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  • Une holding peut être créée seul, en EURL avec un gérant associé unique, ou en SASU avec un président associé unique.
  • La SASU séduit par sa souplesse de fonctionnement et sa transmission facilitée, l’EURL par sa gestion simple et ses cotisations sociales plus légères.
  • Dans les deux cas, la holding est soumise à l’impôt sur les sociétés et peut activer le régime mère-fille pour faire remonter les dividendes de ses filiales en quasi-exonération d’impôt.
  • Pour la création d’une holding en EURL ou en SASU il faut prévoir environ 400 € de frais administratifs obligatoires.

Vous voulez regrouper vos sociétés sous une même structure, ou préparer la reprise d’une entreprise avec un effet de levier. La holding est l’outil qui permet ce montage. Reste une question qui bloque beaucoup de porteurs de projet au moment de se lancer. Faut-il créer cette holding en EURL ou en SASU ? Les deux formes permettent d’entreprendre seul et offrent une responsabilité limitée à vos apports. Mais elles ne se comportent pas de la même façon sur le plan social, fiscal et patrimonial. Voici comment les départager selon votre situation.

Qu’est-ce qu’une holding en EURL ou en SASU ?

Qu’est-ce qu’une holding ?

Une holding est une société qui détient des parts ou des actions d’autres sociétés. On l’appelle aussi société mère. Les sociétés qu’elle détient sont ses filiales.

Son rôle n’est pas de vendre des produits ou des prestations à des clients. Elle sert à détenir, gérer et faire circuler l’argent entre les sociétés du groupe. Concrètement, les filiales exercent l’activité et dégagent des bénéfices. Ces bénéfices remontent ensuite vers la holding sous forme de dividendes, où ils peuvent être réinvestis dans un nouveau projet, dans une acquisition ou dans un placement.

Une holding peut être passive ou animatrice. La holding passive se contente de détenir les titres de ses filiales. La holding animatrice participe activement à la conduite de la politique du groupe et rend des services à ses filiales, comme la comptabilité ou la direction administrative.

Qu’est-ce qu’une SASU ou une EURL ?

L’EURL et la SASU sont deux formes de sociétés qui permettent d’entreprendre seul, avec une responsabilité limitée au montant de vos apports. Votre patrimoine personnel reste donc protégé des dettes de la société.

L’EURL, entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée, est la version à associé unique de la SARL. Elle est dirigée par un gérant et son fonctionnement est encadré par la loi, ce qui laisse peu de liberté dans l’organisation.

La SASU, société par actions simplifiée unipersonnelle, est la version à associé unique de la SAS. Elle est dirigée par un président et son fonctionnement est très librement défini par les statuts.

Par conséquent, créer une holding en EURL revient donc à loger la détention de vos filiales dans une EURL. Créer une holding en SASU revient à faire la même chose dans une SASU. Le choix entre les deux dépend surtout du régime social que vous visez, de votre stratégie de dividendes et de vos projets de revente.

Holding EURL ou SASU : le tableau comparatif

Critère Holding EURL Holding SASU
Associé unique Personne physique ou morale Personne physique ou morale
Dirigeant Gérant Président
Régime social du dirigeant Travailleur non-salarié (TNS) Assimilé salarié
Régime fiscal par défaut Impôt sur le revenu, option IS possible Impôt sur les sociétés
Cotisations sur les dividendes Oui, au-delà de 10 % du capital Non
Régime mère-fille Accessible Accessible
Intégration fiscale Accessible Accessible
Cession des titres Droits de 3 % après abattement Droits de 0,1 %
Souplesse des statuts Encadrée par la loi Très libre
Libération du capital à la création 20 % minimum 50 % minimum

Holding EURL ou SASU : quel régime social du dirigeant ?

Le régime social du dirigeant est l’un des premiers points qui différencient EURL et SASU. Il détermine le montant de vos cotisations et le niveau de votre protection sociale.

