de conseil en portage et une activité commerciale via votre EURL.

Le cumul des deux statuts se rencontre souvent lors d’une transition. Vous gardez le portage salarial pour sa sécurité pendant que vous lancez votre société. Il faut toutefois veiller à ce que vos missions ne se chevauchent pas et que chaque revenu soit déclaré dans le bon cadre. Un même client ne peut pas être facturé à la fois par votre société de portage et par votre EURL pour la même prestation.

Comment passer du portage salarial à l’EURL (ou l’inverse) ?

Passer du portage à l’EURL revient à créer une société pour reprendre votre activité en votre nom. Il n’y a pas de transfert automatique. Vous mettez fin à votre contrat de portage, puis vous immatriculez votre EURL avant de reprendre vos missions.

Pour créer votre EURL, les étapes sont les suivantes :

  1. Rédiger les statuts de votre société et fixer le montant du capital social ;
  2. Déposer votre capital sur un compte ouvert au nom de l’EURL ;
  3. Publier un avis de création dans un support d’annonces légales ;
  4. Déposer votre dossier d’immatriculation sur le guichet unique de l’INPI ;
  5. Recevoir votre extrait Kbis et votre numéro SIRET pour démarrer l’activité.

LegalPlace vous accompagne de A à Z dans la création de votre entreprise : génération des statuts, publication de l'annonce légale, dépôt du dossier au Guichet unique INPI. Vous répondez à quelques questions, LegalPlace gère toutes les formalités.

La bascule dans l’autre sens, c’est-à-dire passer de l’EURL au portage salarial, est tout aussi possible en fermant l’EURL et en signant un contrat avec une société de portage.

Le portage salarial et l’EURL permettent tous les deux d’exercer en indépendant, mais ils ne s’adressent pas aux mêmes profils. Le portage vous garde salarié, avec une protection sociale complète et l’assurance chômage, en échange de frais de gestion et d’un revenu net plus faible. L’EURL fait de vous un chef d’entreprise, avec des charges allégées, une fiscalité modulable et un revenu souvent supérieur, mais une gestion à assumer. Le portage convient pour tester une activité de conseil ou sécuriser un début. L’EURL s’impose dès que l’activité se développe et que le chiffre d’affaires justifie d’optimiser ses charges. LegalPlace vous accompagne pour créer votre EURL en ligne dès que vous êtes prêt à franchir le pas.

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Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L’ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris

Dernière mise à jour le 06/08/2026

FAQ

Portage salarial ou EURL : lequel rapporte le plus net ?

À chiffre d’affaires égal, l’EURL laisse en général un revenu net supérieur au portage salarial. Ses cotisations sociales sont plus faibles, autour de 45 % du revenu, et elle ne prélève pas de frais de gestion. Le portage, lui, retient 5 à 10 % de frais avant les cotisations. L’écart peut atteindre plusieurs centaines d’euros par mois, en échange de la simplicité et de la sécurité du salariat.

A-t-on droit au chômage en portage salarial et en EURL ?

Le salarié porté ouvre des droits à l’assurance chômage, comme n’importe quel salarié, car il cotise au régime général. Le gérant d’EURL, en tant que travailleur non-salarié, ne bénéficie pas de l’assurance chômage classique. Il peut seulement prétendre à un dispositif spécifique sous conditions strictes. C’est un point à intégrer si vous avez besoin de ce filet de sécurité.

Peut-on cumuler le portage salarial et une EURL ?

Oui, vous pouvez cumuler les deux statuts, à condition de bien séparer les activités et les revenus. Ce cumul est fréquent pendant une phase de transition, quand vous lancez votre société tout en gardant la sécurité du portage. Un même client ne peut pas être facturé à la fois par la société de portage et par votre EURL pour la même mission.

Quel statut choisir pour devenir consultant ou freelance ?

Pour une activité de conseil qui démarre, le portage salarial offre un lancement rapide et une protection sociale complète. Dès que la clientèle se stabilise et que le chiffre d’affaires progresse, l’EURL devient souvent plus intéressante grâce à ses charges allégées et son option pour l’impôt sur les sociétés. Beaucoup de freelances commencent en portage, puis créent leur société.

Quel est le coût du portage salarial par rapport à une EURL ?

Le portage salarial ne coûte rien à la création, mais prélève des frais de gestion de 5 à 10 % de votre chiffre d’affaires tout au long de votre activité. L’EURL implique des frais de création, autour de 200 euros de formalités, puis un budget de comptabilité. Sur la durée, le portage revient plus cher en pourcentage, tandis que l’EURL demande un investissement de départ et du temps de gestion.

Comment passer de l'EURL au portage salarial ?

Pour passer de l’EURL au portage, vous devez d’abord fermer votre société, ce qui suppose une dissolution puis une liquidation. Une fois l’EURL radiée, vous signez un contrat de travail avec une société de portage et reprenez vos missions en tant que salarié porté. La bascule inverse, du portage vers l’EURL, consiste simplement à créer votre société et à mettre fin à votre contrat de portage.

Faut-il un capital pour créer une EURL ?

Le capital minimum d’une EURL est de 1 euro. Vous fixez librement son montant selon vos besoins et votre crédibilité auprès des banques. Vous devez libérer au moins 20 % des apports en numéraire à la création, puis verser le solde dans les cinq ans. En portage salarial, aucun capital n’est demandé, puisque vous ne créez pas de société.

Portage salarial ou EURL : quel statut pour payer moins de charges ?

L’EURL permet généralement de payer moins de charges sociales, avec un taux d’environ 45 % du revenu contre des cotisations plus lourdes en portage. En optant pour l’impôt sur les sociétés, vous pouvez aussi arbitrer entre rémunération et dividendes pour alléger la note. Le portage reste plus coûteux, car il cumule cotisations du régime général et frais de gestion, mais il offre en contrepartie une meilleure couverture sociale.

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Rédigé par

Samuel Goldstein

Samuel est co-fondateur de LegalPlace et responsable du contenu éditorial. L'ambition est de rendre accessible le savoir-faire juridique au plus grand nombre grâce à un contenu simple et de qualité. Samuel est diplômé de Supelec et de HEC Paris