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  • L’entreprise individuelle s’exerce en nom propre, sans création d’une personne morale distincte, alors qu’une société dispose d’une personnalité juridique autonome dotée de son propre patrimoine.
  • Depuis le 15 mai 2022, le patrimoine personnel de l’entrepreneur individuel est automatiquement protégé des dettes professionnelles, sans aucune formalité à accomplir.
  • Trois critères distinguent l’EI de la société, la fiscalité applicable (IR ou IS), le régime social du dirigeant et la souplesse pour accueillir des associés ou lever des fonds.
  • Le passage de l’EI vers une société est juridiquement possible à tout moment via un apport ou une cession du patrimoine professionnel.

Le choix entre une entreprise individuelle ou une société dépend avant tout de votre projet, de votre chiffre d’affaires prévisionnel et de votre besoin de protection. Comparer les deux statuts permet de vous aider à trancher, l’EI convient aux entrepreneurs qui se lancent seuls, avec un budget limité et une activité simple à gérer. La société s’impose dès qu’il faut s’associer, lever des fonds, optimiser sa fiscalité via l’impôt sur les sociétésou structurer une activité de plus grande ampleur.

Quel statut juridique choisir entre entreprise individuelle ou société ?

Critère Entreprise individuelle (EI) SARL / EURL SAS / SASU
Personnalité juridique Aucune (rattachée à la personne) Société (personne morale) Société (personne morale)
Nombre d’associés Aucun (1 personne unique) 1 (EURL) à 100 (SARL) 1 (SASU) ou plus (SAS)
Capital social minimum Aucun Libre (1 €) Libre (1 €)
Régime fiscal par défaut IR (option IS possible) IS (option IR sous conditions) IS (option IR sous conditions)
Régime social du dirigeant TNS (sécurité sociale des indépendants) TNS (gérant majoritaire EURL/SARL) ou assimilé salarié (gérant minoritaire SARL) Assimilé salarié
Cotisations sociales ~45 % du revenu net ~45 % (TNS) ou ~75-80 % (assimilé salarié) ~75-80 % de la rémunération
Protection du patrimoine Séparation automatique depuis 2022 Responsabilité limitée aux apports Responsabilité limitée aux apports
Création (annonce légale) Aucune 124 € à 148 € HT 142 € à 199 € HT
Comptabilité Allégée (micro) ou réel Comptabilité commerciale complète Comptabilité commerciale complète
Dividendes possibles Non (sauf option IS) Oui (IS) Oui (IS)
Transmission Cession du fonds (3 % après abattement de 23 000 €) Cession de parts (3 % après abattement) Cession d’actions (0,1 % du prix)

Quelles sont les différences entre une entreprise individuelle ou une société ?

La différence majeure entre entreprise individuelle ou société tient à la nature juridique elle-même, l’entreprise individuelle est rattachée à la personne de l’entrepreneur, tandis que la société constitue une entité juridique distincte.

Qu’est-ce qu’une entreprise individuelle en 2026 ?

L’entreprise individuelle (EI) permet d’exercer une activité commerciale, artisanale, agricole ou libérale en nom propre, sans constituer de personne morale. Aucun statut à rédiger, aucun capital social à apporter, l’entrepreneur et son entreprise ne font qu’un sur le plan juridique. Une même personne ne peut détenir qu’une seule entreprise individuelle à la fois.

Le statut d’entrepreneur individuel couvre deux régimes, l’EI classique (régime réel d’imposition) et la micro-entreprise (régime simplifié soumis à des plafonds de chiffre d’affaires). Les plafonds de chiffre d’affaires de la micro-entreprise s’élèvent à 203 100 € pour les activités de vente de marchandises et 83 600 € pour les prestations de services et activités libérales. La micro-entreprise n’est donc pas un statut distinct mais une déclinaison simplifiée de l’EI.

Camille est graphiste freelance. Elle déclare son activité en EI au régime micro-fiscal. Son chiffre d’affaires annuel de 35 000 € lui permet de profiter de l’abattement forfaitaire de 50 % sur ses recettes pour le calcul de son impôt sur le revenu, et de cotisations sociales calculées au taux unique de 21,2 %.

Qu’est-ce qu’une société ?

Une société est une personne morale créée par un ou plusieurs associés. Elle dispose d’un patrimoine propre, d’un nom (dénomination sociale), d’un siège social et d’un capital social. Les associés apportent des biens ou de l’argent en échange de titres (parts sociales ou actions) qui matérialisent leur participation.

Les principales formes juridiques sociétaires en France sont la SARL, la SAS, la SA, ainsi que leurs déclinaisons unipersonnelles (EURL pour la SARL, SASU pour la SAS). Chaque forme obéit à ses propres règles de gouvernance, de fiscalité et de protection sociale du dirigeant.