Le gérant d’EURL, un travailleur non-salarié (TNS)

Le gérant associé unique d’une EURL relève du régime des travailleurs non-salariés, la sécurité sociale des indépendants. Ses cotisations représentent environ 45 % de sa rémunération nette.

Ce régime coûte moins cher, mais offre une protection sociale plus réduite, notamment sur la retraite. Un point de vigilance existe même sans rémunération. Un gérant majoritaire TNS reste redevable de cotisations minimales chaque année, y compris si la holding ne lui verse rien.

Le président de SASU, un assimilé salarié

Le président de SASU est assimilé salarié dès lors qu’il est rémunéré pour ses fonctions de dirigeant. Il relève du régime général de la Sécurité sociale, avec la même couverture qu’un salarié classique, hormis l’assurance chômage.

Ses cotisations sont plus élevées, autour de 80 % de la rémunération nette. En contrepartie, la protection sociale est meilleure. Un avantage propre à la SASU joue dans le cadre d’une holding. Si le président ne se verse aucune rémunération, aucune cotisation minimale n’est due. C’est fréquent pour une holding dont le dirigeant est déjà rémunéré par ailleurs, par exemple dans une filiale.

Beaucoup de dirigeants de holding ne se versent aucune rémunération au niveau de la société mère et se paient depuis leur société d’exploitation. Dans ce cas, la SASU évite toute cotisation. L’EURL, elle, continue de réclamer des cotisations minimales chaque année, de l’ordre de 1 100 à 1 200 € même sans aucun revenu.

EURL ou SASU : quel régime fiscal ?

La fiscalité est souvent le vrai enjeu du choix entre une holding en EURL et une holding en SASU, car c’est elle qui détermine combien il vous reste réellement une fois les dividendes remontés.

L’impôt sur les sociétés

Une holding a vocation à être soumise à l’impôt sur les sociétés (IS), quelle que soit sa forme. La SASU y est soumise par défaut. L’EURL relève par défaut de l’impôt sur le revenu, mais peut opter pour l’IS, ce qui est le choix courant pour une holding.

Le taux normal de l’IS est de 25 %. Un taux réduit de 15 % s’applique jusqu’à 42 500 € de bénéfices pour les sociétés qui remplissent les conditions. Sur ce point, une holding EURL à l’IS et une holding SASU sont taxées de façon identique.

Le régime mère-fille

Le régime mère-fille est le principal atout fiscal d’une holding. Il évite que les bénéfices soient taxés deux fois, d’abord chez la filiale, puis à nouveau chez la holding quand ils remontent en dividendes.

Grâce à ce régime, les dividendes reçus des filiales sont exonérés d’IS à hauteur de 95 %. La holding ne réintègre dans son résultat imposable qu’une quote-part de frais et charges de 5 %. Les articles 145 et 216 du Code général des impôts fixent ces règles. Pour en bénéficier, la holding doit détenir au moins 5 % du capital de la filiale et conserver les titres pendant au moins deux ans.

Thomas dirige une société de conseil rentable et crée une holding pour préparer un futur investissement immobilier. Sa filiale lui distribue 100 000 € de dividendes. Sans le régime mère-fille, cette somme serait imposée à l’IS au niveau de la holding. Avec le régime mère-fille, seuls 5 000 € sont réintégrés au résultat imposable. Sur ces 5 000 €, l’impôt reste modique et près de 95 000 € restent disponibles dans la holding pour être réinvestis.

Le régime mère-fille fonctionne à l’identique pour une holding en EURL ou en SASU, dès lors que la holding est soumise à l’impôt sur les sociétés.

Le régime d’intégration fiscale

L’intégration fiscale va plus loin que le régime mère-fille. Elle permet de consolider les résultats de toutes les sociétés du groupe. La holding devient alors la seule redevable de l’IS pour l’ensemble.

Son intérêt principal est de compenser les bénéfices d’une filiale avec les pertes d’une autre, ce qui réduit l’impôt global du groupe. Ce régime exige une détention d’au moins 95 % du capital et des droits de vote des filiales. Là encore, il est ouvert aussi bien à l’EURL qu’à la SASU soumises à l’IS.

L’intégration fiscale entraîne des obligations déclaratives lourdes et un coût de gestion réel. Elle n’a d’intérêt que si au moins une filiale est déficitaire. Activée à tort, elle coûte plus cher qu’elle ne rapporte.

La fiscalité des dividendes

Les dividendes que la holding vous verse à vous, dirigeant, ne sont pas taxés de la même façon en EURL et en SASU. C’est le point où l’écart entre les deux formes devient le plus net.

En SASU, les dividendes ne supportent aucune cotisation sociale. Ils sont seulement soumis à la flat tax, aussi appelée prélèvement forfaitaire unique (PFU). Depuis le 1er janvier 2026, son taux est passé à 31,4 %, contre 30 % auparavant. Il se compose de 12,8 % d’impôt sur le revenu et de 18,6 % de prélèvements sociaux.

En EURL, la règle est moins favorable. En effet, la part des dividendes qui dépasse 10 % du capital social, des primes d’émission et des sommes en compte courant est soumise aux cotisations sociales des travailleurs non-salariés, soit environ 45 %. Seule la fraction inférieure à ce seuil échappe à ces cotisations. Et ce, en plus de flat tax ou de l’impôt sur le revenu.

Dans une holding en EURL comme en SASU, l’associé unique peut opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu (au lieu de la flat tax) si cela est plus avantageux pour lui. C’est généralement le cas, quand son taux d’imposition marginal est inférieur à 12,8 %.

EURL ou SASU : quelles conséquences en cas de transmission ou de revente ?

La forme juridique de la holding change la facture le jour où vous cédez votre société ou faites entrer un nouvel associé. En EURL, la cession des parts sociales donne lieu à des droits d’enregistrement de 3 %, après un abattement de 23 000 € proratisé au pourcentage de parts cédées. En SASU, la cession d’actions coûte beaucoup moins cher, avec des droits limités à 0,1 % du prix de cession, comme le prévoit l’article 726 du Code général des impôts.

La SASU se transmet également plus simplement sur le plan juridique, car la cession d’actions ne suppose pas la même procédure d’agrément que la cession de parts. Cette souplesse compte si vous envisagez de faire entrer des investisseurs ou de revendre à moyen terme.

Si votre projet inclut l’ouverture du capital à des associés ou une revente future, la SASU est généralement plus adaptée grâce à ses droits de cession réduits et à sa liberté statutaire.

Holding EURL ou SASU : comment choisir en fonction de son profil ?

Pour créer une holding, entre EURL et SASU, sachez qu’aucune des deux formes n’est meilleure dans l’absolu. Le bon choix dépend de votre stratégie de rémunération, de votre protection sociale et de vos projets à venir. Choisissez plutôt l’EURL si vous vous reconnaissez dans ces situations :

  • Vous cherchez une gestion simple et un cadre juridique déjà balisé ;
  • Vous ne comptez pas vous verser de dividendes importants au niveau de la holding ;
  • Vous voulez limiter le coût de vos cotisations sociales ;
  • Vous n’envisagez pas d’ouvrir le capital à d’autres associés.

Choisissez plutôt la SASU si votre projet ressemble à ceci :

  • Vous prévoyez de faire remonter et de distribuer des dividendes conséquents ;
  • Vous voulez une meilleure protection sociale en tant qu’assimilé salarié ;
  • Vous ne vous versez pas de rémunération et voulez éviter les cotisations minimales ;
  • Vous envisagez d’accueillir des investisseurs ou de revendre votre société ;
  • Vous tenez à organiser librement le fonctionnement de votre holding.

Sophie possède déjà deux sociétés et veut les regrouper sous une holding tout en gardant la porte ouverte à un futur associé investisseur. Elle ne se versera pas de rémunération au niveau de la holding, car elle est déjà payée par l’une de ses filiales. La SASU répond à ces trois besoins, l’absence de cotisation minimale sans rémunération, la souplesse pour faire entrer un associé, et les droits de cession réduits à 0,1 %.

Comment créer sa holding en EURL ou en SASU ?