Lucas et son associée Élodie créent une SAS pour développer une plateforme de location de matériel sportif. Ils déposent 5 000 € de capital social, rédigent leurs statuts et nomment Lucas président. La SAS détient désormais ses propres biens (matériel informatique, contrats clients), totalement distincts du patrimoine personnel des deux associés.

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Quelle fiscalité pour une EI ou une société ?

Concernant la fiscalité, l’EI est par défaut imposée à l’impôt sur le revenu (IR), tandis que la société est, le plus souvent, imposée à l’impôt sur les sociétés (IS). Chaque régime obéit à des logiques très différentes, avec des options possibles dans les deux sens.

Comment l’entreprise individuelle est-elle imposée ?

L’entrepreneur individuel est imposé par défaut à l’impôt sur le revenu (IR), dans la catégorie des BIC pour les activités commerciales ou artisanales, et des BNC pour les professions libérales. Le bénéfice s’ajoute aux autres revenus du foyer fiscal et suit le barème progressif de l’IR :

Tranche de revenu imposable Taux d’imposition
jusqu'à 11 497 € € 0 %
de 11 498 € à 29 315 € € 11 %
de 29 316 € à 83 823 € € 30 %
de 83 824 € à 180 294 € € 41 %
supérieure à 180 294 € € 45 %

Selon son chiffre d’affaires, l’entrepreneur relève de l’un des trois régimes d’imposition à l’IR, la micro-entreprise, le réel simplifié ou le réel normal. Ces régimes ne modifient pas l’impôt applicable, mais uniquement la méthode de calcul du bénéfice et les obligations comptables associées. Pour sortir de l’IR, l’entrepreneur peut exercer l’option pour l’impôt sur les sociétés (IS) en demandant l’assimilation à une EURL.

Le régime de la micro-entreprise

Le régime de la micro-entreprise s’applique automatiquement à l’entrepreneur individuel dont le chiffre d’affaires reste inférieur à 203 100 € pour les activités de vente de marchandises, ou à 83 600 € pour les prestations de services et activités libérales.

Sur le plan fiscal, le régime de la micro-entreprise applique un abattement forfaitaire sur le chiffre d’affaires pour calculer le bénéfice imposable, 71 % pour la vente (régime micro-BIC), 50 % pour les services BIC et 34 % pour les activités libérales (régime micro-BNC), avec un abattement minimum de 305 €. Aucun bilan ni compte de résultat n’est exigé, un simple livre de recettes suffit.

Léa exerce comme rédactrice web freelance en micro-entreprise et déclare 40 000 € de chiffre d’affaires sur l’année. Son activité relève du régime micro-BNC (profession libérale). L’administration applique automatiquement un abattement forfaitaire de 34 % sur son chiffre d’affaires, soit 13 600 €, pour reconstituer ses charges professionnelles. Son bénéfice imposable s’élève donc à 26 400 €, montant reporté sur sa déclaration de revenus personnelle et ajouté aux autres revenus de son foyer fiscal avant application du barème progressif de l’IR. Aucune comptabilité commerciale n’est exigée, Léa tient simplement un registre de ses recettes facturées.

Le régime réel simplifié en entreprise individuelle

Le régime réel simplifié s’applique à l’entrepreneur individuel dont le chiffre d’affaires est compris entre 203 100 € et 945 000 € pour les activités de vente, ou compris entre 83 600 € et 286 000 € pour les prestations de services et activités libérales. Contrairement à la micro-entreprise, le bénéfice imposable n’est plus calculé via un abattement forfaitaire mais correspond au résultat comptable réel de l’entrepreneur individuel, chiffre d’affaires diminué des charges professionnelles déductibles (loyers, salaires, achats, amortissements, frais bancaires, etc.).

Le régime du réel simplifié suppose la tenue d’une comptabilité commerciale complète, avec un bilan, un compte de résultat et une liasse fiscale annuelle simplifiée (déclaration 2031-SD pour les BIC). En contrepartie, l’entrepreneur peut déduire l’intégralité de ses charges réelles, ce qui devient plus avantageux que l’abattement forfaitaire de la micro dès lors que les charges professionnelles dépassent 30 à 50 % du chiffre d’affaires selon l’activité.

Antoine exploite une entreprise individuelle de plomberie depuis trois ans. Son chiffre d’affaires atteint 250 000 € annuels, avec d’importantes charges réelles (achats de matériel, véhicule utilitaire, sous-traitance ponctuelle, assurance décennale), qui représentent 65 % de son chiffre d’affaires. Au régime réel simplifié, il déduit toutes ces charges et déclare un bénéfice imposable réel de 87 500 €. En micro-entreprise, l’abattement forfaitaire de 50 % aurait reconstitué un bénéfice théorique de 125 000 €, soit 37 500 € de plus à déclarer à l’IR. Le réel simplifié est donc nettement plus avantageux pour Antoine.