Les étapes de création sont proches dans les deux formes. Voici le parcours à suivre :

  1. Rédiger les statuts de la holding, en définissant notamment son objet social de détention de titres ;
  2. Constituer et déposer le capital social sur un compte bancaire ouvert au nom de la société ;
  3. Publier un avis de création dans un support d’annonces légales ;
  4. Déposer le dossier d’immatriculation sur le guichet unique de l’INPI ;
  5. Récupérer l’extrait Kbis qui atteste de l’existence de votre holding.

Comptez en moyenne 400 € de frais pour créer votre holding, quelle que soit la forme retenue. Ce budget couvre l’annonce légale et les frais d’immatriculation, auxquels s’ajoutent les honoraires si vous vous faites accompagner.

Créer une entreprise implique de nombreuses démarches : statuts, annonce légale, formulaire, dépôt… Avec LegalPlace, lancez votre activité en quelques clics et recevez votre Kbis dans les meilleurs délais.

Une holding en EURL et une holding en SASU offrent le même socle, une détention de filiales avec une responsabilité limitée et un accès aux régimes mère-fille et d’intégration fiscale une fois à l’IS. Elles se distinguent sur trois points concrets. La SASU protège mieux socialement, évite les cotisations sur les dividendes et facilite la transmission grâce à des droits de cession de 0,1 %. L’EURL reste plus simple à gérer et plus légère en cotisations tant que vous distribuez peu. Votre décision se joue donc sur votre stratégie de dividendes, votre protection sociale et vos projets de revente ou d’ouverture du capital.

FAQ

Vaut-il mieux une holding en EURL ou en SASU ?

Tout dépend de votre projet. La SASU est souvent préférée pour distribuer des dividendes sans cotisations sociales, bénéficier d'une meilleure protection sociale et faciliter une revente. L'EURL convient mieux si vous voulez une gestion simple et des cotisations réduites, sans distribution importante de dividendes.

Peut-on créer une holding tout seul ?

Oui. L'EURL et la SASU sont des sociétés à associé unique. Vous pouvez donc créer votre holding seul, en devenant gérant unique d'une EURL ou président unique d'une SASU.

Quelle est la fiscalité d'une holding en 2026 ?

Une holding à l'impôt sur les sociétés est taxée à 25 %, avec un taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfices. Les dividendes que la holding vous verse sont soumis à la flat tax de 31,4 % depuis le 1er janvier 2026.

Comment fonctionne le régime mère-fille pour une holding ?

Le régime mère-fille exonère d'impôt sur les sociétés 95 % des dividendes que la holding reçoit de ses filiales. Seuls 5 % sont réintégrés au résultat imposable. La holding doit détenir au moins 5 % du capital de la filiale et conserver les titres pendant deux ans minimum.

Une holding EURL ou SASU paie-t-elle des cotisations sociales sur les dividendes ?

En SASU, les dividendes ne supportent aucune cotisation sociale, seulement la flat tax. En EURL, la part des dividendes qui dépasse 10 % du capital social est soumise aux cotisations sociales des travailleurs non-salariés, soit environ 45 %.

Combien coûte la création d'une holding ?

Comptez environ 400 € de frais pour créer une holding en EURL ou en SASU. Ce montant couvre l'annonce légale et les frais d'immatriculation. Des honoraires s'ajoutent si vous confiez les démarches à un professionnel.

Quelle forme choisir pour une holding patrimoniale ?

Peut-on transformer une EURL en SASU pour sa holding ?

Oui. Une EURL peut être transformée en SASU, et inversement, en cours de vie de la société. La transformation suppose une modification des statuts et des formalités auprès du guichet unique. Elle permet d'adapter la forme de votre holding à l'évolution de votre projet.
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Marion Cluptil

Juriste de formation et experte SEO, Marion Cluptil fait le lien entre la rigueur du droit et les exigences du référencement naturel pour que les contenus de LegalPlace soient aussi fiables qu’accessibles.

Dernière mise à jour le 09/07/2026

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Marion Cluptil

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