Le régime réel normal en entreprise individuelle

Le régime réel normal s’applique dès lors que le chiffre d’affaires de l’entrepreneur individuel dépasse les seuils du régime réel simplifié, soit supérieur à 945 000 € pour les activités de vente et supérieur à 286 000 € pour les prestations de services. Les obligations comptables sont identiques à celles du régime réel simplifié, mais les déclarations fiscales sont plus détaillées et les modalités de TVA plus contraignantes (déclarations mensuelles obligatoires).

Mathieu dirige une entreprise individuelle de négoce de matériaux de construction et réalise 1 200 000 € de chiffre d’affaires annuel. Il dépasse largement le seuil de 945 000 € qui marque l’entrée au régime réel normal en activité commerciale. Mathieu doit désormais déposer une liasse fiscale complète chaque année (déclaration 2031 et ses nombreuses annexes), produire des déclarations mensuelles de TVA et tenir une comptabilité commerciale rigoureuse avec bilan et compte de résultat détaillés. Son expert-comptable lui facture environ 4 500 € par an pour assurer l’ensemble de ces obligations, un coût intégré dans son budget de fonctionnement.

L’option pour l’impôt sur les sociétés (IS) en EI

L’entrepreneur individuel peut opter pour son assimilation à une EURL, ce qui entraîne automatiquement son imposition à l’impôt sur les sociétés (article 1655 sexies du Code général des impôts). Le taux normal est de 25 %, avec un taux réduit de 15 % sur la fraction du bénéfice inférieure à 42 500 €, sous conditions de capital détenu à 75 % au moins par des personnes physiques. L’option doit être exercée dans les 3 premiers mois de l’exercice concerné, par lettre adressée au service des impôts des entreprises (SIE).

Le choix entre IR et IS dépend avant tout du niveau de bénéfice et de la stratégie de rémunération. À bénéfice élevé, l’IS permet de payer un impôt forfaitaire (25 %) plutôt que de subir la progressivité de l’IR jusqu’à 45 %. Une simulation comparative est indispensable avant de basculer définitivement.

Quelle imposition pour une société (IS ou IR) ?

La société est en principe soumise à l’impôt sur les sociétés, ce qui signifie qu’elle paie elle-même son impôt sur ses bénéfices, distinct de l’imposition personnelle du dirigeant. Le taux normal est de 25 %, avec un taux réduit de 15 % applicable sur les premiers 42 500 € de bénéfice pour les PME respectant les conditions de capital (75 % au moins détenu par des personnes physiques) et de chiffre d’affaires (inférieur à 10 000 000 €).

Le dirigeant n’est imposé personnellement que sur sa rémunération (au barème de l’IR) et sur ses dividendes éventuels. Ces dividendes sont par défaut soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) au taux global de 31,4 %, qui se décompose en 12,8 % au titre de l’IR et 18,6 % de prélèvements sociaux. Le dirigeant peut toutefois opter pour le barème progressif de l’IR si cela lui est plus favorable.

Pour le gérant majoritaire de SARL et le gérant associé unique d’EURL à l’IS, la fraction des dividendes qui dépasse 10 % du capital social, des primes d’émission et des sommes versées en compte courant d’associé est soumise aux cotisations sociales TNS (article L131-6 du Code de la sécurité sociale), et non au PFU.

Certaines formes de société (SARL, EURL, SAS, SASU) peuvent opter pour l’IR pendant 5 exercices maximum, sous conditions. Cette option intéresse essentiellement les jeunes sociétés déficitaires qui souhaitent imputer leurs pertes sur les autres revenus du foyer fiscal.

Marc dirige une SASU à l’IS. Son bénéfice de l’année s’élève à 80 000 €. La société paie un IS de 12 000 € au taux réduit, puis Marc choisit de se verser une rémunération de 35 000 € (imposée à l’IR) et de conserver le solde en réserve pour autofinancer son développement, sans subir d’imposition personnelle supplémentaire sur cette part.

Tableau récapitulatif de la fiscalité en EI, EURL, SARL, SASU, SAS

Structure Imposition par défaut Option possible Dividendes
Entreprise individuelle IR IS (via assimilation EURL) Sans objet
EURL IR IS PFU 31,4 % (cotisations TNS au-delà de 10 % du capital à l’IS)
SARL IS IR (5 ans max) PFU 31,4 % (cotisations TNS au-delà de 10 % du capital pour le gérant majoritaire)
SASU IS IR (5 ans max) PFU 31,4 %
SAS IS IR (5 ans max) PFU 31,4 %

Quel régime social du dirigeant choisir ?

Le régime social dépend de la structure choisie mais aussi, dans certaines sociétés, de la fonction exacte du dirigeant. L’entrepreneur individuel relève systématiquement du régime des travailleurs non salariés (TNS), tandis que le dirigeant de société peut être TNS ou assimilé salarié selon la forme juridique.

Le régime TNS de l’entrepreneur individuel

L’entrepreneur individuel relève de la sécurité sociale des indépendants, intégrée au régime général. Ses cotisations sociales représentent environ 45 % de son revenu professionnel net (hors micro-entreprise), ce qui reste plus avantageux que les charges d’un dirigeant assimilé salarié. En contrepartie, la protection sociale est plus restreinte, pas d’assurance chômage, pension de retraite et indemnités journalières souvent inférieures. Les indemnités journalières maladie sont par exemple plafonnées sur la base d’un revenu maximum égal au plafond annuel de la sécurité sociale (48 060 € en 2026).

Le régime social du dirigeant de société : TNS ou assimilé salarié

Le régime social du dirigeant de société dépend à la fois de la forme juridique, de sa qualité d’associé et de l’existence d’une rémunération.

Le régime social du gérant d’EURL

Deux situations bien distinctes coexistent en EURL. Si le gérant de l’EURL est aussi l’associé unique (configuration la plus courante), il relève du régime des travailleurs non salariés (TNS). Il cotise à la sécurité sociale des indépendants sur ses revenus de l’année précédente et doit des cotisations minimales même en l’absence de rémunération, ce qui lui garantit le maintien d’une protection sociale de base.

Si la gérance de l’EURL est confiée à un tiers (une personne extérieure qui ne détient aucune part sociale), deux cas se présentent, si il est rémunéré, il est assimilé salarié et rattaché au régime général mais si il est non rémunéré, il ne dispose d’aucune protection sociale au titre de son mandat.

Le régime social du gérant de SARL

Le statut du gérant de SARL dépend du nombre de parts qu’il détient. Le gérant majoritaire relève du régime TNS, sur le même modèle que le gérant associé unique d’EURL.

Pour déterminer si un gérant est majoritaire, l’administration tient compte non seulement de ses parts personnelles, mais aussi de celles détenues par son conjoint, ses enfants mineurs et de ses éventuelles avances en compte courant d’associé. Ce calcul élargi piège régulièrement des dirigeants qui se croient minoritaires alors qu’ils sont juridiquement majoritaires.

Dans une SARL soumise à l’IS, les dividendes versés à un gérant TNS pour la fraction qui dépasse 10 % du capital social sont soumis aux cotisations sociales TNS, règle qui ne s’applique pas au gérant minoritaire ou égalitaire.

Le gérant minoritaire en SARL ou égalitaire relève du régime général en qualité d’assimilé salarié. Ses cotisations sont calculées mensuellement sur sa rémunération brute et versées par la société. Sans rémunération, aucune cotisation n’est due, mais aucune protection sociale n’est ouverte au titre du mandat (seule la Puma de droit commun assure une couverture maladie minimale). Ses dividendes éventuels ne sont pas soumis aux cotisations sociales.

Le régime social du président de SAS ou SASU

Le président de SAS ou de SASU rémunéré relève du régime général en qualité d’assimilé salarié, exactement comme un cadre salarié. Il bénéficie d’une protection sociale complète, assurance maladie, indemnités journalières, retraite de base et complémentaire, invalidité, accidents du travail, capital décès. Seule l’assurance chômage reste exclue au titre du mandat, sauf cumul avec un contrat de travail distinct répondant à des critères stricts (lien de subordination, fonctions techniques distinctes).

Le président non rémunéré ne relève d’aucun régime social au titre de son mandat et ne dispose donc d’aucune protection sociale liée à ses fonctions de dirigeant.

En phase de création, le président de SASU qui ne se verse aucune rémunération conserve ses allocations chômage ARE et peut bénéficier de l’Acre. Cette configuration explique pourquoi la SASU reste très utilisée par les anciens salariés en transition, qui sécurisent leur revenu via Pôle emploi pendant le décollage de l’activité.

Le statut d’assimilé salarié entraîne des cotisations sociales nettement plus élevées que le statut TNS (environ 75 à 80 % d’un salaire net pour reconstituer un brut chargé), mais il ouvre une protection sociale équivalente à celle d’un salarié.

Sophie hésite entre EURL et SASU pour son cabinet de conseil. En EURL, elle sera gérante associée unique et donc TNS, pour un revenu net visé de 50 000 €, elle paiera environ 20 000 € de cotisations sociales. En SASU, elle sera présidente assimilée salariée, pour conserver le même net de 50 000 €, ses cotisations grimperont autour de 35 000 €. L’écart de charges (15 000 € par an) doit être mis en balance avec une retraite et une prévoyance bien supérieures côté SASU, et avec la possibilité de conserver ses droits ARE en phase de lancement si elle ne se rémunère pas immédiatement.

Tableau récapitulatif du régime social en EI, EURL, SARL, SASU, SAS

Structure Régime social du dirigeant Niveau de cotisations Protection sociale
Entreprise individuelle TNS (sécurité sociale des indépendants) ~45 % du revenu net Restreinte (pas de chômage, IJ et retraite limitées)
EURL  gérant associé unique TNS ~45 % du revenu net Restreinte (identique à l’EI)
EURL  gérant tiers rémunéré Assimilé salarié ~75-80 % du net Complète (hors chômage)
SARL  gérant majoritaire TNS ~45 % du revenu net Restreinte (dividendes >10 % du capital soumis aux cotisations TNS)
SARL  gérant minoritaire ou égalitaire Assimilé salarié ~75-80 % du net Complète (hors chômage) — dividendes non soumis à cotisations
SASU  président rémunéré Assimilé salarié ~75-80 % du net Complète (hors chômage) — dividendes au PFU intégral
SAS président rémunéré Assimilé salarié ~75-80 % du net Complète (hors chômage) — dividendes au PFU intégral

Comment est protégé le patrimoine personnel en EI ou en société ?

La protection du patrimoine en EI ou en société est l’un des critères les plus déterminants du choix. Depuis 2022, l’écart entre les deux options s’est réduit, mais la logique reste différente, protection automatique en EI, séparation par création d’une personne morale distincte en société.

La protection automatique du patrimoine en entreprise indiviuelle

Depuis le 15 mai 2022, le patrimoine de l’entrepreneur individuel est légalement divisé en deux ensembles distincts. Le patrimoine professionnel regroupe les biens utiles à l’activité (local, outillage, marchandises, compte bancaire professionnel). Le patrimoine personnel englobe tout le reste, résidence principale, résidence secondaire, livrets, véhicule familial.

Cette séparation des patrimoines en EI est automatique, aucune déclaration d’insaisissabilité, aucune mention spéciale aux statuts, aucune formalité à accomplir. Les créanciers professionnels ne peuvent saisir que le patrimoine professionnel, sauf cas particuliers (fraude, manquement grave aux obligations fiscales ou sociales). L’entrepreneur individuel peut toutefois renoncer à cette protection à la demande d’un créancier, comme notamment une banque qui exige cette renonciation comme garantie d’un prêt.

En cas de manquement aux obligations fiscales ou sociales, l’administration fiscale et les organismes sociaux peuvent agir sur les deux patrimoines de l’EI simultanément. La protection automatique ne couvre donc pas les dettes nées d’une fraude ou d’une négligence grave.

La responsabilité limitée au capital en société

Dans une société dotée de la responsabilité limitée (SARL, EURL, SAS, SASU, SA), les associés ne risquent que le montant de leurs apports.

Toutes les sociétés n’offrent pas cette responsabilité limitée, dans une SNC (société en nom collectif) ou dans certaines sociétés civiles, les associés répondent solidairement et indéfiniment des dettes sociales sur leurs biens personnels. Le choix de la forme juridique est donc déterminant.

Antoine exploite une boulangerie en SASU avec 2 000 € de capital. Suite à un sinistre majeur, la société accumule 150 000 € de dettes et fait faillite. Antoine perd ses 2 000 € d’apport et la valeur de sa SASU, mais ses biens personnels (maison, voiture, épargne) restent hors d’atteinte des créanciers professionnels, sauf cautions personnelles qu’il aurait signées au profit de sa banque.

Quels sont les coûts de création et de gestion d’une EI et d’une société ?

Les coûts représentent un critère décisif pour les porteurs de projet qui débutent avec une trésorerie limitée. La création d’une entreprise individuelle implique des frais réduits au strict minimum, alors que la création d’une société suppose des frais structurels obligatoires (statuts, capital, annonce légale, immatriculation).

Combien coûte la création d’une entreprise individuelle ?

La création d’une EI ne suppose ni statuts, ni capital social, ni annonce légale. Les seuls frais incompressibles de la création d’une EI sont les frais d’immatriculation auprès du Guichet unique INPI, qui s’élèvent à 22,88 € pour une activité commerciale et %%frais_greffe_immatriculation_act_artisanale%% pour une activité artisanale. Une activité libérale s’immatricule gratuitement.

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Quel budget prévoir pour créer une société ?

La création d’une société implique plusieurs de frais obligatoires qu’il convient d’anticiper avant le dépôt du dossier au Guichet unique INPI. Le budget minimal à prévoir pour une société s’échelonne entre 200 € environ pour une EURL et 300 € pour une SAS, en cumulant les frais administratifs incompressibles (annonce légale, immatriculation, déclaration des bénéficiaires effectifs et capital social symbolique).

Le capital social de la société

Le capital social de la société correspond aux apports réalisés par les associés en numéraire (argent) ou en nature (biens) lors de la constitution. Son montant est libre dans la plupart des formes juridiques (SARL, EURL, SAS, SASU) où il peut symboliquement être fixé à 1 €. Seule la SA impose un capital social minimum de 37 000 €. Le capital social est déposé sur un compte bancaire bloqué le temps de finaliser l’immatriculation, puis libéré au profit de la société.

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Les frais de l’annonce légale de constitution de la société

Toute création de société impose la publication d’une annonce légale dans un journal habilité du département du siège social.

Le tarif est forfaitaire pour une annonce légale de création de société en France métropolitaine et varie selon la forme juridique :

  • 142 € HT pour une SASU ;
  • 199 € HT pour une SAS ;
  • 124 € HT pour une EURL ;
  • 148 € HT pour une SARL.

Les tarifs d’annonce légale de création d’une société de sont légèrement majorés à La Réunion et à Mayotte.

Les frais d’immatriculation de la société

L’immatriculation d’une société se réalise exclusivement via le Guichet unique INPI depuis 2023. Les frais s’élèvent à 33,83 € pour une société commerciale et 45 € pour une activité artisanale. À ces frais s’ajoute la déclaration obligatoire des bénéficiaires effectifs, facturée 19,33 €.

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Les frais facultatifs de création d’une société

Au-delà des frais obligatoires de création d’une société, plusieurs frais facultatifs s’avèrent en pratique difficilement contournables. Les honoraires d’un expert-comptable deviennent quasi obligatoires pour toute société soumise à l’IS, compte tenu de la complexité du bilan, du compte de résultat et de la liasse fiscale. La rédaction sécurisée des statuts par un professionnel limite par ailleurs les risques de contestation ultérieure entre associés.

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Quand choisir l’entreprise individuelle ?

L’entreprise individuelle reste la solution la plus adaptée pour démarrer seul, avec peu de capitaux, sans projet immédiat de croissance rapide ou de levée de fonds.

Les avantages de l’EI pour débuter une activité

L’entreprise individuelle séduit par sa simplicité, à plusieurs niveaux. La création est quasi gratuite et peut être faite en quelques heures via le Guichet unique INPI, sans obligation de rédiger des statuts ni de constituer un capital social. La comptabilité reste allégée, particulièrement en micro-entreprise où un simple livre de recettes suffit, sans bilan ni compte de résultat à produire.

Sur le volet social, les cotisations sont calculées proportionnellement au chiffre d’affaires en micro-entreprise, ce qui élimine toute charge minimale en cas d’absence d’activité. Le recours à un expert-comptable n’est jamais obligatoire en EI au régime micro, ce qui réduit considérablement les coûts de gestion annuels. Enfin, l’entrepreneur individuel peut opter pour l’IS via l’assimilation à une EURL, sans changer de structure juridique, il bénéficie ainsi de la fiscalité d’une société tout en conservant la simplicité de l’EI.

Le statut d’EI convient particulièrement aux freelances, artisans, consultants ou commerçants débutants qui veulent tester leur activité sans engager de coûts importants.

Le régime de la micro-entreprise n’est pas accessible à toutes les activités. Sont notamment exclues les activités agricoles, les professions libérales réglementées (avocats, notaires, experts-comptables, professionnels de santé conventionnés), les artistes-auteurs rémunérés en droits d’auteur et la plupart des activités immobilières soumises à la TVA (marchands de biens, agents immobiliers, location de locaux nus). Vérifiez la compatibilité de votre activité avant de retenir ce régime.

Les limites du statut d’entrepreneur individuel

Le statut d’entrepreneur individuel interdit d’accueillir des associés ou des investisseurs, puisqu’une personne ne peut détenir qu’une seule EI. La séparation comptable entre la rémunération du dirigeant et le résultat de l’entreprise reste imparfaite, ce qui complique le pilotage financier dès lors que l’activité se développe.

Sur le plan fiscal, l‘intégralité du bénéfice de l’entreprise individuelle est imposée à l’IR au nom de l’entrepreneur (sauf option pour l’IS), que celui-ci prélève les sommes pour son usage personnel ou qu’il les conserve sur le compte professionnel pour autofinancer l’activité. Cette logique pénalise lourdement le réinvestissement, contrairement à une société à l’IS où l’entreprise paie son propre impôt et où seuls les dividendes effectivement versés au dirigeant sont imposés à son nom.

Enfin, la transmission en EI est moins souple, la cession d’un fonds de commerce supporte des droits d’enregistrement plus élevés (3 % après abattement de 23 000 €) que la cession d’actions de SAS ou SASU, taxée à seulement 0,1 % du prix.

Pourquoi choisir une société plutôt qu’une entreprise individuelle ?

La question de quand créer une société se pose dès lors que votre activité dépasse certains seuils financiers ou que votre projet nécessite des associés, une levée de fonds ou une optimisation fiscale plus avancée.

Les seuils de chiffre d’affaires qui déclenchent le passage en société

Le premier déclencheur du passage de l’EI en société est fiscal et s’applique dès que le bénéfice annuel net dépasse durablement 40 000 à 50 000 €. À ce niveau, l’imposition à l’IR devient pénalisante puisque les tranches atteignent 30 % puis 41 %, alors qu’une société à l’IS reste taxée à 25 % (voire à 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfice pour les PME éligibles). Le différentiel d’imposition justifie souvent à lui seul le passage en société.

Un autre déclencheur du passage de l’EI en société est le dépassement des seuils du régime réel simplifié (supérieur à 945 000 € en commerce, supérieur à 286 000 € en services). Le passage au régime réel normal impose des obligations comptables et déclaratives plus lourdes, devenues incompatibles avec une gestion autonome de l’entreprise individuelle sans expert-comptable. À ce stade de développement, la création d’une véritable société permet de structurer l’activité de manière plus cohérente et d’optimiser le pilotage juridique et fiscal.

Les situations qui imposent la création d’une société

Au-delà des seuils chiffrés de chiffre d’affaires ou de bénéfice, certaines situations professionnelles ou stratégiques rendent la création d’une société pratiquement incontournable :

  • Vous souhaitez vous associer ou ouvrir le capital à des investisseurs ;
  • Vous prévoyez une levée de fonds auprès de business angels ou de fonds ;
  • Vous voulez vous verser des dividendes pour optimiser votre rémunération ;
  • Vous envisagez de transmettre l’activité progressivement à vos enfants ou à un repreneur ;
  • Vous travaillez avec de grands comptes qui exigent une personne morale comme contractant ;
  • Votre activité comporte des risques importants nécessitant une séparation patrimoniale renforcée.
Émilie exerce comme architecte d’intérieur en EI depuis quatre ans. Elle vient de signer son premier gros chantier (rénovation d’un hôtel 4 étoiles) et envisage de recruter une assistante. Avec un bénéfice prévisionnel de 95 000 € et un partenariat naissant avec un confrère, le passage en SARL avec son associé devient pertinent,optimisation fiscale via l’IS, possibilité de rémunérer son associé en parts sociales, et image renforcée auprès des donneurs d’ordres.

Comment passer de l’entreprise individuelle à la société ?

Le passage d’une EI en SARL ou à une autre société est juridiquement possible et fiscalement encadré. Deux mécanismes existent, l’apport ou la cession du patrimoine professionnel à une société nouvellement créée.

L’apport ou la cession du fonds à une société nouvelle

L’apport en société consiste à transférer le patrimoine professionnel de votre EI à une société que vous créez en parallèle. En échange de cet apport, vous recevez des parts sociales ou des actions à hauteur de la valeur apportée. L’apport peut porter sur le seul fonds de commerce ou sur l’intégralité du patrimoine professionnel (fonds, immeuble, dettes, sûretés).

La cession consiste à vendre votre fonds de commerce (ou votre patrimoine professionnel intégral) à la société que vous créez. Vous percevez immédiatement le prix de cession (souvent financé par un emprunt bancaire contracté par la société), ce qui dégage de la trésorerie pour vous-même. En contrepartie, la société démarre avec un endettement à rembourser.

La transformation de l’EI en société passe ensuite par les formalités classiques de création de société (rédaction des statuts, dépôt du capital, annonce légale, immatriculation au Guichet unique INPI). Le coût total de l’opération avoisine 196,08 € de frais de greffe pour la partie immatriculation, auxquels s’ajoutent les frais d’annonce légale et d’éventuels honoraires de professionnels.

LegalPlace vous accompagne de A à Z dans la création de votre entreprise : génération des statuts, publication de l'annonce légale, dépôt du dossier au Guichet unique INPI. Vous répondez à quelques questions, LegalPlace gère toutes les formalités.

Les conséquences fiscales du passage de l’EI en société

Sur le plan fiscal, le passage de l’EI en société génère normalement une imposition immédiate des plus-values sur le fonds de commerce (différence entre la valeur d’apport et la valeur d’origine). Toutefois, l’article 151 octies D du Code général des impôts prévoit un régime de neutralité fiscale qui permet de placer ces plus-values en report d’imposition, à condition que le bénéficiaire soit une société soumise à l’IS et que l’entrepreneur conserve les titres reçus pendant une durée minimale.

    Le choix entre entreprise individuelle ou société dépend de votre niveau de chiffre d’affaires, de votre besoin d’associés, de votre fiscalité cible et du niveau de protection sociale recherché. L’EI séduit par sa simplicité et son coût réduit, particulièrement pour démarrer seul avec un projet modeste. La société s’impose dès lors que l’activité prend de l’ampleur, qu’il faut s’associer, lever des fonds ou optimiser la fiscalité via l’IS. Le passage de l’EI vers une société reste possible à tout moment grâce à un régime fiscal de neutralité qui sécurise l’opération.

FAQ

Peut-on passer facilement d'une EI à une SASU ?

Le passage d'une EI à une SASU est juridiquement encadré et tout à fait réalisable. L'EI ou SASU comparatif se résout par un apport du fonds de commerce ou de l'intégralité du patrimoine professionnel à la SASU nouvellement créée, ou par une cession de ce même fonds. L'opération bénéficie d'un régime de neutralité fiscale pour les plus-values latentes, à condition de respecter une durée de détention minimale des titres reçus. Comptez environ 2 à 4 semaines pour finaliser l'ensemble des formalités via le Guichet unique INPI, et budgétez les frais d'annonce légale (142 € HT en France métropolitaine), de greffe et d'éventuels honoraires d'accompagnement.

La micro-entreprise est-elle une entreprise individuelle ?

Oui, la micro-entreprise ou société n'est pas vraiment une opposition juridique, la micro-entreprise est un régime fiscal et social simplifié applicable à une entreprise individuelle. Tout micro-entrepreneur est donc, par construction, un entrepreneur individuel qui bénéficie d'abattements forfaitaires sur son chiffre d'affaires pour le calcul de l'impôt (71 % pour la vente, 50 % pour les services BIC, 34 % pour les BNC) et de cotisations sociales proportionnelles. Au-delà des plafonds (203 100 € en vente, 83 600 € en services), le micro-entrepreneur bascule automatiquement en EI au régime réel.

L'entreprise individuelle à l'IS est-elle intéressante ?

L'option pour l'IS en restant en EI (via l'assimilation à une EURL) peut être pertinente lorsque vos bénéfices dépassent durablement 50 000 € et que vous ne souhaitez pas constituer une véritable société. Elle permet de bénéficier du taux d'IS à 25 % (ou 15 % sur les premiers 42 500 €), de différer l'imposition personnelle des bénéfices non distribués et d'envisager des dividendes soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %. L'option est cependant définitive au bout de 5 ans, passé ce délai, impossible de revenir à l'IR. Une simulation comparative IR/IS est indispensable avant de basculer.

Quelle est la meilleure option pour débuter : micro-entreprise ou société ?

Pour la majorité des projets de création seul, la micro-entreprise est l'option la plus pragmatique pour démarrer. Elle coûte presque rien à créer, ne suppose ni capital social ni comptabilité complexe, et permet de tester le marché sans engagement financier. Une société (SASU ou EURL) devient préférable dès le départ si vous prévoyez des associés, des investisseurs, des frais professionnels importants déductibles (locaux, salariés), ou si vous travaillez avec des grands comptes exigeant une personne morale comme contractant. Le passage de l'une à l'autre étant juridiquement possible, beaucoup d'entrepreneurs commencent en micro pour basculer en société dès que l'activité décolle.

Quelle est la différence entre une entreprise individuelle et une société ?

La différence entre une entreprise individuelle et une société tient à la personnalité juridique, l'EI est confondue avec la personne de l'entrepreneur (pas de patrimoine ni d'existence distincts), tandis que la société constitue une personne morale autonome dotée de son propre patrimoine, de sa propre fiscalité et de ses propres engagements. Cette distinction structurelle entraîne toutes les autres différences, la fiscalité (IR par défaut en EI, IS par défaut en société), le régime social du dirigeant (TNS en EI, TNS ou assimilé salarié en société), les formalités de création (allégées en EI, plus lourdes en société), la possibilité d'accueillir des associés (impossible en EI, libre en société) et les modalités de transmission de l'activité.

Quel est le statut le plus avantageux fiscalement entre une EI et une société ?

Aucun statut n'est universellement avantageux, la micro-entreprise est la plus performante en dessous de 30 000 € de bénéfice, l'EI au régime réel entre 30 000 € et 50 000 €, et une société à l'IS (SASU ou EURL) au-delà de 50 000 € de bénéfice annuel. En micro-entreprise, les abattements forfaitaires de 71 % en vente et 50 % en services restent imbattables. Entre 30 000 € et 50 000 € de bénéfice, l'EI au régime réel permet de déduire les charges professionnelles réelles. Au-delà, le taux d'IS de 25 % (voire 15 % sur les premiers 42 500 €) devient plus favorable que les tranches élevées de l'IR à 41 % ou 45 %. Une simulation comparative est indispensable avant de trancher.

SARL ou SAS : quelle forme choisir ?

Le choix entre SARL et SAS dépend principalement du régime social du dirigeant, la SARL convient au gérant majoritaire qui souhaite cotiser en TNS (charges réduites à environ 45 %), tandis que la SAS s'adresse au président qui privilégie le statut d'assimilé salarié avec une protection sociale renforcée (charges environ 75-80 %). Trois critères supplémentaires départagent les deux formes. La souplesse de gouvernance favorise la SAS, qui offre une grande liberté statutaire (organes de direction, droits de vote, clauses d'agrément) là où la SARL obéit à un cadre légal plus rigide. La fiscalité des dividendes avantage la SAS, ils sont soumis aux cotisations TNS au-delà de 10 % du capital pour le gérant majoritaire de SARL, alors qu'ils bénéficient intégralement du PFU à 31,4 % pour le président de SAS. La SAS séduit donc les start-up et les projets de levée de fonds, la SARL convient mieux aux activités familiales ou patrimoniales.

Juriste de formation et experte SEO, Marion Cluptil fait le lien entre la rigueur du droit et les exigences du référencement naturel pour que les contenus de LegalPlace soient aussi fiables qu’accessibles.

Dernière mise à jour le 19/05/2026

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